Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Libremax
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Libremax »

Xavi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 16:54 Que savons-nous de ce qui continue à vivre encore pendant quelque jours après que plus aucune activité du cerveau ne soit captable et que le cœur ait cessé de battre ? Mais, cela me semble hors sujet dans ce fil. Il est certain que le Christ peut apparaître dans ces moments extrêmes de la vie terrestre, mais ce qui compte ici c’est la rencontre avec le Christ au-delà de cette vie biologique lorsqu’elle est terminée.
Qu'est-ce qui différencie l'état de mort clinique de la fin de la vie biologique ? Vous semblez dire qu'on ne le sait pas. N'est-ce pas vous qui fixez une limite arbitraire entre les deux ?
Les morts ne sont-ils pas tous en état de mort clinique ?
Ne parle-t-on pas de "mort clinique" uniquement dans la mesure où on en revient ?
C’est le mérite d’Arnaud Dumouch d’oser se plonger dans ce mystère. Oui, il y a « autre chose » et « d’autres aspects » que la fin normale biologique. Mais, je pense que c’est le phare de l’enseignement de l’Église qui donne le meilleur éclairage possible.
En toute honnêteté, je ne vois pas de passage du CEC que vous avez cités qui force à penser que la mort doit être considérée uniquement comme la mort biologique et que l'âme serait dans l'incapacité de manifester un repentir même au delà de sa vie terrestre.
Je crois quant à moi que la Révélation et l'enseignement de l'Eglise peuvent nous faire comprendre que le moindre de nos péchés nous éloigne de notre capacité à nous repentir sincèrement le jour de notre jugement. C'est en ce sens qu'on peut comprendre que notre sort dans l'au-delà se joue dès notre vie terrestre.
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J'ai une autre question (à mon avis la plus importante) mais pour laquelle j'aurais d'abord besoin de vérifier ce que j'ai compris.

Pouvez-vous me confirmer que votre thèse prévoit bien qu’une âme qui autrement aurait été damnée au vu de sa vie sur terre, soit sauvée en raison seulement de l’attitude qu’elle aura envers Jésus au moment crucial ? (Peu importe que cette attitude résulte aussi de sa vie sur terre, elle résulte avant tout de ce que cette rencontre lui aura fait réaliser et qui ne sera pas en sa faveur, et elle le sait, le constate, l’accepte, le reconnaît pour juste).
Elle aurait selon vous à ce moment-là un élan qui lui vaudra d’être sauvée alors qu’elle ne l’aurait pas été sinon.
Ce ne sera pas le cas de toutes les âmes bien sûr, mais c’est ce qui fait par exemple espérer Trinité pour son frère.
A savoir que le « jugement » ne se fera pas à partir de sa vie sur terre, qui lui vaudrait la damnation aux yeux même de Jésus et en dépit de son amour miséricordieux, mais d’une réaction ultime, de quelque chose par conséquent d’entièrement nouveau.

A partir de votre réponse et une fois que je serai sûr de vous avoir bien compris, je vous poserai ma question.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Arnaud Dumouch a écrit : dim. 06 févr. 2022, 17:28
Xavi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 16:39 Dans tout l’enseignement de l’Église, et c’est explicite dans les textes du Catéchisme que je vous ai rappelés dans mon message du 4 février (22h23), c’est la mort biologique qui met fin au temps de la vie terrestre.
Si c'était la mort au sens biologique de l'arrêt du coeur qui mettait fin au temps du salut, alors la Bible serait plusieurs fois hérétique :
1 Pierre 3, 19 C'est lui Jésus qui s'en alla même prêcher aux esprits en prison,
1 Pierre 3, 20 à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau.
1 Pierre 4, 6 C'est pour cela, en effet, que même en Hadès a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l'esprit.
Sur ce point, vous n’avez pas répondu à mon premier message de ce jour et vous n’en tenez pas compte.

La mort a été vaincue par la résurrection du Christ. La Bible ne contredit en rien le fait que la mort biologique met fin au temps durant lequel se décide le choix de l’humain d’accepter ou de refuser la grâce du salut que le Christ nous offre par sa résurrection.

