J’ai reçu le Youcat et je l’ai parcouru rapidement. Il me semble effectivement très bien conçu, accessible et profond à la fois.
J’aimerais évoquer un sujet qui me tient à cœur depuis quelque temps, mais que je ne savais pas comment aborder.
Les événements de ce jour m’en donnent l’occasion.
Une rencontre silencieuse
Juste avant de recevoir la grâce en septembre dernier, je priais en silence dans l’église.
Ce jour-là, j’étais particulièrement heureux et serein. J’avais trouvé une forme de paix en venant m’agenouiller devant le Seigneur.
Alors que je priais, deux sœurs sont entrées. Ne m’ayant pas vu, elles pensaient être seules, et se mirent à discuter à voix haute.
Elles parlaient d’une statue de
sainte Thérèse de Lisieux, présente dans l’église, que l’une d’elles avait restaurée.
Je me souviens très clairement d’une phrase :
« Ses yeux sont en verre, c’est assez rare. »
Or, mon second métier – ma passion – est
souffleur de verre.
Je me suis senti comme
appelé.
J’ai interrompu ma prière et me suis levé.
Les deux sœurs, surprises, se sont aussitôt excusées pour le bruit.
Nous avons alors entamé une conversation autour de cette statue, de ses yeux si expressifs… effectivement magnifiques.
J’étais passé devant elle des dizaines de fois sans la remarquer. Et pourtant, elle était là.
Nous avons échangé quelques instants, puis je suis rentré chez moi.
C’est dans les jours qui ont suivi que j’ai reçu cette grâce immense du Seigneur :
trois jours et trois nuits.
Puis ce fut, comme vous le savez, la nuit noire… jusqu’à Pâques, le temps pour le Saint Esprit de brûler toutes les brindilles.
Une lecture bouleversante
Touché par cette rencontre et intrigué par cette sainte que je connaissais à peine, j’avais décidé de lire, pendant ce temps,
Histoire d’une âme, de sainte Thérèse de Lisieux.
Et je dois l’avouer :
je suis tombé amoureux d’elle.
Quelle piété ! Quel amour du Christ !
Elle L’a aimé de tout son cœur, avec une telle simplicité, une telle profondeur, que son témoignage m’a bouleversé.
Il me reste vingt pages à lire depuis plusieurs mois, mais je m’y refuse…
Je préfère attendre de
la retrouver, bientôt, pour connaître la fin de son histoire.
Une blessure intérieure
Chemin faisant, Thérèse m’a aussi libéré d’une blessure ancienne.
On m’avait enseigné que les statues étaient des idoles, et je m’en méfiais profondément.
Mais jour après jour, je passais devant
elle.
Et je ne pouvais que l’aimer.
Je suis verrier. J’aime le verre.
Alors
des yeux en verre, aussi pleins de douceur et d’humanité, c’était fascinant.
Je crois que j’ai un petit béguin pour sainte Thérèse.
Depuis quelque temps, je m’arrête toujours devant sa statue pour la saluer avant d’aller prier le Seigneur – elle se trouve sur le chemin.
Elle m’aide à
harmoniser mon intention avant de me présenter devant Lui.
Un tableau disparu
Ceux qui suivent mon histoire savent que mon oncle a récemment été hospitalisé.
Mes parents en ont profité pour nettoyer sa maison, qui en avait bien besoin.
Comme j’ai un utilitaire, je les ai aidés à jeter les encombrants.
Un jour, seul dans la maison, j’ai eu envie de monter à l’étage, pour ouvrir les fenêtres et un peu par nostalgie.
Dans une des chambres – celle de mon arrière-grand-mère, que je n’ai jamais connue – j’ai découvert un
magnifique tableau de…
Ma petite Thérèse
J’ai eu le réflexe de le photographier.
Le lendemain, j’en ai parlé à mon père, pensant que ce serait l’occasion d’aborder la foi catholique.
Mais… rien ne s’est passé.
Dans le même temps, voulant faciliter la vie de mon oncle en vue de son entrée en EHPAD, j’ai acheté un boîtier multimédia pour lui mettre plein de westerns (il adore ça).
Je suis allé le tester aujourd’hui. Tout fonctionnait parfaitement.
Au moment de partir, j’ai eu envie de monter à l’étage, pour saluer Thérèse, dans sa chambre.
Et là…
j’ai eu le souffle coupé.
Les deux tableaux (car il y en avait un autre que je n’avais pas photographié)
avaient disparu.
J’ai immédiatement compris.
Mes parents, témoins de Jéhovah dans l’âme, pensant sans doute bien faire, ont décroché
deux magnifiques tableaux qui étaient là depuis
soixante ans… pour les jeter à la benne.
Je pense qu’ils appartenaient à mon arrière-grand-mère.
Il ne reste plus aujourd’hui que
cette photo… et ce témoignage.
Une croix qui se porte
S’attacher aux objets n’a pas de sens.
Mais cet épisode m’a poussé à faire un choix :
porter fièrement autour du cou
la petite croix que j’avais achetée il y a longtemps.
Je la gardais cachée dans mon porte-monnaie, par peur de mes parents.
Mon arrière-grand-mère catholique.
Décédée avant ma naissance.
J’ai pris cette photo aujourd’hui.
Je vous confie sa mémoire dans la prière.
