Bonjour,
Gaudens a écrit :
D'un côté, le bloc tradi, jusquà maintenant divers ,non dans ses pratiques mais dans son degré de rattachement à Rome et son rapport au plus récent Concile, me parait amené à dériver encore plus vers...le sédévacantisme ,justement (Jean-Mic me parait avoir bien vu).L'entre deux ne sera pas éternellement tenable jusqu'à élection d'un (anti) pape d'ici une ou deux décennies tout au plus.
Et de l'autre côté, le risque de protestantisation de l'Eglise ne m'a jamais paru aussi net qu'aujourd'hui ( et c'est peu dire, le protestantisme traditionnel ,lui, ne remettait pas en cause l'essentiel du dépôt de la foi malgré ses errances et ses rigidités).
Probable. Il est probable que les choses évoluent dans ce sens qu'est la «protestantisation»; et puis même d'une manière accélérée penserais-je.
Vous savez ...
S'il y a une chose que l'Internet et les forums de discussion m'auront permis de découvrir : c'est à quel point cette affaire d'antagonisme irréductible entre les uns et les autres relevait d'une crise majeure dans laquelle les catholiques sont enfoncés depuis plus de cent ans. J'ai pris conscience que ce que j'aurai toujours considéré jadis comme un épiphénomène marginale sans importance, - telle la crise lefebvriste, le beau symptôme - était en fait le révélateur d'un problème à la racine.
Deux, non même trois choses, n'auront pas permis que je réalise plus tôt la gravité du problème; du moins, je le croirais me concernant.
1) Chez nous, la mouvance traditionaliste est extrêmement marginale objectivement parlant; une poussière dans l'oeil en apparence.
2) Dans la seconde moitié du XXe siècle, il restait encore un grand nombre d'ecclésiastiques plus conservateurs et ayant été formés sous l'ancien régime. Qu'on le veuille ou non il en restait bien un petit quelque chose en terme d'habitude langagière, maniement de concepts ou de mentalité, une certaine façon de se représenter l'Église.
et
3) Il y avait la personnalité d'apparence bien conservatrice des immédiats successeurs de Paul VI. Ces derniers tenaient beaucoup à conserver les formes plus anciennes et ceci pouvait sans doute contribuer à masquer en grande partie la présence de la déchirure. Un pont semblait être maintenu entre hier et aujourd'hui.
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Sauf qu'aujourd'hui ...
Le discours qui émane du Vatican en est un se faisant fort de vouloir attaquer directement la conservation de ce pont qui permettait à plusieurs de se retrouver et se relier au passé de l'Église. Nous nous trouvons comme en présence de dynamiteurs qui ne seront manifestement pas satisfaits tant qu'il subsisterait toujours quelque trace, plus ou moins vivace. d'une expression formelle ancienne et stable de l'Église.
Pour faire passer la pilule du changement révolutionnaire, le seul moyen consiste alors à attaquer sans cesse l'Église d'hier; ce sont des catholiques d'aujourd'hui (attention non pas des protestants) qui n'ont cesse de diffamer, avilir et noircir au maximum le catholicisme d'avant 1960 (!) C'est un peu comme le monde à l'envers.
La chose paraîtrait ahurissante et incompréhensible mais n'était le fait que nos catholiques d'aujourd'hui sont imprégnés de libéralisme de la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. D'après moi, c'est
cela qui en fait des ennemis des catholiques d'hier (anciens papes compris). J'y verrais les effets dissolvants et liquidateurs de l'idéologie libérale qui règne sur notre monde sans partage, de manière absolue, indisputée du côté de nos élites quelles qu'elles soient : philosophiques, économiques, politiques. médiatiques, culturelles.
Le libéralisme
Le progrès du libéralisme prolonge la crise, la réactive par moment de façon plus vive,
augmente les tensions internes chez les fidèles; ces derniers n'étant toujours que sommés (à l'interne) de devoir tout accepter au nom d'une fidélité dû à l'Église ou au pape; au point même que certains n'hésiteraient pas à déclarer qu'il vaudrait toujours mieux avoir tort et être complètement dans l'erreur mais du moment que l'on demeurait du côté du pape !
Ce qui est une totale contradiction et négation absolue de la parole de saint Paul, lequel a pris soin de répéter plus d'une fois mais qui si lui-même ("nous-mêmes"; cf. les apôtres) ou même un ange de lumière venait annoncer désornais aux fidèles un «autre évangile» que celui qui aura été initialement enseigné alors les fidèles pourront et devront même les tenir pour anathèmes. C'est fort comme parole. Extraordinairement fort : c'est Paul qui affirmait que les chrétiens de ces églises qu'il avait lui-même collaboré à fonder pourraient le boycotter, lui, s'il s'avérait réellement que lui-même s'amènerait un jour avec une nouvelle doctrine dont personne n'aurait jamais entendu parler, une doctrine étrangère au bon dépôt initial enseigné; qu'une doctrine naguère carrément dénoncée par les anciens voire.