Qu'est-ce que la pédophilie ?

Famille - Travail - Chômage - Femme - Enfance - Vieillesse - Handicap - Santé publique
Avatar de l’utilisateur
Hélène
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 1523
Inscription : lun. 13 juin 2005, 3:51
Localisation : Sous le regard de Dieu
Contact :

Qu'est-ce que la pédophilie ?

Message non lu par Hélène »

Sujet délicat (voire répulsif)... mais il est bon de savoir ce qui en est afin d'avoir des outils pour exprimer un point de vue. Ce dossier est paru dans la Lettre de la Famille, bulletin de la Famille de saint Joseph - n°105 - novembre 2003.

Des chiffres inquiétants…

Le ministère de la justice communique les statistiques suivantes :

En 1987, on comptait 574 condamnations pour viols simples et aggravés, dont 94 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
En 1998 on comptait 1636 condamnations pour viols simples et aggravés, dot 475 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
Presque une personne sur deux qui comparait devant une cour d’assises en France est jugée pour un viol; un quart des verdicts concerne des viols sur mineurs, soit 475 condamnations de ce type en 1998.
Un dossier publié dans le magazine mutualiste « Viva, entre nous la vie » en février 2000 (n°142) sur les agressions sexuelles sur l’enfant donnait les chiffres suivants : en 1999 il y avait 18 500 enfants maltraités en France, dont 26 % d’abus sexuels (soit 4 800 enfants); 30 % ont moins de 5 ans.
Les filles sont davantage touchées que les garçons (58 % contre 42). Enfin les actes de malveillance sont surtout le fait de parents : 46 % sont des pères; 25 % des mères; 9 % des beaux-pères; 1 % des belles-mères; 10 % d’autres membres de la famille.
« Aux Etats-Unis, on estime qu’une fille sur trois (une fille sur huit en France) sera victime d’abus sexuel avant l’âge de dix-huit ans; une fille sur quatre le sera par une personne de sa famille et un garçon sur cinq (un garçon sur dix en France) subira le même sort. Au Canada, une vaste étude menée par le Comité sur les infractions sexuelles à l’égard des enfants et des jeunes indique que 53 % des femmes et 31 % des hommes ont été agressés sexuellement dans leur enfance. Une autre étude canadienne récente révélait que plus de 40 % des pédophiles reconnus avaient déjà été agressés sexuellement. Même arrivés à l’âge adulte, de nombreuses victimes continuent à garder le secret. Des pédophiles ont fait au moins 70 victimes avant d’être dénoncés par l’une d’entre elles. » (M.-Ch. Tremblay, La pédophilie, un phénomène inquiétant, Médias Transcontinental inc., 2003; 21 avril 2003.)

Le 23 octobre 1992, le journal France-Soir alertait déjà l’opinion publique sur le fait que les victimes étaient de plus en plus jeunes : « Le nombre de viols commis sur des petits de 2 ou 3 ans, dont certains ont même moins de 1 an ne cesse d’augmenter, précise France Gubelin, présidente d’Enfance et Partage. Et la majeure partie des suicides ou des tentatives de suicide d’adolescents ont l’inceste pour origine ». Il n’y a pas que la France qui soit concernée : aux Etats-Unis, en 1993, 25 % des patients de l’un des plus grands centre d’accueil, avaient moins de cinq ans.

Ceci étant dit, je ne vais pas tout vous recopier le dossier au complet. C’était seulement pour vous donner quelques chiffres. Je passe maintenant au profil de l’agresseur :

Une dominante masculine du proche entourage

Il n’y a pas de « pédophile type » : on trouve des pédophiles de tous les âges, dans toutes les classes sociales, et dans toutes les communautés ethnoculturelles. « Les hommes commettent 90 % des agressions sexuelles sur enfants et 70 à 90 % des délinquants sont des personnes que la victime connaît. Les membres d’une même famille représentent entre un tiers et la moitié des agresseurs s’attaquants aux fillettes et 10 à 20 % de ceux s’attaquant aux jeunes garçons(1) ». L’attirance vers les enfants peut-être préférentielle sans être nécessairement exclusive. Elle est le plus souvent indifférenciée quant au sexe de l’enfant : elle peut être de nature hétérosexuelle ou homosexuelle, voire les deux. Aucune anomalie biologique – en particulier hormonale – ne caractérise la pédophilie. Il s’agit d’un comportement anormal, au sens où nous sommes « programmés » à être stimulés par la vision de corps sexués matures. Le pédophile par contre n’a aucune attirance pour le corps d’un autre sexuellement mature; il peut même en éprouver de la répugnance, ou de la peur.

Le refus de l’altérité

La psychiatrie considère que la pédophilie témoigne d’une fixation à une période de développement infantile. Plus précisément, le pédophile serait un nostalgique de l’étape qualifiée de « narcissisme primaire ». À ce stade, l’enfant ne se différencie pas encore de sa mère, avec laquelle il demeure dans une étreinte fusionnelle. Cette identification primaire est désignée par Jacques Lacan comme « le stade du miroir » : l’enfant se reconnaît dans sa mère, et se complaît à travers elle dans l’illusion d’une complétude toute-puissante.

