Bonjour à tous,
Je vous soumet un petit texte sur l'évolution de la gauche :
La fin de la gauche
[par l'abbé Mickey]
A la veille du second tour de l’élection présidentielle et plus de 70 ans après le front populaire (que Sarkozy ne cesse d’invoquer), essayons d’apprécier l’évolution de la gauche depuis son âge d’or.
Les figures des Jaures, Blum, Salengro et compagnie brillent encore au firmament du panthéon socialiste, mais qu’est ce que la gauche (pas forcément caviar) d’aujourd’hui a encore de commun avec cette gauche-là, chevillée au cœur du peuple, chevillée à la France ? Que s’est-il produit pour que la gauche ait troqué le people contre le peuple, les loisirs contre le travail, et le droit de l’hommisme contre la nation ?
Tout d’abord il y a bien sûr les évolutions techniques. Elles ont induit une mutation sociologique – la transformation d’une classe ouvrière solidaire en bas salariat (public ou privé) individualiste, frustré par un travail de bureau dégradant et déconnecté de la chaîne de production et de ses solidarités sous jacentes. Puis la mondialisation libre échangiste est venue porter le coup de grâce à une classe ouvrière déjà moribonde sans que le parti socialiste, asservi à l’Europe bureaucratique, n’ait bougé le petit doigt.
Mais si les évolutions sociologiques d’une gauche ouvrière vers une gauche bourgeoise laissait prévoir ce genre d’évolution, c’est surtout au niveau intellectuel et moral que la faillite est la plus complète ; car si les luttes sociales peuvent se légitimer par le gain en confort matériel des couches populaires, le débat intellectuel lui ne peut pas se justifier par le seul apport en confort intellectuel – ce qui est pourtant devenu la principale préoccupation de toute la gauche bourgeoise. Comment ce lâchage, autre illustration de l’éternelle trahison des clercs, s’est-il déroulé exactement ?
Ce qu’il faut reconnaître avant tout (et avec fair-play), c’est que dans le domaine des idées sociales, la gauche a tout créé ou du moins formalisé. Que l’on remonte à la révolution française avec l’idée de nation et de peuple français souverain, en passant par le syndicalisme de la fin du 19éme jusqu’aux congés payés du front popu. Derrière les conquêtes sociales, on retrouvait toujours ces bourgeois judéo-chrétiens de gauche, qui ont naturellement versé dans le socialisme au fur et à mesure que leur foi chrétienne ou judaïque se fanait sous le coup du rationalisme des Lumières. La paysannerie et le monde ouvrier ne pouvant par eux-mêmes dégager des élites, ce sont eux, les bourgeois éclairées, qui ont guidé ces masses, lutté contre les intellectuels réactionnaires, remis le Lumpenproletariat dans le droit chemin du progrès social, etc. Et disons-le, l’affaire a fonctionné plutôt pas trop mal jusqu’au front populaire.
Puis est survenue la guerre de 40. Pétain investi par la chambre du front popu, le peuple tout entier, traumatisé par la défaite, suit comme un seul homme le père de la nation. Survient la libération, avec un parti communiste tout puissant et les gaullistes aux commandes.
C’est alors que se produit la cassure dont est morte la gauche française.
Le mensonge de la France « résistant comme un seul homme contre l’occupant » s’installe peu à peu et impose la paix armée à tout le monde. C’est sur le terrain moins sanglant de l’idéologie que l’affrontement aura donc lieu. Dans un contexte de guerre froide exacerbée, les objectifs sociaux sont rapidement relégués derrière des ambitions politiques et des conflits idéologiques d’une rare violence. Ainsi, la mainmise de la gauche sur le monde intellectuel (après une épuration impitoyable) s’effectue de façon concomitante à son éloignement des préoccupations sociales, toutes sacrifiées sur l’autel de l’idéologie, arme politique bien plus efficace pour qui vise d’abord à se donner l’air d’agir.
Un homme va incarner à merveille ce virage fondamental, et fatal, pris par la gauche française : Jean Paul Sartre.
Pour la première fois, l’intellectuel phare sensé guider les couches populaires n’est pas directement issu de la philosophie marxiste, il est très officiellement adepte du philosophe nazi (mais si) Heidegger. Même si le marxisme contenait en lui le totalitarisme (en l’occurrence la dictature du prolétariat), Sartre a pu y ajouter, dans la lignée d'Heidegger et de son ancienne maîtresse Annah Harendt, un mépris du peuple très professoral et par essence inégalitaire.
Deux citations résument à elle seules le mode de pensée Sartrien :
« Tout anti-communiste est un salaud » et « Il ne faut pas désespérer Billancourt ».
La première fonde la dimension totalitaire de sa philosophie, la deuxième illustre son mépris fondamental pour le peuple, pur instrument de la dictature intellectuelle qu’il compte faire régner à Paris. L’ambition de Sartre n’était pas de faire penser juste, ou de promouvoir le progrès social, mais de régner. Il inaugure le modèle de l’intellectuel à la fois de gauche, totalitaire dans son mode de pensée, et inégalitaire dans ses préoccupations. Une nouvelle page de l’histoire de la gauche vient de s’écrire, elle n’y survivra pas.