Vous ne trouverez pas un seul texte biblique pour dire le contraire. Après la mort biologique qui met fin à la vie terrestre, la survie est consciente mais spirituelle. Votre citation biblique est en ce sens et ne dit pas le contraire.

Nous sommes bien d’accord pour constater que le Christ, descendu aux enfers, y a prêché à tous les défunts morts avant sa résurrection. Mais, depuis sa résurrection, c’est le Christ qui se rend présent à tous et qui sauve. Chacun peut désormais choisir ou refuser durant sa vie terrestre, jusqu’à son extrémité. La présence du Christ éclaire le secret des cœurs dès que chaque âme arrive au terme de sa vie terrestre.

Depuis sa résurrection, la mort est vaincue et l’espérance chrétienne est tout autre que celles des esprits des morts des temps plus anciens auxquels le Christ a pu prêcher le salut.

Mais, ce n’est qu’au jour du retour en gloire du Christ que toutes choses s’accompliront pleinement et que commencera le temps de la pleine béatitude pour les uns et de la seconde mort de ceux qui l’auront refusé.

Entretemps, ce n’est pas une période intermédiaire durant laquelle qui que ce soit serait privé d’une possibilité de conversion ou durant laquelle la grâce serait moindre. Non, mais l’Évangile, la Bible et l’Église ne font que révéler un fait : c’est durant la vie terrestre que la réalité du choix ou du refus existe.

Au-delà, c’est une autre réalité. Le choix de chaque humain sera révélé dans la lumière du Christ. Ceux qui l’accueilleront ne risqueront plus de se perdre et seront purifiés autant que nécessaire. Leur destin ne dépendra pas de dix mille ans d’attente incertaine. Ceux dont le cœur s’est figé dans le refus ne souhaiteront pas autre chose car le désir de Dieu aura disparu de leur cœur. C’est l’effet du péché contre l’Esprit que vous avez évoqué dans plusieurs messages.

Il n'y a pas de conversion décisive durant la période intermédiaire entre la fin de la vie biologique terrestre et le retour du Christ en gloire.
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cmoi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55 Dans la mesure où vous reconnaissez que l’âme pourra aller en enfer au purgatoire ou au ciel, cette notion de préparation n’a donc pas valeur de conversion. Celle-ci n’aura lieu qu’à l’occasion de la rencontre avec Jésus. Dès lors, pourquoi retarder cette rencontre ?
Si on suit le texte du livre de l'exode, il y a deux raisons qui conduisent Dieu à retarder de 40 ans l'entrée de son peuple dans la terre promise :
1° Ils regrettent les oignons d'Egypte.
2° Ils ont peur des géants qui vivent en Canaan.

Au sens spirituel, un homme peut donc rester dans le séjour de l'Hadès pour deux raisons :
1° Trop forte attache aux bien mondains de cette terre (argent, carrière, gloire, plaisirs)
2° Peur du jugement individuel suite à de grands péchés.

cmoi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55 Pouvez-vous me confirmer que votre thèse prévoit bien qu’une âme qui autrement aurait été damnée au vu de sa vie sur terre, soit sauvée en raison seulement de l’attitude qu’elle aura envers Jésus au moment crucial ?
En fonction de ce qu'est l'âme suite à deux choses : 1° Sa vie terrestre et 2° Le passage de sa mort, l'apparition de Jésus dans sa gloire accompagné des saints et des anges, va tout révéler.

