Le traditionalisme et l'intégrisme
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Gaudens
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Relief, qu'est-ce qui est premier chez les "progressistes"? Leur "idéologie politique de gauche " comme vous l'écrivez ou autre chose? par exemple une culpabilisation d'être du côté des nantis parce que nés en Occident et parfois dans un milieu aisé? Une crainte de ne pas être reconnus par leurs pairs s'ils restent fidèles à une image ancienne de la religion?Une volonté de sauvegarder quelque chose de la foi chrétienne dans un monde qui a totalement changé de paradigme? Ce n'est pas si simple.
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Et lorsque les "tradis" appellent "modernistes" tous les autres,ne croyez pas que ce soit par hasard,dans un sens vague et très général:ils savent bien que le modernisme est"l'égout de toutes les hérésies "comme l'écrivait un pape d'il y a plus de cent ans,Benoit XV ou Saint Pie X,je ne ais plus.
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Et lorsque les "tradis" appellent "modernistes" tous les autres,ne croyez pas que ce soit par hasard,dans un sens vague et très général:ils savent bien que le modernisme est"l'égout de toutes les hérésies "comme l'écrivait un pape d'il y a plus de cent ans,Benoit XV ou Saint Pie X,je ne ais plus.
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Altior
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Mais pourquoi l'arrêter à tout prix ? Ce n'est pas pour la première fois que vous poussez comme un cri d'orfraie : "L'Église se délite !" Pourquoi voir dans cette "dérive des continents" un fait négatif et pourquoi ne pas voir le bon côté ?
La dérive que vous voyez maintenant est la suite d'une faille apparue depuis plus de 50 ans et qui n'a fait que gagner en profondeur depuis. Avec l'actuel pontificat, et plus spécialement avec Traditionis Custodes, ce qui était caché jusque maintenant (quoique des bouillonnements de l'Église fussent toujours perceptibles pour une oreille chevronnée) sort maintenant à la lumière. Ce qui était embrouillé se clarifie. Ce qui était implicite devient explicite. Car la phrase "Les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux Décrets du concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite romain" est une façon de dire que la lex credendi de l'Église Postconciliaire est différente de celle de l'Église Catholique. Plus en détail sur le site de lInstitut du Bon Pasteur, ici. D'ailleurs, pas besoin d'être pape pour le constater: la simple lecture des différentes messages de ce forum est suffisante pour voir qu'il s'agit bien de deux religions différentes. Car la différence entre traditionalistes et modernistes-conciliaristes-appelez comme vous voulez ("novateurs" c'est pas mal non plus, bravo Léon !) est bien plus profonde que la différence entre samaritains et juifs de Judée.
Alors, pour faire simple, voici le bon côté : l'abcès a crevé. Suite à une pression si prolongée, on pouvait s'attendre à ça. Bon, il est vrai que ce que sort d'un abcès s'appelle du pus et ça a une odeur nauséabonde, mais il est tout aussi vrai que la malade doit être amenée en salle d'opération. Cela sera de plus en plus incontournable maintenant. Et avec quelque désinfectants et quelque exérèse de tissu compromis, elle guérira. Bon, il faut encore attendre, car elle a besoin d'un vrai chirurgien pratiquant et virtuose du bistouri. À sa tête, elle a eu un professeur, théoricien de la chirurgie qui a demandé sa retraite et, depuis, le chef de la salle d'opération (pour ne pas dire, comme les Anglais, le théâtre opératoire) vient d'une mauvaise école et je suis réservé sur ses intentions, mais aucun souci ! Elle peut attendre, car le temps de ma malade n'est pas le temps des Hommes.
Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
On retrouve effectivement souvent une détestation de soi dans la bourgeoisie de gauche qui se traduit par un rejet de son pays, de sa culture, de ses traditions. Cette bourgeoisie pare toujours ''l'autre'' de qualités et le "semblable" de défauts. Rousseau a dit : "Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d'aimer ses voisins."
Leurs pairs, c'est le Monde. Leur but n'est pas de sauvegarder mais de changer la foi chrétienne afin qu'elle colle au Monde car ils l'aiment davantage que le Christ. Ils cherchent toujours à plaire d'abord au Monde, puis, si cela est possible, au Christ. Les progressistes sont donc obligés d'être des champions du grand écart. Ils se retrouvent par conséquent souvent en dissonance cognitive. La phrase de Bossuet illustre bien cela : 'Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes."
