Le problème de l'immigration

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
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VexillumRegis
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Re: Le problème de l'immmigration

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Pneumatis a écrit :Je réponds juste à ça, parce que ça m'avait fait bondir sur le moment... Je note donc, cher VR, que vous souhaitez voir dissoute l'Église de France, qui est dans notre pays au premier rang des associations de défense des sans-papiers ? Je vous invite à lire, dans le texte que je viens d'indiquer, ce passage en particulier qui explique la mission de l'Eglise à leur égard.
Cher Pneumatis,

Je n’accorde aucun crédit à l’Église qui est en France (ou plutôt ce qu’il en reste), et je me moque comme de l’an II de ce qu’elle peut prescrire à ses fidèles dans le domaine politique. D’un manière générale, je dénie toute autorité à la puissance spirituelle dans le domaine temporel. En conséquence, je ne prendrais pas la peine de lire le torchon pro-immigrationniste de nos tartufes. Cependant leur position ne m’étonne guère. Après tout, l’Église catholique est un universalisme, et sans doute le plus ancien : la mondialisation en est en quelque sorte comme une excroissance naturelle. Puisque ces salops de Français de souche ne croient plus en rien, je ne doute pas que Messeigneurs se réjouiraient à l’idée de les remplacer par des Africains, pour autant que ce soient de bons catholiques obéissants...

Vous me parlez des lois sacrés de l’hospitalité et de l’assistance aux malades, et j’en conviens. Mais justement, je demande que le problème soit réglé en amont : en évitant que des étrangers et des malades s’introduisent sur notre territoire, on s’évitera la nécessité de leur faire la charité aux dépens de nos concitoyens - qui sont nos « prochains » les plus proches - et de leurs légitimes intérêts.

Si l’immigration était un phénomène marginal de faible ampleur, l’assistance sociale et médicale aux migrants ne ferait pas débat. Mais la mondialisation induisant des flux migratoires excessifs, les coûts engendrés pour la communauté d’accueil deviennent insupportables. Le problème n’est donc pas le principe d’hospitalité, mais sa soutenabilité (et finalement sa légitimité) lorsqu’on l’applique à des phénomènes migratoires de grande ampleur.

Cordialement,

- VR -
Dernière modification par VexillumRegis le mer. 14 avr. 2010, 10:50, modifié 2 fois.
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VexillumRegis
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par VexillumRegis »

Il semblerait que M. Gollnisch se prépare à publier une lettre à l'adresse des évêques de France (cf. ici). Si cette lettre touche à la question de l'immigration (ce qui paraît probable), cela pourrait être fort intéressant... Ou comment un bon patriote et un bon catholique peut concilier son légitime combat contre l'invasion migratoire et sa fidélité aux prescriptions xénomaniaques de sa hiérarchie cléricale...

Cordialement,

- VR -
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Kerniou
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Re: Le problème de l'immmigration

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A Cgs,
Les faits que j'ai relatés à propos des renouvellements de carte d'identité sont absolument véridiques. Ils se sont produits, il y a trois ans dans les Hauts de Seine et le Val d'Oise.
Tout dépend des consignes qui sont données aux fonctionnaires et de comment ils les interprètent.
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Pneumatis
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,
Christophe a écrit :Il ne faut pas confondre les devoirs de justice et les devoirs de charité. La justice est d'ordre naturel, et la charité d'ordre surnaturel : elle est la perfection de la justice dans l'ordre de la grâce.
J'avoue, je ne comprends pas en quoi cela permet de classer dans la case "justice" l'apport de soin à une personne malade, et dans la case "charité" l'hospitalité à une personne en déplacement. Le droit à la vie (en bonne santé) comme le droit à la mobilité sans entrave sont des droits inaliénables, me semble-t-il, au regard de la DSE (bon, je dis ça, mais je n'ai aps retrouvé confirmation dans les textes de la DSE, faut que je cherche encore). Si on s'en tient à de la stricte logique, tout bon sentiment mis de côté, décider qu'il est moral de garantir le droit à la vie, ou encore de garantir le droit à l'éducation, je ne comprends pas selon quel principe on refuserait à ce même champs de la moral le devoir d'hospitalité envers le migrant ou la personne en déplacement.
Erga migrantes caritas Christi a écrit :39. Les migrations constituent donc un événement qui touche aussi à la dimension religieuse de l’homme; elles offrent aux migrants catholiques l’occasion privilégiée, bien que souvent douloureuse, d’acquérir un sens accru de leur appartenance à l’Église universelle, au-delà de toutes les particularités.