Si les circonstances ne favorisent pas la sortie de ce narcissisme, l’enfant peut demeurer fixé dans la nostalgie de cette plénitude, qu’il tente de préserver ou de retrouver par le biais de diverses stratégies. La pédophilie serait l’une d’entre elles, dans laquelle l’adulte, par le biais de sa victime, surinvestit érotiquement le lien spéculaire qu’il entretient avec sa mère.
On pourrait dire que le pédophile se cherche dans l’enfant qu’il agresse; il est en quête de cette image de soi – idéale, complète, toute-puissante – que lui renvoyait sa mère à l’étape narcissique.
Prisonnier de sa logique fusionnelle, il nie la loi du Père, et méconnaît l’altérité : le pédophile est en général un individu isolé, qui n’est pas en confiance avec les adultes.

La manipulation est la violence sourde de la logique fusionnelle; aussi le pédophile a-t-il en général recours à la séduction pour arriver à ses fins. Il choisi de préférence des victimes en manque d’affection, qu’il attire à lui en leur prêtant attention et faveurs, afin de les amener à consentir à des contacts d’ordre sexuels. Ce qui lui permet de se défendre en cas de divulgation, en argumentant sur l’assentiment de l’enfant et le caractère non-violent de ses agissements. Certains pédophiles iront jusqu’à accuser l’enfant de les avoir provoqués ou sollicités, et d’avoir retiré autant de jouissance qu’eux de la rencontre.

Diverses stratégies d’approche

Profitant de sa position d’autorité – le pédophile s’adresse le plus souvent à un enfant qui le connaît, qui lui a donné sa confiance – l’agresseur cherche à banaliser ses agissements, les présentant comme habituels, les inscrivant par exemple dans le cadre de l’éducation sexuelle de l’enfant. Il peut même faire usage de photos de pornographie infantile pour convaincre sa victime du caractère « normal » de ce qu’il lui propose, et pour lui expliquer ce qu’il attend de lui. Certains pédophiles tentent de convaincre l’enfant qu’il est privilégié, qu’il vit avec son agresseur une relation particulière, devant rester secrète. La loi du silence est d’ailleurs une règle générale, accompagnée dans la plupart des cas de chantage ou de menaces. Cette confusion relationnelle, affective et hiérarchique, trouble et paralyse l’enfant qui ne sait plus comment réagir aux sollicitations auxquelles il est obligé de consentir. Se retirant de la scène par le processus de clivage ou de dissociation, il ne laisse à son agresseur que son corps, dont celui-ci peut abuser sans éprouver de résistance. L’enfant n’est effectivement pour le pédophile qu’un objet dans lequel il se retrouve; il l’utilise pour rejoindre son fantasme. Ne pensant pas sa victime comme un sujet, il l’oublie aussitôt l’acte commis, et ne connaît pas la culpabilité. Rationalisant leurs délits, bon nombre de pédophiles parviennent à se convaincre que leurs agissements ne sont pas contraires à la morale.

Une tendance moralisatrice

Tous les scénarios ne sont heureusement pas aussi dramatiques, car il y a différents degrés de fixation. Bon nombre de pédophiles ne passent jamais à l’acte, leur « Surmoi » culpabilisateur criant plus fort que leur désir régressif. Il est d’ailleurs remarquable que le pédophile se montre en général moralisateur, homme de principes, peu porté aux débordements affectifs. S’il est marié, sa vie sexuelle conjugale est le plus souvent stéréotypée. D’où l’impression d’une double vie. En fait, il s’est entouré d’une palissade pseudo-morale, qui lui sert de protection contre un monde adulte dans lequel il n’a pas vraiment pris pied. Derrière des apparences bien rangées, se cache un enfant angoissé qui cherche à retrouver ses fantasmes dans des actes de pédophilie.

(1) CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DES ÉTATS-UNIS (2002) : Marcher dans la lumière : une réponse pastorale à la pédophilie (traduction française) Documentation Catholique, avril 2002, no 2268, pp. 365-371.

Et puis, le dossier continue sur les chemins de guérison, pour les victimes et pour l’agresseur…

J'aimerais porter à votre attention une histoire d'horreur de ce genre sortie tout dernièrement dans les journaux québécois et qui ont fait l'effet d'une bombe dans le milieu artistique québécois. Une chanteuse-enfant (Nathalie Simard), très connue dans les années 70 (elle est maintenant de mon âge), que j'aimais bien lorsque j'étais enfant, vient de sortir de l'ombre pour dénoncer son agresseur : son imprésario. Gérant vedette du Québec, presque la coqueluche du showbizz québécois, Guy Cloutier, récipiendaire d'un tas de prix à titre de producteur d'artistes, de spectacles, d'émissions de télé a été finalement dénoncé après 25 ans de silence. La jeune femme aujourd'hui libérée a crée sa propre fondation pour venir en aide aux victimes de pédophiles. Elle a écrit un bouquin pour raconter les horreurs et les sévices, le chantage et la manipulation dont elle a été victime de ce "bon père de famille" dès son jeune âge (il l'aurait abusé entre l'âge de 9 ans et début de la vingtaine). Sa fille est d'ailleurs aussi très connue, chouchou des animatrices de variétés au Québec.