Je ne pense pas que les traditionalistes sont sans défauts. Altior, qui est originaire de Roumanie, a toujours dit qu'il avait été bien accueilli. S'il eut été ouvrier et non médecin, l'accueil eut-il été le même ? Je ne sais pas. J'aimerais que des traditionalistes m'éclairent.Gaudens a écrit : ↑sam. 13 nov. 2021, 23:51 Et lorsque les "tradis" appellent "modernistes" tous les autres,ne croyez pas que ce soit par hasard,dans un sens vague et très général:ils savent bien que le modernisme est"l'égout de toutes les hérésies "comme l'écrivait un pape d'il y a plus de cent ans,Benoit XV ou Saint Pie X,je ne ais plus.
Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont beaucoup de qualités :
- Ils réussissent à transmettre leur foi à leurs enfants,
- Ils sont dans le Monde, sans être du Monde,
- Ils sont fidèles,
- Ils sont courageux et nagent à contre-courant, comme l'a demandé le pape François le 6 janvier 2016 pour le Jubilé de la Miséricorde des jeunes adolescents,
- Ils sont ostracisés sans raison mais restent dignes.
Ce que les traditionalistes disent, beaucoup de modernistes le disent aussi : l'esprit du concile a été dévoyé sciemment, consciencieusement, dans un désir de transformer l'Eglise Catholique en Eglise Protestante.
On reconnait un arbre à ses fruits, or les fruits du concile sont majoritairement pourris et amères. Le novateur (© Léon
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
(c'est moi qui ai mis en gras)Altior a écrit : ↑dim. 14 nov. 2021, 0:05Bon, il faut encore attendre, car elle a besoin d'un vrai chirurgien pratiquant et virtuose du bistouri. À sa tête, elle a eu un professeur, théoricien de la chirurgie qui a demandé sa retraite et, depuis, le chef de la salle d'opération (pour ne pas dire, comme les Anglais, le théâtre opératoire) vient d'une mauvaise école et je suis réservé sur ses intentions, mais aucun souci !
Joliment tourné, mais c'est quand même un procès d'intention au pape François.
(c'est moi qui ai mis en gras.)Relief a écrit : ↑sam. 13 nov. 2021, 23:17En revanche, lorsque je lis des messages de progressistes qui veulent que la machine à vider les églises continue à tourner à plein régime, me vient le souvenir du prêtre qui faisait le catéchisme au groupe de jeunes ados dont je faisais partie. Il nous disait que le pape Jean-Paul II était un "con", et que Jésus-Christ était un "copain". Pour notre première communion il nous a interdit de nous habiller en blanc.
Nul besoin de préciser qu'en dehors de l'Eucharistie, ses messes n'avaient rien de catholique.
Autre lieu, autre prêtre, cette fois sous le pontificat de Benoit 16. Le prêtre progressiste de la paroisse que je fréquentais alors se permettait de critiquer le Pape dans sa feuille paroissiale.
Autre lieu, autre prêtre : celui-là a fait virevolter l’ostie devant ma bouche car je n'avais pas tendu les mains mais la langue. Il m'a donne lé Christ mais à contre-coeur. Il avait carrément changé un mot du crédo : il disait toujours "universel" à la place de "catholique"
Mon père s'est vu carrément refuser l'eucharistie sur la langue par un autre prêtre dans une autre paroisse.
Je pourrais multiplier les exemples.
Là encore, jolie tournure (la machine à vider les églises, il fallait la trouver). Mais tous les exemples que vous citez sont écrits aux temps du passé : imparfait, passé composé, plus-que parfait. Joli exercice de grammaire et de concordance des temps. Venons-en au présent, s'il vous plaît.
Si, là, on n'est pas dans la réduction du débat ...!?Tout cela m'a fait comprendre que les progressistes faisaient toujours passer leur idéologie politique de gauche avant leur foi, et que la machine à vider les églises était consubstantielle à cette idéologie politique.
Je ne vous surprendrai pas en écrivant que nous ne fréquentons sans doute pas les mêmes églises ni les mêmes communautés, mais, tout conciliaire que je sois, je ne pense pas (mais alors pas du tout) que mes co-paroissiens ou mes co-diocésains soient majoritairement de gauche. Je pourrais même dire que cette affirmation ferait rire une bonne part d'entre eux, mais, à vrai dire, cela ne présente aucun intérêt. Ce catalogage facile me semble parfaitement absurde, voire fallacieux.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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Gaudens
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Vraiment,Altior,que croyez vous ? Parce que l'"abcès sera crevé" vous imaginez sans doute que la malade (l'Eglise) sera guérie après l'opértion dont vous et vous amis vous réjouissez de vous charger. Bof ,une simple opération, n'est-ce pas et qui ne laisse pas de trace ,psychologique ni autre ? Vous êtes peut-être un bon médecin mais un mauvais psychologue.