À cette fin, il est important que la communauté ne considère pas que sont devoir envers les migrants puisse se limiter simplement à poser des gestes d’aide fraternelle ou encore de soutenir des lois parcellaires qui favorisent leur digne insertion dans la société et qui respectent l’identité légitime de l’étranger. Les chrétiens doivent se faire les promoteurs d’une véritable culture de l’accueil (cf. EEu 101 et 103), qui sache apprécier les valeurs authentiquement humaines d’autrui, au-delà des nombreuses difficultés que comporte la convivialité avec des personnes différentes de nous (cf. EEu 85, 112 et PaG 65).

40. Les chrétiens réalisent tout cela en pratiquant un accueil véritablement fraternel, répondant à l’invitation de saint Paul : «Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu» (Rm 15,7)[46]

[46] Dans le chapitre 15 de la Lettre aux Romains, le devoir d’accueil nous est présenté dans des traits saillants que nous rappelons en le qualifiant. L’hospitalité doit donc être «chrétienne», profonde, et venir du cœur (« Dieu … vous accorde d’avoir les uns pour les autres les mêmes sentiments, à l’exemple du Christ Jésus: v. 5) ; elle doit être généreuse et gratuite, et non intéressée ou possessive (« Le Christ n’a pas recherché ce qui lui plaisait … mais il s’est fait serviteur» : v. 3 et 8), bienfaisante et édifiante («Que chacun d’entre nous plaise à son prochain, pour le bien, en vue d’édifier» : v. 2), attentive aux plus faibles («C’est un devoir pour nous les forts de porter les faiblesses de ceux qui n’ont pas cette force et de ne point rechercher ce qui nous plaît» : v. 1).
Bref, je n'ai pas l'impression qu'on sorte tellement du champs de la morale naturelle, mais peut-être me trompais-je. Il me semble de toute façon qu'en tant que chrétien, l'hospitalité est un devoir moral, point à la ligne... ça ne résout pas toute la question, évidemment.
Christophe a écrit :Comme l'a souligné Franck, un État-nation ne peut pas être le garant du bien commun universel mais seulement du bien commun national particulier.
En lisant le message de Franck, je me suis en effet posé la question de la subsidiarité dans l'accueil des migrants. L'accueil est un devoir moral, une garantie que doit donc être assurée par un système juste. Mais ce système doit-il se situer au niveau de l'Etat. Ce n'est pas certain, en effet. Et j'en arrive même à penser que la dimension migratoire étant trans-nationale, la gestion de ces flux et de leurs conséquences (accueil, intégration, etc...) devrait donc incomber également à une structure législative et exécutive trans-nationale.
Christophe a écrit :Venir ou demeurer clandestinement dans un pays étranger ne peut pas ouvrir des droits supplémentaires (soins médicaux, logement, etc.) par rapport y ceux dont bénéficient les citoyens issus des pays d'émigration qui n'ont pas transgressés nos lois et sont demeurés dans leur propre pays. La transgression d'une loi légitime ne peut pas créer de nouveaux droits.
Il ne s'agit pas de créer de nouveaux droits, mais de reconnaitre ceux des droits qui découlent du respect de la personne humaine. Ils n'ont rien de "nouveaux", chaque personne a certains droits qui lui sont attachés où qu'elle se trouve et quelle que soit sa situation.
Christophe a écrit :Il en est bien évidemment différemment des étrangers en situation régulière que nous avons fait venir… Mais un étranger reste un étranger, et il faut pouvoir envisager son retour dans son pays d'origine à l'issue de son séjour légal. Anticiper ce retour avant même la venue en France est certainement la façon la plus humaine et la plus juste de fonctionner.
100% d'accord. Ca pourrait justement faire partie des attributions d'une structure trans-nationale de gestion des flux migratoires que de prendre acte des situations des migrants et prévoir avec eux, quand ils se font connaitre, les conditions de retour dans leur pays d'origine, si toutefois ce retour est envisageable. Dans le même ordre d'idée, pourrait faire partie des attributions d'une telle structure de dégager des grandes tendances migratoires et de mettre en place des plans d'action, avec la collaboration des nations impliquées (d'origine et d'accueil), pour résorber le phénomène d'aspiration, en particulier par l'aide au développement dans les pays d'origine.
Christophe a écrit :Je pense qu'il est inutile que je précise que le « droit du sol » est une aberration à l'époque des flux migratoires mondialisés…
Mouais... pas sur. En tout cas, dans la mesure où il n'est pas opposé, mais complémentaire, au droit du sang, et correspond à une réalité de vie, de travail et de participation à la vie sociale, comme c'est le cas en France, alors il ne me parait pas aberrant. Après j'avoue ne pas avoir assez réfléchi à la question. Mais n'y a-t-il pas dans le fait de naitre dans un pays particulier le germe d'une certaine relation maternelle entre la nation de naissance et la personne pourtant d'origine étrangère par ses parents.
Christophe a écrit :Mais, en raison de la libre circulation dans l'UE, la politique migratoire est l'une de celle qui nécessite une coordination européenne.
On est d'accord sur ce point.
VexillumRegis a écrit :Je n’accorde aucun crédit à l’Église qui est en France (ou plutôt ce qu’il en reste), et je me moque comme de l’an II de ce qu’elle peut prescrire à ses fidèles dans le domaine politique.
Comme je l'ai dit, cela ne relève pas que de l'Eglise de France, mais de Rome. La commission pontificale pour la pastorale des migrants est... une commission pontificale. Les lettres des papes, chaque année, à cette commission, sont... du pape.
VexillumRegis a écrit :Mais justement, je demande que le problème soit réglé en amont : en évitant que des étrangers et des malades s’introduisent sur notre territoire, on s’évitera la nécessité de leur faire la charité aux dépens de nos concitoyens - qui sont nos « prochains » les plus proches - et de leurs légitimes intérêts.
Je ne parlais pas de migrants malades, mais je faisais le parallèle entre migrants et malades (dit comme ça, ça pourrait me revenir dans les dents, mais c'est juste une métaphore) pour justement montrer qu'on ne résout pas les problèmes de maladie en éjectant les malades. Le système de la quarantaine peut encore exister, mais on voit bien qu'il est un recours extrême pour prévenir les cas de contagion extrême. Cette métaphore vise à montrer que selon le même principe, on ne se débarrasse pas d'éventuels problèmes sociaux-économiques consécutifs aux migrations en se débarrassant des migrants ou en les tenant à l'écart. Comme pour la maladie qu'on prévient en éduquant à une bonne santé, on peut prévenir l'afflux migratoire par l'aide au développement dans les pays à l'origine de cet afflux.

