Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

« Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache discerner le bien du mal » (1R 3.9)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
Avatar de l’utilisateur
Toto
Barbarus
Barbarus

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Toto »

Kerniou a écrit :Eh oui, Katolik, "nul n'est parfait" ...
Et surtout " les purs et durs " défenseurs de la loi morale, si chrétienne soit-elle !
Bien sûr qu'ils ne sont pas parfaits ni purs! Mais au moins ils ont conscience qu'ils sont en état de péché et ont la volonté de changer, contrairement à la mode actuelle où l'on nie même le caractère peccamineux.

Les problèmes de pédophilie dans les institutions religieuses pour garçons essentiellement, ne datent pas, hélas, de mai 68. La prêtrise qui exige la chasteté vis à vis de femmes a attiré des garçons qui, justement, n'étaient pas attirés par les femmes.
La chasteté vis à vis des femmes est déjà évoqué au concile d'Elvire (IIIè siècle). Elle a été rappelée durant toute l'histoire de l'Eglise. Cela n'a posé de problèmes que jusqu'à ces problèmes de pédophilie qui sont apparus dans les années 50 et surtout les années 60, c'est à dire de manière concomitante au concile. Trop facile de rejeter les problèmes actuels de l'Eglise sur les générations passées.

Comment expliquer que pendant les 1900 ans où 'on défendait la saine doctrine, il n'y avait pas de problèmes, et que quand on a commencé à libéraliser, les problèmes sont apparus?
Trop facile de dire "ce n'est pas le concile, ni mai 68". Prouvez-le!
L'éveil des consciences ne se limite pas, hélas, au rappel des interdits.
Certes! Mais là on ne rappelle même plus les interdits.
Jeremy43
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1017
Inscription : dim. 29 sept. 2013, 22:12

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour,

Si le mal n'est plus mal alors on ne peut plus être en communion avec Dieu et certainement pas communier au Corps du Christ (qui est la communauté de ceux qui croient tout ce que Dieu a révélé à travers son Eglise).

La perdition est facile, surtout à notre époque où nous avons accès à plein de choses et à un tas d'informations, il est aisé de s'égarer en dehors du droit chemin qui mène à l'éternité bienheureuse. L'Eglise a toujours eu pour rôle de veiller sur le troupeau que Dieu lui donne, l'Eglise est au dessus de la conscience personnelle puisqu'Elle a justement pour but de la former, de l'éduquer et de l'amener de plus en plus près de Dieu grâce aux Sacrements, à la Liturgie etc... plus l'homme est près de Dieu et plus il est heureux. C'est peut être cette réalité qu'on ne rappelle plus assez : le péché rend malheureux, pas la vertu Divine.

Si l'Eglise a enseigné le danger de la chair, ce n'est pas sans raison, il suffit de voir le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui : on tue des enfants pour le plaisir sexuel, on détruit des familles pour le sexe et cela n'est qu'une petite partie des très très nombreux péchés liés à la sexualité. Le monde, globalement, ne considère l'amour qu'à travers le prisme de la sexualité, même les gamines sont éduquées là dedans et ce de plus en plus tôt et on est abreuvés par ça partout et par tous et toutes (quasiment). Dieu Lui pourtant n'a évidemment pas changé et est toujours pur... c'est donc que nous importons, par nos péchés, l'enfer sur terre, tout simplement. Ça donne la nausée et malheureusement notre corps lui est évidemment sensible à tous ces stimulis même si cela répugne l'âme, pas étonnant qu'on vive à une époque aussi torturé puisque l'homme est fait pour Dieu, il n'y a que Dieu qui peut le combler.

Dans cet enfer, l'Eglise du Christ, doit elle se prostituer ou au contraire demeurer fidèle à son Maître pour que la Lumière luise dans les ténèbres et sauver les hommes de bonne volonté ? à moins qu'il n'y ait plus besoin d'être sauvé, ce qui est globalement enseigné aujourd'hui (il n'y a pas que dans la Liturgie qu'on tourne le dos à Dieu).

Peut être est-ce un mal d'être nostalgique du passé, passé qui serait fantasmé, mais personnellement je pense qu'il est indéniable que notre époque s'enfonce en enfer au fur et à mesure qu'elle s'éloigne de Dieu.

EDIT : Et malheureusement, connaître la Doctrine n'apporte pas la Sainteté, mais sans doute que ça aide, au moins à placer le curseur pour définir l'agir (je pense que c'est à niveau que Toto et Suliko veulent mettre le point, il n'y a pas de jugement de valeur vis à vis des personnes qui font sans doute comme elles peuvent) et se diriger ainsi vers cette Sainteté.
Avatar de l’utilisateur
axou
Barbarus
Barbarus

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par axou »

Héraclius a écrit :
Axou a écrit : (....)
Au nom de la dignité humaine, au nom du Christ qui appelle chacun à vivre en vérité et en dignité, personne ne doit faire subir ni subir soi-même de relation sexuelle, en dehors d'un véritable consentement, libre et heureux. Je rappelle que le viol conjugal est puni par la loi.
C'est grave de dire des choses pareilles ! Si un couple est en désaccord avec le fait d'avoir ou non des relations conjugales dans le cadre d'une relation dite illégitime ou pas, et qu'ils ne parviennent pas du tout à s'entendre sur ce point et bien il vaut mieux que les personnes se séparent et même pour le bien des enfants qui ne doivent pas grandir dans une telle ambiance délétère.

