> Anonymus
. La définition de la conscience que vous donnez, donc, montre bien que le défaut de conscience que l'on pose, chez l'embryon, comme justification de sa possible élimination, s'applique tout aussi bien au nouveau-né, et donc que le raisonnement fondé sur la question de la conscience et qui prétend aboutir à la justification de l'avortement, doit également, en toute logique, forcément aboutir à la justification de l'infanticide.
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Oui, bien sûr, un embryon a le potentiel de devenir humain (par et en lui même), mais ça ne veut pas dire qu'il l'est.
Cette transition est méconnue, mais elle est dû au développement du foetus.
De même un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même) mais ça ne signifie pas que c'est un adulte.
Il y a là une grosse confusion :
- dans la première partie de ce raisonnement, vous posez une différence de
nature ; vous faites le parallèle, dans la deuxième, avec une différence de
stade de développement.
Or, donc, non : l'embryon humain n'a pas le potentiel de "devenir humain" : il EST humain, sinon il ne le deviendrait pas car rien ne vient s'ajouter à lui qui pourrait changer sa nature. À aucun moment il ne disparait pour laisser place à un nouvel être d'une autre nature - à la différence de ce qui se passe au moment de la fécondation, dans laquelle 2 êtres disparaissent et par leur fusion font exister un nouvel être d'une autre nature ; de la même façon que de l'hydrogène et de l'oxygène qui fusionnent ne sont plus de l'hydrogène et de l'oxygène mais de l'eau, alors que l'eau reste de l'eau qu'elle soit sous forme vapeur, liquide, ou glace.
C'est donc la deuxième partie de votre raisonnement qui est juste :
De même un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même) mais ça ne signifie pas que c'est un adulte.
Or, de même qu'un enfant a le potentiel de devenir adulte (par et en lui même), mais qu'il ne soit pas un adulte,
de même un embryon a le potentiel de devenir un enfant (et un adulte), sans pour autant être un enfant ni un adulte. Cependant, de même que l'enfant et l'adulte sont, chacun, pleinement humain, de même l'embryon humain est pleinement humain.
L'enfant est même la preuve qu'un être "en devenir" n'a rien qui l'empêche d'être par ailleurs "pleinement humain", et ce simple fait détruit complètement l'argument qui n'était fondé que sur l'assimilation entre "être en devenir" et "être qui n'est pas encore humain".