Carolus a écrit : ↑lun. 14 déc. 2020, 20:24
Considérons la tribu appelée les Sentinelles.
…
Seulement voilà, en réalité, cette île d’une superficie de 72km² (l’équivalent de l’île de Manhattan, à New York) est le territoire des Sentinelles, une tribu autochtone qui vit en totale autarcie et rejette tout contact avec le monde moderne. Il s’agit d’un peuple de chasseurs-cueilleurs venu d’Afrique il y a 60 000 ans et dont le mode de vie n’a jamais évolué.
Les Sentinelles sont des êtres humains comme vous et moi, cher Trinité.

Bonjour Carolus,
Il me semble que vous confondez le territoire des Sentinelles qui est un archipel de plus de 300.000 habitants occupé depuis 60.000 ans (qui a toujours eu divers échanges avec les autres régions comme, par exemple, une visite de Marco Polo au 13ème siècle) et une population isolée qui ne concerne qu’environ 50 à 200 individus qui vivent sur la petite île de
North Sentinel de 72 km² (superficie d’environ 8 x 9 km) qui n’est pas très isolée mais ne se trouve qu’à 30 km de l’île d’Andaman.
Malgré leur isolement
actuel et la forte consanguinité probable de ces personnes qui vivent en autarcie comme des chasseurs-cueilleurs, rien ne permet d’alléguer qu’il n’y aurait pas eu de multiples contacts au cours des derniers siècles avec la population non isolée de l’île principale voisine de l’archipel. Rien n’indique d’ailleurs l’ancienneté de l’occupation de cette petite île particulière, ni d’autres semblables à proximité.
On ne peut donc rien en déduire concernant la création des premiers humains.
Il s’agit, bien évidemment, de descendants d’Adam et Ève comme chacun de nous.
Aucune étude génétique d’une population isolée ne permet d'ailleurs, à ce jour, d’affirmer, de manière crédible, que des humains d’un endroit quelconque seraient restés génétiquement isolés depuis des milliers d’années.
L’espèce humaine des homo sapiens s’est répandue et mélangée sur toute la planète depuis des dizaines de milliers d’années.
La génétique confirme ces mélanges et il a été démontré de manière convaincante que ces innombrables croisements permettent de considérer que tous les individus vivant à une époque ont les mêmes ancêtres environ trois mille ans auparavant.
Par exemple, nous sommes chacun les descendants directs d’Abraham, mais aussi des pharaons d’Égypte et des rois de Mésopotamie vivant à la même époque, ou encore de n’importe quel individu vivant à cette époque et ayant une descendance à ce jour. Sur ce point précis, vous pouvez consulter le fil intitulé «
Tous descendants biologiques d’Abraham » :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... =84&t=9898
Pour le surplus, la question «
où et quand ? » n’a de sens que pour celui qui croit en une création, dans le temps historique de ce monde, d’un être capable de partager éternellement la vie de Dieu.
Certains pensent qu’il s’agit d’une création instantanée tant sur le plan corporel que sur le plan spirituel. Les connaissances scientifiques ne permettent pas de situer un tel fait dans l’histoire concrète. Il y a certes l’hypothèse évoquée par Kerygme qui imagine une contraction du temps, mais, ramener à six jours les 14 milliards d'années écoulées depuis le Big Bang et toute l’évolution biologique ne change en rien les données de notre réflexion concernant l’humanité et tous les êtres préhistoriques qui nous ont précédés même en supposant leur succession dans un temps compressé.
Si nous admettons que le corps humain a pu être façonné pendant des milliards d’années avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui, il ne subsiste pas mille possibilités.
L’Immaculée Conception fêtée ce 8 décembre vient de nous rappeler que l’incarnation fut un fait historique par lequel Dieu s’est créé pour Lui-même une vie humaine avec un patrimoine génétique provenant d’une lignée biologique déjà existante. Rappelons-nous ces paroles du Pape Benoît XVI :
«
Jésus est le nouvel Adam, un nouveau commencement ab integro… De cette façon a lieu une nouvelle création » (L’enfance de Jésus, p. 83).
Puisque Dieu l’a fait pour le nouvel Adam créé au sein d’une espèce déjà existante dans laquelle Dieu vivant de toute éternité est devenu un humain comme nous, pourquoi n’aurait-il pas fait de même pour le premier Adam en créant un être nouveau dans une espèce biologique préexistante ?
Etait-ce il y a 5.000 ans, 6.000 ans, 10.000 ans ou davantage ? Les seuls nombres et durées des généalogies bibliques laissent subsister l’incertitude, mais attention de ne pas s’enfoncer dans les brumes de la préhistoire en imaginant Adam et Ève à une époque où l’état de leur développement cérébral, social ou culturel ne permettait pas encore une capacité réelle d’exercer leur liberté spirituelle d’aimer ou d’écarter leur Créateur.
Derrière un éloignement dans le temps du passé, il peut y avoir parfois un rejet de la réalité historique du péché originel et, en fait, de la création elle-même, voire de ce que nous sommes réellement : des êtres ayant dès leur conception une vie spirituelle et corporelle avec une âme immortelle ayant la vocation de partager la vie éternelle de Dieu.
Les hominidés de la préhistoire sont une réalité naturelle mais ils ne sont pas naturellement des êtres ayant une vie spirituelle leur permettant de partager éternellement la vie de Dieu, du seul fait de ressemblances avec nous selon des critères terrestres ou de leur lien génétique avec notre corps dont ils sont de lointains ancêtres biologiques.
Comme le Pape François l’a rappelé dans «
L’Évangile de la création » qu’il enseigne dans son encyclique
Laudato si’, il a fallu une intervention de Dieu : «
La nouveauté qualitative qui implique le surgissement d’un être personnel dans l’univers matériel suppose une action directe de Dieu, un appel particulier à la vie et à la relation d’un Tu avec un autre tu » (n° 81).