Dans le « spectateur engagé », Raymond Aron a fait le reproche à Sartre d’avoir conduit toute une jeunesse (en gros de la libération jusqu’à Mai 68) dans l’erreur du totalitarisme communiste. Ce sont d’ailleurs ces jeunes d’alors que l’on retrouve aujourd’hui aux commandes de la gauche médiatique.
Entre-temps, le choc de la réalité dès 82, puis l’effondrement du mur de Berlin en 89, ont fini de vider la gauche de son modèle économique. Elle s’est réfugiée dans la bien-pensance bourgeoise (antiracisme), contre le peuple forcément raciste parce qu’anti-immigré (alors que ce fut Roger Salengro qui fit passer les premières lois de préférence nationale en 1935…).
Aujourd’hui, ce même mépris du peuple habillé d’idées de gauche bien pensantes et devenu la marque de fabrique de toute la gauche politico-médiatique. La gauche n’a plus rien à proposer, si ce n’est des droits de l’homme et de l’agit-prop subventionnée fondée sur une conception de la citoyenneté totalement invertébrée. Le préchi-précha politiquement correct tient lieu de pensée, il est servi par un appareil médiatique qui ne supporte pas la contradiction mais qui s’accommode très bien des conséquences inégalitaires de la mondialisation. Comment ne pas y voir l’héritage de Jean Paul Sartre ?
L’aboutissement de ce processus fait d’intolérance et de comblement par le vide est parfaitement représenté par Ségolène Royal. L’absence de contenu idéologique compensée par la personnalisation sondagère et médiatique de la candidate est tellement aux antipodes de la tradition de conscience collective et de réflexion programmatique du socialisme d’un Jaurès qu’elle sonne comme le chant du cygne de 150 ans de gauche populaire et sociale.
Le virage plus médiatique qu’idéologique pris pendant la campagne électorale ne trompe personne: Si Ségolène Royal est soudainement devenue nationaliste, en paroles en tout cas, c'est parce que la gauche a pris conscience qu’en abandonnant la nation à Le Pen, elle lui avait abandonné sa propre identité. Mais c’est trop tard, les mécanismes lourds, enclenchés avec la construction européenne d’inspiration mondialiste, ne pourront plus être inversés. Quand le peuple de France se réveillera, à l’heure du désastre qui vient maintenant, qu’on entend venir, il risque fort d’aller chercher son avenir et son salut ailleurs qu’à gauche.
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Pour en finir avec la gauche
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Capitaine flam
- Civis

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- Inscription : jeu. 03 mai 2007, 1:56
- Boris
- Tribunus plebis

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Certaines hypothèses sont fausses !
Ce n'est pas la gauche qui a tout créé, il s'agit d'une pauvreté culturelle que de dire cela :
- les syndicats : ce sont les anciennes corporations, rendues interdites par la gauche à la suite de la révolution française
- la notion peuple et de nation : que dire de Louis XII, surnommé le Père du Peuple parce qu'il a fait naitre ce sentiment d'unité nationnale ?
- qur dire de toutes les propositions de lois des chrétiens-sociaux (donc de droite) refusées par la gauche au XIXe siècle (comme justement les congés payés) ?
Par contre, la conclusion me parait correcte :
- l'ensemble des gauches ont fait un score moindre qu'en 2002
- si les gauches ont fait moins bien et que le FN également, c'est que ce n'est pas la gauche qui a pris des voix au FN (il reste donc Bayrou et Sarko) alors que dans le même temps la participation des Français augmente.
- je pense qu'une victoire de Royal serait une catastrophe pour la gauche et le PS (et pour la France, mais cela va sans dire), mais il en va de même pour sa défaite (d'ailleurs elle a déjà réussi à vider ses rangs pour les envoyer chez Bayrou).
Ce n'est pas la gauche qui a tout créé, il s'agit d'une pauvreté culturelle que de dire cela :
- les syndicats : ce sont les anciennes corporations, rendues interdites par la gauche à la suite de la révolution française
- la notion peuple et de nation : que dire de Louis XII, surnommé le Père du Peuple parce qu'il a fait naitre ce sentiment d'unité nationnale ?
- qur dire de toutes les propositions de lois des chrétiens-sociaux (donc de droite) refusées par la gauche au XIXe siècle (comme justement les congés payés) ?
Par contre, la conclusion me parait correcte :
- l'ensemble des gauches ont fait un score moindre qu'en 2002
- si les gauches ont fait moins bien et que le FN également, c'est que ce n'est pas la gauche qui a pris des voix au FN (il reste donc Bayrou et Sarko) alors que dans le même temps la participation des Français augmente.
- je pense qu'une victoire de Royal serait une catastrophe pour la gauche et le PS (et pour la France, mais cela va sans dire), mais il en va de même pour sa défaite (d'ailleurs elle a déjà réussi à vider ses rangs pour les envoyer chez Bayrou).
UdP,
Boris
Boris
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