L'âme fondamentalement égoïste va immédiatement rejeter Jésus de tout son coeur
L'âme fondamentalement bonne et humble va immédiatement aimer Jésus de tout son coeur.
L'âme mitigée, pécheresse parfois comme nous, va vivre en elle ce que l'Apocalypse appelle la "bataille d'Armageddon". La grâce l'aidera. Le démon la séduira mais en fin de compte, elle choisira en toute lucidité et maîtrise.
Dernière modification par Arnaud Dumouch le dim. 06 févr. 2022, 20:14, modifié 1 fois.
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Fée Violine a écrit : dim. 06 févr. 2022, 17:15
Cinci a écrit : dim. 06 févr. 2022, 7:38 Dire que Jésus est «descendu aux enfers »comme dit dans le credo, Trinité, ce n'est qu'un synonyme pour signifier que Jésus est réellement mort. Et puis la mort est condition pour entrer dans la vie éternelle. Il faut bien commencer par mourir pour accéder au paradis.
Mais pas du tout, Cinci. Pourquoi le Credo dirait-il deux fois la même chose (il est mort, il est descendu aux enfers) ?
Regardez le CEC, § 631-637.
Au §634, citation de la 1re lettre de Pierre : "La Bonne Nouvelle a également été annoncée aux morts" (1P 4, 6).

Et le résumé :
§636 : Dans l'expression "Jésus est descendu aux enfers", le symbole confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, Il a vaincu la mort et le diable "qui a la puissance de la mort" (He 2, 14).
§637 : Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui L'avaient précédé les portes du ciel.


Si Jésus a évangélisé les morts du passé, il a très bien pu aussi évangéliser les morts de l'avenir puisque pour Dieu le temps n'existe pas. J'avais lu cette idée dans un texte du Père Gallez et ça rejoint la théorie d'Arnaud.
Ca ne nous rajeunit pas chère Dominique :coeur:
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Libremax a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55 Qu'est-ce qui différencie l'état de mort clinique de la fin de la vie biologique ? Vous semblez dire qu'on ne le sait pas. N'est-ce pas vous qui fixez une limite arbitraire entre les deux ?
Les morts ne sont-ils pas tous en état de mort clinique ?
Ne parle-t-on pas de "mort clinique" uniquement dans la mesure où on en revient ?
En fait, on en parle aussi dans de nombreux cas dont on en revient pas comme pour ceux qui sont en état de mort cérébrale mais dont la vie biologique est entretenue artificiellement, parfois pour en conserver des organes en vue d’une greffe.

Je ne sais pas vous en dire davantage sur le plan scientifique et je ne mets aucune limite à ce sujet. Cela me semble sans intérêt ici pour ce qui est en discussion dans ce fil.

Libremax a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55 En toute honnêteté, je ne vois pas de passage du CEC que vous avez cités qui force à penser que la mort doit être considérée uniquement comme la mort biologique et que l'âme serait dans l'incapacité de manifester un repentir même au delà de sa vie terrestre.
La mort est, en effet, bien plus que la mort biologique mais les textes du Catéchisme (et tous les autres textes du Magistère) me semblent clairs pour affirmer que la vie terrestre prend fin avec cette mort biologique (peu importe les discussions du moment précis de sa survenance) et que c’est durant cette vie terrestre que l’humain accepte ou refuse la grâce.

Et, lors de la rencontre avec le Christ à l’heure de la mort, cette acceptation ou ce refus seront révélés selon la réalité des cœurs et non selon les apparences des actes.

Il me semble comme vous insupportable de penser qu’une âme serait dans l’incapacité de manifester un repentir au-delà de la vie terrestre. En effet ! Mais, en écrivant cela vous posez un priori qu’un désir de manifester un repentir subsisterait dans tous les cas.

Il me semble que la réalité sera autre. Ceux qui seront dans la Vie choisiront éternellement l’amour et ne s’en écarteront pas. Comment nous représenter l’état de ceux qui n’y sont pas ?