Bref, tout cela pour démontrer que le pédophile n'est pas forcément homosexuel et l'homosexuel ne veut pas être associé à ce genre de personnage...

Ce sont deux cas distincts à ne pas confondre. Ils ne recherchent pas la même chose ni les mêmes jouissances. Le profil psychologique, quoique se ressemblant à quelques égards (le refus de l'altérité, la nostalgie de l'état fusionnel avec la mère, la fixation sur un stade qui devrait normalement être dépassé, etc.) reste à distinguer. Certains diront peut-être qu'il n'y a qu'un pas de régression à franchir pour sauter dans la catégorie pédophile mais, il faut faire très attention de ce que nous avançons comme théorie, pour ne pas généraliser ni stigmatiser ceux qui se trouvent dans l'une ou l'autre situation. Le pédophile ne proclamera jamais sur les toits ce qu'il est alors que l'homosexuel criera à qui veut bien l'entendre que son état est tout aussi valable que celle de "l'hétérosexuel" (je déteste ce mot...).
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
Avatar de l’utilisateur
laiglejo
Barbarus
Barbarus

Message non lu par laiglejo »

Quelle tristesse !
Ce que j'aimerais savoir, c'est si c'est en aumentation avec les décennies, ou si, comme je l'entend souvent, il y en avait autant dans la génération de nos parents et grands-parents mais qu'on en parlait pas, ou ne le savait pas parceque les moyens de communications n'était pas si performants...?
elisseievna
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 547
Inscription : ven. 08 oct. 2004, 3:08

Message non lu par elisseievna »

On en parlait, les feministes en parlaient, au moins depuis le XIXeme siecle.
Mais l'Eglise preferaient parler du "peche" dans les enfants (et des prostituées). La psychanalyse a pris ensuite le relais dans la culpabilisation des enfants "pervers".
Et la société preferait tolerer les bordels de petites filles et les femmes sur qui des hommes defequaient pour satisfaire leurs pulsions. Et aller a confesse apres.
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7690
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Message non lu par Christophe »

elisseievna a écrit :Mais l'Eglise preferaient parler du "peche" dans les enfants (et des prostituées). La psychanalyse a pris ensuite le relais dans la culpabilisation des enfants "pervers".
Et la société preferait tolerer les bordels de petites filles et les femmes sur qui des hommes defequaient pour satisfaire leurs pulsions. Et aller a confesse apres.
[ Pouvez-vous apporter des preuves de ce que vous affirmez ? Ou dois-je modérer votre intervention pour diffamation ? | Cordialement. Christophe ]
Avatar de l’utilisateur
Hélène
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 1523
Inscription : lun. 13 juin 2005, 3:51
Localisation : Sous le regard de Dieu
Contact :

Message non lu par Hélène »

elisseievna a écrit :On en parlait, les feministes en parlaient, au moins depuis le XIXeme siecle.
elisseievna a écrit :Mais l'Eglise preferaient parler du "peche" dans les enfants (et des prostituées). La psychanalyse a pris ensuite le relais dans la culpabilisation des enfants "pervers".
Bien avant les féministes du XIXe siècle, notre Chef suprême a prononcé ces paroles : "Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m'accueille moi-même. Mais quiconque entraîne la chute d'un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu'on lui attache au cou une grosse meule et qu'on le précipite dans l'abîme de la mer. Malheureux le monde qui cause tant de chute !" (Matthieu 18, 5-7).

Puis, un peu plus tard, saint Paul dira ceci aux Corinthiens: "Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les effeminés, ni les pédérastes, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n'hériteront du Royaume de Dieu." (1 Co 6, 9-10)

C'est ce que l'Église a toujours enseigné. Maintenant, l'Église ne peut pas être tenue responsable pour des comportements (de certains de ses membres) qui n'iraient pas dans ce sens évangélique.
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
Avatar de l’utilisateur
Hélène
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 1523
Inscription : lun. 13 juin 2005, 3:51
Localisation : Sous le regard de Dieu
Contact :

Message non lu par Hélène »

Hélène a écrit :Puis, un peu plus tard, saint Paul dira ceci aux Corinthiens: "Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les effeminés, ni les personne homosexuellerastes, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n'hériteront du Royaume de Dieu." (1 Co 6, 9-10)
Étonnant ! Même saint Paul a été censuré par la Cité catholique ! :lol: J'avais écrit le mot exact qui est dans la Bible (p é d é r a s t e s) mais il a été changé pour "les personnes homosexuellerastes" ! :lol:

Saint Paul ne mâchait pas ses mots...
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
FMD
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1516
Inscription : mar. 27 avr. 2004, 22:25
Contact :

Message non lu par FMD »

Hum... petite dérogation accordée dans le cas présent. :oops:
elisseievna
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 547
Inscription : ven. 08 oct. 2004, 3:08

Message non lu par elisseievna »

J'ai quelques references, Sheila Jeffreys (the spinster, chap 3 et 4 sur la periode 1880-1930), Eva Thomas ...

