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Libremax
Bonsoir Libremax,
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
CEC 1007 dit que la mort, "comme chez tous les êtres vivants de la terre,
apparaît comme la fin normale de la vie." Rappelez-vous. La nuance est importante, non ? (et d'enchaîner avec
cet aspect de la mort...)
Il me semble que ce point a été suffisamment éclairci. Cela concernait les NDE mais la thèse discutée d’Arnaud Dumouch n’en dépend pas.
La vie terrestre de tous les défunts du passé est bien achevée et c’est cette vie terrestre que Dieu offre à l’homme «
pour décider son destin ultime ». Il n’y a ni prolongation, ni séance de rattrapage :
« La mort est la fin du pèlerinage terrestre de l’homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime. Quand a pris fin " l’unique cours de notre vie terrestre " (LG 48), nous ne reviendrons plus à d’autres vies terrestres. " Les hommes ne meurent qu’une fois " (He 9, 27). Il n’y a pas de " réincarnation " après la mort. » (CEC 1013)
« La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. » (CEC 1021)
« Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Cc. Lyon : DS 857-858 ; Cc. Florence : DS 1304-1306 ; Cc. Trente : DS 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII : DS 1000-1001 ; Jean XXII : DS 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII : DS 1002). » (CEC 1022)
« C’est face au Christ qui est la Vérité que sera définitivement mise à nu la vérité sur la relation de chaque homme à Dieu (cf. Jn 12, 49). Le jugement dernier révélera jusque dans ses ultimes conséquences ce que chacun aura fait de bien ou omis de faire durant sa vie terrestre » (CEC 1039)
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
L’essentiel ne me semble pas là mais dans ce qui me semble une inacceptable atteinte au salut réalisé par le Christ qui vient sauver l’homme tel qu’il a été créé avec un corps. C’est dans cette vie terrestre que le Christ réalise le salut de l’humanité de l’homme entier, corps, esprit et âme, et non dans une période de temps après la vie terrestre lorsque l’humain serait sans son corps.
Mais voilà ici exposé une assertion dont je ne connais toujours pas le fondement. Êtes vous sûr de ne pas opposer ici un paradigme qui n'est pas davantage dogmatique que la thèse d'Arnaud? Le corps ne peut-il être spirituel, comme le dit Saint Paul ?
Le corps est dit spirituel lorsqu’il est conduit par l’esprit et n’est plus soumis aux désordres de la chair.
Le corps humain c’est la réalité matérialisée de notre être. Il est «
constitué de matière » (CEC 365) Cette matière sera nouvelle dans le monde nouveau.
«
L’homme tient une place unique dans la création : il est " à l’image de Dieu " ; dans sa propre nature il unit le monde spirituel et le monde matériel » CEC 355)
«
La personne humaine, créée à l’image de Dieu, est un être à la fois corporel et spirituel. Le récit biblique exprime cette réalité avec un langage symbolique, lorsqu’il affirme que " Dieu modela l’homme avec la glaise du sol ; il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant " (Gn 2, 7). L’homme tout entier est donc voulu par Dieu. » (CEC 362)
«
Le corps de l’homme participe à la dignité de l’" image de Dieu " : il est corps humain précisément parce qu’il est animé par l’âme spirituelle, et c’est la personne humaine toute entière qui est destinée à devenir, dans le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19-20 ; 15, 44-45) : Corps et âme, mais vraiment un, l’homme, dans sa condition corporelle, rassemble en lui-même les éléments du monde matériel qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais au contraire il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour (GS 14, § 1). » (CEC 364)
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
La période de temps en tant que telle est déjà incluse dans la doctrine catholique : c'est le dogme du Purgatoire.
en soi, l'idée d'un séjour nécessaire, ressenti comme une durée, pour accéder à la vision béatifique ne contredit pas la foi dans le salut réalisé par le Christ.
Oui, on est bien d’accord.
C’est le temps qui s’écoule actuellement pour nous entre tous les décès de l’histoire et le retour en gloire du Christ.
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
Même lorsqu’il a prêché aux morts lors de sa descente aux enfers, les défunts étaient ce qu’ils étaient au terme de leur vie terrestre.
Là encore : qu'en savez-vous ? Qu'en savons-nous tous?
Je n’affirme rien ici, c’est simplement un constat : pour tous ces défunts, leur vie terrestre était terminée.
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
Ce qui vous fait dire cela n'est-il pas votre idée que l'esprit privé de son corps matériel serait dans une sorte d'hibernation de la volonté ?
Non, je ne pense pas du tout qu’il y ait une hibernation de la volonté.
