17 Juillet, les seize bienheureuses carmélites de Compiègne
Publié : jeu. 16 juil. 2009, 23:33
"A la suppression des voeux par l'Assemblée Nationale, la communauté unanime [du carmel de Compiègne] avait répondu dès le 5 août 1790 devant les membres du Directoire du district de Compiègne "vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison".
La communauté prêta le 19 septembre 1792 le serment de Liberté Egalité exigé de tout citoyen recevant de l'Etat un traitement ou une pension.
Le décret du 17 août ayant prescrit l'évacuation des maisons religieuses, les carmélites, dès le 14 septembre, qui est pour elles le début de l'année liturgique, durent retirer leur habit monastique et se répartir en ville en quatre groupes liés par "l'unité d'obéissance à notre sainte Règle et à notre Mère Prieure". De retour d'une brève visite à sa mère veuve, Mère Lidoine apprit le 21 juin 1794 que le Comité révolutionnaire procédait au même moment à une longue perquisition dans les quatre maisons occupées par les soeurs. Leur nourriture elle-même fut confisquée et servie à la police.
La communauté fut arrêtée le 23 juin et transférée à la Visitation, transférée en prison, occupée depuis 1793 par les bénédictines anglaises de Cambrai, aujourd'hui à Worchester dans l'impressionnante abbaye de Stanbrook où elles vénèrent toujours les reliques des carmélites françaises.
(...) C'est dans leurs grands manteaux blancs qu'elles arrivèrent à la Conciergerie, leurs effets civils étant restés à la lessive. Quant à leur vêtements civils ils furent imposés aux bénédictines anglaises le 16 juillet, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, comme si celle-ci, la veille de la mort de ses filles, voulait à jamais en rappeler la mémoire.
Fouquier Tinville voyant dans le dais du Saint-Sacrement "quelqu'attachement pour la royauté, et par là-même pour la famille déchue", Mère Lidoine lui répondit avec fermeté et courage : "Si vous tenez à connaître quels sont nos sentiments à l'égard de la famille des Bourbons, je vais vous les découvrir : nous étions sincèrement attachées à Louis XVI et à son auguste famille. Si c'est là un crime, nous en sommes tous coupables, et vous ne pourrez jamais arracher ce sentiment de nos coeurs"
Au pied de l'échafaud, Mère Lidoine obtint du bourreau la grâce de mourir la dernière afin de soutenir ses filles et un bref instant qui lui permit d'entonner le Veni Creator Spiritus.
La jeune soeur Constance, appelée la première, s'agenouilla devant la prieure, lui demanda la permission de mourir puis embrassa la statuette de la Vierge à l'Enfant dissimulée dans la main de la Supérieure. En gravissant les marches de la guillotine, elle entonna comme inspirée le Laudate Dominum que sainte Thérèse d'Avila avait chanté en fondant chacun de ses carmels. (...)
Ces seize morts paisibles et lumineuses, le chant de la communauté maintenu jusqu'à l'ultime prieure, l'iniquité criante et provocante de cet holocauste, firent naître de nombreuses vocations dans la foule qui assistait au supplice. L'adage patristique selon lequel "le sang des martyrs est semence de chrétiens" se réalisait à nouveau..."
http://www.carmel.asso.fr/Compiegne-Jonquieres.html
http://missel.free.fr/Sanctoral/07/17.php
Compiègne dans l'Histoire, Jean-Paul Besse, Diffusion-Université-Culture, 1992.
La communauté prêta le 19 septembre 1792 le serment de Liberté Egalité exigé de tout citoyen recevant de l'Etat un traitement ou une pension.
Le décret du 17 août ayant prescrit l'évacuation des maisons religieuses, les carmélites, dès le 14 septembre, qui est pour elles le début de l'année liturgique, durent retirer leur habit monastique et se répartir en ville en quatre groupes liés par "l'unité d'obéissance à notre sainte Règle et à notre Mère Prieure". De retour d'une brève visite à sa mère veuve, Mère Lidoine apprit le 21 juin 1794 que le Comité révolutionnaire procédait au même moment à une longue perquisition dans les quatre maisons occupées par les soeurs. Leur nourriture elle-même fut confisquée et servie à la police.
La communauté fut arrêtée le 23 juin et transférée à la Visitation, transférée en prison, occupée depuis 1793 par les bénédictines anglaises de Cambrai, aujourd'hui à Worchester dans l'impressionnante abbaye de Stanbrook où elles vénèrent toujours les reliques des carmélites françaises.
(...) C'est dans leurs grands manteaux blancs qu'elles arrivèrent à la Conciergerie, leurs effets civils étant restés à la lessive. Quant à leur vêtements civils ils furent imposés aux bénédictines anglaises le 16 juillet, en la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, comme si celle-ci, la veille de la mort de ses filles, voulait à jamais en rappeler la mémoire.
Fouquier Tinville voyant dans le dais du Saint-Sacrement "quelqu'attachement pour la royauté, et par là-même pour la famille déchue", Mère Lidoine lui répondit avec fermeté et courage : "Si vous tenez à connaître quels sont nos sentiments à l'égard de la famille des Bourbons, je vais vous les découvrir : nous étions sincèrement attachées à Louis XVI et à son auguste famille. Si c'est là un crime, nous en sommes tous coupables, et vous ne pourrez jamais arracher ce sentiment de nos coeurs"
Au pied de l'échafaud, Mère Lidoine obtint du bourreau la grâce de mourir la dernière afin de soutenir ses filles et un bref instant qui lui permit d'entonner le Veni Creator Spiritus.
La jeune soeur Constance, appelée la première, s'agenouilla devant la prieure, lui demanda la permission de mourir puis embrassa la statuette de la Vierge à l'Enfant dissimulée dans la main de la Supérieure. En gravissant les marches de la guillotine, elle entonna comme inspirée le Laudate Dominum que sainte Thérèse d'Avila avait chanté en fondant chacun de ses carmels. (...)
Ces seize morts paisibles et lumineuses, le chant de la communauté maintenu jusqu'à l'ultime prieure, l'iniquité criante et provocante de cet holocauste, firent naître de nombreuses vocations dans la foule qui assistait au supplice. L'adage patristique selon lequel "le sang des martyrs est semence de chrétiens" se réalisait à nouveau..."
http://www.carmel.asso.fr/Compiegne-Jonquieres.html
http://missel.free.fr/Sanctoral/07/17.php
Compiègne dans l'Histoire, Jean-Paul Besse, Diffusion-Université-Culture, 1992.