Quand je dis l'Eglise c'est plutot la reaction de membres du clergé ou de gens appliquant la "charite chretienne", et plaquant sur les enfants victimes un péché ou une "lépre" (pour reprendre un cas cité par Jeffreys.
(Par ailleurs l'Eglise a mis du temps - comme d'autres institutions - a denoncer la pedophilie de certains de ses membres.)

(Sur ce qui se passe dans les bordels, voir Martine Costes, et cela a été dénoncé par des Josephine Butler -protestante et fille de Pasteur)

Ce qui me frappe c'est l'aptitude de l'humanité à sécréter de la théorie qui va mettre le blame sur la victime, en l'occurence l'idée chrétienne de "péché" plaquée sur les victimes d'agression sexuelles (Jeffeys parle de la période victorienne, mais pour les prostituées je l'ai encore entendu aujourd'hui),
et d'autre part l'hypocrisie qui permet de tolérer les vices (au sens de comportement de predateur) des plus forts.

N'ai je pas lu ici à propos de l'acheteur de prostitution, qu'il fallait comprendre les "passions humaines" ? Ha comme on les comprend bien les "passions" humaines des plus forts, c'est a dire des mâles adultes.

et ceci meme dans une civilisation ou l'on pretend se referer a l'idée que "les plus petits" etc...

En fait, en pratique, c'est surtout les "derniers" ( les plus salauds) qui passent avant les plus "petits et petites".
et les plus petits /faibles qui sont accablés et torturés moralement ( etre suspecté de perversion, etre qualifiée de pecheresse, devoir se repentir) par les personnes "charitables" meme quand elles en aident certains materiellement.

Cela n'empeche pas que d'un autre coté, il y a des chretiens ( comme Josephine Butler) qui ont lutté au nom de leurs convictions chretiennes contre cette violence sexuelles. Les féministes ont ete qualifiées de "bas bleus" "puritaines" parceque s'attaquant aux memes plaies.

Ce qui m'importe, c'est que dans ce "systeme", la théorie chrétienne a servi a enfermer les victimes dans le silence à cause de cette notion de péché, alors que c'est dans la foulée du "libertaire" 68 que les victimes ont commencé à reparler de la réalité vécue (meme si cela a pris des decennies en France.

La encore, on voit - meme si c'est historique et peut etre pas intrinseque a la theorie chretienne - que tout comme Berdaiev le dit a propos de la Russie, les communistes ont en un sens appliqué le christianisme que les chretiens n'appliquaient pas, ici ce sont les soixantes huitards (malgré leurs discours "libertaires" dangereux par ailleurs) qui ont donné la voix aux petits, et surtout aux petites, les voix que les membres du clergé et dames de charité étouffaient.
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
Charles
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1642
Inscription : mer. 14 juil. 2004, 16:44

Message non lu par Charles »

elisseievna a écrit :Ce qui m'importe, c'est que dans ce "systeme", la théorie chrétienne a servi a enfermer les victimes dans le silence à cause de cette notion de péché, alors que c'est dans la foulée du "libertaire" 68 que les victimes ont commencé à reparler de la réalité vécue (meme si cela a pris des decennies en France.

La encore, on voit - meme si c'est historique et peut etre pas intrinseque a la theorie chretienne - que tout comme Berdaiev le dit a propos de la Russie, les communistes ont en un sens appliqué le christianisme que les chretiens n'appliquaient pas, ici ce sont les soixantes huitards (malgré leurs discours "libertaires" dangereux par ailleurs) qui ont donné la voix aux petits, et surtout des petites, les voix que les membres du clergé et dames de charité étouffaient.
Vous divaguez... et il est malvenu d'avancer l'esprit libertaire dans une discussion sur la pédophilie. L'Eglise n'est jamais allé jusqu'à justifier doctrinalement les actes pédophiles, parce qu'ils sont contraires à la charité et à la morale chrétienne. Mais toute une clique de libertaires, Cohn-Bendit en tête s'est mise au travail vers 68 pour justifier la pédophilie.
elisseievna a écrit : les vices (au sens de comportement de predateur) des plus forts.
Justement, ils ne sont plus forts que relativement aux enfants. Mais ne peuvent tenir dans une relation entre adultes, d'égal à égal. Pour moi, c'est la même dévaluation intérieure qui exclut de la relation sexuée avec l'autre sexe, qui porte vers des objets de substitution comme l'adulte du même sexe, l'enfant ou autre.