Héraclius :
Excusez-moi, chère axou, mais avez seulement compris de quoi je parlait ?
Je parlait d'une personne divorcée remariée qui, après une conversion interne, désirerait vivre dans la continence mais ferrait face à un refus scandalisé de son conjoint non-catholique (ou "non-pratiquant"). Si cette personne, pour sauver son union avec cette personne afin de conserver un cadre d'éducation sain pour ses enfants, se résignait à "continuer comme avant" tout en faisant allégeance au Christ en esprit (je ne dit pas que c'est ce qu'elle devrait faire, hein), on pourrait admettre qu'elle soit tout de même admise aux sacrements tout en restant civilement et concrètement dans une situation de remariée.
Ah !
Donc, notre Héraclius ne fait pas une crise de jansénisme aigue aussi grave que je ne le pensais ? :)

Attention, L'expression "relation intime subie" est tendancieuse !
Bon, je respire mieux. Il n'empêche que si je vous comprends bien, vous imaginez qu'une conjointe aimerait arrêter d'avoir des relations physiques avec son mari (civil) suite à sa conversion afin d'éviter une relation de péché, souhait qu'elle n'impose pas à son conjoint qui ne serait pas sur la même longueur d'onde. Grâce à cela, elle aurait droit à un susucre, l'Eucharistie. Mon Dieu que c'est tarabiscoté.

Quelques remarques : Le mariage ne se résume pas à la sexualité et si des personnes décident de demeurer unis dans ce mariage civil, il n'y a aucun sens à créer de la désunion dans cette union en arrêtant d'avoir des relations physiques. Je sais que le cardinal Ratzinger avait demandé dans une lettre (en 1995 ?) aux couples mariés civilement de vivre "comme frères et soeurs" mais il avait beaucoup choqué dans l'Eglise, autant des prêtres que des laics (je travaillais en Eglise à l'époque), osant suggérer un tel clivage dans le couple susceptible de la faire exploser et témoignant d'une telle méconnaissance de la vie à deux.

L'Eucharistie n'est pas une réponse à une obéissance à un code de bonne conduite mais est avant tout expression même d'une foi vivante ...
Héraclius a écrit :
Axou a écrit : Je ne crois pas du tout que Dieu juge la souffrance de l'innocent bonne, le Christ a passé sa vie à soulager la souffrance morale et physique des personnes et à les rétablir dans la justice et la dignité. "qui me voit voit le père". je crois que devant la cruelle injustice subie par des innocents, il faut avoir le courage de demeurer dans l'incompréhension, de se laisser travailler par le questionnement et rejoindre par l'amour sauveur de Dieu lorsqu'on est soi-même frappé par l'injustice. Il faut regarder en face l'injustice fondamentale sans l'amoindrir comme l'a fait le Christ lui-même : "mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné ?" Il faut accepter de traverser l'innommable sans se raccrocher aux branches.

Héraclius :
Mais enfin, chère axou, le scandale de la souffrance est partout face à nous, et nous savons Dieu omnipotent ! Dieu n'a pas créé le mal, mais il a assurément créé et permet chaque jour la souffrance de l'innocent ! Dieu est responsable, pleinement responsable de la souffrance !
Ce sujet mérite surement un autre post, on peut en ouvrir un nouveau. Il faudrait relire Job.
En deux mots, je ne crois pas Dieu responsable de la souffrance, pas du tout. "Dieu n'a pas fait la mort" (dans l'AT, je ne sais plus ou...)
Je sais qu'il y a contradiction intellectuelle entre omnipotence de Dieu est non responsabilité divine devant la souffrance mais je l'assume, je crois même qu'assumer cette contradiction est importante pour grandir spirituellement.
Héraclius a écrit : Je sais bien que la chose vous touche, mais je ne peux que vous répéter cette éternelle litanie qui est pourtant la seule réponse possible : le Christ et l'Eglise qui partagent une même voix, s'exprimant dans l'Ecriture et dans la tradition, enseignent inlassablement un message inverse.

Pourquoi diable l'Eglise du Christ enseignerait une fausse doctrine alors que l'Eglise schismatique orthodoxe, avec son principe "d'économie" qui s'approche assez de votre pensée, serait dans le vrai ? La Vérité a sa source dans la parole prophétique de l'Unique Eglise, et tout ce qui tranche avec elle est faux. Soit on dit oui à tout, soit non à tout - il n'y a pas de voie médiane.
Vous êtes dans une recherche de cohérence intellectuelle là ou le sujet demande du coeur et de l'ouverture au Souffle divin pour discerner chaque cas particulier. Dans chaque situation, que veut nous dire Dieu ? Une lecture fondamentaliste de l'Evangile qui vise à plaquer le texte sur toute situation passe à côté du sens...
Au bout de 1900 ans , l'Eglise a renoncé à une lecture fondamentaliste de l'Ancien Testament (rappelons qu'elle disait jusqu'alors que la Terre avait été crée en 7 jours), il est possible que la lecture du Nouveau Testament nous demande également un autre regard.
Suliko a écrit : Demandez-vous si les paroisses que vous avez toujours connues sont réellement catholiques dans leur foi et leur enseignement moral. Et surtout, voyez un peu les conséquences de ce bouleversement que connaît l'Eglise depuis le dernier concile : les gens ont littéralement déserté en masse les églises et la foi n'est plus transmise. J'ai bien peur que si l'on continue sur cette lancée, dans quelques décennies, le christianisme en Europe ne sera plus qu'un souvenir. Déjà tant de choses y ont été irrémédiablement perdues...
Kerniou a écrit : La peur du péché, surtout celui de la chair _à croire qu'il n'y en avait qu'un !_ dans laquelle les gens de ma génération ont été éduqués n'est pas la manière la plus heureuse d'évangéliser. La preuve, ils ont fui les églises et refusé de donner à leurs enfants toute éducation religieuse.
Bonjour à toutes les 2 (et merci chère Kerniou pour votre soutien :)

