Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
Publié : dim. 09 déc. 2012, 13:08
Bonjour,
En Occident, des contes ont été écrits/racontés au moyen-âge qui mettaient souvent en scène le démon, un ange ou le péché.
Ces contes ont donc été rédigés quand l'Occident baignait en pleine culture chrétienne,
on peut donc supposer qu'ils ont une symbolique chrétienne, un sens chrétien et sont censés apporter une morale chrétienne.
Par ailleurs, on voit par des peintures d'époque que les gens croyaient à l'existence d'un enfer éternel de torture et de feu
et l'imaginaient comme une chose terrible qu'il fallait éviter à tout prix.
Plus encore que de chercher le paradis, éviter l'enfer à tout prix, et ça se comprend quand on lit par exemple à quoi ressemble l'enfer de Dante.
A partir de ces contes, pourriez-vous m'éclairer à l'aide de votre Foi ou de votre culture chrétienne (ou autre) s'il vous plait ?
Dans le premier conte (dont il existe des variantes, j'en raconte les grandes lignes lues il y a très longtemps, désolée s'il y a des erreurs, c'est de mémoire) :
un homme rencontre un compagnon de route assez mystérieux, qui veut l'accompagner.
Il accepte et le soir après un long chemin ils s'arrêtent dans une auberge mal famée.
Comme l'homme et son compagnon sont pauvres, l'aubergiste hésitant tout d'abord, accepte de les loger gratuitement dans le grenier.
La nuit, le compagnon va voler l'or de l'aubergiste et fait lever l'homme pour quitter l'auberge en pleine nuit et reprendre la route.
Le personne principal est choqué mais ne dit rien et ils poursuivent leur route.
Sur un pont, ils croisent alors un vieux mendiant : son compagnon le jette par-dessus le pont.
Alors l'homme n'y tient plus et s'écrie à son compagnon : "Pourquoi as-tu pris l'or de l'aubergiste qui nous avait logé gratuitement pour la nuit ?
Pourquoi avoir jeté ce pauvre vieux, qui ne nous avait rien f ait, par-dessus le pont ?!"
Le compagnon se révèle alors être un ange et lui dit : "L'aubergiste attendait que nous nous soyons endormis pour nous tuer et négocier nos quelques biens avec les brigands dans l'auberge. Il était amoureux de son or qu'il gardait jalousement et en était devenu avare. C'était un or mal acquis que veillait jalousement sa famille.
Dieu a voulu qu'on lui enlève cet or pour sauver son âme.
Le vieux que j'ai poussé par-dessus le pont allait commettre un meurtre un peu plus tard et se damner. Ne vaut-il pas mieux couper une main pour sauver tout le corps, tuer un homme pour sauver son âme ?
Ne juge pas car Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut".
Après avoir écouté cet ange, l'homme s'exclame finalement : "vraiment, on ne peut connaître les desseins de Dieu !"
C'est une expression morale désormais : "on ne peut connaître les desseins de Dieu" qui signifie que Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut de l'âme.
Le deuxième conte (courant avec beaucoup de variantes) met en en scène un jeune homme qui rêve d'une vie facile.
Le diable lui apparaît et lui propose son amitié, la puissance et la richesse. Mais en échange, au terme de sa vie, le diable prendra son âme.
Le jeune homme qui pense qu'il aura bien le temps d'y penser, accepte et signe le contrat sur un coup de tête,
en demandant une vie longue pour bien avoir le temps de profiter de tous ces avantages.
Alors, au cours de sa vie, la chance lui sourit : il devient un écrivain reconnu et riche, couru des femmes et il a plein "d'amis".
Il ne lui arrive aucun accident car le diable sauve sa vie, afin qu'il ait longue vie, comme stipulé dans le contrat.
Et même un jour, un écrivain rival se moque de lui. Le diable l'aide à se débarrasser de ce rival en le faisant mourir par un accident.
Finalement, l'homme sent que la fin de sa vie approche et le diable lui rappelle que bientôt, il viendra le chercher et prendre son âme,
comme c'était prévu dans le contrat.
L'homme est alors pris de panique et cherche comment il pourrait se débarrasser du diable et ne pas avoir à honorer le contrat.
Et là ça dépend des variantes : dans certaines l'homme trouve une astuce (parfois simplement son propre repentir accompagné de la prière d'un saint) et parvient à s'en sortir ; dans d'autres il finit par se pendre dans la panique et le diable emporte son âme.