Que restera-t-il de l’être qui aura pleinement réalisé un refus de Dieu ?
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Arnaud Dumouch a écrit : dim. 06 févr. 2022, 19:11 Au sens spirituel, un homme peut donc rester dans le séjour de l'Hadès pour deux raisons :
1° Trop forte attache aux bien mondains de cette terre (argent, carrière, gloire, plaisirs)
2° Peur du jugement individuel suite à de grands péchés.
Vous ne pensez pas sérieusement que, au moins pour le premier point, cela justifie un long séjour. Il suffit de peu de jours pour s'apercevoir qu'il n'a plus accès à rien d'ici-bas.
Et concernant le second, c'est quand même un peu pareil : il n'a rien à faire et cette issue est inévitable. Sans compter la curiosité.
Arnaud Dumouch a écrit : dim. 06 févr. 2022, 19:11 En fonction de ce qu'est l'âme suite à deux choses : 1° Sa vie terrestre et 2° Le passage de sa mort, l'apparition de Jésus dans sa gloire accompagné des saints et des anges, va tout révéler.

L'âme fondamentalement égoïste va immédiatement rejeter Jésus de tout son coeur
L'âme fondamentalement bonne et humble va immédiatement aimer Jésus de tout son coeur.
L'âme mitigée, pécheresse parfois comme nous, va vivre en elle ce que l'Apocalypse appelle la "bataille d'Armageddon". La grâce l'aidera. Le démon la séduira mais en fion de compte, elle choisira en toute lucidité et maîtrise.
Vous ne répondez pas à ma question sinon qu'elle concerne le 3ème cas. Encore une fois, est-ce que cela peut conduire l'âme à faire un choix qui ne correspondrait pas à celui qui aurait été celui de Jésus selon une vision "classique" du jugement particulier qui tiendrait compte de la "correction" de miséricorde apportée par Jésus (par exemple, si mort brutale avec contrition seulement imparfaite, mais vie droite).
J'avais compris que votre nouveauté tenait à la possibilité pour l'âme de faire un choix qui contrarierait et remettrait en cause tous les choix de sa vie ici-bas,
Car si vous me répondez que non, je ne vois franchement pas l'intérêt de votre thèse, vu que le résultat sera identique à ce qu'il aurait été, à ceci près du temps passé dans l'Hadès...
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Arnaud Dumouch a écrit : dim. 06 févr. 2022, 15:21
Didyme a écrit : dim. 06 févr. 2022, 14:59 Pour revenir sur ce péché contre l'esprit qui n'est pas pardonné, je crois comprendre que c'est le refus de Dieu en soi, son rejet qui ne peut être pardonné. Autrement dit le péché en soi, en tant qu'objet.


Je pense qu'il faut préciser la définition. "Le refus de Dieu en soi" est une définition trop peu précise. Elle fait paniquer des gens qui, une fois par là, comme Job, se sont énervés contre Dieu.