Les pédophiles, les sadiques et les masochistes disent la même chose : que la relation ne peut être envisagée que sur le mode du triomphe, de la suprématie, de la puissance. Le masochiste, le sadique, le pédophile, l'homosexuel disent tous qu'une relation d'égal à égal entre adultes sexués est impossible, qu'il en sont exclus. Ils vivent cette exclusion comme une défaite et surtout si elle en découle effectivement. On retrouve dans toutes ces déviances un culte rendu à l'icône de la réussite, au triomphateur. Le pédophile s'offre ce triomphe facile aux dépends de l'enfant et l'on peut être sûr que s'il a aussi une relation avec un adulte, elle est vécue sur le mode de la défaite.
Dernière modification par Charles le dim. 05 mars 2006, 11:28, modifié 2 fois.
elisseievna
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 547
Inscription : ven. 08 oct. 2004, 3:08

Message non lu par elisseievna »

Charles a écrit : L'église n'est jamais allé jusqu'à justifier doctrinalement les actes pédophiles, parce qu'ils sont contraires à la charité et à la morale chrétienne. Mais toute une clique de libertaires, Cohn-Bendit en tête s'est mise au travail vers 68 pour justifier la pédophilie.
C'est tout a fait vrai.
Mais il n'empeche que ce qui s'est passé, en depit de son paradoxe, est que le discours le plus dangeureux a permis aussi que soit possible une action plus protectrice, que celle issue du discours en theorie plus proche des plus faibles.
La logique et la realité ne concordent pas toujours.

Ou plutot, la logique a été que les femmes ont pris les libertaires au mot. On est libre de sa sexualite et de son corps dites vous ? La parole est libre dites vous ? On peut se rebeller contre l'oppression dites vous ? Ha bon, alors NOUS AUSSI nous sommes libres de dire NON aux paternels et autres incestueurs, alors disons le et rebellons nous contre l'oppression sexuelle !

Alors que du coté chretien, malgré la clarté du principe, dans les faits, la pesanteur du poids des "mâles" institutions, n'a surement pas aidé à "entendre" ces petites voix qui disaient "non je ne suis pas pecheuse, non je ne suis pas porteuse de vice, je ne mens pas en denonçant le curé ou papa".
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
MB
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 960
Inscription : lun. 26 juil. 2004, 0:03

Message non lu par MB »

Bonjour Hélène !

Les statistiques que vous apportez sont très intéressantes, mais il faut les interpréter avec prudence (je ne vous reproche rien !). Vous signalez une augmentation des affaires de pédophilie ; précisons tout de suite qu'elles ne signalent pas forcément la réalité immédiate. Par exemple, si de nombreuses personnes portent plainte, qui ont été violées il y a 20 ans, cela ne signifie pas que la pédophilie augmente de nos jours. Il me semble que c'est le cas pour certaines des affaires qui ont affligé l'Eglise américaine, les faits remontant parfois aux années 60.

Il faut donc effectivement évoquer la chute d'une sorte d'omerta, qui a permis, semble-t-il, de parler de la chose... Bien sûr, cela n'empêche pas de parler d'autres facteurs. J'ai toujours en tête les romans de Houellebecq qui laissent entendre que la révolution sexuelle, en accentuant la compétition sexuelle entre individus, a créé un grand nombre de losers frustrés ; il est probable que ce phénomène joue partiellement ici.

Quant aux statistiques américaines évoquant une situation statique (du type, "une fille sur trois sera victime, etc..."), franchement, je les considère comme nulles et non avenues. Quel sérieux peut-on donner à une étude statistique dans un pays où, selon un sondage, 3 % des personnes interrogées affirment avoir été enlevées par des extraterrestres ? Moins loufoquement : elles ont une portée limitée puisque provenant, me semble-t-il, d'une société de guerre des sexes, où souvent, les comportements masculins les plus anodins sont assimilés à de la pédophilie, du harcèlement sexuel, etc. Et si elles sont vraies, cela nous pose des questions sur la légitimité du cadre familial censé être protecteur...

Pour le reste, je conseille vivement de lire le très beau roman de M. Tournier, le Roi des aulnes, qui parle de tout cela (ici, un homme fasciné par le contact des enfants - mais qui ne les abuse pas) avec beaucoup de finesse.

Bien à vous
MB
Avatar de l’utilisateur
Hélène
Mater civitatis
Mater civitatis
Messages : 1523
Inscription : lun. 13 juin 2005, 3:51
Localisation : Sous le regard de Dieu
Contact :

Message non lu par Hélène »

Bonjour MB
MB a écrit :Les statistiques que vous apportez sont très intéressantes, mais il faut les interpréter avec prudence (je ne vous reproche rien !). Vous signalez une augmentation des affaires de pédophilie ; précisons tout de suite qu'elles ne signalent pas forcément la réalité immédiate. Par exemple, si de nombreuses personnes portent plainte, qui ont été violées il y a 20 ans, cela ne signifie pas que la pédophilie augmente de nos jours. Il me semble que c'est le cas pour certaines des affaires qui ont affligé l'Eglise américaine, les faits remontant parfois aux années 60.
Ce ne sont pas mes statistiques, ce sont celles du ministère de la Justice Française.