Je crois Suliko que vous idéalisez le catholicisme d'avant le concile. Nous n'étions pas nées ni vous ni moi mais par mes parents et grands parents, j'ai cru comprendre que pour la majorité des Catholiques , l'Eglise leur proposait le degré zéro de la spiritualité, ou, pour être moins sévère , la part de spiritualité était polluée par l'obsession de la sexualité et le péché de chair. En confession, les prêtres étaient obsédés par le péché d'impureté et à l'école de ma mère (Sacré-Coeur de Paris pendant les années 50), il y avait une phrase qui revenait sans cesse : "Dieu vous punira !" Aujourd'hui encore, ma mère et mes oncles et tantes (autour de 80 ans et plus) parmi ceux qui sont pratiquants ne vont JAMAIS se confesser, même pas en rêve. Quand je leur pose avec étonnement la question, pourquoi ils ne vont jamais se confesser, je reçois toujours une réponse gênée ("je n'aime pas trop ça"), j'ai fini par comprendre que la culpabilité leur a tellement été infusée, la peur de Dieu si adroitement transmise que la confession est juste synonyme de "lieu du péché" et que l'amour de Dieu qui accueille et qui pardonne dans une miséricorde infinie, le Dieu Père qui tend les bras leur est étranger.
Ma mère et mes tantes se sont bricolé une religion essentiellement faite de neuvaines à Sainte Truc et saint Machin, on va à la messe de temps en temps quand on est pas fatiguée et on évite Dieu parce qu'Il fait peur bien sur ! Voilà pour les pratiquants, quant aux autres, ils ont fui. Quand je demandais enfant à mon père de venir à la messe avec moi, il me répondait qu'il avait son "compte de messes à vie" (tous les jours à l'école chez les Pères) et que les curés l'avaient dégoûté de la religion. J'ai eu de la chance que mes parents me mettent quand même chez les religieuses qui m'ont transmis un christianisme libre de toute culpabilité malsaine...

Kerniou a raison, les gens en avaient ras le bol de ce carcan obsolète et castrateur mais ils en étaient prisonniers, socialement il fallait être pratiquant. Les années 60, le concile mais aussi le grand mouvement des années 60 qui donne la permission à chacun de sortir des carcans sociaux habituels provoqua une hémorragie des Catholiques : bien sur, leur foi était essentiellement d'appartenance sociale et conventionnelle en plus du carcan psychique, tout cela ne reposait que sur du sable, depuis longtemps.

Par rapport à notre époque hypersexualisée que décrit Jérémy, certains psychologues et sociologues incriminent très sérieusement l'Eglise : celle - ci aurait tenu les personnes dans un tel carcan moral et sexuel fait d'interdits et de désirs refoulés depuis le XIX ème siècle essentiellement qu'une fois le carcan cassé, le balancier a été de l'autre côté et nous serions encore dans la période de défoulement. C'est très possible. Cela rend évidemment le discours de l'Eglise sur la morale sexuelle, même devenu plus équilibré, très peu audible puisqu'il arrive sur un terrain rendu épidermique par le passé.

Et maintenant ?
oui Jérémy, en nous éloignant de Dieu, nous nous enfonçons, cela c'est certain. Cela nous renvoie à la mission de témoignage que chacun de nous avons à porter.

Je reviens sur la notion de bonheur. J'ai constaté sur ce post avec toujours le même étonnement que le mot "bonheur" soulevait des réactions presque épidermiques" ! le bonheur est réservé au ciel, ici on est fait pour en baver ..etc...

je suis navrée, surtout de la part des jeunes, que vous ne croyez pas que Dieu veut votre bonheur ici bas !
Mais oui, nous sommes appelés au bonheur, à la joie, certes nous vivons des passages par la Croix mais également par la résurrection et même lors des périodes de grande souffrance Dieu envoie des grâces de consolation. Dieu nous veut libres et heureux, est ce si difficile à croire ?
Et il est important pour chacun de faire le point dans sa vie :
qu'est ce qui me donne de la joie ? et de demander le souffle de Dieu pour se rapprocher de notre vrai désir, de notre vrai talent, tout ce qui peut être étouffé par nos résistances, nos refus d'aimer, nos refus d'être heureux !
Je crois qu'il est important également de se poser la question: quels sont mes besoins ?
Besoin relationnels, affectifs, sexuels, physiques, sociaux et quels choix on fait pour y répondre ou pas, et avec quelles conséquences ?
En négligeant ces questions, on risque de se faire beaucoup de mal et du mal aux autres. (les grands scandales dans l'Eglise sont le fruit du refoulement de ces questions)

Renoncer à soi-même, ce n'est pas renoncer au bonheur terrestre, c'est renoncer à exister par la possession ("à quoi sert de posséder le monde..."), c'est renoncer à croire que "le bonheur, c'est d'en avoir plein nos armoires", c'est renoncer à la possession des autres en leur imposant notre pouvoir, c'est renoncer à la peur de prendre sa place, à la peur de perdre...
Accueillir le bonheur de Dieu, c'est goûter la joie de la relation. Dieu est relation et nous avons vocation à la relation : relation à Dieu, relation à nous-même, relation amoureuse, relation amicale avec nos frères humains, nos frères animaux, la nature, toute la création. Et Dieu nous donne son souffle pour discerner si une relation est bonne pour nous ou pas, est juste sur notre chemin, et cela dépasse pour moi les cadres relationnels établis par l'Eglise.

Bien à vous,

Axou
Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3154
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Suliko »

Kerniou,

Je vous trouve un peu gonflée (pour ne pas dire plus) d'établir un lien entre ma position (dite rigoriste) et les actions des jihadistes de l'EI!

