La chaine 5 diffuse une nouvelle vidéo sur l’éducation sexuelle à l’école qui mérite d’être regardée avec beaucoup d'intérêt et d'attention. Cela donne à réfléchir.
Elle se trouve sur internet :
https://www.dailymotion.com/video/x9eicwy
Sous le titre «
Fabrique du mensonge », ce documentaire tente de discréditer les opinions critiques par rapport à l’éducation sexuelle envisagée actuellement dans les écoles françaises.
En réalité, les intervenants dans cette vidéo semblent confondre leur opinion contestée avec la réalité objective et considèrent à tort comme de la désinformation toutes les opinions contraires. On semble dans une pensée unique totalitaire que beaucoup tentent d’imposer à notre époque où la vérité c’est moi et le mensonge c’est l’autre.
Pourtant, dans cette vidéo, on peut penser qu’ils sont eux-mêmes cette «
Fabrique du mensonge » qu’ils choisissent en titre et dont ils accusent ceux qui pensent autrement.
Cette vidéo fait la promotion d'un enseignement sur la sexualité qui «
n'impose rien aux enfants » et qu’elle prétend objectif et neutre, «
sans jugement », et qui serait exposé indépendamment des «
questions de valeurs » qui s’y attachent.
Mais, en réalité, c’est précisément en cela que cette vidéo n’est ni neutre, ni objective. Elle est au contraire l’expression d’une idéologie contestée vivement par un grand nombre de personnes qui considèrent cet enseignement comme une intrusion inacceptable dans les valeurs les plus fondamentales que beaucoup de parents veulent transmettre à leurs enfants.
Détacher volontairement la sexualité de toutes valeurs est, précisément, un choix qui n’est ni neutre, ni objectif.
Derrière la neutralité affichée, il y a en réalité un choix d’affirmer qu’il n’y aurait pas d’ordre moral naturel dans la sexualité, pas de bien et de mal, et que tout y serait de même valeur.
Quelles que soient les opinions morales ou religieuses, la sexualité partagée engage toute personne bien au-delà de la matérialité de ses gestes. Il y a dans la sexualité du mystérieux, de l’inexprimable et de la transcendance que des mots ne peuvent enfermer dans une éducation prétendument «
neutre » qui, en réalité, exprime une affirmation militante selon laquelle la sexualité pourrait être détachée des valeurs.
La sexualité, c'est pour chacun la source de sa propre existence et de toute transmission d'une vie nouvelle, et c’est aussi une réalité de base de la famille dans laquelle tout enfant grandit et se développe, quelles que soient les évolutions du couple sexuel dont il est issu.
Les valeurs en cause à cet égard ne se transmettent pas que par des mots intellectuels, mais surtout par un vécu partagé et ressenti. Et ce, principalement dans les familles.
La vidéo, comme le programme
Evras en Belgique qu’elle évoque longuement, traite la sexualité comme une chose neutre sans valeur spécifique. On néglige toute pudeur, toute transcendance, tout mystère, toute la portée spécifique de la sexualité qui engage en profondeur l’être personnel tout entier mais aussi l’être en relation, avec une puissance qui crée des liens intimes engageant la vie entière.
Ils prétendent ne rien imposer aux enfants, ni les pousser à quoi que ce soit, mais c’est de manière inconvenante et inacceptable que leur enseignement a souvent pour effet d’éveiller, de faire découvrir, d’allumer ou de développer un intérêt ou des questions qui concernent des pulsions naissantes ou en germe (stimulées abondamment dans les médias et la publicité), chez des enfants qui devraient, au contraire, en être protégés pour leur éviter des questionnements qui dépassent leur maturité et leurs capacités psychologiques. À un stade ni naturel ou spontané, ni mature. Sans aucune référence morale, ce qui équivaut, en fait, à nier toute valeur ou importance à un ordre moral. On ne donne pas du steak à un bébé.
Enseigner sans référence morale, c’est implicitement nier l’importance d’une telle portée morale. Tout est réduit à la liberté individuelle, au plaisir, à la consommation, à un donné naturel neutre.
Les questions des enfants ne sont en rien une garantie contre des intrusions psychologiquement inacceptables car le fait qu’un seul d’entre eux soit confronté à une telle intrusion et la partage ne justifie en rien que tous les autres enfants qui l’entourent doivent subir la même intrusion.
Le témoignage d’une institutrice d’enfants de 7 ans montre particulièrement bien le caractère erroné de la prétendue neutralité en cause (cf. la vidéo, 57.25 et sv). Cette institutrice prétend qu’elle peut parler des organes sexuels comme elle parle du genou pour deux raisons : apprendre aux enfants que les parties sexuelles de leur corps «
ne sont pas mystérieuses » et les protéger des violences sexuelles.
La fausseté de ces deux arguments est pourtant manifeste.
Elle constate elle-même qu’elle n’est «
pas hyper à l’aise » et que nommer les organes sexuels engendre «
beaucoup de crispation » ce qui suffit à indiquer qu’il y a du «
mystérieux » au-delà des seuls mots. C’est la réalité, les enfants le savent et il faut leur apprendre à le comprendre sans vouloir leur enseigner le contraire.
Mais, surtout, comment prétendre lutter mieux contre les violences sexuelles sans confirmer aux enfants (car ils le savent déjà plus ou moins confusément) qu’il y a un surplus «
mystérieux » et un «
ordre » qui font, dans l’exemple choisi par cette institutrice, que si on peut caresser un genou quasi sans restriction, il en va tout autrement pour les organes sexuels.
Cela ne s’apprend pas par un enseignement objectif froid et rationnel, mais avec pudeur et discrétion. C’est cela que certains programmes d'éducation sexuelle suggérés par l’OMS ne semblent pas comprendre correctement.