Oui, sur ce point-ci je comprends ce que vous voulez dire et ce n’est clairement pas ce que je pense.
J'essaye d'éclaircir ma pensée dans ce que j'exprime à la suite, mais je commence à réaliser à quel point je ne parviens pas à être saisi. :|
Ça m'est assez surprenant, et pas tant que ça au fond.
L'autre est un semblable.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Xavi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 19:38
Libremax a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55 Les morts ne sont-ils pas tous en état de mort clinique ?
Ne parle-t-on pas de "mort clinique" uniquement dans la mesure où on en revient ?
En fait, on en parle aussi dans de nombreux cas dont on en revient pas comme pour ceux qui sont en état de mort cérébrale mais dont la vie biologique est entretenue artificiellement, parfois pour en conserver des organes en vue d’une greffe.
Je ne sais pas vous en dire davantage sur le plan scientifique et je ne mets aucune limite à ce sujet. Cela me semble sans intérêt ici pour ce qui est en discussion dans ce fil.
Je crois qu'il n'existe pas de définition scientifique absolue et consensuelle de la mort. Dans le cas des NDE, je suppose que l'activité cardiaque est maintenue artificiellement, mais comment dire que c'est là encore la vie humaine ?
La mort est, en effet, bien plus que la mort biologique mais les textes du Catéchisme (et tous les autres textes du Magistère) me semblent clairs pour affirmer que la vie terrestre prend fin avec cette mort biologique (peu importe les discussions du moment précis de sa survenance) et que c’est durant cette vie terrestre que l’humain accepte ou refuse la grâce.
Ecoutez, je crois que c'est vous qui rajoutez le terme "biologique" aux textes du Catéchisme. Dès lors, tout ce qu'il dit de la mort peut tout aussi bien se comprendre comme un processus, et non comme une condition.
Et, lors de la rencontre avec le Christ à l’heure de la mort, cette acceptation ou ce refus seront révélés selon la réalité des cœurs et non selon les apparences des actes.
Il me semble comme vous insupportable de penser qu’une âme serait dans l’incapacité de manifester un repentir au-delà de la vie terrestre. En effet ! Mais, en écrivant cela vous posez un priori qu’un désir de manifester un repentir subsisterait dans tous les cas.
Il me semble que la réalité sera autre. Ceux qui seront dans la Vie choisiront éternellement l’amour et ne s’en écarteront pas. Comment nous représenter l’état de ceux qui n’y sont pas ?
Que restera-t-il de l’être qui aura pleinement réalisé un refus de Dieu ?
Pourquoi donc ? Ce n'est pas mon intention ni la théorie d'Arnaud (si je ne me trompe). L'apriori est celui d'une possibilité de repentir, certainement pas d'un désir. Au contraire, je pense qu'il faut prendre l'incapacité de se repentir très au sérieux, que c'est à ce manque de désir que nous mènent nos péchés. Je crois que le Salut auquel Dieu nous convie est la félicité et la joie, mais elle est aussi renoncement à tous nos orgueils, toutes nos concupiscences, et que ce sera un renoncement douloureux, trop douloureux pour beaucoup, peut-être.
Dernière modification par Libremax le lun. 07 févr. 2022, 11:11, modifié 1 fois.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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cmoi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 19:55 Vous ne pensez pas sérieusement que, au moins pour le premier point, cela justifie un long séjour. Il suffit de peu de jours pour s'apercevoir qu'il n'a plus accès à rien d'ici-bas.
Ca dépend. Jésus sait mieux que nous. Manifestement, certains meurent en pleine gloire sans avoir compris la vanité de cette terre. Il est normal que le temps leur soit donné pour comprendre.

cmoi a écrit : dim. 06 févr. 2022, 19:55 Encore une fois, est-ce que cela peut conduire l'âme à faire un choix qui ne correspondrait pas à celui qui aurait été celui de Jésus selon une vision "classique" du jugement particulier qui tiendrait compte de la "correction" de miséricorde apportée par Jésus (par exemple, si mort brutale avec contrition seulement imparfaite, mais vie droite).
Jésus choisit toujours le salut de l'âme.

L'âme ne choisit pas toujours Jésus par amour. Parfois, elle le choisit "pour son argent". Dans ce cas, Jésus juge et la rejette.

Si une âme hésitante choisit Jésus avec un vrai amour accompagné de parts d'égoïsme et d'orgueil, alors il se passe ceci : purgatoire
1 Corinthiens 3, 13 l'oeuvre de chacun deviendra manifeste ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c'est ce feu qui éprouvera la qualité de l'oeuvre de chacun. Si l'oeuvre bâtie sur le fondement subsiste, l'ouvrier recevra une récompense ; si son oeuvre est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Vous ne répondez toujours pas à ma question qui est : est-ce que cette personne qui aurait été damnée selon la thèse d'une rencontre immédiate avec Jésus sans passage par l'Hadès, peut être sauvée dans la vôtre ?
Il n'y a que 2 réponses possibles : oui ou non.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Cinci a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:38

Le «tout ce qui a été vécu» vient faire justice de cette histoire de fou, cette crainte irraisonnée de ce qu'un dernier péché commis à la dernière seconde de vie pourrait venir précipiter en enfer notre honnête homme, et qui, autrement, aurait passé sa vie à témoigner de sa foi d'une manière sérieuse, à entendre la messe, se confesser, prier la Sainte Vierge, etc.
Bonsoir Cinci,

Pouvez vous m'expliquer , je ne comprends pas...ou plutôt...j'aurai peur de comprendre...
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Libremax a écrit : dim. 06 févr. 2022, 18:55


Qu'est-ce qui différencie l'état de mort clinique de la fin de la vie biologique ? Vous semblez dire qu'on ne le sait pas. N'est-ce pas vous qui fixez une limite arbitraire entre les deux ?
Les morts ne sont-ils pas tous en état de mort clinique ?
Ne parle-t-on pas de "mort clinique" uniquement dans la mesure où on en revient ?
Bonsoir libremax.

