Bonjour,
En Occident, des contes ont été écrits/racontés au moyen-âge qui mettaient souvent en scène le démon, un ange ou le péché.
Ces contes ont donc été rédigés quand l'Occident baignait en pleine culture chrétienne,
on peut donc supposer qu'ils ont une symbolique chrétienne, un sens chrétien et sont censés apporter une morale chrétienne.
Par ailleurs, on voit par des peintures d'époque que les gens croyaient à l'existence d'un enfer éternel de torture et de feu
et l'imaginaient comme une chose terrible qu'il fallait éviter à tout prix.
Plus encore que de chercher le paradis, éviter l'enfer à tout prix, et ça se comprend quand on lit par exemple à quoi ressemble l'enfer de Dante.
A partir de ces contes, pourriez-vous m'éclairer à l'aide de votre Foi ou de votre culture chrétienne (ou autre) s'il vous plait ?
Dans le premier conte (dont il existe des variantes, j'en raconte les grandes lignes lues il y a très longtemps, désolée s'il y a des erreurs, c'est de mémoire) :
un homme rencontre un compagnon de route assez mystérieux, qui veut l'accompagner.
Il accepte et le soir après un long chemin ils s'arrêtent dans une auberge mal famée.
Comme l'homme et son compagnon sont pauvres, l'aubergiste hésitant tout d'abord, accepte de les loger gratuitement dans le grenier.
La nuit, le compagnon va voler l'or de l'aubergiste et fait lever l'homme pour quitter l'auberge en pleine nuit et reprendre la route.
Le personne principal est choqué mais ne dit rien et ils poursuivent leur route.
Sur un pont, ils croisent alors un vieux mendiant : son compagnon le jette par-dessus le pont.
Alors l'homme n'y tient plus et s'écrie à son compagnon : "Pourquoi as-tu pris l'or de l'aubergiste qui nous avait logé gratuitement pour la nuit ?
Pourquoi avoir jeté ce pauvre vieux, qui ne nous avait rien f ait, par-dessus le pont ?!"
Le compagnon se révèle alors être un ange et lui dit : "L'aubergiste attendait que nous nous soyons endormis pour nous tuer et négocier nos quelques biens avec les brigands dans l'auberge. Il était amoureux de son or qu'il gardait jalousement et en était devenu avare. C'était un or mal acquis que veillait jalousement sa famille.
Dieu a voulu qu'on lui enlève cet or pour sauver son âme.
Le vieux que j'ai poussé par-dessus le pont allait commettre un meurtre un peu plus tard et se damner. Ne vaut-il pas mieux couper une main pour sauver tout le corps, tuer un homme pour sauver son âme ?
Ne juge pas car Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut".
Après avoir écouté cet ange, l'homme s'exclame finalement : "vraiment, on ne peut connaître les desseins de Dieu !"
C'est une expression morale désormais : "on ne peut connaître les desseins de Dieu" qui signifie que Dieu sait mieux ce qui est bon pour le Salut de l'âme.
Le deuxième conte (courant avec beaucoup de variantes) met en en scène un jeune homme qui rêve d'une vie facile.
Le diable lui apparaît et lui propose son amitié, la puissance et la richesse. Mais en échange, au terme de sa vie, le diable prendra son âme.
Le jeune homme qui pense qu'il aura bien le temps d'y penser, accepte et signe le contrat sur un coup de tête,
en demandant une vie longue pour bien avoir le temps de profiter de tous ces avantages.
Alors, au cours de sa vie, la chance lui sourit : il devient un écrivain reconnu et riche, couru des femmes et il a plein "d'amis".
Il ne lui arrive aucun accident car le diable sauve sa vie, afin qu'il ait longue vie, comme stipulé dans le contrat.
Et même un jour, un écrivain rival se moque de lui. Le diable l'aide à se débarrasser de ce rival en le faisant mourir par un accident.
Finalement, l'homme sent que la fin de sa vie approche et le diable lui rappelle que bientôt, il viendra le chercher et prendre son âme,
comme c'était prévu dans le contrat.
L'homme est alors pris de panique et cherche comment il pourrait se débarrasser du diable et ne pas avoir à honorer le contrat.
Et là ça dépend des variantes : dans certaines l'homme trouve une astuce (parfois simplement son propre repentir accompagné de la prière d'un saint) et parvient à s'en sortir ; dans d'autres il finit par se pendre dans la panique et le diable emporte son âme.
C'est aussi devenu une expression : "pactiser avec le diable", "vendre son âme au diable" qui signifie que le diable nous donne richesse, puissance, gloire,
et même bonne santé, immunité contre tout accident, ou une vie anormalement longue ! Le diable protège même de nos ennemis...
Mais malheur à nous car il finira par nous prendre notre âme en échange de ses faveurs terrestres et nous conduira en enfer éternel.
D'où ces questions s'il vous plait :
- Puisque rien n'arrive sur terre que Dieu ne veut, selon vous, quand Dieu rappelle à lui un jeune homme (alors qu'il aurait pu avoir encore de très nombreuses années à vivre)
ou laisse succomber quelqu'un, par exemple à un meurtre ou une maladie, est-ce que Dieu fait cela parce qu'Il sait que cette personne aurait commis, plus tard au cours de sa vie, un grave péché qui l'aurait damnée, comme dans le premier conte ?