Et si on ne parle plus de personnes en général mais de l'Eglise, imaginez un moment ce que sera votre future Eglise purifiée après l'opération ( en termes ecclésiastiques, ça s'appelle un schisme) ,avec dans quelque temps un pseudo pape, une théologie encore plus raidie qu'aujourd'hui , des troupes amenuisées mais composées exclusivement de purs constitués en forteresse ? Et en face, des dégâts au moins aussi consternants (mais là, je suppose que ces dégâts vous feraient plutôt jubiler dans le style "on vous l'avait bien dit"). Mais croyez-vous que la grâce circulera encore à travers des entités schismatiques pareilles ?
Je suis vraiment confondu devant tant de sécheresse de coeur devant ce qui se passe en ce moment. Prions pour que ce scénario ne voie quand même pas le jour.
Et si on ne parle plus de personnes en général mais de l'Eglise, imaginez un moment ce que sera votre future Eglise purifiée après l'opération ( en termes ecclésiastiques, ça s'appelle un schisme) ,avec dans quelque temps un pseudo pape, une théologie encore plus raidie qu'aujourd'hui , des troupes amenuisées mais composées exclusivement de purs constitués en forteresse ? Et en face, des dégâts au moins aussi consternants (mais là, je suppose que ces dégâts vous feraient plutôt jubiler dans le style "on vous l'avait bien dit"). Mais croyez-vous que la grâce circulera encore à travers des entités schismatiques pareilles ?
Je suis vraiment confondu devant tant de sécheresse de coeur devant ce qui se passe en ce moment. Prions pour que ce scénario ne voie quand même pas le jour.
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Altior
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Au présent, vous dites ? Alors, permettez-moi que je le mette.Jean-Mic a écrit : ↑dim. 14 nov. 2021, 13:16(c'est moi qui ai mis en gras.)Relief a écrit : ↑sam. 13 nov. 2021, 23:17 Autre lieu, autre prêtre : celui-là a fait virevolter l’ostie devant ma bouche car je n'avais pas tendu les mains mais la langue. Il m'a donne lé Christ mais à contre-coeur. Il avait carrément changé un mot du crédo : il disait toujours "universel" à la place de "catholique"
Mais tous les exemples que vous citez sont écrits aux temps du passé : imparfait, passé composé, plus-que parfait. Joli exercice de grammaire et de concordance des temps. Venons-en au présent, s'il vous plaît.
Eh bien, au présent c'est bien pire. Les prêtres refusent la communion sur la langue dans TOUTES les paroisses modernistes. Quant au Credo, je ne l'entend plus depuis belle lurette.
Cela ne m'étonne pas. À présent, les cardinaux conservateurs qui détenaient encore des positions clé, comme Ratzinger et Müller à la Doctrine de la Foi ou Sarah à la Discipline des Sacrements sont remplacés par des cardinaux modernistes, comme Ladaria et Roche.
À présent, même Gaudens, qui aucunement ne peut être soupçonné de penchant traditionaliste note que l'Église se trouve dans une crise bien pire qu'il y a 10 ou 20 ans.
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Bonsoir Altior,
Mais pourquoi dites vous cela!
Chez moi, la communion est donnée au choix ou sur la langue ou dans la main et le crédo est dit à toutes les messes ;Le crédo de Nicée ou le symbole des apôtres ...
Pour être plus précis , le prêtre demande avant de donner la communion de se présenter sur 2 files.
Une file pour ceux qui veulent communier sur la langue et une file pour ceux qui veulent communier dans la main, à cet égard, je remarque que ceux qui communient dans la main sont peu nombreux...
Et pourtant c'est une Eglise moderniste .
Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Effectivement, cela a empiré.
En revanche, la crise sanitaire a mis en suspens quelques aberrations progressistes comme la descente du prêtre parmi les fidèles au moment de la paix du Christ pour leur serrer la main. Avec ses mains souillées, le prêtre retourne ensuite à l'autel faire la consécration, puis, après avoir souillé le corps du Christ, le distribue aux fidèles en mêmes temps que les miasmes de ses mains malpropres.
Il s'agit de prêtres crypto-protestants ; ils ne croient pas en la présence réelle du Christ.
- Jean-Mic
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Covid oblige ! Rien à voir avec ce que vous appelez le modernisme !
Soyons sérieux, s'il vous plaît ! Pas de messe dominicale ou de solennité sans Profession de Foi. Vous parlez sans doute des messes de semaines, où le Credo est réservé aux solennités.
PGMR 58 : Le Symbole doit être chanté ou dit par le prêtre avec le peuple, le dimanche et les jours de solennité; on peut aussi le dire lors de célébrations particulières plus solennelles.