Kerniou et axou,

Je connais vos convictions quant aux causes de la déchristianisation massive de ces dernières décennies. Ce sont celles que l'on peut lire et entendre de tant de catholiques libéraux et pour être honnête, je n'y crois pas une seconde! Je ne nie pas qu'un certain rigorisme ait pu faire fuir un certain nombre de catholique de l'Eglise, mais mon avis est que cela reste un phénomène très minoritaire par rapport aux véritables causes de la crise de la foi. Mais on a déjà débattu de cela plusieurs fois, si mes souvenirs sont bons. D'ailleurs, l'Eglise pré-conciliaire n'était pas plus rigoriste et culpabilisante que bon nombre de communautés protestantes ou que d'autres religions. Quant à la prétendue absence de spiritualité de l'époque, c'est également bien exagéré et surtout, c'est un jugement fort déplacé de la part d'une Eglise actuelle qui échoue à attirer des fidèles et à transmettre son héritage bimillénaire, et notamment la belle spiritualité de sa liturgie traditionnelle. Mais bon, il semblerait que juger de haut son passé et ses ancêtres est une mode!
Et je maintiens que vos positions ne sont pas catholiques. On ne peut pas balancer 2000 ans de doctrine sous prétexte que "l'Esprit souffle!". Il souffle d'ailleurs tellement depuis le concile que les églises sont vides et que bon nombre de ceux qui y vont encore se bricolent une foi à leur image...comme vous! (Et qu'on ne me reproche pas ma franchise, elle vaut mieux que de l'hypocrisie.)

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
Avatar de l’utilisateur
Héraclius
Consul
Consul
Messages : 3414
Inscription : lun. 30 sept. 2013, 19:48
Conviction : Catholique

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Chère axou,
Bon, je respire mieux. Il n'empêche que si je vous comprends bien, vous imaginez qu'une conjointe aimerait arrêter d'avoir des relations physiques avec son mari (civil) suite à sa conversion afin d'éviter une relation de péché, souhait qu'elle n'impose pas à son conjoint qui ne serait pas sur la même longueur d'onde. Grâce à cela, elle aurait droit à un susucre, l'Eucharistie. Mon Dieu que c'est tarabiscoté.
Ah, c'est pas moi qui suis parti dans le casuisme : tout est de la faute de notre cher prodigal, il est l'unique coupable. :p
Quelques remarques : Le mariage ne se résume pas à la sexualité et si des personnes décident de demeurer unis dans ce mariage civil, il n'y a aucun sens à créer de la désunion dans cette union en arrêtant d'avoir des relations physiques. Je sais que le cardinal Ratzinger avait demandé dans une lettre (en 1995 ?) aux couples mariés civilement de vivre "comme frères et soeurs" mais il avait beaucoup choqué dans l'Eglise, autant des prêtres que des laics (je travaillais en Eglise à l'époque), osant suggérer un tel clivage dans le couple susceptible de la faire exploser et témoignant d'une telle méconnaissance de la vie à deux.
La formulle plus juste serait "les gestes, attitudes et pensées reservés à une situation matrimoniale, dont la coït constitue le sommet et le principe d'unification" mais c'était plus long que "sexe", alors le paresseux que je suis a fait court.
L'Eucharistie n'est pas une réponse à une obéissance à un code de bonne conduite mais est avant tout expression même d'une foi vivante ...
C'est aussi le Saint des Saints, la présence réelle, la gloire qui jadis résidait dans le Temple, le créateur dans toute sa splendeur cachée, portant le nom devant lequel tout genoux doit plier. On ne peut le recevoir qu'avec crainte et tremblement (Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir...), avec la volonté affichée de ne pas pécher et de se convertir, chose incomptatible avec l'état d'adultère.
Ce sujet mérite surement un autre post, on peut en ouvrir un nouveau. Il faudrait relire Job.
En deux mots, je ne crois pas Dieu responsable de la souffrance, pas du tout. "Dieu n'a pas fait la mort" (dans l'AT, je ne sais plus ou...)
Je sais qu'il y a contradiction intellectuelle entre omnipotence de Dieu est non responsabilité divine devant la souffrance mais je l'assume, je crois même qu'assumer cette contradiction est importante pour grandir spirituellement.
1 + 1 = 2, pas trois, et même l'Eglise ne pourrait pas me faire croire le contraire si elle en faisait une définition magistérielle...

Du reste, toute l'histoire de la spiritualité chrétienne depuis 2000 ans insiste sur la valeur des souffrances (qui permettent de purifier la volonté et de n'être plus qu'Amour sans une pensée pour soi). J'aurais un peu de mal à contredire ces siècles de sainteté au nom de l'esprit du temps et son hédonisme.
Vous êtes dans une recherche de cohérence intellectuelle là ou le sujet demande du coeur et de l'ouverture au Souffle divin pour discerner chaque cas particulier.
Moi aussi, je peux faire des grandes phrases. Que pensez-vous de "Vous êtres dans le sentimentalisme et l'instinct là où il nous faut contempler et nous soumettre au Logos-Vérité" ? :p
Au bout de 1900 ans , l'Eglise a renoncé à une lecture fondamentaliste de l'Ancien Testament (rappelons qu'elle disait jusqu'alors que la Terre avait été crée en 7 jours), il est possible que la lecture du Nouveau Testament nous demande également un autre regard.
Ce genre de commentaire révèle votre incompréhension des mécanismes théologiques d'une parfaite cohérence qui régissent l'enseignement de la Sainte Doctrine.

La communauté des croyants de base, faute de modèle alternatif, croyait peut-être dans sa majorité que la genèse était littéralement vraie, mais les théologiens savaient depuis des siècles que le Dieu éternel n'avait pas créé le monde dans le temps - puisque l'acte créateur, comme le créateur lui-même, est à situer dans l'éternité. On peut citer Saint Augustin, le père de la théologie latine, qui est connu pour avoir fait en son temps une lecture essentiellement métaphorique de la Genèse.

Ce qui, en théologie, doit être tenu pour certain, ce n'est pas un morceau d'écriture pris seul et sans interprétation, c'est une définition doctrinale inspirée par l'Esprit Saint suivant le schéma établi par les apôtres en Acte 15, et basé sur l'infaibillité du roc pétrinien. Tant que l'Eglise n'a pas statué sur une question théologique, cette dernière reste théoriquement ouverte. Par contre, lorsque une question a été définitivement statué, est elle close à jamais.

