Suliko a écrit :En même temps, la modernité politique (démocratie libérale, liberté de conscience, de culte, etc...) a été condamnée sans recours par tous les papes du XIXème et d'une partie du XXème. Les catholiques traditionnalistes, et particulièrement la FSSPX, ne font que rester sur des positions qu'ils jugent que les papes n'auraient jamais dû abandonner...Si ces derniers semblent montrer une incapacité à trier le bien du mal dans la modernité (politique), c'est sans doute qu'il la considère intrinsèquement mauvaise et néfaste pour les âmes...
Bonjour à nouveau,
pour commencer, je dirais que l'Eglise n'a pas "abandonné" au vingtième siècle - ou au vingt et unième les positions qu'elles tenaient pour justes et parfaitement fondés au dix-neuvième siècle. Il faudrait reprendre en détail tous les textes, ce qui est un peu difficile sur un forum et impossible pour moi: pas le temps en ce moment.
Lorsque la modernité politique nous parle de démocratie libérale, de liberté de conscience et du culte, etc., elle le fait à partir d'une conception de l'homme dont il faut reconnaître qu'elle est assez inacceptable non seulement pour un catholique, mais pour quiconque dispose encore d'un peu de bon sens et de très peu d'esprit idéologique.
Lorsqu'un catholique parle de démocratie, de liberté de conscience, de liberté du culte, je doute fort qu'il puisse vraiment le faire à partir des présupposés idéologiques de la modernité... ce qu'il peut faire, c'est d'abord montrer, preuves à l'appui, que la génèse du discours de cette modernité ne se trouve pas ailleurs que dans la pratique multiséculaire de l'Eglise. Puis établir la profonde et constante continuité de l'enseignement de l'Eglise en matière de doctrine sociale, en particulier du dix-neuvième siècle à aujourd'hui. Vu l'ignorance qui règne chez les catholiques Français de ce qu'est cette doctrine sociale de l'Eglise, ce ne serait pas du luxe...
On s'apercevrait certainement, à l'examen, qu'il y a des incompatibilités qui n'étaient que supposées, et des similitudes qui n'en sont pas. On verrait bien que ce que l'Eglise a toujours condamné, c'est le fait de transformer les idées en idoles muettes et trop souvent couvertes de sang. Ce que l'on comprendrait surtout, c'est qu'à nier la part religieuse de l'humanité (pas seulement les catholiques: les protestants, les juifs, maintenant les musulmans en France, et jusqu'aux hommes de bonnes volonté qui cherchent la vérité), la modernité se condamne elle-même à l'absurde d'un nihilisme effrayant - ce que viennent à dénoncer certains de ses propres penseurs. Un hiver sans printemps, une solitude sans hommes (et sans femmes), un monde sans espérance...
Amicalement.
Virgile.