C'est aussi devenu une expression : "pactiser avec le diable", "vendre son âme au diable" qui signifie que le diable nous donne richesse, puissance, gloire,
et même bonne santé, immunité contre tout accident, ou une vie anormalement longue ! Le diable protège même de nos ennemis...
Mais malheur à nous car il finira par nous prendre notre âme en échange de ses faveurs terrestres et nous conduira en enfer éternel.
D'où ces questions s'il vous plait :
- Puisque rien n'arrive sur terre que Dieu ne veut, selon vous, quand Dieu rappelle à lui un jeune homme (alors qu'il aurait pu avoir encore de très nombreuses années à vivre)
ou laisse succomber quelqu'un, par exemple à un meurtre ou une maladie, est-ce que Dieu fait cela parce qu'Il sait que cette personne aurait commis, plus tard au cours de sa vie, un grave péché qui l'aurait damnée, comme dans le premier conte ?
Dieu vise notre Salut uniquement et peut envoyer un ange pour nous tuer pour éviter qu'on tue, nous voler pour empêcher qu'on soit avare, nous couper une main dans un accident pour empêcher qu'on vole, nous jeter dans la solitude pour empêcher qu'on soit orgueilleux ?
Ou même nous envoyer la maladie pour nous faire mourir jeune, pour qu'on meurt au "moins pire moment de sa vie compte tenu de ce qu'aurait été notre comportement après" ?
- Selon vous, le diable peut-il proposer des choses qui semblent contradictoires avec sa "fonction naturelle" ?
Dans le conte, le diable est immensément riche, il peut donner tout l'argent du monde.
Le diable est puissant, il peut donner la puissance, le pouvoir, la popularité (les amis et la séduction qui vont avec mais ne sont pas de vrais amis, puisque dans d'autres contes, quand la fortune quitte le héros, ses "amis" et ses "amoureuses" finissent toujours par le laisser seul quand il n'a plus rien à leur donner)
Le diable peut-il promettre ou donner des choses que normalement seul Dieu peut donner puisqu'elles sont bénéfiques ?
Une vraie amitié par exemple, ou mieux encore, le Salut de l'âme que normalement Dieu seul peut donner : le diable peut-il nous le promettre/proposer/donner dans un échange ?
Merci de votre éclairage sur ces points.
Bonne journée, Dieu vous garde.
En Occident, des contes ont été écrits/racontés au moyen-âge qui mettaient souvent en scène le démon, un ange ou le péché.
Ces contes ont donc été rédigés quand l'Occident baignait en pleine culture chrétienne,
on peut donc supposer qu'ils ont une symbolique chrétienne, un sens chrétien et sont censés apporter une morale chrétienne.
Par ailleurs, on voit par des peintures d'époque que les gens croyaient à l'existence d'un enfer éternel de torture et de feu
et l'imaginaient comme une chose terrible qu'il fallait éviter à tout prix.
Plus encore que de chercher le paradis, éviter l'enfer à tout prix, et ça se comprend quand on lit par exemple à quoi ressemble l'enfer de Dante.
A partir de ces contes, pourriez-vous m'éclairer à l'aide de votre Foi ou de votre culture chrétienne (ou autre) s'il vous plait ?
Dans le premier conte (dont il existe des variantes, j'en raconte les grandes lignes lues il y a très longtemps, désolée s'il y a des erreurs, c'est de mémoire) :
un homme rencontre un compagnon de route assez mystérieux, qui veut l'accompagner.
Il accepte et le soir après un long chemin ils s'arrêtent dans une auberge mal famée.
Comme l'homme et son compagnon sont pauvres, l'aubergiste hésitant tout d'abord, accepte de les loger gratuitement dans le grenier.
La nuit, le compagnon va voler l'or de l'aubergiste et fait lever l'homme pour quitter l'auberge en pleine nuit et reprendre la route.
Le personne principal est choqué mais ne dit rien et ils poursuivent leur route.
Sur un pont, ils croisent alors un vieux mendiant : son compagnon le jette par-dessus le pont.
Alors l'homme n'y tient plus et s'écrie à son compagnon : "Pourquoi as-tu pris l'or de l'aubergiste qui nous avait logé gratuitement pour la nuit ?
Pourquoi avoir jeté ce pauvre vieux, qui ne nous avait rien f ait, par-dessus le pont ?!"
Le compagnon se révèle alors être un ange et lui dit : "L'aubergiste attendait que nous nous soyons endormis pour nous tuer et négocier nos quelques biens avec les brigands dans l'auberge. Il était amoureux de son or qu'il gardait jalousement et en était devenu avare. C'était un or mal acquis que veillait jalousement sa famille.
