Ces derniers jours, j’ai réalisé une chose qui me terrifie : la beauté du mal. Il existe, je crois, deux types de péchés :
- Les péchés évidents : ceux que l'on identifie tout de suite (un manque de ponctualité, une parole vive...). Ils sont simples à confesser.
- Les "beaux" péchés : Ce sont les plus dangereux. On peut être dans un état d'accomplissement total, se sentir "pur" et sûr de faire le bien... tout en étant en train de se damner. On nourrit une passion dans le plus grand secret en pensant accomplir la volonté de Dieu, alors qu'on ne fait que se compromettre. Cela finit toujours par se révéler, parfois trop tard (Comme le suggère Virgile en enfer - à bon entendeur qui comprend).
Je crains, Anna, que vous ne soyez atteinte par ce mal invisible qui a l'apparence du bien. Vous confondez la volonté de votre mère avec celle de Dieu. En pensant sauver votre âme par cette rigidité, vous êtes en train de perdre votre humanité. Le plus terrible, c’est que ce mal est si "beau" de l'extérieur que vous ne le voyez pas.
Seul un éclat de vérité peut vous arracher à cette illusion. Et cette vérité est simple : le Verbe s'est fait chair.
Jésus n'était pas un pur esprit, Il était un homme de chair. Dieu ne nous a pas faits "âme" d'un côté et "cadavre" de l'autre, mais un être unifié. Son commandement est d'aimer son prochain comme soi-même. Cela implique d'aimer le corps qu'Il vous a donné, pas de le nier ou de le transformer en statue de sel. Aimer votre mari avec votre âme et avec votre corps n'est pas une concession au péché, c'est l'accomplissement de votre vocation.
Mon avis, très sincère, est que vous devez sortir de ce dialogue purement théologique pour rencontrer des professionnels (psychologues, thérapeutes). Vous avez besoin d'aide pour réapprendre à habiter votre corps et à vous connecter à votre propre vie, loin des règles étouffantes qui agissent comme des idoles dans votre cœur.
Ps : Je pense que votre mère est remarquable ; elle vous a permis de concilier vie professionnelle et personnelle avec brio. Mais je crois aussi qu’aujourd’hui, il est dangereux pour vous, et pour votre couple, de continuer ainsi. Ce sont des règles qui s'adressent à un enfant, pas à la femme que vous êtes devenue.
Je tiens à préciser que vous seule pouvez choisir ce que vous voulez vraiment pour votre vie.