Sur ce point, nous sommes d'accord ... mais pas pour les mêmes raisons.
Un point pour vous ! Tout à fait d'accord !
Très fort, votre grand écart : mélanger une question d'hygiène publique et la foi en la présence réelle !!!Relief a écrit : ↑lun. 15 nov. 2021, 2:35Avec ses mains souillées, le prêtre retourne ensuite à l'autel faire la consécration, puis, après avoir souillé le corps du Christ, le distribue aux fidèles en mêmes temps que les miasmes de ses mains malpropres.
Il s'agit de prêtres crypto-protestants ; ils ne croient pas en la présence réelle du Christ.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Bonjour jean-mic ,
J'ai l'impression que chez nous ils n'en tienne pas trop compte.
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Altior
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Et pourquoi le Covid oblige seulement aux Messes modernistes, vous vous avez posez la question ? Allons, Jean-mic, c'est si difficile de reconnaître que ce n'est pas le virus qui oblige, ni même "la dictature sanitaire" ?
Le Symbole nicéno-constantinopolitain je ne l'ai plus entendu (en France) depuis 10 ans. Le Missel paulin le met en première position. Il est vrai qu'il permet, plus spécialement au temps pascal, que le Symbole (soit disant) des Apôtres puisse lui être substitué. Mais la question devient du même type que celle de la communion dans la main: pourquoi les modernistes choisissent toujours ce qui est toléré et non ce qui est recommandé par Rome ?Soyons sérieux, s'il vous plaît ! Pas de messe dominicale ou de solennité sans Profession de Foi. Vous parlez sans doute des messes de semaines, où le Credo est réservé aux solennités.
PGMR 58 : Le Symbole doit être chanté ou dit par le prêtre avec le peuple, le dimanche et les jours de solennité; on peut aussi le dire lors de célébrations particulières plus solennelles.
Soit vous avez une chance formidable, soit j'ai une malchance terrible. Moi-même j'ai subi le refus de la communion sur la langue à Solesmes, abbaye moins moderniste que la plupart. Depuis (cela s'est passé l'année dernière), je ne me présente plus pour la communion lorsque je vais à la Messe en rite paulin. Pourtant, je ne me souvient pas d'avoir vu des communion sur la langue.
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Trinité
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Soit vous avez une chance formidable, soit j'ai une malchance terrible. Moi-même j'ai subi le refus de la communion sur la langue à Solesmes, abbaye moins moderniste que la plupart. Depuis (cela s'est passé l'année dernière), je ne me présente plus pour la communion lorsque je vais à la Messe en rite paulin. Pourtant, je ne me souviens pas d'avoir vu des communions sur la langue.
[/quote]
J'avoue qu'une fois je suis allé à la messe dans une Eglise qui n'était pas la mienne et que le prêtre m'a refusé la communion dans la bouche...
Il est vrai que l'on se sent comme...coupable...c'est assez ...traumatisant ,en effet...
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Cinci
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Bonjour,
Vous savez ...
S'il y a une chose que l'Internet et les forums de discussion m'auront permis de découvrir : c'est à quel point cette affaire d'antagonisme irréductible entre les uns et les autres relevait d'une crise majeure dans laquelle les catholiques sont enfoncés depuis plus de cent ans. J'ai pris conscience que ce que j'aurai toujours considéré jadis comme un épiphénomène marginale sans importance, - telle la crise lefebvriste, le beau symptôme - était en fait le révélateur d'un problème à la racine.
Deux, non même trois choses, n'auront pas permis que je réalise plus tôt la gravité du problème; du moins, je le croirais me concernant.
1) Chez nous, la mouvance traditionaliste est extrêmement marginale objectivement parlant; une poussière dans l'oeil en apparence.
2) Dans la seconde moitié du XXe siècle, il restait encore un grand nombre d'ecclésiastiques plus conservateurs et ayant été formés sous l'ancien régime. Qu'on le veuille ou non il en restait bien un petit quelque chose en terme d'habitude langagière, maniement de concepts ou de mentalité, une certaine façon de se représenter l'Église.
et
3) Il y avait la personnalité d'apparence bien conservatrice des immédiats successeurs de Paul VI. Ces derniers tenaient beaucoup à conserver les formes plus anciennes et ceci pouvait sans doute contribuer à masquer en grande partie la présence de la déchirure. Un pont semblait être maintenu entre hier et aujourd'hui.
________
Sauf qu'aujourd'hui ...
