L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

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Black Dolls
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Black Dolls »

Bonjour,
un Gentil Athée a écrit : Quel mélange des genres ?
Désolé je ne parlais pas à vous d'une part, et d'autre part je parlais des personnes qui se disent "séculaire" et "athée".

Personnellement je me qualifie "d'athée" tout court, tout comme les athées que je connais. Puisqu'être athée, c'est rejeté l'existence divine, alors on est forcément "en dehors de toute hiérarchie religieuse". Vous voyez ce que je veux dire ?

Enfin bref, c'est juste un détail :)
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Anonymus »

ti'hamo a écrit :> Et bien, non, il ne semble pas : affirmer "c'est un amas de cellule", "ce n'est même pas encore vivant" est une affirmation fréquemment rencontrée.
Si ils reconnaissent que c'est un amas de cellule, ils reconnaissent donc que c'est un être vivant. Il existe bien des êtres unicellulaires et pourtant on reconnait le fait qu'ils sont vivants. Personnellement je n'ai encore rencontré personne qui soutenait qu'un embryon n'est pas un être vivant.
ti'hamo a écrit :En fait, je crois que c'est assez difficile d'affirmer ce que "les gens en faveurs de l'avortement" croient à propos de l'embryon ; car sur l'embryon ils affirment simultanément tout et son contraire, du moment que ça leur permet de conclure que l'avortement est un acte anodin ou justifié.

De fait, donc, ils n'affirment rien de précis sur l'embryon, sinon que l'avorter est un droit et qu'il ne faut pas toucher à ce droit. Le reste est de l'improvisation totale qui vient se greffer sur ce principe : ils vous jettent à la figure tout ce qui leur passe par la tête et qui leur semble coller à ce principe.
Ce n'est pas en dénigrant les gens qui n'ont pas le même avis que vous, que vous allez les convaincre. Je connais plus d'une personne pour l'avortement qui a une argumentation solide et cohérente à ce sujet.
Pour eux, il ne suffit pas d'être d'un point de vue biologique humain (c'est à dire d'avoir 46 chromosomes etc) pour être un humain. Il faut avant tout avoir une conscience ce qui implique avoir un cerveau et des sens en état de fonctionnement.

Hors ce stade n'arrive qu'au 4 ou 5ème mois chez le foetus. Faire un avortement avant cette période ne tue donc pas un être humain mais seulement un être qui pouvait potentiellement devenir humain.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Un gentil athée »

Anonymus a écrit :Pour eux, il ne suffit pas d'être d'un point de vue biologique humain (c'est à dire d'avoir 46 chromosomes etc) pour être un humain. Il faut avant tout avoir une conscience ce qui implique avoir un cerveau et des sens en état de fonctionnement.

Hors ce stade n'arrive qu'au 4 ou 5ème mois chez le foetus. Faire un avortement avant cette période ne tue donc pas un être humain mais seulement un être qui pouvait potentiellement devenir humain.
Qu'il y ait un début balbutiant et rudimentaire de conscience chez le fœtus vers le 4ème ou 5ème mois, soit. Mais le gros de la conscience ne se développe que plusieurs années après la naissance (voir Piaget). Et qu'est-ce qui nous garantie que les prémisses de ces balbutiements de conscience n'apparaissent pas beaucoup plus tôt ? Des organismes très simples comme les coraux ont des réactions à leur environnement. Cela n'est-il pas une forme de conscience très très rudimentaire ? Bref, il semble difficile de tracer une ligne claire entre un avant et un après sur la base de la conscience (sans parler du caractère contestable de ce critère pour attribuer des droits à un être).
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Anonymus »

euh non les coraux sont un mauvais exemple, la conscience est propre à l'homme et à éventuellement quelques grands mammifères.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Cgs »

Bonjour Anonymus,

Permettez-moi d'aller jusqu'au bout de votre raisonnement. Vous dites :
Anonymus a écrit : Je connais plus d'une personne pour l'avortement qui a une argumentation solide et cohérente à ce sujet.
Pour eux, il ne suffit pas d'être d'un point de vue biologique humain (c'est à dire d'avoir 46 chromosomes etc) pour être un humain. Il faut avant tout avoir une conscience ce qui implique avoir un cerveau et des sens en état de fonctionnement.