J'ajoute même quelque chose qui semble un grand absent de la discussion. Nous avons une dette envers bien des pays parmi lesquels se trouvent être une grande majorité à l'origine des flux d'immigration à destination de la France. Cette dette commence de pouvoir être évaluée grâce à des indicateurs tels que l'empreinte écologique. Par nos modes de vie, nous continuons de coloniser et voler la terre des pays du sud, en particulier. Pour ceux qui ne sont pas familier j'explique rapidement : il se trouve que si chaque individu dans le monde vivait avec le train de vie d'un français moyen, il faudrait environ 4 planètes comme la notre en matière de ressources et de gestion des déchets. Ce qui fait, mathématiquement, que la répartition des ressources et du patrimoine écologique de la création est très inégalement réparti. Faisant parti des biens universels, nous avons donc une dette plutôt lourde à l'égard des pays les moins consommateurs de ressources ou encore ceux qui souffrent des conséquences directement ou indirectement de nos modes de vie, de nos subventions agricoles à l'exportation, de l'usure qui continue d'être honteusement pratiquée à l'égard de certains pays, de la concurrence découlant simplement d'une avance technologique qu'on ne tient pas plus que ça à partager, ... en un mot de notre impérialisme économique.

Bref, je crois que certains flux migratoires se trouvent être un simple retour de manivelle et devraient un tout petit peu commencer d'être envisagés comme tels. Ca me semble un minimum. Avant de se demander comment on peut faire pour conserver notre petit équilibre, il me semble qu'on devrait commencer par se soucier d'arrêter de déséquilibrer le reste du monde.
VexillumRegis a écrit :Il semblerait que M. Gollnisch se prépare à publier une lettre à l'adresse des évêques de France (cf. ici). Si cette lettre touche à la question de l'immigration (ce qui paraît probable), cela pourrait être fort intéressant...
Il semblerait que sa sainteté Benoit XVI s'apprête à parler publiquement de la question de l'immigration à l'occasion de son voyage prochain à Malte... ça promet d'être intéressant.
touriste a écrit :A Cgs,
Les faits que j'ai relatés à propos des renouvellements de carte d'identité sont absolument véridiques. Ils se sont produits, il y a trois ans dans les Hauts de Seine et le Val d'Oise.
Tout dépend des consignes qui sont données aux fonctionnaires et de comment ils les interprètent.
Je confirme. Mon père est né en France mais de parents juifs polonais, immigrés en France. Il a vécu et travaillé toute sa vie en France, y a fait son service militaire, etc... Il a 65 ans. Et récemment on lui a fait savoir qu'il fallait qu'il "prouve" sa nationalité française pour le renouvellement de sa carte d'identité. C'est la première fois qu'on lui demande ça. Son nom de Sprung, que je porte moi-même, semble avoir accroché quelque peu. Le fait qu'il ait toujours renouvelé sa carté d'identité, au fil des décennies, ne suffisait pas. Nouvelle politique d'identité nationale, nouvelles mesures. A priori on lui a fait savoir que s'il retrouvait un certificat comme quoi il a bien fait son service militaire sous le drapeau français, ça pourrait suffire. Par contre, c'est pas le genre de truc facile à retrouver plus de 40 ans après. En attendant, pas de renouvellement de la carte d'identité.
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Henriette
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Henriette »

Il y a quelque chose qui m'interpelle...

