Je ne souhaite pas faire d'ingérance dans votre religion. L'ennui c'est que j'ai l'impression (je me trompe peut-être) qu'il existe comme deux niveaux de morale au sein du catholicisme : une morale "naturelle" et une morale "révélée". La seconde ne peut toutefois pas contredire la première, qui est la seule à m'intéresser puisque je suis agnostique. Toutefois, j'ai la curieuse impression que de temps en temps, une exception à la première est autorisée, en référence à la seconde. Et là, je ne peux plus vous suivre, puisque je ne m'intéresse qu'à la première et que c'est la première qui est incluse dans le projet politique de l'Eglise Romaine.Franck a écrit :[align=justify]Bonjour Mikaël,
Métazét a écrit :Donc on est d'accord : le prêtre, en n'usant pas de ses organes génitaux pour se reproduire, en pervertie l'usage naturelle. Je ne vois pas pourquoi une perversion serait uniquement dans le positif (utiliser quelque chose dans un but pas prévu) et pas dans le négatif (ne pas utiliser quelque chose dans le but prévu).
Ce raisonnement serait pertinent si l'Église reconnaissait un devoir de mariage à chacun de ses fidèles ou tout du moins à ses clercs comme cela se pratique dans d'autres religions, or ce n'est pas le cas comme l'attestent la Tradition mais également l'Écriture, songeons aux épîtres de Saint Paul ou encore à la réflexion du Christ sur ceux qui se font eunuques pour le Royaume des Cieux. Le christianisme donne une autre dimension au mariage en le dissociant – tout du moins formellement – de son aspect obligatoire qui prévalait jusqu'alors. Ne pas jouir de la sexualité – plutôt que ne pas en jouir dans le but prévu – est donc un acte parfaitement acceptable moralement à la différence d'en jouir de manière viciée.
Franck a écrit :Admettons que l'homosexualité soit une perversion sexuelle. Il vous reste à démontrer que ce qui est pervers est immoral. Vous ne faite que l'affirmer sans preuve.
Je rappellerai pour ma part la définition de la 'perversion': « Action de changer en mal; corruption, dérèglement » (Dictionnaire Larousse en 6 volumes). Si je consulte l'articule 'morale' du même ouvrage, je trouve ceci: « Partie de la philosophie qui traite des règles de l'action, qu'il faut suivre pour faire le bien et éviter le mal ». Accomplir un acte pervers revient donc à effectuer un changement intrinsèquement mauvais, ce qui est contraire à la morale puisque le mal est ainsi atteint.
Au temps pour moi, je n'ai pas été suffisament clair, donc je vais reformuler : admettons, pour les besoins de l'argument, que Dieu a créé le monde avec un certain projet en tête : il créé les organes génitaux afin d'assurer la reproduction des êtres vivants, etc. Effectivement, si l'homme décide de son propre chef d'utiliser ses organes reproducteurs d'une autre façon, on peut dire, en un certain sens, et en mettant beaucoup de guillemets, que c'est "pervers" (autant qu'est pervers le fait de décapsuler une canette avec une cuillère ou d'utiliser ses organes masticateurs pour machouiller un chewing-gum). Mais pourquoi donc serait-ce mal ou immoral ???? (c'est, pour moi, aussi immoral que de décapsuler une cannette avec une cuillère ou d'utiliser ses organes masticateurs pour machouiller un chewing-gum). Je veux bien que les catholiques se donnent pour règle de ne pas pratiquer l'homosexualité, de même que dans certains monastères on pratique le voeu de silence, etc. mais pourquoi utiliser de si grands mots comme "mal" et "immoral" pour désigner une pratique qui, en tant que telle et si elle se déroule entre adultes responsables, éclairés et consentants, ne fait un mal effectif à personne ? (pas même à eux).
Imaginons que je sois un biochimiste qui a pour projet de faire de la bière : je laisse fermenter du houblon pour cela, et j'ai une idée du résultat final que cela devrait donner. Imaginons cependant que la levure que j'utilise, au lieu de ne donner que de l'alcool, donne également un autre composé inattendu, mais parfaitement sans incidence négative sur la santé et le goût.
- Le projet général (faire de l'alcool) est respecté. Il ne s'est juste pas déroulé exactement comme prévu dans ses étapes, mais je ne vais pas me plaindre. Le résultat est là.
- Le phénomène observé, non prévu, peut s'avérer finalement très intéressant à étudier et peut pourquoi pas déboucher sur des applications concrètes.
- Enfin, la levure n'a pas à faire de l'alcool parce que c'est mon projet de faire de l'alcool. Je ne peux pas lui reprocher d'être immorale, surtout si je n'ai pas trouvé un moyen suffisament efficace pour lui faire comprendre mes objectifs...
Je veux bien croire en la possibilité (purement hypothétique, car je ne vois pas de preuves décisives que telle est le cas) que nous soyons en quelque sorte comme la levure de mon expérience de pensée face à un Dieu qui serait en quelque sorte comme le biochimiste de mon expérience de pensée. Mais même si cette possibilité est une réalité, je ne vois pas ce que cela change à la moralité ou à l'immoralité des pratiques homosexuelles...
Un argument basé sur le sens commun, la logique, et l'expérience objective vérifiable fera l'affaireJe comprends et partage votre souci méthodologique, néanmoins qu'est-ce qu'un argument non-catholique?J'attend donc que vous m'apportiez des arguments non-catholiques
Bien amicalement,
Mikaël