Trouvé aujourd'hui sur Radio Canada :
Canada - États-Unis - Grande-Bretagne

Un vaste réseau de pédophilie démantelé
International

Un réseau international de pédophiles actifs au Canada, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie a été démantelé, mercredi.

Le procureur général des États-Unis, Alberto Gonzales, a annoncé l'arrestation de 27 personnes. Quatorze d'entre elles proviennent de l'extérieur des États-Unis, dont 9 du Canada.

Le réseau distribuait des images pornographiques d'enfants et parfois même des agressions sexuelles en direct. L'une des victimes avait à peine 18 mois. L'enquête a débuté au Canada.
Source : http://www.radiocanada.ca/nouvelles/Int ... seau.shtml

Je ne crois pas que ces statistiques ne soient dues qu'au phénomène de "sortir du secret bien gardé durant des années". C'est une réalité dure à regarder mais bien présente dans notre monde hédoniste. Je vous invite aussi à lire ceci. C'était le sujet de la semaine à l'émission d'information "Enjeux" (il s'agit du cas de Guy Cloutier dont il est question dans mon premier post): http://www.radiocanada.ca/actualite/v2/ ... 7585.shtml Le reportage video sera prochainement disponible sur le site de Radio-Canada, à cette même adresse. Nous pourrons voir ce qu'en disent les experts. J'ai malheureusement manqué l'émission de mardi mais je la visionnerai par Internet lorsqu'elle sera disponible.

Cordialement,
Hélène
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
nelly emont
Censor
Censor
Messages : 168
Inscription : mer. 25 janv. 2006, 14:21
Localisation : Hasparren -France

Message non lu par nelly emont »

Les dossiers ou questions manipulés ici demandent prudence et savoir. Je vois beaucoup de passion, et beaucoup de n'importe quoi. La première chose est de savoir de quoi l'on parle : homosexualité ou pédophilie. A l'évidence ce n'est pas la même chose. Et qu'en dit-on ? que l'une comme l'autre sont un mal (on parle de l'homosexualité et de la pédophilie, pas de l'homosexuel ni du pédophile, qui peuvent nous horrifier mais sur lesquels nous n'avons pas à porter de jugement). Cette réponse est une réponse éthique qui n'a de sens que pour ceux qui pensent qu'il y a une éthique. Si tout le monde est d'accord pour condamner la pédophilie qui porte atteinte à l'enfant, il n'en va pas de même de l'homosexualité qui n'entrent pas, pour ceux qui la pratiquent, dans le cadre de l'éthique, mais dans celui de la liberté. Le chrétien pense quant à lui que la sexualité est le fruit de l'amour entre un homme et une femme, et s'il ne condamne pas l'homosexuel, il dit avec l'Eglise, que les actes homosexuels sont contre nature et qu'ils sont un péché. Quand il le dit, on le traite d'intolérant, de réactionnaire etc... Bref tout ça pour dire qu'avant d'entrer dans d'aussi glissantes discussions, il est préférable de savoir de quoi l'on parle, de s'exprimer calmement, et de chercher une fois encore, à accepter l'autre dans sa différence, sans adhérer à ses justifications. La tolérance, cela ne veut pas dire accepter n'importe quoi, (ce qu'on voudrait nous faire croire), mais accepter qu'existe quelque chose avec lequel on n'est pas d'accord. Ainsi je tolère mon voisin qui fait du bruit tous les soirs à partir de 10 h, mais je ne considère pas que le bruit qu'il fait soit un bien. Ainsi je tolère l'existence de l'homosexuel, mais je ne considère absolument pas que l'homosexualité soit un bien. Et contrairement à ce qu'on croit généralement, la tolérance n'est pas une vertu.

