Merci beaucoup Héloïse,
la pivoine, surtout les rose clair, sont avec la rose anglaise mes fleurs préférées!
Très jeune, je rêvais que j'en offrais à Marie et aux âmes du purgatoire; à la première, désolée de ne pouvoir vraiment les lui acheter ( les pivoines, pour les faire pousser, ou pour les trouver chez les fleuristes, dans le coin, c'est pas la bonne région...), et aux secondes, dans mes rêves, ces cadeaux apaisaient leurs tourments...
Quand j'habitais en ville, (une grande ville, dans une autre vie), je portais des bouquets de roses à Marie à l'église; j'en achetais régulièrement, parce que j'avais remarqué que dans l'église de ma paroisse, des personnes déposaient des fleurs aux pieds de Marie et des vases étaient à disposition, à coté d'un prie-Dieu. C'est une pratique que j'ai perdue là où j'habite maintenant parce que seules les fleurs du fleuristes sont admises à l'église, où rien n'est fait pour laisser à Marie un espace de prière, de lumignons et de fleurs.
Il se trouve que j'adore les glycines, j'en ai un bébé-pied courageux et grimpant, mais pour l'instant sans fleurs pour quelques années encore!
La glycine, c'est mes grands-parents... Ma grand-mère, qui fut loin d'être une sainte, malgré son lot d'erreurs et de péchés, a été sur ses vieux jours l'âme qui m'a portée vers Dieu. Habillée de jupons, tout droit sortie des "visiteurs" tellement le temps s'était arrêté dans la vie des paysans terrés dans leurs collines, la décrire elle et sa vie serait un vrai cours d'histoire. Mais elle était prière, tellement la prière était elle.
Et les étés, échappés de la région parisienne où mon père était muté, nous (des tas de gosses et moi) courions dans les collines tartinées de soleil comme autant de Manon des sources et nous buvions en cachette le vin rosé des grands, nous descendions les saucissons sans pain, et nous extrayions silencieusement les cailloux des plaies les uns des autres avant de recoudre de travers les déchirures des pantalons, persuadés de passer à travers les yeux des adultes; nos pauvres ruses découvertes, nous étions alors condamnés à la punition suprême, la ... sieste .... d'où nous nous échappions dans un silence de couleuvre.
Et à l'ombre de la glycine, il y a avait "mamé". Toujours. Aveugle mais d'une oreille redoutable, elle savait qui faisait quoi, toujours. Rien ne lui échappait; mais elle était complice!
Les photos, c'était sous la glycine. Les photos avec les petits-enfants, avec les chats, avec le chien et les canards, avec les chèvres. Là où il y avait "mamé", il y avait la glycine en fleurs, la glycine en feuille. C'est tout un monde, rien que de voir une glycine.
coeurderoy a écrit :Votre cloître est le Seigneur lui-même qui est l'espace infini de la vraie liberté.
(...) s'orienter vers la mort de Jésus, qui seule donne un sens à la vie en nous engloutissant progressivement dans le mystère pascal, à travers la pratique quotidienne, parfois douce et souvent désespérée - de la charité fraternelle.
Mais, quand même, c'est un peu ça pour chaque chrétien, non?