Je pense seulement, comme les articles précités du Catéchisme me semblent l’indiquer clairement, que l’être humain détermine sa destinée éternelle durant sa vie terrestre. Il ne perd jamais ni sa conscience, ni sa volonté. Après la mort, il est dans une réalité différente selon qu’il entre dans l’amour de Dieu ou qu’il s’y refuse. Dans l’éternité, pour ceux qui l'acceptent, nous ne serons plus ballotés par des «
volontés » contradictoires mais pleinement unis à Dieu.
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
Mais que leur est-il arrivé lors de la visite que leur a fait le Christ ? S'ils ne peuvent choisir, regretter ou refuser, quoi qu'il en soit, quelle utilité pour le Sauveur d'aller leur prêcher la Bonne Nouvelle ? A quoi bon "manifester de ce que chacun est, tel qu’il est dans sa vie terrestre", si chacun est incapable d'y réagir sans son corps ?
Il me semble que, lors de la descente du Christ aux enfers, ceux qui, malgré les fautes et les rejets dus à leur ignorance, étaient disposés à vivre en communion avec Dieu, ont bien sûr été capables de suivre le Christ qui s’est révélé à eux.
Avant l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ, ils étaient enfermés dans la mort.
Le Christ leur a annoncé leur délivrance.
Mais, depuis lors, la victoire du Christ sur la mort a effet immédiatement à la mort de chaque homme.
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
La discussion dans ce fil ne porte pas sur cette différence binaire qui ne me semble pas contestée par personne dans ce fil, mais sur le caractère décisif, à cet égard, soit de la vie terrestre, soit d’une période ultérieure « dans la mort » prolongée jusqu’au retour du Christ en gloire.
Moi, je la conteste. Le Purgatoire vient modifier la binarité du Jugement.
En rien ! Vous savez bien que le Purgatoire ne concerne que des sauvés. La réalité est bien binaire entre paradis et enfer. Le purgatoire de purification et de guérison ne concerne que ceux qui entrent dans l’amour de Dieu, dans la mesure qui leur est nécessaire.
Libremax a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 16:18
La "longue période" dont parle Arnaud n'est pas, selon lui, systématique pour toutes les âmes. Elle concernerait celles qui sont trop attachées à la vie terrestre et qui craindraient le Jugement ... Il n'est pas question du croyant fidèle et confiant en son Dieu. La thèse ne dévalorise donc pas la vie de foi et les sacrements : au contraire. Ils sont toujours la voie de l'âme vers le Salut.
Qui donc serait concerné ? Tous ceux qui ne seraient ni damnés immédiatement, ni admis directement dans l’amour de Dieu.
Arnaud Dumouch a écrit : ↑lun. 07 févr. 2022, 13:13
vous prenez la nouvelle définition du péché mortel dans le CEC[/b] :
"1° Matière grave 2° Pleine lucidité 3° pleine maîtrise de soi". Et dans ce cas, le temps d'errance dans les limbes ne sert à rien. Les âmes en état de blasphème contre l'Esprit ne se convertissent jamais, VOLONTAIREMENT.
Il est clair que l’Hadès ne change en rien leur sort scellé à la fin de leur vie terrestre.
Arnaud Dumouch a écrit : ↑dim. 06 févr. 2022, 19:11
Au sens spirituel, un homme peut donc rester dans le séjour de l'Hadès pour deux raisons :
1° Trop forte attache aux bien mondains de cette terre (argent, carrière, gloire, plaisirs)
2° Peur du jugement individuel suite à de grands péchés.
L'âme fondamentalement égoïste va immédiatement rejeter Jésus de tout son coeur
L'âme fondamentalement bonne et humble va immédiatement aimer Jésus de tout son coeur.
L'âme mitigée, pécheresse parfois comme nous, va vivre en elle ce que l'Apocalypse appelle la "bataille d'Armageddon". La grâce l'aidera. Le démon la séduira mais en fin de compte, elle choisira en toute lucidité et maîtrise.
L’Hadès imaginé par Arnaud Dumouch est un nouveau genre de purgatoire avec une durée durant laquelle l’être change encore avec une destinée indéterminée jusqu’au retour en gloire du Christ.
Sauf erreur, dès lors qu’il exclut les damnés et les saints immédiatement admis dans la pleine béatitude, il semble inclure dans son Hadès tous ceux dont l’état requiert une purification dans le purgatoire.
Mais, à la différence de ce qu’enseigne l’Église, ce purgatoire imaginé par Arnaud Dumouch ne serait plus réservé à une purification de gens «
assurés de leur salut éternel » (CEC 1030), mais concernerait des personnes dont le choix ne sera fixé qu’au terme de cette période dans l’Hadès lors du retour du Christ en gloire.
Il vaut mieux croire l’enseignement de l’Église.