coeurderoy a écrit :
Alors là sachez que j'ai appartenu à ces Français étranglés : 6 mois d'hôtel avant d'avoir un F3 (pour 4) dans un quartier minable d'Alfortville, coincé entre ligne de RER, Seine et usines de Vitry (en face) : fonctionnaire de l'Etat je prenais mon RER crasseux pour gagner les quartiers bobos du Marais où je bossais : cela ne me donne aucune raison d'accepter et de défendre l'expulsion des Roms (qui faisaient les poubelles sous nos fenêtres et campaient pour certains d'entre-eux sous des pontons de béton à Ivry-s-Seine) : vos arguments populistes, xénophobes et franchouillards sont écoeurants à mon goût...
Sachez que je n'ai absolument rien d'un xénophobe franchouillard et populiste. Votre réponse me remplit de tristesse.
Je crois que le Capital va vivre mille ans, car il a réussi à diviser profondément la société contre elle-même. On n'a pas le choix : dire la vérité et passer pour un fumier, dire des mensonges et passer pour un brave type. Ainsi les gens se haïssent et s'insultent parce que les uns et les autres sont préoccupés tour à tour soit par la réalité, soit par leur réputation et leur estime vis-à-vis d'eux-mêmes. Et tout cela n'est qu'une comédie, car profondément, c'est la peur qui gouverne tout.
Mais je n'ai aucun problème de conscience, désormais. Je suis plutôt de sensibilité de gauche, je déteste absolument le fascisme et la personnalité d'un Le Pen (franchement, je me sens insulté par votre accusation), et en même temps j'estime que cette dérégulation de l'immigration cause un vrai danger, ne serait-ce que pour la survie du modèle de vie à l'occidentale, ou tout simplement pour la richesse de la diversité dans le monde (dont l'Occident fait quand même partie).
Sans compter que ce phénomène est, dès les temps actuels, facteur d'une très grave division dans la société, où la dimension collective et solidaire cède le pas au communautarisme et à l'individualisme. Un tel est perçu d'abord comme un "blanc", comme un "black", comme un "beur", avant d'être perçu comme un être humain. Géniale, l'ambiance tribale qui s'installe petit à petit...
Sachez donc simplement que je n'ai absolument rien contre l'accueil et l'intégration d'étrangers sur notre sol, même en grand nombre, y compris s'ils sont Roms, du moment que les flux sont maîtrisés, et que l'on se préoccupe en même temps de notre propre natalité, d'empêcher la désindustrialisation, de mieux partager les revenus entre riches et pauvres et de donner un salaire correct aux gens, de promouvoir une véritable politique de "passage" de la culture auprès de la jeunesse, ainsi que le culte des vertus civiques républicaines (auxquelles je me sens particulièrement attaché), etc.
Mais actuellement, on a plutôt à faire à une pure invasion dans le plus grand désordre (à quand la curée, d'ailleurs), dont la brutalité, l'esprit de conquête décomplexé, et l'arrogance va croissant. J'ai enseigné en collège, et je sais très bien quelle est l'ambiance. Ne pas le voir, c'est tout simplement de la bêtise.
Mais je savais, de toute façon, que ce sujet était un véritable piège. Aussitôt les insultes se mettent à fuser tellement les peurs diverses et autres passions sont violentes et profondes. Voilà pourquoi j'ai toujours pris soin de me tenir éloigné de ce type de débat. Je vais donc m'arrêter là, en gardant bien présent à l'esprit que les rapports entre les hommes sont absolument faux et mensongers de A jusqu'à Z. Tout, ici, n'est que comédie, hypocrisie, mensonge. L'amitié n'existe même pas. Les hommes préfèrent se haïr, appartenir à des clans, faire semblant d'être amis, uniquement pour ressembler à l'image qu'ils ont d'eux-mêmes, et recevoir les hommages publics, être admirés et honorés. Pour garder ça, on n'hésite pas à tuer, humilier, écraser, tout cela sous le masque de la générosité.