En lisant certains, on aurait presque l'impression qu'il y en France une vague massive d'immigration, que l'on est littéralement envahi.

Pourtant, sur les dix dernières années, l'immigration est a peu près stable si on la rapporte au nombres d'habitants (sinon en valeur absolue on a une légère hausse).
Et surtout, l'immigration est largement inférieure à celle qu'on a eut entre 1945 et 1974 (et pour cause, 1974 c'est là qu'on a instauré une politique de contrôle des flux migratoires).

Même en admettant que cela soit un "problème" (ce que je ne pense pas), le "problème" n'existe pas.

Ça ressemble à un faux problème, comme celui de l'insécurité qui revient régulièrement sur la scène politique. On se focalise sur des problèmes qui n'en sont pas, en les faisant apparaitre comme massif, alors qu'il n'y a pas plus d'augmentation de l'insécurité que de l'immigration. Et ce faisant, on oublie volontairement les vrais problèmes (chômage, précarité, dérèglement climatique...)
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ti'hamo
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par ti'hamo »

@ Henriette
Houlà, houlà, doucement :
Les "vrais problèmes", ce serait le réchauffement climatique ("réchauffement", pas "dérèglement", vous noterez - vous ne pouvez parler de "dérèglement" que si vous pouvez scientifiquement décréter que le nouveau climat est une anomalie par rapport à notre climat actuel qui serait le seul et unique bon et vrai climat...ce que la paléontologie vous permettra de nier), quelque chose qui se passe hors de notre portée, sur de grandes échelles, sans conséquences directe sur notre vie ?

Remettons les choses en place : de toute façon, il n'y a pas à "choisir" entre une question climatologique et une question de société ou de civilisation : ce sont deux domaines différents, et on peut très bien se soucier des deux à la fois.


Je reviens sur l'insécurité : vous affirmez que ce n'est pas un problème, puisque ce n'est pas massif. Ah.
Mais, je ne sais pas si vous tâtez un peu de la médecine, un problème n'a pas besoin d'être "massif" pour être un vrai problème grave : tout dépend de sa localisation et de sa nature.
"Pas d'augmentation" de l'insécurité ? Mais qu'est-ce que vous appelez une "augmentation" de l'insécurité, au juste ? Vous mesurez cela comment, scientifiquement ? Sur quelle échelle ?
Si votre nombre de tumeurs n'augmente pas, mais que de bénignes elles deviennent malignes, elles auront beau ne pas avoir augmenté, elles se seront tout de même considérablement aggravées et vous serez bien plus prête de la fin.

Allez dire aux personnes touchées par l'insécurité, la vraie (les voitures cramées, les sans-gênes agressifs et violents dans les transports en commun se comportant comme en terrain conquis, les violences, intimidations, climat de peur, anxiogène, déprimant), allez leur dire que ce n'est pas un problème, que c'est une illusion, et vous verrez comme vous vous ferez recevoir ! :D

Non, c'est un fait, qu'il faut prendre en compte, regarder en face, et auquel il faut s'efforcer de trouver une réponse appropriée.



De la même façon pour l'immigration : dire que l'immigration en soi est un problème est effectivement absurde. Par contre, noter et observer les revendications grandissantes pour imposer un autre mode de vie, parfois par la violence (médecins frappés parce qu'ils sont hommes et que le mari estime qu'ils n'ont pas à examiner leur femme, élèves contrôlant leurs camarades pour vérifier qu'ils respectent le ramadan - même s'ils ne sont pas musulmans...), c'est une simple observation de faits ; vous ne pouvez donc pas vous contenter de dire que cela n'existe pas ; vous ne pouvez pas non plus prétendre qu'il ne s'agit pas du tout d'un changement, d'un changement peut-être qualitatif et non quantitatif, mais donc d'un changement d'autant plus profond, radical... et donc problématique.

Ne vous contentez pas des chiffres. C'est utile, mais ça ne dit pas tout.
Quand on veut poser un diagnostic, la première chose que l'on fait n'est pas de se précipiter sur les mesures et les chiffres ; d'abord, on commence par observer le patient.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Henriette »

Ce n'est pas basé sur des chiffres, mais sur l'expérience vécue.

