Pneumatis a écrit : Je suis bien d'accord avec vous Xavi...
J’en serais tellement heureux tant son message fondamental du 21 février dernier, dans le sujet De historicité du récit de la chute du sous-forum Théologie, m’a paru le meilleur de ceux que j’ai lu à ce sujet, avant qu’il ne défende l’idée d’une réalité d’Adam et Eve hors du temps.
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Pneumatis a écrit :si vous faites un peu d'épistémologie ou de théorie de la connaissance, vous savez que l'objectivité scientifique ou même la logique ne sont que des ensemble de principes qui connaissent plusieurs variations, voire des modélisations distinctes.
…
Nous utilisons, en sciences, une logique expérimentale qui est assez binaire. La révélation n'obéit pas du tout au même ordre logique (quaternaire). Elle procède par explicitation des couches de connaissance (levée de voile progressive = révélation) tandis que la science procède par cumule et enrichissement.
D’accord.
Pneumatis a écrit :Et force est de constater que la connaissance qui s'offre à nous par la révélation et la connaissance qui s'offre à nous par les sciences, et notamment l'histoire, n'obéissent pas aux mêmes schémas intellectuels, aux mêmes structures de connaissance. On ne peut pas les mettre en corrélation comme ça, de but en blanc. Ou alors ça revient à éplucher une pomme pour savoir comment est fait un oignon.
Affirmer que l’intelligence de la foi n’utilise pas les mêmes schémas intellectuels, ni les mêmes structures de connaissance, ne me paraît pas exact sans nuances.
Bien sûr que la science a sa méthodologie propre, ses intérêts propres. Mais, la foi n’est pas ailleurs, elle va au delà, ce qui n’est pas la même chose. La foi considère davantage que la science puisqu’elle s’étend aux réalités spirituelles que la science ne peut observer.
Il y a nécessairement corrélation dans la réalité. De même que Jésus est vrai Dieu et vrai homme. La corrélation est un fait. La différence concerne le langage (y compris, en ce sens, les schémas et structures) qui peut être différent et les limites de la réalité observée.
L’objet de la révélation et de la foi est beaucoup plus vaste que celui de la science du fait que la foi englobe tout le réel. La Genèse n’est pas une constatation scientifique résultant de l’observation ou de l’analyse scientifique, mais une parole inspirée qui, en tant que telle, n’est pas une observation recevable en science. Elle s’exprime avec des modalités, des schémas, et des structures qui peuvent être différents. Notamment, avec des paraboles, des images ou de la poésie là où ces moyens permettent d’approcher de manière plus vraie toute la réalité.
Là où elle utilise des images, ce n’est pas pour faire plus simple, c’est pour faire plus vrai tant pour notre cœur que pour notre intelligence rationnelle qui a toujours tendance à tout ramener excessivement et faussement aux seules réalités terrestres.
Eplucher une pomme (chercher à comprendre ce que dit la Génèse de la création de l’homme) pour savoir comment est fait un oignon (chercher à connaître l’origine biologique de l’homme) ? Je ne comprends pas l’image utilisée. Là où la foi peut se limiter à évoquer la réalité concrète de manière essentielle et imagée, la science cherche davantage de précisions concrètes selon ses finalités propres, mais c’est la même réalité concrète que les deux considèrent.
Pneumatis a écrit : si c'était simple, les théologiens auraient certainement commencé par là ?
En effet, cela me rend perplexe par rapport à beaucoup de théologiens.
Mais, je constate que la foi de l’Eglise reste ferme depuis 2.000 ans : la création de l’homme est bien une intervention divine dans l’histoire qui survient après l’apparition de notre système solaire, de notre terre et de son occupation par des animaux divers.
Ce fut un miracle à ce moment, suivi d’une faute originelle à ce moment.
Le Magistère de l’Eglise n’a jamais dit autre chose. Le catéchisme le répète sans ambiguïté (n° 390) et le Pape ne cesse de maintenir la foi en ce sens (cf. encore son audience du 3 décembre 2008).
Ce qui est très difficile, c’est de comprendre les divers détails que la Genèse nous donne souvent de manière imagée et symbolique, mais parfois aussi de manière très concrète.
Nos nombreuses discussions dans ce forum montrent toute cette difficulté.
Nous ne devons jamais cesser de renouveler notre compréhension en tenant compte de l’état actuel de nos connaissances humaines et scientifiques. Le travail reste immense et complexe.
En fait, l’Eglise souffre encore du traumatisme que beaucoup de croyants subissent encore, même inconsciemment, depuis que les interprétations fixistes de la création en 6 jours de 24 heures ont été contredites par la science, depuis Darwin.
Personnellement, même au début de mes interventions sur ce forum en juillet dernier, cela me paraissait encore un détail fort peu important et beaucoup trop complexe que seule l’année Darwin et les nombreuses critiques de la foi entendues dans les médias m’avaient incité à réfléchir.
Au fil des réflexions et des échanges, j’ai découvert, non sans surprise, une étonnante solidité de la Genèse et de l’enseignement constant de l’Eglise, même en présence de toutes les constatations scientifiques et des controverses théologiques.