Re: Réflexions sur la notion de peine
Publié : mer. 09 févr. 2022, 10:27
Pour l'intelligence de la foi
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.Didyme
Si Dieu lui fait toujours don de l'être, alors l'être étant un bien, la personne ne peut être qualifiée au sens fort de péché
Didyme a écrit :Vous croyez que Dieu qui est toute humilité aurait besoin de faire payer à l'infini une offense ?Coco lapin a écrit :Vous sous-estimez la justice de Dieu si vous croyez que les damnés ne souffrent que la peine du dam et non celle du sens. Il est logique et juste que les pécheurs impénitents soient châtiés dans leur corps avec lequel ils ont péché. Tout péché doit être expié, c'est pour cela que Jésus est venu mourir sur la croix, je vous rappelle. Or les damnés ne peuvent bénéficier du sacrifice du Rédempteur à cause de leur impénitence, donc ils subissent toute la rigueur de la justice divine et souffrent la punition méritée pour leurs péchés. Manque de bol pour eux, ils ont offensé la sainteté et la majesté infinie de Dieu, donc la gravité de l'offense revêt un caractère infini, et ainsi les souffrances pourraient être infinies que la punition serait quand même juste.
Ce serait bien le cas pour un Zeus ou je ne sais quelle divinité orgueilleuse, tellement revêtu de traits humains mais pour celui qui nous a enseigné la plus grande humilité par son Fils, je reste perplexe.
Dans cette conception, on aime à justifier une peine infinie par l'offense infinie à Dieu. Mais c'est une approche assez gratuite au fond, car on pourrait tout aussi bien considérer que la faute venant d'une créature finie est forcément finie et requiert donc une peine finie. (Matthieu 5 :26)
Dieu considérerait-il donc la créature comme son égal pour en être offensé à l'infini ?
J'ai souvent entendu cette approche et j'avoue que je ne peux m'empêcher d'y voir une gymnastique intellectuelle pour expliquer un point pris selon le mauvais angle.
De plus, cela a des relents de substitution pénale, si la Passion ne vise qu'à apaiser la "justice", la colère divine. Vengeance !
Didyme a écrit :Allez, moi je veux bien.Coco lapin a écrit : Ce n'est pas une question d'humilité mais une question de justice. La gravité de l'offense ne dépend pas de l'acte en lui-même (qui est fini) mais de la dignité de la personne offensée, et en l'occurrence cette personne n'est pas un roi quelconque, c'est Dieu.
On peut cependant remarquer qu'en enfer, la peine est finie en intensité et seulement infinie en durée.
Et c'est justement parce que la créature n'est pas l'égale de Dieu que l'offense est gravissime : une misérable créature, un rien du tout qui se permet de se révolter contre le Bien infini.
La Passion vise justement à satisfaire à la Justice parfaite de Dieu.
« Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour vous et pour beaucoup en rémission des péchés. »
Mais alors la question est : Dieu veut-il tourmenter, faire souffrir sa créature à l'infini ?
Veut-il maintenir sa colère à jamais ?
Didyme a écrit :"Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain ; et tu haïras ton ennemi.Coco lapin a écrit : Considérons ceci : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Pourtant, tous ne sont pas sauvés à cause de leur volonté libre et de la justice de Dieu.
Dieu ne prend donc pas plaisir à faire souffrir les damnés, mais il est obligé de les punir malgré lui, en quelque sorte, sinon il cesserait d'être parfait, et donc il ne serait plus Dieu.
Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,
afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains n'agissent-ils pas de même ?
Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ?
Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait." (Matthieu 5 : 43-48)
Visiblement, être parfait comme le Père ne consiste pas à rendre le mal pour le mal, bien au contraire.
Rien que le "malgré lui" montre toute l'intenabilité de cette position.
Dieu ne veut pas faire souffrir à l'infini mais il y est contraint...
De toute façon, lorsqu'on se pose cette question "Dieu veut-il tourmenter, faire souffrir sa créature à l'infini ?", on se retrouve confronté à l'incohérence de cette représentation de la justice, de la peine.
En effet, si on répond "non" comme vous l'avez fait, on se retrouve à poser une contrainte à Dieu, "malgré lui", il fait contre sa volonté ?!
Si on répond "oui", on se retrouve confronté à la vérité de foi "Dieu est amour".
Dieu veut-il les punir, leur faire du mal sans fin, à l'infini ou leur veut-il du bien, c'est-à-dire les aime-t-il ?Coco lapin a écrit : ↑mer. 09 févr. 2022, 22:51Dieu rend le bien pour le mal, il fait briller le soleil et fait pleuvoir sur les bons et sur les méchants tant qu'ils sont dans cette vie terrestre et peuvent se convertir. Tant que la vie est dans l'homme, Dieu est patient et miséricordieux, mais après la mort Il rend justice.Didyme a écrit :Visiblement, être parfait comme le Père ne consiste pas à rendre le mal pour le mal, bien au contraire.