Tout à fait!

Ce sont des questions intéressantes et qui n'ont pas de réponse.

Maintenant il y a bien un moment ou cette mort clinique, se traduit par une mort biologique.

En ce qui concerne la théorie d'Arnaud, tout tourne autour de ce mot" mort" .
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Fée Violine

Mais pas du tout, Cinci. Pourquoi le Credo dirait-il deux fois la même chose (il est mort, il est descendu aux enfers) ?
Une formules d'Église telle un credo ancien est issue le plus souvent d'une volonté de combattre une ou plusieurs hérésies. Il s'agit toujours d'affirmer, consolider ou couler dans le béton armé ce qui est transmis comme conviction première de toute l'Église de Jésus-Christ.

Dans les premiers siècles, l'Église avait maille à partir avec des gnostiques, des docètes, des gens qui voulaient nier que Jésus soit mort réellement dans sa chair, mort-mort, non pas mort en apparence mais mort de la même mort que tout le monde, mort vraiment comme le roi David et les autres. De dire «mort» simplement, ce n'est pas assez; à raison des esprits tordus qui imaginent des systèmes pour contourner la difficulté.

Aussi le credo est-il bâti de telle manière à pouvoir insister lourdement sur la donnée ... « ... est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers»
feu François Varillon s.j.

«Dire que le Christ est «descendu aux enfers» (c'est un article de notre Credo), c'est dire d'abord qu'il est réellement mort. Et si Dieu, en le ressuscitant, l'a délivré du shéol, comme dit saint Pierre (Ac 2,24), c'est d'abord en l'y plongeant. Il a connu la solitude de la mort, qui est la solitude radicale, la solitude près de laquelle tout autre solitude de ce monde n'est qu'une approximation de solitude; il a connu le délaissement total, la déreliction.»

F. Varillon, Joie de croire, joie de vivre, Paris, Éditions Bayard/Cemturion, 1981, p. 194
Du reste, c'est bien ce que dit le rappel du catéchisme (votre propre mention)
§636 : Dans l'expression "Jésus est descendu aux enfers", le symbole confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, Il a vaincu la mort et le diable "qui a la puissance de la mort" (He 2, 14).
Je répondais plus haut à Trinité qui parlait d'incohérence; une incohérence, aurais-je compris, comme entre le fait que Jésus puisse «descendre aux enfers» et qu'il puisse se trouver au paradis en même temps. C'est la raison pourquoi j'ai insisté sur la donnée première et pour dire qu'il n'est pas d'incohérence justement. Il faut bien mourir en premier pour entrer dans la vie avec un grand "V" (le paradis, le royaume, la salle de fête ...). C'est notre temps de calendrier à nous sur terre qui perd de sa pertinence pour penser pouvoir décrire comme une séquence d'événements dans ce monde étrange.


_____

Encore :
Regardez le CEC, § 631-637.
Au §634, citation de la 1re lettre de Pierre : "La Bonne Nouvelle a également été annoncée aux morts" (1P 4, 6).

Et le résumé :
§636 : Dans l'expression "Jésus est descendu aux enfers", le symbole confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, Il a vaincu la mort et le diable "qui a la puissance de la mort" (He 2, 14).
§637 : Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui L'avaient précédé les portes du ciel.
Je suis bien d'accord. Je ne conteste rien de tout cela. Mais accepter tout cela ne donne pas raison à Arnaud Dumouch, en ce que nulle part il n'est affirmé que les morts se convertissent !