Dieu vise notre Salut uniquement et peut envoyer un ange pour nous tuer pour éviter qu'on tue, nous voler pour empêcher qu'on soit avare, nous couper une main dans un accident pour empêcher qu'on vole, nous jeter dans la solitude pour empêcher qu'on soit orgueilleux ?
Ou même nous envoyer la maladie pour nous faire mourir jeune, pour qu'on meurt au "moins pire moment de sa vie compte tenu de ce qu'aurait été notre comportement après" ?
- Selon vous, le diable peut-il proposer des choses qui semblent contradictoires avec sa "fonction naturelle" ?
Dans le conte, le diable est immensément riche, il peut donner tout l'argent du monde.
Le diable est puissant, il peut donner la puissance, le pouvoir, la popularité (les amis et la séduction qui vont avec mais ne sont pas de vrais amis, puisque dans d'autres contes, quand la fortune quitte le héros, ses "amis" et ses "amoureuses" finissent toujours par le laisser seul quand il n'a plus rien à leur donner)
Le diable peut-il promettre ou donner des choses que normalement seul Dieu peut donner puisqu'elles sont bénéfiques ?
Une vraie amitié par exemple, ou mieux encore, le Salut de l'âme que normalement Dieu seul peut donner : le diable peut-il nous le promettre/proposer/donner dans un échange ?
Merci de votre éclairage sur ces points.
Bonne journée, Dieu vous garde.
Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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- pimpampoum
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Menthe
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Re: Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
Je trouve vos questions intéressantes ! Juste pour information, l'histoire que vous rapportez est très proche de celle qu'on retrouve dans une des sourates du Coran (La caverne, à partir du verset 65), et de celle qu'a écrit Voltaire dans un des chapitre de Zadig (L'ermite).pimpampoum a écrit :Dans le premier conte (dont il existe des variantes, j'en raconte les grandes lignes lues il y a très longtemps, désolée s'il y a des erreurs, c'est de mémoire)
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etienne lorant
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Re: Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
Le diable est menteur et le "père du mensonge" - et pourtant, Dieu peut se servir de lui pour conduire un homme à la conversion. L'homme dont je parle ici, c'est moi. Le démon avait réussi à me convaincre, dans mon adolescence, que seuls les hommes durs, sans foi ni loi, peuvent réussir dans la vie. Et me je suis donc entraîné à vivre comme un dur, afin de réussir, et d'utiliser toutes sortes de moyens dont le mensonge. J'aurais donc dû être maudit. Mais ... il se passait qu'en voulant m'endurcir, je me suis rendu malheureux comme même un chien ne peut pas l'être ! Je me rendais compte que, quand bien même, j'arrivais à obtenir certains éléments de ce que le monde appelle "la réussite", j'éprouvais un immense chagrin, j'avais rencontré le malheur en posant comme principe que l'homme est condamné à se réussir par ses propres forces... J'ai commencé de me remettre en question et à remettre en question la notion de réussite. Et finalement, j'ai découvert, à travers la philosophie, puis la morale, qu'à la base de tout ce qui m'était arrivé, j'avais cédé à un mensonge. Un mensonge sur la nature de l'homme. Et un matin, j'ai vu et j'ai cru. C'était un dimanche d'août 1985.
Conclusion: Dieu peut très bien se servi des oeuvres du Menteur pour faire jaillir dans un homme un amour d'autant plus grand.
Conclusion: Dieu peut très bien se servi des oeuvres du Menteur pour faire jaillir dans un homme un amour d'autant plus grand.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
La symbolique et la morale sont des choses différentes. Je pense que les contes apportent les deux.on peut donc supposer qu'ils ont une symbolique chrétienne, un sens chrétien et sont censés apporter une morale chrétienne.
Je pense au livre de Bruno Bettelheim "Psychanalyse des contes de fées", qui montre comment ces contes étaient conçus pour aider les enfants à grandir.
Les contes de Grimm sont très riches dans ce domaine, ils ont été laïcisés par la suite mais par exemple chez Grimm, Cendrillon n'a pas affaire à une fée (comme chez Perrault et Walt Disney) mais lorsqu'elle va prier sur la tombe de sa mère, l'âme de celle-ci lui vient en aide, sous forme d'un oiseau. Là c'est à la fois symbolique et moral.
- pimpampoum
- Censor

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- Inscription : mar. 24 juil. 2012, 14:21
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Re: Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
Bonjour,
Merci beaucoup pour ces réponses.
J'ai pas lu le livre de Bruno Bettelheim
mais par contre, j'aime beaucoup lire des contes, et il me semblait que notamment dans ceux écrits en Occident , il pouvait y avoir une interprétation chrétienne à en tirer.
Comme l'a dit Menthe, ces contes se retrouvent parfois ailleurs sous des formes légèrement différentes, puisque certains contes sont communs avec des variantes à différentes cultures dans le monde.