Je vis en Seine Saint-Denis depuis près de 25 ans, alors je pense être plus en mesure que certains de juger cette insécurité dont on nous parle tant.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de violence, de délinquance, juste qu'il n'y a pas eu d'augmentation sensible de l'insécurité depuis ces 25 dernières années.
Pourtant avec la société qui deviens de plus en plus dure, injuste, individualiste, j'aurais pu m'attendre à une explosion de la violence. Elle n'a pas eu lieu (pas encore, peut-être :-@ )

Vous faites un parallèle avec la médecine, et bien je continue dans ce sens. Les maladies très rares, "orphelines" comme on les appellent parfois, sont l'objet de bien moins de recherche et dépenses que le sida ou le cancer.
On peut trouver que cela est injuste, moi je trouve que c'est juste logique, plus un problème est important, plus on doit s'attacher à y trouver des solutions.

Le(s) problème(s) majeur(s) dans une banlieue comme le 93 ce n'est pas l'insécurité ou l'immigration en elle même, c'est plutôt le chômage, la discrimination à l'embauche (doublé pour les noirs et les arabes, rejetés à la fois parce qu'ils sont noirs/arabes, et parce qu'ils habitent dans le 93), la "ghettoisation"...
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VexillumRegis
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par VexillumRegis »

Il est tout de même hallucinant de trouver encore des personnes pour venir ici nous affirmer « qu’il n’y a pas eu d’augmentation de l’insécurité ces 25 dernières années » en Seine-Saint-Denis !

Madame, vous n’êtes probablement que le triste reflet de la politique de l’autruche de nos élites politiques qui, fières de leurs œillères, fières de nous entraîner inexorablement vers l’abîme, nous serine depuis vingt ans que les incivilités, les dégradations, les agressions et les violences en tous genres ne ressortissent pas de la responsabilité de leurs auteurs - pour la plupart des enfants d'immigrés - mais de la seule responsabilité de la société qui ne leur a offert ni emploi, ni considération. Mensonges ! Les départements les plus pauvres sont le Cantal et la Creuse, et l’on n’y dénombre aucune voiture brûlée, aucun caillassage de bus : il faut dire que les bandes ethniques « désœuvrées » (sic) y sont fort rares ! La vérité, c’est qu’il n’y a aucun rapport de cause à effet entre la pauvreté et la violence, contrairement à ce que nous matraque depuis tant d’années une propagande culpabilisatrice.

Que la ghettoïsation, non pas forcée mais choisie, de populations allogènes déracinées et inassimilables soit une cause majeure de cette montée de l’insécurité, voilà une autre évidence. Libre à vous de le nier, au nom sans doute de l’utopie d’une société multiraciale et multiculturelle soudée par un harmonieux « vivre ensemble »... Là encore, pure propagande : les États multiraciaux et multiculturels sont toujours des États multi-racistes et multi-conflictuels, alors que l’homogénéité raciale et culturelle a toujours été un gage de cohésion sociale...

Cordialement,

- VR -
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Cgs
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Cgs »

Bonjour VR,
VexillumRegis a écrit : La vérité, c’est qu’il n’y a aucun rapport de cause à effet entre la pauvreté et la violence, contrairement à ce que nous matraque depuis tant d’années une propagande culpabilisatrice.
Permettez-moi de nuancer votre assertion péremptoire : la violence n'a pas pour seule source la pauvreté. La nécessité peut entraîner la violence. Voyez par exemple les tensions actuelles en Afrique ou la révolution cubaine des années 50. Relisez Machiavel qui injoncte au Prince de ne jamais affamer le peuple, sous peine de soulèvement.

En Christ,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Henriette »

Je n'ai pas dit qu'il y avait un rapport de cause à effet entre la pauvreté et la violence...

Au contraire, puisque malgré le fait que la pauvreté augmente (au fait, vous avez comparé le cout de la vie en région parisienne et dans la creuse ?) les violences et l'insécurité n'augmentent pas.

En général ceux qui pensent que l'insécurité a augmenté dans des banlieues comme le 93 n'y vivent pas. Moi si, justement. Alors peut-être que je me trompe, et que vous, VexillumRegis, vivez dans le 93, mais j'en doute.

