hussard a écrit :Je suis ouvert à la critique, si tant est qu'elle est basée sur des arguments rationnels.
Je ne fais que citer des vérités révélées et sourcées.

Bonjour Hussard,
vous faites appel à la rationalité, mais dites-moi, qu'y a-t-il de rationnel dans les "vérités révélées et sourcées" que vous citez ? Tout cela relève de la foi et non de la raison.
Je m'explique : que Jésus ait existé et ait été crucifié, c'est un
fait , une réalité historique. Qu'il soit le fils de Dieu , cela relève de la foi. Qu'il soit ressuscité, cela aussi relève de la foi. Si c'était un fait avéré, reconnu et prouvé, nous serions tous chrétiens.
Or il en est de même pour tout ce qui a précédé la venue de Jésus sur terre.
Dieu, dites-vous, s'est révélé aux hommes (en tout cas à certains hommes) dans l'Ancien Testament. Cela relève aussi de la foi,
Je ne veux pas remettre en question cette croyance , mais en admettant que cela soit vrai, on peut tout de même se questionner sur la façon dont ces "révélations de Dieu" ont été interprétées, assimilées, digérées, imagées et transmises par des hommes imprégnés de leur culture, de leur mode de vie, de leurs valeurs figées dans le temps et sans doute incapables d'imaginer un ordre des choses différent.
Est-il si étonnant qu'ils aient donné à ces révélations divines la couleur de leur propre existence ? Dieu pouvait-il être asexué ? Dieu pouvait-il être autre que mâle? Moi je crois qu'avec leur bagage culturel ils ne pouvaient voir les choses autrement ni les transmettre autrement.
Jésus lui-même, en tant qu'homme, a vécu la vie d'un homme de son époque, avec les références propres à son milieu de vie. Mais à ma connaissance, il n'a jamais dit pour autant que nous devrions nous éclairer à la chandelle et nous rendre au travail à dos d'âne jusqu'à la fin des temps.
Et pourtant, l'Eglise a longtemps fait obstruction au développement des connaissances des hommes, à leur intelligence exploratrice et innovatrice, qui est aussi un don de Dieu . On connaît tous l'histoire de la terre-centre-de-l'univers autour de laquelle tournait le soleil.
Si l'Eglise a fini par céder et reconnaître que c'était faux, c'est parce qu'elle n'avait plus le choix devant l'évidence, au risque de se couvrir de ridicule.
Le développement des femmes a suivi le même parcours semé d'embûches. Les femmes ont démontré un
fait à savoir qu'elles étaient douées d'intelligence, de capacités et de multiples talents comme les hommes, et qu'elles pouvaient aussi être appelées à autre chose que mettre au monde un enfant, fût-il un sauveur. Là encore , l'Église a fait obstruction, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus se le permettre. Si on se rapporte à son histoire récente, elle s'est opposée chez nous entre autres au droit de vote des femmes, et jusqu'à tout récemment (quelques décennies) elle affirmait haut et fort que la place des femmes était à la maison, avec leurs chaudrons (opinion que partagent encore certains hommes).
Aux jeunes filles qui voulaient s'instruire on rétorquait qu'elles n'avaient pas besoin d'aller au collège pour apprendre à changer des couches.
On sait tous cela, me direz-vous, mais on a tendance à balayer ces faits sous le tapis comme faisant partie d'une histoire ancienne qui n'a plus cours mais je crois au contraire qu'il faut garder tout cela en mémoire et ne pas perdre le fil d'une histoire qui est toujours la même et se poursuit encore aujourd'hui de différentes façons sur différents thèmes.
Si l'Eglise ne confine plus les femmes à leur cuisine, c'est que des pionnières ont été nombreuses à braver les interdits et les tabous, ouvrant la voie à d'autres femmes qui ont suivi l'exemple. L'Église serait aujourd'hui bien malvenue de nier l'apport important des femmes dans tous les domaines de la vie et de la société, dans les sciences, les arts, la politique, l'économie etc.
Pourquoi a-t-il tant fallu se battre pour quelque chose de tout à fait légitime et tout à fait normal ? Pourquoi a-t-il tant fallu se battre pour simplement être ce que nous sommes ?
Pourquoi l'Eglise, qui devrait pourtant favoriser l'épanouissement des humains s'est-elle tant opposée aux droits et libertés des femmes ?
Je crois personnellement que c'est pour les mêmes raisons qui ont motivé autrefois son opposition au travail des chercheurs et scientifiques : le contrôle et le pouvoir.
J'ai toujours perçu cette église (me trompe-je ?) en mode défensif, auto-protecteur, craignant sans cesse de perdre quelque chose, fortement attachée à ses privilèges, avec un clergé plus préoccupé de lui-même que de toute autre chose. Je ne parle pas tant ici des prêtres "sur le terrain" dont plusieurs ont fait preuve d'un dévouement remarquable et d'une grande bonté envers les fidèles mais plutôt du clergé supérieur dans l'organisation de l'église.
Faut-il dans ces conditions s'étonner qu'elle s'oppose à ce que les femmes occupent une place plus importante dans l'Eglise ? Poser la question c'est y répondre. On a trouvé l'argument massue : "ce n'est pas la volonté de Dieu". Tiens donc, comme c'est commode !
Cela dit le plus sérieusement du monde en se référant aux origines douteuses de la masculinité qui imprègne fortement depuis toujours le clergé de cette église et qui imprègne également l'image même de Dieu !
Quelle crédibilité accorder à ces arguments ? Perso je n'en vois aucune.
Combien de temps encore l'Église pourra-t-elle maintenir cette position ? Jusqu'à ce que, comme pour d'autres positions par le passé, ce ne soit plus possible ?
Je crois que le pape François comprend que le statu quo est impossible à long terme.
Je comprend aussi que ces "ouvertures", qui arrivent bien tard (et peut-être parce qu'elles arrivent bien tard), ne peuvent se faire brusquement mais plutôt en douceur, une étape à la fois.