_____
Si Jésus a évangélisé les morts du passé, il a très bien pu aussi évangéliser les morts de l'avenir puisque pour Dieu le temps n'existe pas. J'avais lu cette idée dans un texte du Père Gallez et ça rejoint la théorie d'Arnaud.
Le terme «évangéliser» s'agissant des morts ne fait pas renvoi à un appel à la conversion, pas plus qu'à une nécessité de recevoir le baptême dans le Jourdain, pour ensuite vivre de la foi, faire mourir la chair, etc. Ces gens sont morts, le temps de la foi est fini ainsi que le temps pour mériter.

L'annonce en question aux morts est tout simplement qu'il leur est communiqué cette victoire de Jésus-Christ, une victoire sur la mort, le fait que Dieu a bien tenu sa promesse du Messie et pour le bénéfices des justes (Abel, Abraham, Isaac, Jacob, Job, Melchisédech, Moïse, le roi David ... Joseph le chaste époux de Marie, Jean le baptiste ... les martyrs ... les enfants massacrés par Hérode ... le larron ... les malheureuses victimes du Déluge du temps de Noé, qui n'étaient pas plus vicieuses dans le fond que l'apôtre Simon-Pierre avant la Passion et bien qu'ayant pu être drôlement frappées, les premiers en l'an à l'instar de ceux tués par la chute de la tour de Siloé ... Dans les morts du Déluge du temps de Noé faut compter des enfants qui seront morts parce que le paternel, mécréant endurci (exemple) aura pu mettre son veto à l'idée de mettre le pied dans l'arche de Noé ... et «Patatrac !» Tous écopent et même des innocents dans le lot.

Mais voici qu'Il y a le messie ... Heureusement !


Sur le peuple qui marchait dans les ténèbres une grande lumière s'est levé ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi ... Un passage ici de l'Ancien Testament toujours cité dans la liturgie de Noël et qui est également une discrète allusion prophétique à cette fameuse annonce de la Bonne Nouvelle aux morts.
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Re: Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

Message non lu par Cinci »

Trinité

j'aurai peur de comprendre.
«N'ayez pas peur !», disait Jean-Paul II.

:)

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Ce serait plutôt à votre avantage, ce que je dis.

Quand j'écrivais, Trinité, que Dieu tient compte de tout : c'est qu'il ne risque pas de damner une personne parce qu'elle aurait glissé sur une peau de banane au dernier moment ou bien marché dans une flaque d'eau par accident ou parce qu'un incident vient empêcher notre bonhomme de se confesser à un prêtre, la fois qu'il se rendait en urgence à la messe, que les flics l'auront intercepté pour ensuite mourir d'une crise cardiaque dans les instant qui suit. «En enfer !» ... Non, ça, ce serait plutôt une caricature.

Je dis qu'il n'est pas besoin de cette histoire de choix décisif à réaliser dans le mystérieux passage mal défini et antécédent le jugement particulier (... tel d'un "autre" purgatoire avant le purgatoire classique), d'une choix à opérer là-dedans d'une manière extraordinaire, là et uniquement là, avec des outils dont personne ne peut disposer sur terre (lucidité fantastique et au moins égale à celle des anges, libéré du foyer du péché, etc ...); pas besoin, dis-je bien, pour comprendre à quel point Dieu est juste, bon, équitable, honnête, intéressé à sauver tout ce qu'il peut sauver et de sa manière à Lui.

Il y a déjà tout dans la tradition classique de l'Église (le bon dépôt) pour assurer qui de droit que personne risque d'être désavantagé, ni le pauvre ni le païen de la Terre de feu, ni le laïc plus que les curés, les femmes plus que les hommes. Tenir compte de tout c'est aussi tenir compte des sacrifices fait soixante ans après par le petit-fils et au profit de l'ancêtre (bénéfice accordé déjà au moment du jugement particulier de l'ancêtre). C'est pourquoi il n'est nul besoin d'une prolongation dans la 4e dimension du docteur Moody (passage inconnu de la tradition ecclésiale) et avant le vrai passage du purgatoire dont on s'occupe à Montligeon.
Verrouillé

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