Des voitures brulées, des caillassages de bus, il y en avait déjà il y a 20 ans, tout autant. La seule différence est qu'on n'en parlait pas ou très peu. Dans mon collège, à l'époque, un garçon est mort poignardé dans l'enceinte de l'établissement, même au journal régional on en a pas parlé, aujourd'hui ça ferais la une du JT de 20h.
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par aroll »

Bonjour.
VexillumRegis a écrit :
Il est tout de même hallucinant de trouver encore des personnes pour venir ici nous affirmer « qu’il n’y a pas eu d’augmentation de l’insécurité ces 25 dernières années » en Seine-Saint-Denis !
L'insécurité, c'est un concept subjectif, on peut, par contre, dire que la violence a augmenté, mais strictement dans les même proportions dans toutes, je dis bien dans toutes, les classes sociales et dans tous les "groupes" culturels ethniques ou autres, même sous forme de violence psychologique et cela jusque dans le cadre du travail.
VexillumRegis a écrit : que le triste reflet de la politique de l’autruche de nos élites politiques qui, fières de leurs œillères, fières de nous entraîner inexorablement vers l’abîme, nous serine depuis vingt ans que les incivilités, les dégradations, les agressions et les violences en tous genres ne ressortent pas de la responsabilité de leurs auteurs
Au contraire, la plupart des "élites politiques" dénoncent (à mon sens d'une manière inadéquate) ces violences depuis longtemps, seulement, ils ne le font pas tous avec autant d'exagération caricaturale que certains.
VexillumRegis a écrit :- pour la plupart des enfants d'immigrés
Peut-être, tout dépend de ce que vous voulez dire par "pour la plupart", et le plus important encore est d'en donner aussi la bonne explication..
VexillumRegis a écrit :- mais de la seule responsabilité de la société qui ne leur a offert ni emploi, ni considération.
Ce qui crée de la frustration, et la frustration est "violentogène".
C'est d'ailleurs le sentiment de frustration vis à vis d'une certaine idée qu'ils se font de la nation, ou de leur identité, qui pousse les gens comme vous à vouloir rejeter les étrangers.
VexillumRegis a écrit : Mensonges ! Les départements les plus pauvres sont le Cantal et la Creuse, et l’on n’y dénombre aucunes voitures brûlées, aucun caillassage de bus :
Tout à fait, ce qui montre que la pauvreté n'est pas, en elle même, suffisante pour expliquer le phénomène.
La violence est le résultat de l'interaction subtile entre plusieurs facteurs dont la pauvreté n'est que l'un d'entre eux, mais pas le principal, d'ailleurs, comme je l'ai dit, la violence augmente dans tous les secteurs de notre société, pas seulement chez les pauvres, mais pas seulement non plus chez les étrangers.
Les voitures brûlées et les bus caillassés sont des faits liés à la vie en cité, et sont perpétré par des jeunes de toute origine, le seul point commun n'étant pas l'origine ethnique, mais la vie en cité. Ce qui ne signifie pas bien sûre que tous les jeunes des cités versent dans ce genre de délinquance, seulement que le phénomène est objectivement lié aux cités, et touche des jeunes d'origine diverse.
VexillumRegis a écrit : il faut dire que les bandes ethniques « désœuvrées » (sic) y sont fort rares !
Voilà un raccourci exclusivement motivé par des préjugés.
VexillumRegis a écrit : La vérité, c’est qu’il n’y a aucun rapport de cause à effet entre la pauvreté et la violence,
Disons que ce n'est pas l'élément principal, mais elle peut y participer, ou plus exactement elle peut aggraver la frustration.
VexillumRegis a écrit : contrairement à ce que nous matraque depuis tant d’années une propagande culpabilisatrice.
Venant de trèès peu de gens alors, parce que ce n'est pas vraiment ce que j'entends le plus souvent....
VexillumRegis a écrit : Que la ghettoïsation, non pas forcée mais choisie,
Ni l'une ni l'autre, encore un raccourci du aux préjugés.
VexillumRegis a écrit : de populations allogènes déracinées et inassimilables
Des arguments, voir des preuves que ces populations sont inassimilables?
VexillumRegis a écrit :soit une cause majeure de cette montée de l’insécurité, voilà une autre évidence.
Des arguments, voir des preuves pour ceux qui ne "voient" pas cette évidence?
VexillumRegis a écrit : Libre à vous de le nier, au nom sans doute de l’utopie d’une société multiraciale et multiculturelle soudée par un harmonieux « vivre ensemble »... Là encore, pure propagande :
Non, non, c'est tout à fait possible, le Christ lui même nous y invite....
VexillumRegis a écrit : les États multiraciaux et multiculturels sont toujours des États multi-racistes et multi-conflictuels, alors que l’homogénéité raciale et culturelle a toujours été un gage de cohésion sociale...
Et est contraire aux enseignements de l'église en général, et de Benoît XVI en particulier.
Migrants : le pape Benoît XVI lance un appel aux catholiques occidentaux