Par exemple les contes sur la création du monde ou le déluge sont commun à différentes cultures mais avec des variantes.
Merci beaucoup pour votre histoire très intéressante monsieur Lorant.
Cette histoire m'a rappelé ce qu'une théologienne m'a expliqué ce week-end.
J'avais demandé quel était le sens de : "rien n'arrive sur Terre que Dieu ne permet"
(comme dans le passage où Jésus dit à Pilate : "aucun pouvoir ne t'aurait été donné sur Terre s'il n'était venu d'en haut").
Elle m'a expliqué que cela signifie ceci :
Pour le deuxième conte (et donc la deuxième question), je pense que le diable peut nous proposer son amitié comme dans les contes, mais une amitié intéressée (il est notre ami et nous sauve des dangers et des ennemis, mais en échange, il prend notre âme).
Une amitié désintéressée et le fait d'accorder le Salut, il me semble que seul Dieu peut le donner par contre.
Oui, seul Dieu peut donner ces choses si bénéfiques selon moi... Mais par contre, ça ne veut pas dire que le diable ne pourrait les promettre, puisque promettre une chose, ce n'est pas la donner.
On pourrait donc envisager que même le diable puisse promettre (pour tromper) une amitié (faussement) désintéressée ou le Salut (que seul Dieu peut accorder).
Par contre, pour la première question que j'ai posée, liée au premier conte, je n'ai aucune idée de réponse.
... Qu'en pensez-vous s'il vous plait ?
Bonne soirée Dieu vous garde !
edit : au sujet de ce que dit Mikeadoo, j'ai préféré demander à rouvrir un sujet dans le christianisme pour les nuls, pour éviter de dévier celui-ci.
Merci beaucoup pour ces réponses.
J'ai pas lu le livre de Bruno Bettelheim
Comme l'a dit Menthe, ces contes se retrouvent parfois ailleurs sous des formes légèrement différentes, puisque certains contes sont communs avec des variantes à différentes cultures dans le monde.
Par exemple les contes sur la création du monde ou le déluge sont commun à différentes cultures mais avec des variantes.
Merci beaucoup pour votre histoire très intéressante monsieur Lorant.
Cette histoire m'a rappelé ce qu'une théologienne m'a expliqué ce week-end.
J'avais demandé quel était le sens de : "rien n'arrive sur Terre que Dieu ne permet"
(comme dans le passage où Jésus dit à Pilate : "aucun pouvoir ne t'aurait été donné sur Terre s'il n'était venu d'en haut").
Elle m'a expliqué que cela signifie ceci :
J'avais oublié de préciser :Dire que rien n'arrive sur Terre que Dieu ne permet. Cela ne signifie pas que tout mal qui se produit sur terre est autorisé par Dieu.
Mais a le sens suivant : de tout mal qui a lieu sur terre, Dieu tire finalement un bien.
Comme dans l'histoire de Joseph livré par ses frères à l'esclavage : Joseph finit par les pardonner et les mener au repentir.
Pour le deuxième conte (et donc la deuxième question), je pense que le diable peut nous proposer son amitié comme dans les contes, mais une amitié intéressée (il est notre ami et nous sauve des dangers et des ennemis, mais en échange, il prend notre âme).
Une amitié désintéressée et le fait d'accorder le Salut, il me semble que seul Dieu peut le donner par contre.
Oui, seul Dieu peut donner ces choses si bénéfiques selon moi... Mais par contre, ça ne veut pas dire que le diable ne pourrait les promettre, puisque promettre une chose, ce n'est pas la donner.
On pourrait donc envisager que même le diable puisse promettre (pour tromper) une amitié (faussement) désintéressée ou le Salut (que seul Dieu peut accorder).
Par contre, pour la première question que j'ai posée, liée au premier conte, je n'ai aucune idée de réponse.
... Qu'en pensez-vous s'il vous plait ?
Bonne soirée Dieu vous garde !
edit : au sujet de ce que dit Mikeadoo, j'ai préféré demander à rouvrir un sujet dans le christianisme pour les nuls, pour éviter de dévier celui-ci.
Dernière modification par pimpampoum le mer. 12 déc. 2012, 19:04, modifié 1 fois.
Re: Que tirer des contes vis-à-vis de la morale chrétienne ?
Vous partez , me semble-t-il , d'un postulat erroné : Dieu donne la vie , Il ne la retire pas .pimpampoum a écrit : Par contre, pour la première question que j'ai posée, liée au premier conte, je n'ai aucune idée de réponse.![]()
... Qu'en pensez-vous s'il vous plait ?
Bonne soirée Dieu vous garde !
Il arrive , par contre , que Dieu nous rappelle à Lui mais loin de nous ôter la vie cela signifie qu'Il nous fait la grâce de la conversion . Ainsi , combien de personnes athées ont , un beau jour , contre toute attente , ressenti l'appel de Dieu ou bien ont fait l'expérience ineffable de la rencontre avec Jésus .
Je cite Etienne lorant :... Et un matin, j'ai vu et j'ai cru. C'était un dimanche d'août 1985.
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