Bonjour in aeternum
Comme Boris, vous n’avez sans doute pas lu mon intervention plus haut sur ce fil et vous critiquez dans votre message la conception vulgaire du libéralisme que véhiculent ses adversaires.
Je reprendrai l’argumentation de MB ci-dessus, adressée à Boris, mais en l’accommodant à ma façon.
Le libéralisme peut il respecter la morale quand, DANS SON ESSENCE, il ne se pose pas la question des fins de la liberté, mais seulement celles des moyens de cette liberté ?
Le libéralisme est
une pensée de la société. Le problème du Bien ne l’intéresse pas, car le Bien est
nécessairement une recherche individuelle, même si elle est guidée par l’enseignement des prophètes, des sages, etc., et que ceux qui sont d’accord sur une même définition de cette recherche du Bien, par exemple, les fidèles d’une religion, ont tendance à se rejoindre.
Constatant la multiplicité des approches du Bien, et ce, dès l’aube de l’Histoire, les libéraux prennent le problème à l’envers et se demandent s’il peut exister
une définition universelle du Mal. Ça tombe bien, elle existe. Aucun individu, nulle part sur la planète, à aucune époque, n’a déclaré : il m’est égal d’être volé, d’être torturé, d’être tué, ou qu’on me trompe. Ce serait d’ailleurs une contradiction dans les termes. Le consentement transformerait le vol en don, la torture en SM, le viol en baise, etc. (Comme dans toute proposition qui tend vers l’universalité, on peut imaginer des cas-limites qui passionnent les juristes, mais n’infirment pas la valeur du modèle.)
Je ne suis pas informaticien, mais j’illustrerai mon propos d’une analogie avec cette science. Le libéralisme se veut un système d’exploitation assez générique pour supporter et rendre interopérables tous les dérivés et toutes les applications que l’imagination humaine pourrait concevoir. Le libéralisme ne leur impose pas une conception du Bien, mais exige qu’ils évitent le Mal, défini strictement comme le meurtre, viol, agression physique, vol et tromperie.
Ainsi le libéralisme est parfaitement compatible avec le Catholicisme, l’Islam, le socialisme, etc. Pourquoi tous ceux qui souhaitent mettre en commun leurs moyens de production, partager également leur revenu et renoncer à leurs héritages devraient-ils en être privés ? Le communisme est un mode de vie très estimable. Regardez les kibboutz et les monastères. Le libéralisme ne s’oppose pas au communisme. Il s’oppose au communisme
imposé. Le libéralisme n’est incompatible qu’avec la violence physique.
Les sociétés que forment entre eux les catholiques, les employés de Microsoft, les membres du Part communiste, les footballeurs de l’OM, etc., ces sociétés ont chacune un but précis et définissent un bien commun (vendre des logiciels ou gagner des championnats… ). Mais quel Bien pourraient poursuivre réellement
en commun les habitants de la planète, sinon n’être pas agressés ?
C’est la promesse que leur fait le libéralisme.
Cordialement
Christian
La carotte, toujours, triomphera bu bâton