"Les migrants et leurs familles ne sont pas un problème mais une ressource" :

VATICAN - Recevant, le 9 novembre, les participants au 6e Congrès pour la pastorale des migrants et des réfugiés (thème : « Une réponse pastorale au phénomène migratoire à l'ère de la globalisation. Cinq ans après l'instruction "Erga migrantes caritas Christi" »), le pape a lancé notamment cet appel aux catholiques occidentaux :

<< Pourquoi ne pas considérer le phénomène mondial migratoire actuel comme une condition favorable pour la compréhension entre les peuples et pour la construction de la paix et d'un développement qui concerne chaque pays ? […] Les migrations invitent à mettre en lumière l'unité de la famille humaine, la valeur de l'accueil, de l'hospitalité et de l'amour pour le prochain ...

Cela se traduit par des gestes quotidiens de partage, de participation et de sollicitude envers les autres, spécialement envers les pauvres . […] Voilà pourquoi l'Eglise invite les fidèles à ouvrir le cœur aux migrants et à leurs familles, sachant qu'ils ne sont pas un ''problème'' mais constituent une ''ressource'' à savoir valoriser, de manière opportune, pour le chemin de l'humanité et pour son développement authentique. »
http://plunkett.hautetfort.com/archive/ ... .html#more

Sans compter que ce n'est pas tout à fait le message de l'évangile.........

Amicalement, Alain
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philémon.siclone
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par philémon.siclone »

En attendant, préparez-vous à vivre de nouvelles journées de violences : Sarkozy a décidé de sortir son kärcher à l'approche de la prochaine présidentielle. Les saisies de drogue auxquelles se livre tout à coup la police dans les cités, après les avoir laissé dormir pendant 3 ans, sont du même ordre que celles qui ont mené aux émeutes de 2005, lesquelles ont permis à ce même Sarkozy d'être élu en 2007. Voilà ce qui s'annonce. Il serait donc temps d'élargir un peu son point de vue sur la situation : les banlieues immigrées ont une utilité, alimenter la peur. A mon avis, c'est un des buts de l'immigrations massive : faire pression sur le citoyen de base, et l'amener à tout accepter, même le sarkozisme... Je pense qu'en tant que chrétien, même en étant conscient de la folie que représentent les flux migratoires actuels, il doit y avoir une autre solution que la peur et le repli. Car c'est bien là que veulent nous amener les tyrans qui nous gouvernent. Mais le Christ attend probablement autre chose de nous, enfin j'imagine...
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
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ti'hamo
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par ti'hamo »

@ Henriette
Ah, mais alors en fait nous nous comprenons mal : en fait, quand je parle de violences graves, je parle effectivement des caillassages, agressions, voitures brûlées... depuis 20 ans.
Si pour vous se dire "ah mais ça existait déjà il y a 20 ans, c'est juste qu'on n'en parlait pas" est suffisant pour qualifier un meurtre de banal, pas grave, de cas isolé ou de maladie orpheline à laquelle il n'y a pas besoin de consacrer beaucoup de temps ni de moyens,
alors effectivement nous ne voyons pas trop les choses de la même manière.

Si je remarque qu'un de mes patients présente des symptômes d'insuffisance rénale, si on me dit que "oh, ben, de toute façon c'est comme ça depuis 5 ans", ça ne va pas me rassurer mais au contraire m'inquiéter encore plus ! (puisqu'alors je saurais que les lésions entrainées par la maladie seront plus importantes, irréversibles, etc...) (notez bien : non pas la maladie en elle-même, qui a pu se maintenir au même points ans s'aggraver de façon massive, mais ses conséquences directes).

D'autre part, sans besoin d'aller dans le 93, je peux rien que chez moi constater le sans-gêne, la violence latente même dans l'attitude (pas toujours latente, je repense à certains clients...), l'arrogance, le manque de respect,...
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
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Nanimo
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Nanimo »

Franck a écrit : Soyons créatifs, imaginons un dispositif permettant aux Français qui le souhaitent de prendre en charge l’intégralité des dépenses sociales de ces nouveaux arrivants. On pourrait aussi imaginer un statut leur permettant à ceux qui le souhaitent de devenir les garants moraux et financiers d’une famille immigrée.
Cela se fait dans les pays d'accueil anglo-saxons, mais je n'ai rien trouvé de semblable sur le site du ministère de l'Immigraton. C'est assez surprenant qu'il n'y ait pas de dispositions de ce genre; cela concerne le regroupement familial habituellement, mais aussi d'autres personnes, notamment les réfugiés qui eux n'ont plus rien. Des associations peuvent se porter garantes de ces derniers pendant une période.
La France retarde sur ce plan : ceux qui en ont besoin doivent payer pour.
Dernière modification par Nanimo le lun. 19 avr. 2010, 14:37, modifié 1 fois.
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Pneumatis
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Pneumatis »