Quelques exemples de définition solennelles. Florilège tout à fait fortuit. :siffle:
1801 1. Si quelqu'un dit que le mariage n'est pas vraiment et proprement l'un des sept sacrements de la Loi évangélique que le Christ notre Seigneur a institués, mais qu'il a été inventé dans l'Église par les hommes et qu'il ne confère pas la grâce : qu'il soit anathème 1800 .

1802 2. Si quelqu'un dit qu'il est permis aux chrétiens d'avoir en même temps plusieurs épouses, et que cela n'a été défendu par aucune Loi divine Mt 19,9 : qu'il soit anathème 1798 .

1803 3. Si quelqu'un dit que seuls les degrés de consanguinité et d'affinité exprimés dans le Lévitique Lv 18,6-18 peuvent empêcher de contracter mariage et rendent nul celui qui a été contracté, que l’Église ne peut dispenser d'aucun d'entre eux ni décider qu'un plus grand nombre soit cause d'empêchement et de nullité : qu'il soit anathème 2659 .

1804 4. Si quelqu'un dit que l'Église n'a pas pu établir des empêchements dirimant le mariage, ou qu'elle s'est trompée en les établissant : qu'il soit anathème.

1805 5. Si quelqu'un dit que le lien du mariage peut être rompu en raison de l'hérésie, ou bien d'une vie en commun insupportable, ou bien en l'absence voulue d'un conjoint : qu'il soit anathème.

1806 6. Si quelqu'un dit qu'un mariage contracté et non consommé n'est pas annulé par la profession religieuse solennelle de l'un des conjoints : qu'il soit anathème.

1807 7. Si quelqu'un dit que l'Église se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l'enseignement de l'Évangile et de l'Apôtre Mt 5,32 ; Mt 19,9 ; Mc 10,11-12 ; Lc 16,18 ; 1Co 7,11, que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l'adultère de l'un des époux, et que ni l'un ni l'autre, même l'innocent qui n'a pas donné motif à l'adultère, ne peut, du vivant de l'autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu'est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l'adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l'adultère : qu'il soit anathème.

1808 8. Si quelqu'un dit que l'Église se trompe lorsqu'elle décrète que, pour de nombreuses raisons, les époux peuvent vivre séparés, sans vie conjugale ou sans vie en commun, pour un temps indéterminé ou déterminé : qu'il soit anathème.

1809 9. Si quelqu'un dit que les clercs qui ont reçu les ordres sacrés ou les réguliers qui ont fait profession solennelle de chasteté peuvent contracter mariage, qu'un tel mariage est valide, malgré la Loi de l'Église ou leur vœu, et qu'affirmer le contraire n'est rien d'autre que condamner le mariage ; que peuvent contracter mariage tous ceux qui n'ont pas le sentiment d'avoir le don de chasteté (même s'ils en ont fait vœu) : qu'il soit anathème. Puisque Dieu ne refuse pas ce don à ceux qui le demandent comme il faut, et qu'il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces 1Co 10,13.

1810 10. Si quelqu'un dit que l'état du mariage doit être placé au-dessus de l'état de virginité ou de célibat, et qu'il n'est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage Mt 19,11 ; 1Co 7,25 ; 1Co 7,38-40.

1811 11. Si quelqu'un dit que l'interdiction de la solennité des noces à des temps déterminés de l'année est une superstition tyrannique issue d'une superstition des païens, Ou s'il condamne les bénédictions et autres cérémonies dont use l'Église : qu'il soit anathème.

1812 12. Si quelqu'un dit que les causes matrimoniales ne relèvent pas des juges ecclésiastiques : qu'il soit anathème 2598 ; 2659 .
Canons 1 à 12 du Concile de Trente sur le Sacrement du Mariage. Le 7, le 8 et le 10 ont quelques intérêt (contemplation et soumission au Logos-Vérité, toussa toussa).

Par rapport à notre époque hypersexualisée que décrit Jérémy, certains psychologues et sociologues incriminent très sérieusement l'Eglise : celle - ci aurait tenu les personnes dans un tel carcan moral et sexuel fait d'interdits et de désirs refoulés depuis le XIX ième siècle essentiellement qu'une fois le carcan cassé, le balancier a été de l'autre côté et nous serions encore dans la période de défoulement. C'est très possible. Cela rend évidemment le discours de l'Eglise sur la morale sexuelle, même devenu plus équilibré, très peu audible puisqu'il arrive sur un terrain rendu épidermique par le passé.
Pour le coup vous avez tout à fait raison, et cela dépasse largement la morale sexuelle : le désatre de la recherche théologique avec l,intrusioon du relativisme philosophique chez les post-rahneriens, entre autre, est attribuable à la même Eglise "forteresse" pré-Vatican II.
Renoncer à soi-même, ce n'est pas renoncer au bonheur terrestre, c'est renoncer à exister par la possession ("à quoi sert de posséder le monde..."), c'est renoncer à croire que "le bonheur, c'est d'en avoir plein nos armoires", c'est renoncer à la possession des autres en leur imposant notre pouvoir, c'est renoncer à la peur de prendre sa place, à la peur de perdre...
C'es placer la gloire de Dieu et le bonheur des autres au dessus de son bonheur propre, renoncer à soi-même. Rien à voir (enfin...) avec le problème particulier des possessions matérielles, qui n'est qu'un aspect (certes considérable) de la question.

Aimer, c'est définir l'Autre comme priorité absolue au détriment de soi-même.