Le discours qui émane du Vatican en est un se faisant fort de vouloir attaquer directement la conservation de ce pont qui permettait à plusieurs de se retrouver et se relier au passé de l'Église. Nous nous trouvons comme en présence de dynamiteurs qui ne seront manifestement pas satisfaits tant qu'il subsisterait toujours quelque trace, plus ou moins vivace. d'une expression formelle ancienne et stable de l'Église.
Pour faire passer la pilule du changement révolutionnaire, le seul moyen consiste alors à attaquer sans cesse l'Église d'hier; ce sont des catholiques d'aujourd'hui (attention non pas des protestants) qui n'ont cesse de diffamer, avilir et noircir au maximum le catholicisme d'avant 1960 (!) C'est un peu comme le monde à l'envers.
La chose paraîtrait ahurissante et incompréhensible mais n'était le fait que nos catholiques d'aujourd'hui sont imprégnés de libéralisme de la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. D'après moi, c'est cela qui en fait des ennemis des catholiques d'hier (anciens papes compris). J'y verrais les effets dissolvants et liquidateurs de l'idéologie libérale qui règne sur notre monde sans partage, de manière absolue, indisputée du côté de nos élites quelles qu'elles soient : philosophiques, économiques, politiques. médiatiques, culturelles.
Le libéralisme
Le progrès du libéralisme prolonge la crise, la réactive par moment de façon plus vive, augmente les tensions internes chez les fidèles; ces derniers n'étant toujours que sommés (à l'interne) de devoir tout accepter au nom d'une fidélité dû à l'Église ou au pape; au point même que certains n'hésiteraient pas à déclarer qu'il vaudrait toujours mieux avoir tort et être complètement dans l'erreur mais du moment que l'on demeurait du côté du pape !
Ce qui est une totale contradiction et négation absolue de la parole de saint Paul, lequel a pris soin de répéter plus d'une fois mais qui si lui-même ("nous-mêmes"; cf. les apôtres) ou même un ange de lumière venait annoncer désornais aux fidèles un «autre évangile» que celui qui aura été initialement enseigné alors les fidèles pourront et devront même les tenir pour anathèmes. C'est fort comme parole. Extraordinairement fort : c'est Paul qui affirmait que les chrétiens de ces églises qu'il avait lui-même collaboré à fonder pourraient le boycotter, lui, s'il s'avérait réellement que lui-même s'amènerait un jour avec une nouvelle doctrine dont personne n'aurait jamais entendu parler, une doctrine étrangère au bon dépôt initial enseigné; qu'une doctrine naguère carrément dénoncée par les anciens voire.
Probable. Il est probable que les choses évoluent dans ce sens qu'est la «protestantisation»; et puis même d'une manière accélérée penserais-je.Gaudens a écrit :
D'un côté, le bloc tradi, jusquà maintenant divers ,non dans ses pratiques mais dans son degré de rattachement à Rome et son rapport au plus récent Concile, me parait amené à dériver encore plus vers...le sédévacantisme ,justement (Jean-Mic me parait avoir bien vu).L'entre deux ne sera pas éternellement tenable jusqu'à élection d'un (anti) pape d'ici une ou deux décennies tout au plus.
Et de l'autre côté, le risque de protestantisation de l'Eglise ne m'a jamais paru aussi net qu'aujourd'hui ( et c'est peu dire, le protestantisme traditionnel ,lui, ne remettait pas en cause l'essentiel du dépôt de la foi malgré ses errances et ses rigidités).
Vous savez ...
S'il y a une chose que l'Internet et les forums de discussion m'auront permis de découvrir : c'est à quel point cette affaire d'antagonisme irréductible entre les uns et les autres relevait d'une crise majeure dans laquelle les catholiques sont enfoncés depuis plus de cent ans. J'ai pris conscience que ce que j'aurai toujours considéré jadis comme un épiphénomène marginale sans importance, - telle la crise lefebvriste, le beau symptôme - était en fait le révélateur d'un problème à la racine.
Deux, non même trois choses, n'auront pas permis que je réalise plus tôt la gravité du problème; du moins, je le croirais me concernant.
1) Chez nous, la mouvance traditionaliste est extrêmement marginale objectivement parlant; une poussière dans l'oeil en apparence.
2) Dans la seconde moitié du XXe siècle, il restait encore un grand nombre d'ecclésiastiques plus conservateurs et ayant été formés sous l'ancien régime. Qu'on le veuille ou non il en restait bien un petit quelque chose en terme d'habitude langagière, maniement de concepts ou de mentalité, une certaine façon de se représenter l'Église.
et
3) Il y avait la personnalité d'apparence bien conservatrice des immédiats successeurs de Paul VI. Ces derniers tenaient beaucoup à conserver les formes plus anciennes et ceci pouvait sans doute contribuer à masquer en grande partie la présence de la déchirure. Un pont semblait être maintenu entre hier et aujourd'hui.