Dieu a voulu qu'on lui enlève cet or pour sauver son âme.
Le vieux que j'ai poussé par-dessus le pont allait commettre un meurtre un peu plus tard et se damner. Ne vaut-il pas mieux couper une main pour sauver tout le corps, tuer un homme pour sauver son âme ?
Ne juge pas car Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut".
Après avoir écouté cet ange, l'homme s'exclame finalement : "vraiment, on ne peut connaître les desseins de Dieu !"
C'est une expression morale désormais : "on ne peut connaître les desseins de Dieu" qui signifie que Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut de l'âme.
Le deuxième conte (courant avec beaucoup de variantes) met en en scène un jeune homme qui rêve d'une vie facile.
Le diable lui apparaît et lui propose son amitié, la puissance et la richesse. Mais en échange, au terme de sa vie, le diable prendra son âme.
Le jeune homme qui pense qu'il aura bien le temps d'y penser, accepte et signe le contrat sur un coup de tête,
en demandant une vie longue pour bien avoir le temps de profiter de tous ces avantages.
Alors, au cours de sa vie, la chance lui sourit : il devient un écrivain reconnu et riche, couru des femmes et il a plein "d'amis".
Il ne lui arrive aucun accident car le diable sauve sa vie, afin qu'il ait longue vie, comme stipulé dans le contrat.
Et même un jour, un écrivain rival se moque de lui. Le diable l'aide à se débarrasser de ce rival en le faisant mourir par un accident.
Finalement, l'homme sent que la fin de sa vie approche et le diable lui rappelle que bientôt, il viendra le chercher et prendre son âme,
comme c'était prévu dans le contrat.
L'homme est alors pris de panique et cherche comment il pourrait se débarrasser du diable et ne pas avoir à honorer le contrat.
Et là ça dépend des variantes : dans certaines l'homme trouve une astuce (parfois simplement son propre repentir accompagné de la prière d'un saint) et parvient à s'en sortir ; dans d'autres il finit par se pendre dans la panique et le diable emporte son âme.
C'est aussi devenu une expression : "pactiser avec le diable", "vendre son âme au diable" qui signifie que le diable nous donne richesse, puissance, gloire,
et même bonne santé, immunité contre tout accident, ou une vie anormalement longue ! Le diable protège même de nos ennemis...
Mais malheur à nous car il finira par nous prendre notre âme en échange de ses faveurs terrestres et nous conduira en enfer éternel.
D'où ces questions s'il vous plait :
- Puisque rien n'arrive sur terre que Dieu ne veut, selon vous, quand Dieu rappelle à lui un jeune homme (alors qu'il aurait pu avoir encore de très nombreuses années à vivre)
ou laisse succomber quelqu'un, par exemple à un meurtre ou une maladie, est-ce que Dieu fait cela parce qu'Il sait que cette personne aurait commis, plus tard au cours de sa vie, un grave péché qui l'aurait damnée, comme dans le premier conte ?
Dieu vise notre Salut uniquement et peut envoyer un ange pour nous tuer pour éviter qu'on tue, nous voler pour empêcher qu'on soit avare, nous couper une main dans un accident pour empêcher qu'on vole, nous jeter dans la solitude pour empêcher qu'on soit orgueilleux ?
Ou même nous envoyer la maladie pour nous faire mourir jeune, pour qu'on meurt au "moins pire moment de sa vie compte tenu de ce qu'aurait été notre comportement après" ?
- Selon vous, le diable peut-il proposer des choses qui semblent contradictoires avec sa "fonction naturelle" ?
Dans le conte, le diable est immensément riche, il peut donner tout l'argent du monde.
Le diable est puissant, il peut donner la puissance, le pouvoir, la popularité (les amis et la séduction qui vont avec mais ne sont pas de vrais amis, puisque dans d'autres contes, quand la fortune quitte le héros, ses "amis" et ses "amoureuses" finissent toujours par le laisser seul quand il n'a plus rien à leur donner)
Le diable peut-il promettre ou donner des choses que normalement seul Dieu peut donner puisqu'elles sont bénéfiques ?
Une vraie amitié par exemple, ou mieux encore, le Salut de l'âme que normalement Dieu seul peut donner : le diable peut-il nous le promettre/proposer/donner dans un échange ?
Merci de votre éclairage sur ces points.
Bonne journée, Dieu vous garde.