je voudrais dire autre chose portant sur l'épineux problème soulevé par la question de la passivité de l'Eglise sur un certain nombre d'actes, ou plutôt sur sa "complicité" supposée. Ce n'est pas une réponse, simplement le résultat d'une réflexion. L'Eglise vit dans l'histoire. Certes elle défend le même message depuis les origines, et nous disons qu'éclairée par l'Esprit, elle ne peut se tromper. Cependant, elle s'exprime dans un monde où sa connaissance de l'homme suit les connaissances humaines. Si elle a disserté pendant des siècles, et dans la vérité, sur la création de l'homme, sa rédemption et sa finalité, elle n'a pas été plus vite que les sciences humaines pour nous apporter des précisions sur ces profondeurs psychologiques, ces abîmes quelquefois, qui nous permettent aujourd'hui de mettre un nom sur ce que nous éprouvons. Lorsque certains prêtres du XIXème siècle (entre autres siècles) semblent dire des horreurs sur la sexualité, en faire le péché par excellence, voir le mal partout et même chez les enfants, ils ne font pas preuve d'une perversité coupable. Ils sont ignorants, parfois grossiers, d'une ignorance et d'une grossièreté, qui sont peut -être leur fait, mais également celui de leur époque. Cela ne les excuse aucunement, mais cela aide à relativiser. Lorsque la psychanalyse est apparue, horrifiée par certains écrits de Freud, l'Eglise l'a rejeté (comme beaucoup d'autres ). Il lui a fallu un certain temps pour l'accepter, pour l'intégrer, et pour en faire un instrument de connaissance de l'homme, de cet homme créé par Dieu. Ce que je veux dire, c'est que l'on ne peut accuser les prêtres d'hier avec les connaissances que nous avons aujourd'hui. Je parle des prêtres qui sont passés à côté de leur vocation, car il faudrait aussi pour tempérer ce discours, se rappeler que l'Eglise est aussi faite de Saints et que ceux-ci, ont toujours su dépasser les limites de leur temps et éclairer le chemin des autres;
j'ai conscience de n'avoir pas été très claire.
Avatar de l’utilisateur
Wistiti
Quæstor
Quæstor
Messages : 235
Inscription : ven. 29 déc. 2006, 5:17

Re: Qu'est-ce que la pédophilie ?

Message non lu par Wistiti »

Le masochiste, le sadique, le pédophile, l'homosexuel disent tous qu'une relation d'égal à égal entre adultes sexués est impossible, qu'il en sont exclus.
Mettre les homosexuels dans le même bain est absurde.
Ce qui me frappe c'est l'aptitude de l'humanité à sécréter de la théorie qui va mettre le blame sur la victime
Comme avec les psy donneurs de pilules.
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)
Avatar de l’utilisateur
Philon
Barbarus
Barbarus

Re: Qu'est-ce que la pédophilie ?

Message non lu par Philon »

Bonsoir Hélène,

ces affirmations me paraissent bien peu nuancées, pour ne pas dire teintée d'une idéologie que j'ai déjà rencontrée lors de mon engagement (dans un pays étranger) y a plus d'une dizaine d'années dans une association d'aide aux victimes de pédophilie.
Je l'ai quittée pour les mêmes raisons que celles qui me poussent à lire ce document d'un oeil critique.

Les statistiques tout d'abord : il convient de définir ce qu'est une agression, une atteinte, etc. Une fille sur trois victime ? Mais que recouvrent les termes ?
Tout le monde ne porte pas plainte et ces cas ne concernent que les agressions visibles ou viols (qui sont effectivement le fait plutôt du sexe masculin) c'est-à-dire les violences visibles et qui font l'objet d'une répression.
En revanche, je ne pense pas que la pédophilie ou la propension incestueuse en soi soit uniquement le fait des hommes, au contraire. Il y a des séductions narcissiques ou sexuelles, des abus de confiance, des violations de l'intimité dont les mères se rendent coupables sans que cela aille devant la justice. Au contraire, la vague d'information qui a succédé aux affaires belges a merveilleusement épargné les mères, comme si le mal était dans la VIOLENCE masculine et non dans LE NON RESPECT DE LA DIFFERENCE GENERATIONNELLLE directement lié à l'affaiblissement de l'autorité paternelle.

Un grand psychanalyste a dit qu'il n'y a d'inceste que par rapport à la mère, c'est-à-dire que la tendance à "faire du même avec du même "( rappelons l'étymologie du mot "inceste" : qui n'a manqué de rien), à garder une intimité trop grande avec ses enfants est une tendance éminement féminine.
Le pédiatre Aldo Naouri recense dans son essai "Le couple et l'enfant" une quantité incroyable de cas de parents (des deux sexes) qui se sont livrés à des actes "louches" avec leurs enfants dans la foulée de ce qu'on appelait dans les années 70 la "libération sexuelle" et dont des intellectuels comme Cohn-Bendit, Gabriel Matzneff, René Schérer ou Tony Duvert se sont fait un temps les chantres.
Le psychiatre Paul-Claude Racamier a même forgé le terme d' "équivalent d'inceste "pour décrire ce qui, sans entrer dans une catégorie passible de prison, peut entretenir un climat trop intime, semer la confusion entre les générations et retenir l'enfant prisonnier du désir de la mère (confidences intimes, coucher dans le même lit, s'échanger des sous-vêtements....). En dénonçant la violence visible on croit évacuer le problème et l'on oublie la violence symbolique de certains actes en apparence anodins. A défaut dêtre encore des parents au plein sens du terme, nous devenons des brùleurs de pédophiles ou des accusateurs du sexe masculin.