Nanimo a écrit :Bonjour Joel,
J'estime le système d'accueil juste. Lorsqu'un migrant se présente aux portes de l'Europe sans papiers, il est normalement refoulé. Toutefois, il a un recours : la demande d'asile (la, ce n'est pas une blague de Noel); il dispose d'un court délai pour cela; au terme de la procédure, il est ou débouté ou obtient le statut de réfugié qui lui donne accès a tous nos avantages sociaux. Il existe une protection subsidaire pour les personnes dont le pays est en guerre, une guerre qui le mettrait directement en danger; c'est le Haut commissariat aux réfugiés qui en a le mandat. Car la demande d'asile s'adresse aux personnes persécutées dans leur pays pour leurs opinions politiques, leur religion, et parfois une maladie pas bien vue ou se faire couper la main parce qu'on est un vilain chapardeur, etc. (voir la Convention de Genève pour les réfugiés de 1951). Or, il se trouve que la plupart des migrants clandestins ne se situent pas dans cette catégorie, car ce sont des migrants économiques; ils sont poussés a partir, car ils ne peuvent nourrir leurs familles. Ce n'est pas un scoupe. Je vous invite a visiter un Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile (CADA), il y en a a Paris, et vous pourrez vous faire une opinion : ce sont bien des migrants économiques la plupart du temps. Écoutez également les Africains, ils vous le diront pourquoi ils ont quitté leur pays.
Quant au développement solidaire, notre ministère de l'Immigration y a déja songé (ça s'imposait!) : http://www.immigration.gouv.fr/spip.php ... brique=327
Bonjour,

Moi aussi je trouve le système très bien... quand la pratique rejoint la théorie, et à un ou deux détails prêts :

Migrants économiques ou réfugiés persécutés et en danger de mort, un demandeur d'asile est un demandeur d'asile, et vous l'avez dit : il existe déjà un système en place. Pourtant ce système fonctionne de manière tout à fait inacceptable quand il laisse les demandeurs d'asiles squatter pendant des mois des bâtiments vétustes et abandonnés, sans eau, sans hygiène, sans alimentation autre que celle qui provient de quelques associations caritatives, etc ... C'est un fait avéré : les droits des personnes ne sont nullement respectées, elles sont traitées de manière indigne par l'abandon à des conditions de vie intolérables, et dans l'impossibilité légale de subvenir elles-mêmes à leur besoin en l'absence de la plus élémentaire des solidarités qui consiste en l'exercice de l'hospitalité.

Après on peut faire une distinction entre migrants économiques et personnes en danger de mort. Cette distinction ne justifie en aucun cas l'exclusion systématique des premiers, et ce pour deux raisons :

- le premier s'appelle la destination universelle des biens : si il s'avère que les migrants économiques n'ont pas les moyens nécessaires dans leur pays à une vie digne, ils sont légitimes à venir chercher ces moyens ailleurs.

- le second est celle dont je parlais dans un de mes précédents messages : il faut arrêter de faire croire que d'accueillir des immigrés issus des pays pauvres c'est de la charité. Les pays dits "développés" sont en grande partie responsable de cette pauvreté. De la charité ! Oh mon Dieu, mais c'est un juste retour des choses. Pour prendre un "faux exemple" : si demain, l'ensemble de la population d'Haïti débarquait sur nos côtés en demandant l'asile, ce ne serait pas de la charité, mais un minimum de décence que de leur dérouler le tapis rouge ! Au niveau de l'état là, clairement. Après les siècles de pillage et d'exploitation outrancière que nous avons fait de ces terres et de son peuple. Je prends cet exemple parce qu'il est particulièrement grossier, et que j'ai eu l'occasion, avec le groupe Pax Christi duquel je fais parti, de revenir un peu sur l'histoire d'Haïti, après le séisme et au moment de réfléchir à la mise en oeuvre d'actions solidaires. Mais cet exemple, en cherchant un tout petit peu, peut très probablement s'appliquer à bien des régions du monde qui sont des points de départ de grands flux migratoires vers notre pays.

Voilà, je n'ai plus le temps, mais j'aurai aimé revenir un peu sur les préjugés de VR... notamment des propos caricaturaux que je ne croyais pas encore pouvoir lire comme ceux qui consiste à dire que la ghettoïsation est choisie et non subie. Certains, en d'autres temps, en disaient autant de la pauvreté... C'est clair que si on part de là, ça explique bien des choses sur les idées de mesures qu'il propose.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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