Hors ce stade n'arrive qu'au 4 ou 5ème mois chez le foetus. Faire un avortement avant cette période ne tue donc pas un être humain mais seulement un être qui pouvait potentiellement devenir humain.
Vous dites que, sur le plan biologique, il ne suffit pas d'avoir un génotype humain de 46 chromosomes pour qu'un être vivant soit humain. Il faut autre chose : une conscience, un cerveau et des sens.

:arrow: Comment mesure-t-on le fait que quelqu'un a une conscience sur le plan biologique ? Ce n'est pas possible.
:arrow: Que sait-on de ce qu'un foetus sent ou ne sent pas ? Une cellule réagit aux stimuli, donc ce n'est pas un argument
:arrow: A vous lire, dès le 4ème ou 5ème mois, l' "amas de cellule" a changé de statut, passant d'un simple objet (un amas) à un être pleinement humain. Comment s'est réalisée la transition ? A-t-on ajouté quelque chose pour insuffler l'humanité à cet amas de cellules ? Non, il est devenu "humain" par lui-même, donc avait en lui-même la capacité de devenir un être humain. En terme d'essence de l'être, rien n'a donc changé, donc nous ne pouvons pas dire que l'amas n'était pas humain. Bref, l'argument tombe encore.

Au passage, définir l'humanité d'après une conscience, un cerveau et des sens fait que :
:arrow: les aveugles, les sourds, et autres amputés physiques d'un ou plusieurs sens ne sont plus humains
:arrow: les gens dans le coma ne sont plus humains (ils n'ont plus leur conscience) ; pire, un homme qui dort n'est plus humain non plus, il n'est pas conscient.

Bref, des absurdités.

Dernier mot pour être sûr que l'on parle de la même chose : qu'est-ce que la conscience ?

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Un gentil athée »

Black Dolls a écrit :Bonjour,
un Gentil Athée a écrit : Quel mélange des genres ?
Désolé je ne parlais pas à vous d'une part, et d'autre part je parlais des personnes qui se disent "séculaire" et "athée".

Personnellement je me qualifie "d'athée" tout court, tout comme les athées que je connais. Puisqu'être athée, c'est rejeté l'existence divine, alors on est forcément "en dehors de toute hiérarchie religieuse". Vous voyez ce que je veux dire ?

Enfin bref, c'est juste un détail :)
Bonjour,

Je crois au contraire qu'il n'est pas redondant de se dire "séculier" et "athée". On peut être "athée" et adopter une attitude quasiment religieuse, accorder sa confiance à une personne charismatique, se conformer à la doctrine énoncée par une autorité, mépriser la liberté de conscience et l'esprit scientifique, etc. Voyez par exemple l'ex-URSS.

Bien cordialement.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par ti'hamo »

> Poupées Noires
Oui, mais (encore une fois) : présenter des arguments "athées", ce serait présenter des arguments spécifiquement athées, n'ayant de valeur que pour des athées, donc commençant par "puisque Dieu n'existe pas...".
De même que présenter des arguments "religieux" consisterait à commencer le raisonnement par "puisque Dieu a dit…", ce qui donnerait des arguments spécifiquement religieux, n'ayant de valeur que pour des croyants.

L'argumentation "secular" est plus que cela : c'est une argumentation dont, simplement, on précise qu'elle ne présuppose aucun attachement à quelque dogme religieux que ce soit ; mais, notez bien, qu'elle ne présuppose également aucun rejet de quelque dogme religieux que ce soit. Ainsi, un tel argumentaire est valable également pour des athées, ou des agnostiques, ou des croyants. Ce qui est donc d'une validité bien plus large que si on l'avait simplement qualifiée de "athée".
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par ti'hamo »

> Anonymous
"Si ils reconnaissent que c'est un amas de cellule, ils reconnaissent donc que c'est un être vivant. Il existe bien des êtres unicellulaires et pourtant on reconnait le fait qu'ils sont vivants. Personnellement je n'ai encore rencontré personne qui soutenait qu'un embryon n'est pas un être vivant."
Ah, et bien c'est que vous pouvez encore élargir le champ des personnes avec qui vous en discuter, je vous assure qu'on en trouve. Et ce n'est pas rare. :-)
Je vous assure également qu'on en trouve qui affirment que c'est un amas de cellules vivantes mais qui n'est pas, lui, un être vivant, et en même temps que c'est un parasite de la mère. Si.
Mais, justement, c'est bien là qu'on voit à quel point leur position est absurde et irrationnelle.