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Sauf qu'aujourd'hui ...
Le discours qui émane du Vatican en est un se faisant fort de vouloir attaquer directement la conservation de ce pont qui permettait à plusieurs de se retrouver et se relier au passé de l'Église. Nous nous trouvons comme en présence de dynamiteurs qui ne seront manifestement pas satisfaits tant qu'il subsisterait toujours quelque trace, plus ou moins vivace. d'une expression formelle ancienne et stable de l'Église.
Pour faire passer la pilule du changement révolutionnaire, le seul moyen consiste alors à attaquer sans cesse l'Église d'hier; ce sont des catholiques d'aujourd'hui (attention non pas des protestants) qui n'ont cesse de diffamer, avilir et noircir au maximum le catholicisme d'avant 1960 (!) C'est un peu comme le monde à l'envers.
La chose paraîtrait ahurissante et incompréhensible mais n'était le fait que nos catholiques d'aujourd'hui sont imprégnés de libéralisme de la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. D'après moi, c'est cela qui en fait des ennemis des catholiques d'hier (anciens papes compris). J'y verrais les effets dissolvants et liquidateurs de l'idéologie libérale qui règne sur notre monde sans partage, de manière absolue, indisputée du côté de nos élites quelles qu'elles soient : philosophiques, économiques, politiques. médiatiques, culturelles.
Le libéralisme
Le progrès du libéralisme prolonge la crise, la réactive par moment de façon plus vive, augmente les tensions internes chez les fidèles; ces derniers n'étant toujours que sommés (à l'interne) de devoir tout accepter au nom d'une fidélité dû à l'Église ou au pape; au point même que certains n'hésiteraient pas à déclarer qu'il vaudrait toujours mieux avoir tort et être complètement dans l'erreur mais du moment que l'on demeurait du côté du pape !
Ce qui est une totale contradiction et négation absolue de la parole de saint Paul, lequel a pris soin de répéter plus d'une fois mais qui si lui-même ("nous-mêmes"; cf. les apôtres) ou même un ange de lumière venait annoncer désornais aux fidèles un «autre évangile» que celui qui aura été initialement enseigné alors les fidèles pourront et devront même les tenir pour anathèmes. C'est fort comme parole. Extraordinairement fort : c'est Paul qui affirmait que les chrétiens de ces églises qu'il avait lui-même collaboré à fonder pourraient le boycotter, lui, s'il s'avérait réellement que lui-même s'amènerait un jour avec une nouvelle doctrine dont personne n'aurait jamais entendu parler, une doctrine étrangère au bon dépôt initial enseigné; qu'une doctrine naguère carrément dénoncée par les anciens voire.
Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Il y a un distinguo préalable à faire entre modernistes (j'en suis) et progressistes.
Les catholiques progressistes aiment le Monde et ses idées davantage que le Christ, alors ils cherchent à transformer l’Église afin qu'elle soit, comme eux, "du Monde".
Si cela a pour conséquence la disparition de l’Église catholique, ils ne s'en émouvront pas plus que cela. Ils se feront protestants. Ils ne diront pas que l’Église est morte du progressisme. Ils diront qu'elle est morte parce qu'il n'y a pas eu assez de progressisme, tout comme les communistes disent que si le communisme a échoué c'est parce qu'il n'y a pas eu assez de communisme.
C'est cela que les catholiques progressistes ne cessent de répéter depuis des décennies pour trouver une justification à la réalité des bancs devenus vides à cause de leur idéologie. Ils sont dans une fuite en avant, une radicalisation, qui explique les moments très difficiles que l’Église vit actuellement.
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Cinci
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme
Relief,
Je ne vous suis pas au sujet de cette distinction sémantique.
Les «modernistes» sont au départ ce que le pape Pie X pouvait en dire grosso modo. Ensuite, par extension, on le dirait d'un grand nombre d'ecclésiastiques demeurés dans l'Église catholique - planqués, en dépit du serment antimoderniste - tout en partageant des vues similaires à celles des Tyrrell, Laberthonnière, Bunaioti et autres excommuniés de l'ère précédente.
C'est la notion de vérité doctrinale, ou dogme défini une fois pour toute, qui saute avec les modernistes. De là, l'idée que le pape Jean XXIII était lui aussi un moderniste avec pour témoin de cela sa volonté d'aggiornamento, celle de réviser et même corriger le discours et la pratique traditionnelle de l'Église.