"Atteindre Dieu par la voie des joies, on s'y heurte à trop de concurrences. Par celle des douleurs, on L'y trouve, pur et seul." - Joseph Malègue, Augustin ou le Maître est là

Oui, je la remet, parce qu'elle est extrêmement juste. Offrir quelque chose qui se trouve être également dans notre intérêt, c'est s'exposer à de graves risques de corruption de notre offrande d'amour. L'intérêt, l'intérêt personnel, c'est la clé du péché, la voie royale vers ce dernier. Alors qu'offrir dans la souffrance, c'est une attitude vierge de tout soupçon. Offrir à son détriment, c'est le coeur d'une chose si improbable que l'on doute légitimement de son existence : l'esprit de gratuité, le désintéressement.


Dieu vous bénisse et vous accorde beaucoup de souffrances sanctificatrices. ( :-D )


Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
Avatar de l’utilisateur
axou
Barbarus
Barbarus

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par axou »

Bonsoir Suliko,

venant de vous, la qualification de catholique ou pas quant à mes propos est très peu probante. En effet, nul ne trouve grâce à vos yeux. La majorité des propos du pape François ne sont pas catholiques pour vous si j'ai bien compris, comme les propos de très nombreux évêques, de très nombreux prêtres et évidemment de très nombreux laiques... Mère Térésa qui disait (à propos des différents religions) que Dieu parlait à chacun à sa manière dans chaque religion devait tenir des propos peu catholiques tandis que l'abbé Pierre qui conseillait ouvertement le préservatif à la grande époque du sida tenait évidemment des propos hérétiques.... Tout cela relativise fortement le jugement que vous portez sur mes propos.
Décidément l'Eglise Catholique est un ramassis d'hérétiques !!! Vous devez vous sentir bien seule Suliko.

A y réfléchir, c'est moi qui pourrais vous dire que vous n'êtes pas tout à fait catholique puisque vous n'acceptez pas le dernier concile :p !

Le problème est qu'une nouvelle foi, vous confondez foi et éthique. (également foi et pastorale) Les Catholiques sont tous ceux qui partagent la même foi au Christ ressuscité, croient au Crédo et sont fidèles de l'Eglise de Rome.

C'est notre foi et notre appartenance. Ensuite, comment nous vivons notre foi, comment cela s'incarne, comment cela rencontre notre monde, notre culture, comment cela se traduit concrètement dans nos action, cela concerne l'éthique (entre autres). Les Catholiques ont une vision très différente selon leur pays, leur culture nationale, sociale, familiale, leur éducation, leur tempérament et un forum est justement fait pour partager ces différentes vision. Nous sommes des chercheurs de Dieu dans un monde en crise et nous cherchons humblement comment incarner notre foi.

Si vous pensez vraiment que les Catholiques sont seulement ceux qui partagent votre vision de l'Eglise et vos choix éthiques, non seulement vous vous condamnez à une très grande solitude, c'est le moins qu'on puisse dire, mais vous demeurez dans l'illusion, l'illusion que l'Eglise est un club fermé ou tout le monde pense pareil, et je ne veux voir qu'une tête !

Et sur ce forum, en distribuant toute seule comme une grande des bons points ou des mauvais points (plutôt des mauvais points :) ) de catholicité, vous faites simplement preuve de suffisance et d'intolérance et cela donne à penser que vous avez la nostalgie de la grande époque ou être vraiment un hérétique était vraiment très dangereux pour la santé.

En tout cas, cela n'apporte pas grand chose au débat.

Bien à vous,

Axou
Dernière modification par axou le lun. 25 avr. 2016, 18:33, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
katolik
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1180
Inscription : ven. 29 avr. 2011, 12:54
Conviction : Catholique Romain
Localisation : Eskualduna
Contact :

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par katolik »

axou a écrit : En deux mots, je ne crois pas Dieu responsable de la souffrance, pas du tout. "Dieu n'a pas fait la mort" (dans l'AT, je ne sais plus ou...)
Axou
Sagesse 1:13 (TOB) :

"Dieu, lui, n’a pas fait la mort et il ne prend pas plaisir à la perte des vivants."
Bernadette Soubirous : "Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire"
Avatar de l’utilisateur
axou
Barbarus
Barbarus

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par axou »

Héraclius a écrit : Axou :"Ce sujet mérite surement un autre post, on peut en ouvrir un nouveau. Il faudrait relire Job.
En deux mots, je ne crois pas Dieu responsable de la souffrance, pas du tout. "Dieu n'a pas fait la mort" (dans l'AT, je ne sais plus ou...)
Je sais qu'il y a contradiction intellectuelle entre omnipotence de Dieu est non responsabilité divine devant la souffrance mais je l'assume, je crois même qu'assumer cette contradiction est importante pour grandir spirituellement."