Et peut-être que ça vous semble du dénigrement, mais je me borne à constater. Je décris ce que j'ai vu, entendu, lu. Dans diverses discussions, oui. Si une position est absurde, ce n'est pas dénigrer les personnes qui la défendent que de constater que leur position est absurde.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par ti'hamo »

> Sur la question de la conscience :
. C'est un point intéressant en cela qu'il est une sorte de mis en abyme : il est une figure, au sein du raisonnement justifiant l'avortement, de l'erreur de perception à l'origine de l'erreur de tout le raisonnement. Hm. Je m'exeuplique :

- cet argument de la conscience prétend aboutir à la conclusion que l'avortement est juste et acceptable, ceci de la part de personnes qui par ailleurs jugent l'infanticide inacceptable.
Ceci montre donc que ces personnes fondent leur argument sur la croyance (fausse) que la conscience se développe durant la gestation pour aboutir à un être pleinement conscient à la naissance. Ce qui est faux. De fait.

- mais, d'une manière plus large, tout le raisonnement justifiant l'avortement (mais refusant l'infanticide ou l'homicide) repose sur la croyance (fausse) que le développement de l'individu humain se confond avec le développement embryonnaire, autrement dit que le développement embryonnaire aboutit à un être humain pleinement formé.
Ce qui est, de fait, faux. (je ne dis pas que mon opinion est que cela soit faux : je dis que, c'est un fait, le développement embryonnaire n'aboutit de toute façon pas à un individu humain pleinement formé).


D'ailleurs, il se trouve qu'en fait c'est ce second préjugé qui a donné le premier : parce qu'on part du principe a priori (mais faux) que le développement embryonnaire aboutit à un être humain pleinement formé, et parce qu'on pense fonder la définition de l'être humain sur son degré de conscience,
alors on en conclue que le développement embryonnaire aboutit à un être humain pleinement conscient.
CQFD et on voit donc là la double erreur de raisonnement :

> d'une part, le présupposé de départ est faux (que le développement embryonnaire aboutit à un être humain pleinement formé)
> d'autre part, le raisonnement est monté à l'envers : au lieu de poser deux hypothèses ("le développement embryonnaire aboutit à un humain pleinement formé" et "un être humain se définit par son degré de conscience"), d'en tirer une conclusion ("le développement embryonnaire aboutit à un être pleinement conscient") et de confronter cette conclusion à la réalité pour valider ou infirmer l'hypothèse,
ces personnes ont d'abord posé un principe ("le développement embryonnaire aboutit à un être humain pleinement formé") puis un deuxième ("l'être humain est défini par son degré de conscience") pour en déduire une conclusion logique ("le développement embryonnaire aboutit à un être pleinement conscient")… qu'ils prennent d'emblée pour un fait établi, à partir duquel ils raisonnent !

D'ailleurs, à un niveau encore plus fondamental, tout le raisonnement n'est en fait fondé que sur un présupposé, posé a priori : l'avortement est acceptable et justifié.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par ti'hamo »

> Gentil athée
C'est dingue comme une position qui peut superficiellement passer pour humaniste : le pseudo-droit à l'avortement, possède en elle tout ce qui est nécessaire pour justifier des positions clairement anti-humanistes !
Ahhhh, oui, ça, je crois que cela résume parfaitement la situation. :-) :clap:


> Pour ce qui est du mal dans la création :
je redirai ce que j'en ai déjà dit : soit il y a quelque chose qui fonde l'existence du bien et du mal, ce qui permet de considérer des réalités comme "bien" et d'autres comme "mal", et alors ce quelque chose est forcément au fondement même de l'univers,
soit il n'y a pas une telle origine de l'univers, une telle réalité qui donne son existence à l'univers, et dans ce cas vous ne pouvez pas dire qu'il y a du mal dans l'univers, vous ne pouvez pas prétendre constater l'existence du "mal", et votre argument disparaît.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Un gentil athée »

