gerardh a écrit :_______
Bonjour AnneT,
Vous citez des auteurs profanes, éventuellement agnostiques ou athées, comme Voltaire. je vais vous citer la Parole de Dieu :
Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu (1 Jean 5, 13).
Par ailleurs on peut se féliciter que le Pape ait mis de l'ordre dans la pratique des indulgences (dommage qu'il n'ait pas été jusqu'au bout de la logique). Mmais cette pratique était alimentée par la peur du peuple, ce qui nous ramène aux propos de notre ami forumeur.
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Concernant la naissance de la Réforme issue de la peur, c'est pour moi assez clair. Bien sur que le catholicisme a insisté sur la peur, la crainte de l'enfer : c'est lui-même qui a développé ce thème, par les écrits, les peintures, les prédications.
Mais le protestantisme (au sens de celui du début XVIe ) a voulu couper cette peur qui lui devenait insupportable : il y avait un besoin de savoir comment obtenir son salut, assurément. Le savoir assurément c'était par la bible même, en écartant l'obligation des intermédiaires comme le clergé, la Tradition.
Et pour couper cette peur de la damnation, il fallait écarter de l'homme toute possibilité de faire son salut. La prédestination, la justification par la foi et le serf arbitre rendaient l'homme passif à 100% de son salut = la pari était gagné ! La peur s'effondrait, le salut était donné, point final.
L'angoisse de l'obtenir ou non par ses actes n'existait plus. Voilà pourquoi je dis (enfin, pas moi mais les historiens qui ont étudiés cette période) que le protestantisme est né de la peur, de l'angoisse du chrétien concernant son salut, et qu'il a fondé sa théologie sur l'anéantissement de cette peur.
De mon point de vue tout personnel, avec le peu de recul que je puisse prendre, je trouve que les protestant avaient raison au départ de critiquer cette peur qu'on mettait sans arrêt en avant, et pour souvent asservir les fidèles au clergé pour des raisons hélas bien souvent trop temporelle. Cependant, les protestants sont allés beaucoup trop loin avec le serf arbitre, la justification par la foi seule et la prédestination.
L'obtention du salut doit se trouver dans un juste milieu entre une foi qui est à la base de tout mais que les oeuvres doivent absolument faire vivre. Car sans les oeuvres, la foi est morte. Le salut nous est offert par le Christ mais celui-ci nous laisse libre ou non de croire en l'Evangile. Et libre aussi de croire et d'appliquer comme de croire et de ne pas appliquer (parabole du grain). On peut reprocher au "catholicisme" médiéval d'avoir insisté énormément sur l'enfer, le jugement, les oeuvres en laissant de côté la miséricorde, la gratuité du salut et la grâce.
Mais comme le dit Erasme, il est critiquable d'avoir divisé la chrétienté sur une sujet aussi complexe que la grâce. Rappelons nous que beaucoup de mystères entourent notre foi, notre vie et notre appréhension de Dieu. Il faut donc être prudent, et surtout : ne jamais insister sur tel ou tel enseignement ou aspect de notre Dieu, mais prendre le tout dans son ensemble. Car ne s'intéresser qu'à certains points, ou ne mettre en valeur que certains enseignements pour en minimiser d'autres, c'est ça être hérétique. Ne prendre qu'une partie de la vérité.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".