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"Prenez, ceci est mon corps"

Publié : mer. 10 avr. 2013, 15:19
par Cryptocatron-11
Bonjour,

Jésus a dit " Prenez, ceci est mon corps (pour vous) " , j'aimerais connaître le sens de cette phrase. Je suppose que "mon corps" ne désigne pas le corps physique (l'organisme). J'aimerais connaître le lien avec "le pain" et la vie dont il parle aussi. Il ne dit pas sa pour faire comprendre qu'il va partir. J'ai lu que ça pouvait aussi s'interpreter comme un sacrifice expiatoire : il s'offre à dieu pour pardonner les peches des hommes.
Mais apparement ça va plus loin que ça , car il offre sa vie à dieu pour exister sous une autre forme : le pain. Il offre son corps (le pain) aux hommes pour que ces derniers puissent vivre. Mais là aussi , on ne parle pas du pain avec de la farine. J'aimerais bien que vous m'aiguillez. Je ne suis pas chrétien et je ne connais pas grand chose en matière de religion.

Merci d'avance pour votre aide :)

Re: "Prenez, ceci est mon corps"

Publié : mer. 10 avr. 2013, 15:43
par Raistlin
Cryptocatron-11 a écrit :Jésus a dit " Prenez, ceci est mon corps (pour vous) " , j'aimerais connaître le sens de cette phrase. Je suppose que "mon corps" ne désigne pas le corps physique (l'organisme). J'aimerais connaître le lien avec "le pain" et la vie dont il parle aussi. Il ne dit pas sa pour faire comprendre qu'il va partir. J'ai lu que ça pouvait aussi s'interpreter comme un sacrifice expiatoire : il s'offre à dieu pour pardonner les peches des hommes.
Mais apparement ça va plus loin que ça , car il offre sa vie à dieu pour exister sous une autre forme : le pain. Il offre son corps (le pain) aux hommes pour que ces derniers puissent vivre. Mais là aussi , on ne parle pas du pain avec de la farine. J'aimerais bien que vous m'aiguillez. Je ne suis pas chrétien et je ne connais pas grand chose en matière de religion.
Pourtant, les paroles de Jésus sont parfaitement claires : il prend le pain et le vin dans ses mains et en fait bien son corps et son sang. Certes, en apparence ils restent du pain et du vin, mais nous croyons qu'ils deviennent fondamentalement le corps et le sang du Seigneur.

Un autre passage atteste que Jésus ne parlait pas du tout en images à ce sujet : Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde." Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: "Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger?" Jésus leur dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. C'est là le pain qui est descendu du ciel: il n'en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts; celui qui mange de ce pain vivra éternellement." Jésus dit ces choses, enseignant dans la synagogue à Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples l'ayant entendu dirent: "Cette parole est dure, et qui peut l'écouter?" Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: "Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant?… C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point." Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait. 65 Et il ajouta: "C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par mon Père." 66 Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. (Jean 6, 51-64)

On voit dans ce passage Jésus affirmer qu’il faut manger sa chair et boire son sang, que les Juifs et ses disciples comprennent ses paroles littéralement et que Jésus, loin de leur expliquer qu’ils comprennent mal ce qu’il dit, insiste sur le sens littéral de ses propos (quitte à perdre des disciples).

Bref, pour les catholiques et les orthodoxes, la communion au pain et au vin consacré est communion au corps et au sang véritables du Christ.

Cordialement,

Re: "Prenez, ceci est mon corps"

Publié : ven. 12 avr. 2013, 19:34
par Olivier C
Bonjour,

Pour une approche de ce que peut-être l'eucharistie pour un chrétien, voici une méditation du père Verlinde : Le Saint-Sacrement

Re: "Prenez, ceci est mon corps"

Publié : dim. 14 avr. 2013, 2:11
par Cinci
[...]
Il en désigne le corps du Christ.

Jésus associe ce pain ''sur lequel il vient de rendre grâce au Père'' à sa propre personne qui est livrée pour la libération de tous. Ainsi, manger ce pain eucharistié est similaire au fait de manger la chair de l'agneau (la victime parfaite, sans tache) du repas de la Pâque rituelle juive.


LA NOUVEAUTÉ

Le repas sacré de la Nouvelle Alliance s'inscrit dans l'agir propre de Jésus, qui fait alors don de sa chair (sa chair, son sang; sa vie littéralement) afin que ceux qui sont aimés par le Père puissent aussi être avec lui, Jésus; non mais jusqu'à pouvoir être tous présents avec lui au banquet des noces éternelles dans le Royaume.

Jésus fait don de sa vie par le biais de ce pain quoi !

Faire partie de la vie de Jésus (vivre de sa vie) c'est être membre de son corps. Il est un contact réel entre Jésus et le disciple par le biais de ce pain, et alors un contact réel signifie corps. C'est par le biais de mon corps réel, en guise d'exemple, si je peux être en contact avec vous aujourd'hui, et même quand ce le serait que par le moyen de l'Internet. Manger le pain eucharistié est le mode de communication particulier que le Christ s'approprie pour maintenir ou péréniser la relation vivante entre lui et son Église. Il s'en trouve bel et bien un contact corporel, et puis un vrai contact, vrai de vrai, avec le Jésus historique qui aura marché sur les routes de Galilée à l'époque. Incroyable ? C'est ça quand même.

C'est ce que l'Église dit : une présence réelle. Et c'est aussi ce que Luc nous montre dans son récit des disciples d'Emmaüs.

Les écailles sur les yeux des disciples d'Emmaüs tombent très exactement au moment de la fraction du pain, lorsque Jésus refait le même geste qu'il aura fait avec le pain, pour le profit de ses disciples et à la veille de sa Passion.

[...]

C'est au moment de la «fraction du pain» que les diciples réalisent que le Jésus d'avant est vivant (ressuscité) et qu'il est bien présent avec eux. Le contact est authentique, vrai, direct, réel, corporel, physique. On ne parle pas d'une abstraction de chimère dans les nuages. Il ne s'agit pas de faire des formules comme Jean Paul Sartre, pour s'allumer une Gitane et faire des ronds de fumée.

Non, les disciples n'hallucinent en rien.

C'est par tout leur corps qu'ils sont mis en contact avec l'être pourtant bien réel de Jésus. Le vivant par excellence c'est Jésus justement ! Il n'est pas de raison qu'il ne soit pas présent dans son Église et à l'occasion dont on parle. Lui est vivant, alors que c'est plutôt nous qui serions comme des zombies la plupart du temps, comme des loques à moitié mortes, des dépressifs, des démoralisés, courbaturés par des maux multiples et variés. Le Christ fait don de sa vie pour nous relever.

Le Christ fait aujourd'hui de sa chair comme la manne provenant du ciel et qui fut donnée périodiquement jadis, de façon cyclique, afin de soutenir les hébreux lors de leur marche dans le désert. Si la manne du temps de Moïse n'empêchait pas les hébreux de mourir et de se ramasser au schéol, il va tout autrement de ce pain que Jésus distribue. Voilà.