1 + 1 = 2, pas trois, et même l'Eglise ne pourrait pas me faire croire le contraire si elle en faisait une définition magistérielle...
Du reste, toute l'histoire de la spiritualité chrétienne depuis 2000 ans insiste sur la valeur des souffrances (qui permettent de purifier la volonté et de n'être plus qu'Amour sans une pensée pour soi). J'aurais un peu de mal à contredire ces siècles de sainteté au nom de l'esprit du temps et son hédonisme.
Cher Héraclius, je vois que cela mérite des précisions. La souffrance en elle même n'a pas de valeur mais la souffrance vécue en Christ a une valeur suprême et elle sauve le monde. la souffrance offerte, ouverte au Souffle, l'effort fait pour ouvrir les bras à Dieu dans la souffrance au lieu de se fermer comme la nature nous y pousse, cela a une valeur suprême.
Pour autant et c'est un grand mystère, Dieu ne veut pas de la souffrance de l'Innocent. Mais il souhaite que cette souffrance lui soit offerte et ouverte à sa grâce, nuance.
(une remarque qui me vient : en présence de personnes qui vivent une grande souffrance, ne jamais leur parler de cela, ils le vivent comme une violence insoutenable. Il faut juste faire preuve d'amour et d'empathie, être présents en silence et partager leur "pourquoi" sans apporter de réponse, Dieu leur parle par notre présence priante et silencieuse)
Héraclius a écrit : "Atteindre Dieu par la voie des joies, on s'y heurte à trop de concurrences. Par celle des douleurs, on L'y trouve, pur et seul." - Joseph Malègue, Augustin ou le Maître est là
Si cette phrase vous nourrit tant mieux, pour moi elle est doloriste (mais il faut surement la lire dans son contexte). personnellement j'ai vocation à la joie et c'est Dieu qui me donne cette vocation.
Héraclius a écrit : Aimer, c'est définir l'Autre comme priorité absolue au détriment de soi-même.
Oui il n'y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime, au détriment de sa propre vie, cela va jusque là. Attention quand même, dans la vie de tous les jours à ne pas perdre de vue ses besoins : sinon, risque de burn-out :)
Aimer l'autre comme soi-même : c'est aussi s'aimer et prendre soin de soi.
"Donnez moi votre fardeau et je le ferai léger". Si quelque chose demeure trop lourd à vivre, c'est peut-être qu'on est trop dur avec soi-même et qu'on néglige une part importante de soi.
Héraclius a écrit : Dieu vous bénisse et vous accorde beaucoup de souffrances sanctificatrices
Ah mais voilà qui est bien aimable ! Merci cher Héraclius mais j'ai déja donné, merci bien j'ai eu mon compte !

Que puis-je vous souhaiter pour me venger ?
Ah oui. Je vous souhaite une belle, une grande, une ravageuse passion amoureuse, de celle qui emporte tout sur son passage comme un fleuve déchaîné, qui emporte les belles certitudes, les beaux principes, qui ébranle les plus profondes fondations intérieures et laisse nu et sans voix, et finalement encore plus disponible à la voie du Christ.

:coeur: :coeur: :coeur:

Axou
Avatar de l’utilisateur
prodigal
Amicus Civitatis
Amicus Civitatis
Messages : 2471
Inscription : mar. 09 juil. 2013, 10:32

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par prodigal »

Héraclius a écrit :Ah, c'est pas moi qui suis parti dans le casuisme : tout est de la faute de notre cher prodigal, il est l'unique coupable. :p
J'avoue, je suis pour une revalorisation de la casuistique. :oui:
Dans le cas fictif qui ressemble à la suite de l'un des miens, si un couple est toléré dans son existence (comme moindre mal, par exemple, solution assez évidente dans les cas que j'ai proposés) sa vie relève évidemment de la même éthique que la vie d'un couple légitime. :amoureux:
Conséquence collatérale, à titre d'exemple : ce n'est pas parce qu'on a épousé une divorcée qu'on a le droit de la tromper.
Je vous remercie pour l'envoi d'un extrait de ce bon vieux catéchisme du concile de Trente. Il ne me semble d'ailleurs pas en avoir contesté l'un des articles, pourvu qu'il soit permis d'en faire une interprétation bienveillante.
Quant à la souffrance, c'est mieux quand on n'aime pas ça, comme ça on souffre plus quand elle arrive. Logique, non? :hypocrite:
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
Avatar de l’utilisateur
Héraclius
Consul
Consul
Messages : 3414
Inscription : lun. 30 sept. 2013, 19:48
Conviction : Catholique

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Chère axou, vous avez (sciemment ?) évité le plus important à mes yeux empli d'un intellectualisme aride : la théologie de la théologie, la doctrine de la Doctrine, le Concile de Trente et son poid dogmatique. Car si vous tentez de me me convaincre - ce qui est votre le devoir le plus absolu si vous estimez détenir quelque vérité ou quelque approche de cete dernière - c'est ce rempart impénétrable qu'il faudra abattre.

Dieu vous bénisse mille fois. :)


Cher prodigal, je ne vois rien à ôter à vos propos. Quand à la dernière phrase, je ne peut que redire - même si vous devez vous en douter - que mes affirmations "doloristes" ne font l'éloge de la souffrance qu'en temps que moyen (vers l'Amour), car elle est par ailleurs haissable.

Si Dieu la tolère, c'est uniquement pour le plus grand bien de l'Amour qui, comme j'ai pu l'exprimer, s'y rencontre plus aisément.

Dieu vous garde. :fleur:
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
Avatar de l’utilisateur
Kerniou
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 5192
Inscription : mer. 21 oct. 2009, 11:14
Localisation : Bretagne

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Kerniou »

Chère Suliko,
Nous ne partageons pas les mêmes idées, c'est un fait. Mais dire que je suis " g ... " ma parait être un écart de langage indigne d'une jeune fille bien élevée, de surcroît, bonne chrétienne comme vous, à fortiori quand on connait notre différence d'âge ! De grâce reprenez-vous !
Que ma comparaison vous paraisse excessive, je veux bien l'entendre, mais dès qu'on ne partage pas vous points de vue, vous sortez vite de vos gonds et adoptez un langage pour le moins cavalier.
Commencer à poser des jugements sur la foi des autres comme vous le faites procède du même mécanisme qui permet de cataloguer les autres en bons et surtout en mauvais croyants, les bons aryens et les autres , les bons communistes et les renégats .... Faire un tel tri relève de l'intolérance et peut mener dans sa forme paroxystique à diverses formes de terrorisme. Rassurez-vous, vous n'en êtes qu'à la forme intellectuelle et je doute que vous passiez à la mise en pratique ...
Que cela vous plaise ou non, c'est un fait: les églises ont commencé à se vider dans les années 50. L'évêque de Quimper s'en plaignait déjà. Ce n'est pas par hasard que le Concile a eu lieu au début des années 60 ... Je pense même que si le concile n'avait pas eu lieu, les églises seraient complètement vides
Pour ma part, j'ai connu deux " boîtes libres ", comme on disait. L'une très bien avec un enseignement religieux de qualité et dont je fais toujours partie des anciennes élèves ... et la deuxième : EPOUVANTABLE ! Qui n'avait de chrétienne que le nom ! La caricature dont on a tous entendu parler !
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3154
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Suliko »