ti'hamo a écrit :> Pour ce qui est du mal dans la création :
je redirai ce que j'en ai déjà dit : soit il y a quelque chose qui fonde l'existence du bien et du mal, ce qui permet de considérer des réalités comme "bien" et d'autres comme "mal", et alors ce quelque chose est forcément au fondement même de l'univers,
Oui, je crois qu'il y a qqch qui fonde l'existence du bien et du mal (et qui est au fondement même de l'univers), mais je pense justement que ce qqch, puisqu'il fonde le bien et le mal, est par-delà le bien et le mal. (C'est un peu comme la discussion sur l'immatérialité de Dieu : Dieu n'est pas matière, Dieu n'est pas absence de matière, Dieu est au-delà de la matière et de l'absence de matière qui découlent de son essence).
ti'hamo a écrit :soit il n'y a pas une telle origine de l'univers, une telle réalité qui donne son existence à l'univers, et dans ce cas vous ne pouvez pas dire qu'il y a du mal dans l'univers, vous ne pouvez pas prétendre constater l'existence du "mal", et votre argument disparaît.
L'argument disparaît comme critique externe, mais il reste valable comme critique interne du système théiste, lequel croit, justement, en l'existence de cette réalité qui donne son existence à l'univers et fonde l'existence du bien et du mal... et qui en outre, croit que cette réalité est bonne, omnisciente et toute-puissante.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

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Cgs a écrit : :arrow: Comment mesure-t-on le fait que quelqu'un a une conscience sur le plan biologique ? Ce n'est pas possible.
:arrow: Que sait-on de ce qu'un foetus sent ou ne sent pas ? Une cellule réagit aux stimuli, donc ce n'est pas un argument
Tout ça est basé sur:

-l'étude de l'activité cérébrale chez le foetus
-l'étude anatomique de ses organes sensoriels et de son cerveau
-l'étude des réponses aux stimuli sonores et tactiles
:arrow: A vous lire, dès le 4ème ou 5ème mois, l' "amas de cellule" a changé de statut, passant d'un simple objet (un amas) à un être pleinement humain. Comment s'est réalisée la transition ? A-t-on ajouté quelque chose pour insuffler l'humanité à cet amas de cellules ? Non, il est devenu "humain" par lui-même, donc avait en lui-même la capacité de devenir un être humain. En terme d'essence de l'être, rien n'a donc changé, donc nous ne pouvons pas dire que l'amas n'était pas humain. Bref, l'argument tombe encore.
Oui, bien sûr, un embryon a le potentiel de devenir humain (par et en lui même), mais ça ne veut pas dire qu'il l'est.
Cette transition est méconnue, mais elle est dû au développement du foetus.

De même un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même) mais ça ne signifie pas que c'est un adulte.
passage, définir l'humanité d'après une conscience, un cerveau et des sens fait que :
:arrow: les aveugles, les sourds, et autres amputés physiques d'un ou plusieurs sens ne sont plus humains
Les sens nous permettent de développer notre esprit (peut on réfléchir à partir de rien ? non). Une personne qui n'aurait aucun de ses 5 sens depuis toujours ne pourrait donc pas être humaine oui. Mais être privé d'un sens n'empêche rien.
:arrow: les gens dans le coma ne sont plus humains (ils n'ont plus leur conscience)
Si il y a mort cérébrale oui, puisque l'individu est mort.
Pour les autres cas de coma, non.
Une fois que les sens ont permis à l'esprit de se développer, l'esprit peut alors fonctionner seul, sans avoir besoin des sens (pouvoir d'abstraction, souvenirs).
, l'individu; pire, un homme qui dort n'est plus humain non plus, il n'est pas conscient.
Même argument que pour le coma.
Dernier mot pour être sûr que l'on parle de la même chose : qu'est-ce que la conscience ?
"La conscience est la faculté mentale d'appréhender de façon subjective les phénomènes extérieurs (par exemple, sous la forme de sensations) ou intérieurs (tels que ses états émotionnels) et plus généralement sa propre existence. Si je suis triste, heureux et que je me rends compte que je suis triste ou heureux, par exemple, je prends conscience de mes états affectifs."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Conscience

C'est un bon début, même si je n'en suis pas très satisfaite, je me rappelle que ma prof de philo en avait donné une bien meilleure, mais bon ça remonte à loin.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par ti'hamo »

> Non, non : si vous dite "je ne crois pas en l'existence d'un dieu bon car il y a le mal", c'est votre argument en lui-même qui est incohérent... :)

>
Oui, je crois qu'il y a qqch qui fonde l'existence du bien et du mal (et qui est au fondement même de l'univers), mais je pense justement que ce qqch, puisqu'il fonde le bien et le mal, est par-delà le bien et le mal.
Mais alors, il n'y a pas de bien et de mal, en réalité, du moins pas au sens où nous entendons ces termes.
Puisque concernant le temps, la matière, etc... il s'agit uniquement de ce qui fait la structure de telle ou telle réalité. Alors que la question du bien et du mal ne concerne pas la structure, mais l'orientation.