Traditionnellement c'est le rôle du père que de séparer l'enfant de sa mère pour le mener à la vie d'adulte, à la sexualité d'un adulte. Cette fonction paternelle comprend l'énoncé de l'interdit de l'inceste : il est demandé à l'enfant de renoncer à une partie de ses désirs, de ne pas être un "roi".
Or c'est exactement ce qui dans nos société est de plus en plus remis en cause par toutes les pratiques et dans tous les domaines. Un pédophile, un pervers, c'est avant tout une personne qui n'a jamais rencontré cet interdit, c'est la caricature extrême, perverse et meurtrière d'une tendance générale.
Sans vouloir excuser des actes criminels, je trouverais judicieux de s'interroger sur l'évolution de nos sociétés qui rendent de plus en plus difficile cette rencontre de l'interdit. La pédophilie nous a confrontés pour la première fois dans les années 90 aux extrémités où peut mener l'évolution actuelle vers le "jouir sans entraves".
On doit donc éviter de se limiter à la violence sexuelle évidente et cesser de stigmatiser des cas extrêmes pour prendre en compte les violences douces que sont les séductions maternelles ainsi que le pouvoir énorme dont profitent les femmes depuis 40 ans (décision de maternité, autorité parentale, divorces facilités, etc...) et qui ne peut aller que dans le sens d'une toute-puissance infantile et maternelle. Le père est congédié.

Les affaires belges ont eu cet effet d'amener les gens à stigmatiser les cas les plus extrêmes ou à les ranger dans la catégorie des "fous" ( =ils n'ont rien à voir avec nous, les "normaux") mais on ne s'est pas posé de questions sur l'évolution générale de notre rapport à l'enfant depuis les quatre dernières décennies : suspicion de l'autorité, infantilisme des parents, démocratisation de la famille, confusion entre générations, toute-puissance de la symbolique maternelle, "libération" sexuelle qui pousse les adultes par exemple à infliger aux gosses des informations sur la sexualité( exposition Titeuf, par exemple), de peur qu'ils en manquent, entretenant par là une confusion des rôles.
C'est cela à mon avis qu'il convient d'interroger.

Jean-Claude Guillebaud évoque dans "la tyrannie du plaisir" la permissivité des années 70 suivie du retour de bâton des annéees 90. Trop de permissivité d'un côté, hystéries sécuritaires et juridiques de l'autre, nous avons perdu la capacité d'"arrangements "pacifiés, de règles intériorisées par l'éducation, la vertu du silence et une attitude saine vis-à-vis de la sexualité humaine.

Punir des malfaiteurs, oui. Mais le danger est d'organiser des "chasses aux sorcières", de suspecter chaque parent d'être un "Dutroux" potentiel ce qui revient à jeter encore plus de discrédit sur la fonction parentale déjà bien malmenée.

Contrairement à l'idéologie admise comme allant de soi dans cette association où j'étais bénévole,
je ne pense pas que le féminisme ait amélioré la condition des enfants ou contribué à lever un tabou concernant la pédophilie. Je pense au contraire que les actes de nature incestuelle ou incestueuse (et là tous les degrés sont possibles, du bain "en famille" aux viols) se sont multipliés avec l'affaiblissement de la fonction paternelle dont le féminisme, en chargeant l'homme de tous les méfaits, a été l'un des vecteurs.

En ce qui concerne les victimes, j'ai observé un phénomène qui m'a fait froid dans le dos : la stigmatisation en miroir des victimes. Si le malfaiteur est considéré come un monstre, la victime, elle, se voit classée parmi les pauvres choses cassées, détruites ( "kaputte Frau", disait-on là où j'étais) et, pardonnez-moi cette expression, PASSIBLES de thérapie.
L'idéal d'épanouissement actuel a peut-être permis une prise en charge des victimes et une écoute plus lucide de leurs récits ( il est vrai que la psychanalyse a longtemps envisagé l'inceste comme un fantasme et jamais comme un fait réel).
Il a eut cependant cet effet pervers de faire des victimes des personnes inadéquates aux normes modernes du dynamisme et du bien-être et de les charger d'un long programme péétabli de "travail des blessures" qui n'était peut-être pas complètement adapté ni même nécéssaire ( tant il est vrai que l'âme humaine dispose de ressources très variées), ni très discret.
C'est alors la volonté des victimes à suivre ce programme qui va être jugée, on va la soupeser, la passer aux cribles des critères du développement personnel, focaliser sur les capacités à "surmonter", à "résoudre", comme si une telle expérience était un problème qui se "gère", qui se "résoud", comme si ces atteintes à l'ordre humain symbolique se résumaient à une affaire privée de "responsabilité "personnelle, comme si toute interrogation allant au delà de l'égo était superflue.

Trop de zèle thérapeutique d'un côté, ce qui est typique de nos sociétés où rien ne manque, où la souffrance est presque pénalisée, où chacun se voit chargé d'un hypothétique "devoir de bonheur", stigmatisation du masculin de l'autre, aveuglement quant à l'évolution générale de nos sociétés, ce sont à mon avis les écueils à éviter dans ce domaine.
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Ahrefs [Bot] et 3 invités