Moderniste ou progressiste ? Pour moi, il ne s'agit que d'un synonyme. Nos progressistes répandus dans l'épiscopat allemand, américain ou français : ils auraient été «copains comme cochons» avec l'ex-jésuite Tyrell excommunié. Il va sans dire que les modernistes ou progressistes remettent en question l'infaillibilité du pape et de l'Église.
Un exemple tout simple et bien d'aujourd'hui : la théologienne féministe et progressiste, qui veut voir l'Église catholique en arriver à ordonner des femmes à la prêtrise, est une théologienne qui ne reconnaît, dans les faits, aucune autorité véritable du pape ou des évêques dans cette matière. Non, car pour cette théologienne ce sera tout simplement le pape qui retarderait, qui serait un homme d'une autre époque. La présence d'un grand nombre d'évêques encore «trop rigides» mettrait un obstacle à ce que la lumière puisse davantage se faire (lire : l'ordination de femmes = le progrès, la lumière, un mieux, etc). La notion de tradition comme elle aura toujours été comprise naguère (centralisme romain, la curie, le Saint Office) ne ferait plus le poids à côté du fait de l'Esprit qui, se saisissant du «peuple de Dieu», serait alors à même de transformer l'Église profondément.
Moi, quand j'observe la pensée des Tyrrell, Laberthonnière et autres : je retrouve point par point la substantifique moëlle du discours actuel de nos commentateurs religieux catholiques d'un peu partout. J'y verrais le même esprit, la même tangente, la même orientation. Tout cela est très d'actualité, extraordinairement actuel svp. Et puis Tyrrell y ferait bien figure de héros a posteriori, le pape Sarto (comme disait les caricaturistes de la IIIe république) et ses garde-chiourmes d'affreux zombis échappés du manoir du docteur Victor Frankenstein.
Je ne vous suis pas au sujet de cette distinction sémantique.
Les «modernistes» sont au départ ce que le pape Pie X pouvait en dire grosso modo. Ensuite, par extension, on le dirait d'un grand nombre d'ecclésiastiques demeurés dans l'Église catholique - planqués, en dépit du serment antimoderniste - tout en partageant des vues similaires à celles des Tyrrell, Laberthonnière, Bunaioti et autres excommuniés de l'ère précédente.
C'est la notion de vérité doctrinale, ou dogme défini une fois pour toute, qui saute avec les modernistes. De là, l'idée que le pape Jean XXIII était lui aussi un moderniste avec pour témoin de cela sa volonté d'aggiornamento, celle de réviser et même corriger le discours et la pratique traditionnelle de l'Église.
Moderniste ou progressiste ? Pour moi, il ne s'agit que d'un synonyme. Nos progressistes répandus dans l'épiscopat allemand, américain ou français : ils auraient été «copains comme cochons» avec l'ex-jésuite Tyrell excommunié. Il va sans dire que les modernistes ou progressistes remettent en question l'infaillibilité du pape et de l'Église.
Un exemple tout simple et bien d'aujourd'hui : la théologienne féministe et progressiste, qui veut voir l'Église catholique en arriver à ordonner des femmes à la prêtrise, est une théologienne qui ne reconnaît, dans les faits, aucune autorité véritable du pape ou des évêques dans cette matière. Non, car pour cette théologienne ce sera tout simplement le pape qui retarderait, qui serait un homme d'une autre époque. La présence d'un grand nombre d'évêques encore «trop rigides» mettrait un obstacle à ce que la lumière puisse davantage se faire (lire : l'ordination de femmes = le progrès, la lumière, un mieux, etc). La notion de tradition comme elle aura toujours été comprise naguère (centralisme romain, la curie, le Saint Office) ne ferait plus le poids à côté du fait de l'Esprit qui, se saisissant du «peuple de Dieu», serait alors à même de transformer l'Église profondément.
ouL'abbé Laberthonnière
[...]
La pensée de Laberthonnière se définit comme un personnalisme chrétien fondé sur ce qu'il appelle la métaphysique de la charité. Laberthonnière conçoit la foi chrétienne non comme la soumission à une autorité extérieure, mais comme une « expérience de vie » incluant la bonté, la grâce divine qui permet à l'homme de participer à la vie divine. Ces thèses qui anticipaient le concile Vatican II et les mouvements charismatiques furent jugées hétérodoxes par les autorités ecclésiastiques.
Laberthonnière dénonce l'influence nocive de la pensée grecque sur la pensée chrétienne. Il s'en prend au thomisme qu'il trouve trop dépendant de l'aristotélisme et souligne l'abîme qui sépare le dieu d'Aristote (logique, égoïste, impersonnel) du Dieu chrétien (aimant, sauveur, créateur, charitable). Le Dieu de saint Thomas d'Aquin, mélange improbable, est illogique et contradictoire, proprement « monstrueux ». Aussi, Laberthonnière va-t-il jusqu'à parler de l'« anti-christianisme du thomisme ». Cette critique radicale va à l'encontre de la restauration thomiste - le néo-thomisme - encouragée par l'Eglise catholique.
