Re: Engagement politique (en France)
Publié : jeu. 24 sept. 2009, 14:42
Bonjour Franck,
Je comprends votre position quant à l'identité culturelle mais ne la partage pas. Je me sens au contraire beaucoup plus en accord avec l'esprit qui se dégage des déclarations épiscopales que vous évoquez. C'est d'ailleurs fondamentalement la même logique que celle qui a tant fait couler d'encre après Dignitatis Humanae, mais qui pourtant est une logique de foi et d'espérance. Une culture ne se protège pas en s'enfermant dans des frontières ou en s'imposant à l'autre. C'est au contraire lorsqu'on laisse venir à soi l'autre sans crainte qu'il porte atteinte à notre identité que la culture de l'autre se transforme au contact de la notre. La vérité l'emporte toujours, nous devons le croire.
D'abord, la crainte de l'Islam en France me semble être assez peu réaliste aujourd'hui : ce qui guette l'Islam en France est exactement ce qui a atteint la culture chrétienne, à savoir l'athéisme ou l'agnosticisme, sous l'influence du libéralisme sauvage. L'Islam reste pour l'essentiel justement une marque identitaire accentuée par le communautarisme vers lequel on le pousse. Le problème, comme vous l'indiquez, se trouve alors plutôt dans le choc des cultures que dans une confrontation des doctrines. Je pense que le communautarisme et la forte identité musulmane en France qui donne tant l'impression de ne pas s'adapter à la culture française, ou de la submerger, est surtout le fait d'un manque d'accueil de cette culture, d'une crainte latente de voir disparaitre notre propre identité, et qui finalement entretien toujours cet état de fait communautaire. En nous raidissant sur notre identité, nous ne faisons qu'accentuer le phénomène.
Nous-même n'avons nous pas comme soucis de porter la culture chrétienne dans le monde avec l'évangile ? Cette tolérance que nous voulons pour les chrétiens dans les pays musulmans (en plus de la fin des persécutions) n'est pas qu'un moyen de prosélytisme religieux. C'est une véritable vertu chrétienne qui permet de transcender les clivages : celle qui privilégie la liberté, et fonde l'espérance. Et cette vertu, il faut l'appliquer à nous en premier, comme témoignage justement de notre foi et de notre espérance. L'Eglise ne passera pas, la foi des chrétiens ne mourra pas, même si ils doivent être submergés par un torrent de culture musulmane. Et si la culture française aux racines chrétiennes en particulier devait avoir une importance aux yeux de Dieu, alors nous saurons mieux le servir et donc servir cette identité en manifestant de la confiance qu'en nous protégeant derrière des principes d'exclusion et de division (qui sont les outils privilégiés du diviseur justement).
Bref lorsqu'on constate qu'une autre religion ou une autre culture fait concurrence, ce n'est pas en la rejetant qu'on peut changer la donne, car le rejet n'est justement pas dans nos valeurs. Par la méfiance et le rejet de l'autre culture nous faisons tout le contraire de servir notre culture chrétienne. En revanche par l'accueil confiant, plein de charité et d'ouverture à l'autre, nous apprenons à connaitre cette autre culture et en même temps nous témoignons véritablement des racines chrétiennes : celles qui dépassent les frontières et les différences. Accueillir les musulmans à bras ouvert dans notre France, fille ainée de l'Eglise, en leur portant une amitié toute particulière, c'est une voie très forte d'évangélisation, j'en suis convaincu.
Je comprends votre position quant à l'identité culturelle mais ne la partage pas. Je me sens au contraire beaucoup plus en accord avec l'esprit qui se dégage des déclarations épiscopales que vous évoquez. C'est d'ailleurs fondamentalement la même logique que celle qui a tant fait couler d'encre après Dignitatis Humanae, mais qui pourtant est une logique de foi et d'espérance. Une culture ne se protège pas en s'enfermant dans des frontières ou en s'imposant à l'autre. C'est au contraire lorsqu'on laisse venir à soi l'autre sans crainte qu'il porte atteinte à notre identité que la culture de l'autre se transforme au contact de la notre. La vérité l'emporte toujours, nous devons le croire.
D'abord, la crainte de l'Islam en France me semble être assez peu réaliste aujourd'hui : ce qui guette l'Islam en France est exactement ce qui a atteint la culture chrétienne, à savoir l'athéisme ou l'agnosticisme, sous l'influence du libéralisme sauvage. L'Islam reste pour l'essentiel justement une marque identitaire accentuée par le communautarisme vers lequel on le pousse. Le problème, comme vous l'indiquez, se trouve alors plutôt dans le choc des cultures que dans une confrontation des doctrines. Je pense que le communautarisme et la forte identité musulmane en France qui donne tant l'impression de ne pas s'adapter à la culture française, ou de la submerger, est surtout le fait d'un manque d'accueil de cette culture, d'une crainte latente de voir disparaitre notre propre identité, et qui finalement entretien toujours cet état de fait communautaire. En nous raidissant sur notre identité, nous ne faisons qu'accentuer le phénomène.
Nous-même n'avons nous pas comme soucis de porter la culture chrétienne dans le monde avec l'évangile ? Cette tolérance que nous voulons pour les chrétiens dans les pays musulmans (en plus de la fin des persécutions) n'est pas qu'un moyen de prosélytisme religieux. C'est une véritable vertu chrétienne qui permet de transcender les clivages : celle qui privilégie la liberté, et fonde l'espérance. Et cette vertu, il faut l'appliquer à nous en premier, comme témoignage justement de notre foi et de notre espérance. L'Eglise ne passera pas, la foi des chrétiens ne mourra pas, même si ils doivent être submergés par un torrent de culture musulmane. Et si la culture française aux racines chrétiennes en particulier devait avoir une importance aux yeux de Dieu, alors nous saurons mieux le servir et donc servir cette identité en manifestant de la confiance qu'en nous protégeant derrière des principes d'exclusion et de division (qui sont les outils privilégiés du diviseur justement).
Bref lorsqu'on constate qu'une autre religion ou une autre culture fait concurrence, ce n'est pas en la rejetant qu'on peut changer la donne, car le rejet n'est justement pas dans nos valeurs. Par la méfiance et le rejet de l'autre culture nous faisons tout le contraire de servir notre culture chrétienne. En revanche par l'accueil confiant, plein de charité et d'ouverture à l'autre, nous apprenons à connaitre cette autre culture et en même temps nous témoignons véritablement des racines chrétiennes : celles qui dépassent les frontières et les différences. Accueillir les musulmans à bras ouvert dans notre France, fille ainée de l'Eglise, en leur portant une amitié toute particulière, c'est une voie très forte d'évangélisation, j'en suis convaincu.