Bonsoir Kerniou,

Vous me comparez à des gens qui égorgent de sang froid et comme des moutons leurs opposants et vous voudriez que je ne réagisse pas? Il ne fallait pas l'écrire, si vous ne vouliez pas d'une réaction bien prévisible...
Commencer à poser des jugements sur la foi des autres comme vous le faites procède du même mécanisme qui permet de cataloguer les autres en bons et surtout en mauvais croyants, les bons aryens et les autres , les bons communistes et les renégats .... Faire un tel tri relève de l'intolérance et peut mener dans sa forme paroxystique à diverses formes de terrorisme.
Que vous le vouliez ou non, cela fait 2000 ans que l'Eglise pose de tels jugements religieux et je ne fais que rappeler ce fait. Par ailleurs, ce que je critique, ce sont des propos, lorsqu'ils paraissent clairement en opposition avec ce qu'a toujours enseigné l'Eglise. Et effectivement, lorsque certaines personnes multiplient les propos non catholiques, on peut se poser des questions sur leur catholicité...tout comme lorsqu'un musulman ne fait pas ses prières, ne croit pas que le Coran soit Parole de Dieu, etc..., on peut se poser des questions sur son islamité. Il n'y a là rien de choquant.
Rassurez-vous, vous n'en êtes qu'à la forme intellectuelle et je doute que vous passiez à la mise en pratique ...
Non, si j'avais déclaré qu'axou ou vous devriez être égorgées ou je ne sais quoi d'autre dans le même genre, vous pourriez écrire une telle phrase, mais non seulement je n'ai jamais rien écrit de tel, mais en plus, je ne l'ai même jamais pensé!
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
Avatar de l’utilisateur
axou
Barbarus
Barbarus

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par axou »

Héraclius a écrit :Chère axou, vous avez (sciemment ?) évité le plus important à mes yeux empli d'un intellectualisme aride : la théologie de la théologie, la doctrine de la Doctrine, le Concile de Trente et son poids dogmatique. Car si vous tentez de me convaincre - ce qui est votre devoir le plus absolu si vous estimez détenir quelque vérité ou quelque approche de cette dernière - c'est ce rempart impénétrable qu'il faudra abattre.
C'est bien parce que c'est aride que je l'ai évité, quel pavé indigeste !

Si je comprends bien vous dites que c'est dogmatique et gravé dans le marbre ? mais un passage est soumis à la pensée évolutrice" de notre cher pape François. Je crois lire dans les anathèmes que l'état de virginité est supérieur à l'état de mariage. Le Pape François dans l'exhortation apostolique les met dorénavant sur le même plan et déclare que les deux états ont la même valeur.

extrait :

159. La virginité est une manière d’aimer. Comme signe, elle nous rappelle l’urgence du Royaume, l’urgence de se mettre au service de l’évangélisation sans réserve (cf. 1Co 7, 32), et elle est un reflet de la plénitude du ciel où « on ne prend ni femme ni mari » (Mt 22, 30). Saint Paul la recommandait parce qu’il espérait un rapide retour de Jésus-Christ, et il voulait que tous se consacrent seulement à l’évangélisation : « le temps se fait court » (1Co 7, 29). Cependant, il faisait comprendre clairement que c’était une opinion personnelle ou son propre souhait (cf. 1Co 7, 25) et non pas une requête du Christ : « Je n'ai pas d'ordre du Seigneur » (1Co 7, 25). En même temps, il reconnaissait la valeur des différents appels : « Chacun reçoit de Dieu son don particulier, celui-ci d'une manière, celui-là de l'autre » (1Co 7, 7). Dans ce sens, saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ou du célibat »[166] en raison de l’abstinence sexuelle. Au lieu de parler de la supériorité de la virginité sous tous ses aspects, il serait plutôt opportun de montrer que les différents états de vie se complètent, de telle manière que l’un peut être plus parfait en un sens, et que l’autre peut l’être d’un autre point de vue. Alexandre de Hales, par exemple, affirmait que dans un sens le mariage peut être considéré comme supérieur aux autres sacrements : en effet, il symbolise quelque chose de très grand comme « l’union du Christ avec l’Église ou l’union de la nature divine avec la nature humaine »

Bien à vous,

Axou
Dernière modification par axou le lun. 25 avr. 2016, 21:23, modifié 1 fois.
Jeremy43
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1017
Inscription : dim. 29 sept. 2013, 22:12

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Jeremy43 »

Bonsoir,

Pourtant il est magnifique ce texte du Concile de Trente, c'est simple, le blanc et le noir sont bien distingués, il n'y a pas d'erreur possible, pas de confusion. Il y a une force derrière, qui est celle de l'Esprit Saint, l'Esprit de Vérité. Pas besoin de faire un pavé de 500 pages quand 10 lignes suffisent à énoncer les réalités Divines (mais peut être qu'il en faut pour toutes les sensibilités ? vu que le but est, comme vous l'avez bien rappelé Axou, la relation avec Dieu (et comme nous sommes tous différents, Dieu nous parle différemment à chacun))

Pour l'intolérance, la Vérité n'est elle pas par nature intolérante ?
Dernière modification par Jeremy43 le lun. 25 avr. 2016, 21:26, modifié 2 fois.
Mac
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3962
Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
Localisation : la Réunion

Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Mac »

Bonjour, :)
axou a écrit :Si je comprends bien vous dites que c'est dogmatique et gravé dans le marbre ?
En tout cas c'est affirmé par l'évangile qu'il n'est pas avantageux de se marier.
Ses disciples lui dirent: Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas avantageux de se marier.
Ce qui est avantageux :
et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne.
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 8 invités