Mais il rejette également l'agnosticisme cartésien qui voudrait se passer de Dieu, mais, ne le pouvant pas tout à fait « n'a pu s'empêcher de lui donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement : après cela il n'a que faire de Dieu ». Laberthonnière s'oppose à cette sécularisation du monde initiée par Descartes.
Il dénonce l'identification faite entre Église et hiérarchie ecclésiastique, la conception absolutiste de l'autorité qui idolâtre les vérités dogmatiques, mais délaisse les vertus chrétiennes de charité. Pour Laberthonnière, l'autorité vraie rayonne de bonté. Le Christ lui-même montre le chemin : autorité suprême de l'Église, il est la Charité divine en acte.
L'intellectuel doit donc être soumis au spirituel, l'idée à l'acte, l'ordre de la connaissance à celui de la charité. Laberthonnière ne récuse pas les vérités dogmatiques en tant que telles, mais il les subordonne à l'amour du prochain qui se traduit par le don de soi et la charité inconditionnelle que le Christ a manifesté et éprouvé pour toute l'humanité. Là encore, ces idées étaient trop proches du modernisme condamné par l'Église catholique. Mais il ne fit jamais partie du courant moderniste dont il se sentait pourtant proche.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_La ... ni%C3%A8re
C'est Tyrrell qui avait raison, ses chefs (... dont Pie X à Rome) qui avaient tort; du moins, voilà ce qu'un moderniste pensera. Tout comme le théologien Yves Congar sera sûr d'avoir raison, plus tard, contre l'appareil gouvernemental de Pie XII, pourrait-on dire.Georges Tyrrell
[...]
En 1907 il publie son livre le plus connu : Through Scylla and Charybdis. Avec amertume il reprend ses thèmes préférés: insistance sur l’expérience personnelle, anti-intellectualisme, distinction entre dogmes et révélation. La même année Tyrrell critique vivement l’encyclique Pascendi de Pie X, qui condamne le modernisme. Il est excommunié. Peu après il renonce à assister à la messe. Il prône alors l’« excommunication salutaire ». Attaché malgré tout à la communion catholique - et malgré quelques invitations insistantes - il ne désire pas revenir au protestantisme, mais souhaite organiser un « fort noyau d’excommuniés qui constituerait une protestation vivante contre la papauté ». Dans une réplique au cardinal Mercier (1908) il dénonce le « médiévalisme du catholicisme actuel » et veut montrer ce que serait un vrai christianisme « à la croisée des chemins ».
George Tyrrell meurt de néphrite aiguë le 15 juillet 1909. Il reçoit l'extrême-onction sur son lit de mort (avec absolution conditionnelle car il était dans le coma), mais une sépulture religieuse lui est déniée, car il s'est refusé à toute rétractation publique. Il ne put se réconcilier avec l’Église de son choix dont il ne cessa jamais de se dire le défenseur, ‘contre l’aveuglement de ses chefs’. Fidèle à son sacerdoce il laisse dans ses dernières volontés les instructions : « si aucun prêtre n’est présent à mon enterrement, que tout se passe dans le silence le plus complet. Si une pierre est placée sur ma tombe qu’il y soit écrit que j’étais un prêtre catholique, et qu’elle porte les emblèmes traditionnel du calice et de l’hostie. Qu’aucune note ou commentaire n’y soit ajouté »
Au cimetière, l’ami prêtre, Henri Bremond, fait un émouvant éloge funèbre à ‘celui qui resta attaché à l’Église de sa conversion’, et bénit la tombe et le cercueil de George Tyrrell. Pour un tel acte, il est suspendu a divinis par l'évêque de Southwark, Peter Amigo. Les mesures contre Tyrrell et ses amis sont d’autant plus sévères qu’il était devenu la figure emblématique de la résistance moderniste à l’autorité du Saint-Siège.
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Tyrrell
Moi, quand j'observe la pensée des Tyrrell, Laberthonnière et autres : je retrouve point par point la substantifique moëlle du discours actuel de nos commentateurs religieux catholiques d'un peu partout. J'y verrais le même esprit, la même tangente, la même orientation. Tout cela est très d'actualité, extraordinairement actuel svp. Et puis Tyrrell y ferait bien figure de héros a posteriori, le pape Sarto (comme disait les caricaturistes de la IIIe république) et ses garde-chiourmes d'affreux zombis échappés du manoir du docteur Victor Frankenstein.
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