Or, si les deux orientations possibles et opposées, finalement, se rejoignent, alors la distinction entre les deux n'existe pas, et donc elles ne sont pas deux orientations opposées, et donc il ne s'agit pas du bien et du mal.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

Message non lu par Anonymus »

ti'hamo a écrit :> Anonymous
"Si ils reconnaissent que c'est un amas de cellule, ils reconnaissent donc que c'est un être vivant. Il existe bien des êtres unicellulaires et pourtant on reconnait le fait qu'ils sont vivants. Personnellement je n'ai encore rencontré personne qui soutenait qu'un embryon n'est pas un être vivant."
Ah, et bien c'est que vous pouvez encore élargir le champ des personnes avec qui vous en discuter, je vous assure qu'on en trouve. Et ce n'est pas rare. :-)
Je vous assure également qu'on en trouve qui affirment que c'est un amas de cellules vivantes mais qui n'est pas, lui, un être vivant, et en même temps que c'est un parasite de la mère. Si.
Mais, justement, c'est bien là qu'on voit à quel point leur position est absurde et irrationnelle.

Et peut-être que ça vous semble du dénigrement, mais je me borne à constater. Je décris ce que j'ai vu, entendu, lu. Dans diverses discussions, oui. Si une position est absurde, ce n'est pas dénigrer les personnes qui la défendent que de constater que leur position est absurde.
Admettons, mais pour être honnête, la personne que je cherche à convaincre en particulier ne fait pas parti des gens qui ne reconnaissent même pas le caractère vivant d'un embryon.

Pour eux, il suffit de les renvoyer à un cours de biologie de 4ème.
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Re: L'avortement: 1 pb au-delà des querelles croyants/incroyants

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> Anonymus
. La définition de la conscience que vous donnez, donc, montre bien que le défaut de conscience que l'on pose, chez l'embryon, comme justification de sa possible élimination, s'applique tout aussi bien au nouveau-né, et donc que le raisonnement fondé sur la question de la conscience et qui prétend aboutir à la justification de l'avortement, doit également, en toute logique, forcément aboutir à la justification de l'infanticide.


.
Oui, bien sûr, un embryon a le potentiel de devenir humain (par et en lui même), mais ça ne veut pas dire qu'il l'est.
Cette transition est méconnue, mais elle est dû au développement du foetus.
De même un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même) mais ça ne signifie pas que c'est un adulte.
Il y a là une grosse confusion :
- dans la première partie de ce raisonnement, vous posez une différence de nature ; vous faites le parallèle, dans la deuxième, avec une différence de stade de développement.
Or, donc, non : l'embryon humain n'a pas le potentiel de "devenir humain" : il EST humain, sinon il ne le deviendrait pas car rien ne vient s'ajouter à lui qui pourrait changer sa nature. À aucun moment il ne disparait pour laisser place à un nouvel être d'une autre nature - à la différence de ce qui se passe au moment de la fécondation, dans laquelle 2 êtres disparaissent et par leur fusion font exister un nouvel être d'une autre nature ; de la même façon que de l'hydrogène et de l'oxygène qui fusionnent ne sont plus de l'hydrogène et de l'oxygène mais de l'eau, alors que l'eau reste de l'eau qu'elle soit sous forme vapeur, liquide, ou glace.

C'est donc la deuxième partie de votre raisonnement qui est juste :
De même un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même) mais ça ne signifie pas que c'est un adulte.
Or, de même qu'un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même), mais qu'il ne soit pas un adulte,
de même un embryon a le potentiel de devenir un enfant (et un adulte), sans pour autant être un enfant ni un adulte. Cependant, de même que l'enfant et l'adulte sont, chacun, pleinement humain, de même l'embryon humain est pleinement humain.

L'enfant est même la preuve qu'un être "en devenir" n'a rien qui l'empêche d'être par ailleurs "pleinement humain", et ce simple fait détruit complètement l'argument qui n'était fondé que sur l'assimilation entre "être en devenir" et "être qui n'est pas encore humain".
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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