Rien que le "malgré lui" montre toute l'intenabilité de cette position.
Dieu ne veut pas faire souffrir à l'infini mais il y est contraint...
De toute façon, lorsqu'on se pose cette question "Dieu veut-il tourmenter, faire souffrir sa créature à l'infini ?", on se retrouve confronté à l'incohérence de cette représentation de la justice, de la peine.
En effet, si on répond "non" comme vous l'avez fait, on se retrouve à poser une contrainte à Dieu, "malgré lui", il fait contre sa volonté ?!
Si on répond "oui", on se retrouve confronté à la vérité de foi "Dieu est amour".
Donc oui, en effet, Dieu veut (positivement) châtier les damnés car il veut la justice. Mais il ne voulait pas que ceux qui sont en enfer soient damnés, Il aurait préféré qu'ils échappent à cette fin horrible, et c'est d'ailleurs pour ça que Jésus s'est sacrifié. Mais malgré toutes les grâces reçues, ils sont restés ingrats et impénitents jusqu'au bout.
Je dirais probablement le sentiment de justice qui est innée chez l'homme et qu'il projette en Dieu.
Le Père Garrigou-Lagrange sur l'éternité des peines de l'enfer : https://livres-mystiques.com/partieTEXT ... DES_PEINES
Je vous en prie. Et j'aoute : faites, faites ...ademimo a écrit :
Tenez, je vais jeter un gros pavé dans la marre.
Je suppose que l'idée provient du besoin qu'il y ait un ordre dans la création d'abord, un sens à tout et non pas du non sens, une certaine harmonie à maintenir, atteindre ou rétablir. Face à la violence subie : il y a réclamation pour qu'un juste correctif soit apporté au trouble causé. La paix résulte d'une sorte d'équilibre. Et donc le garant de la paix ultime n'est autre que Dieu.Pourquoi faudrait-il que Dieu distribue des récompenses et des punitions dans l'autre monde ? D'où vient cette bizarre idée, selon vous ?
Je me suis mal exprimé.Didyme a écrit : ↑ven. 11 févr. 2022, 11:52
Je ne sais pas si l'on peut dire qu'il "faut" comme s'il s'agissait d'une contrainte.
Sinon, c'est certainement parce qu'il est tenu compte de la vie humaine.
J'imagine que l'on peut dire que les récompenses proviennent de sa bonté et les punitions de sa justice. Mais en réalité, cela revient au même, car si les punitions proviennent de sa justice alors cette justice étant fondée sur le bien, on peut dire que les punitions proviennent aussi de sa bonté.
Ceci est logique dans l'optique de peines purificatrices et non vindicatives car alors même les punitions visent ici une récompense, celle d'être délivrée du péché, d'être sauvé. Après, que ces punitions y parviennent ou pas, c'est autre chose.
Et les choses se compliquent lorsqu'on s'aperçoit que personne n'est absolument bon ni absolument mauvais en ce monde, et ce d'autant plus qu'on n'a pas tous les mêmes cartes en main (entre celui qui naît dans une famille riche, aimante, cultivée, avec un corps beau, une bonne santé, et celui qui a tout l'inverse). Vouloir faire passer une ligne de démarcation parmi les hommes entre le Bien et le Mal n'est-il pas complètement absurde ?Cinci a écrit : ↑ven. 11 févr. 2022, 14:23Je vous en prie. Et j'aoute : faites, faites ...ademimo a écrit :
Tenez, je vais jeter un gros pavé dans la marre.
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Je suppose que l'idée provient du besoin qu'il y ait un ordre dans la création d'abord, un sens à tout et non pas du non sens, une certaine harmonie à maintenir, atteindre ou rétablir. Face à la violence subie : il y a réclamation pour qu'un juste correctif soit apporté au trouble causé. La paix résulte d'une sorte d'équilibre. Et donc le garant de la paix ultime n'est autre que Dieu.Pourquoi faudrait-il que Dieu distribue des récompenses et des punitions dans l'autre monde ? D'où vient cette bizarre idée, selon vous ?
En fait de punition et récompense l'on peut parler de rétribution. Un personne se comporterait bien par exemple, agit moralement, aide les autres et ne récolterait que méchanceté en retour dans le monde. Pour corriger cette lacune, ce mal, l'équilibre minimal voudrait que l'individu bienveillant ici soit rétribué de meilleure façon pour compenser.
Et il semblerait que la rétribution soit au centuple dans le monde divin, hors de proportion à l'aune de notre échelle terrestre mais sans doute que pour l'être à celle du «monde qui vient».
En fait, pour tout vous dire j'ai toujours eu du mal avec cette idée de récompenses, davantage encore qu'avec celle de punition.ademino a écrit :Je me suis mal exprimé.
Pourquoi faudrait-il qu'il y ait une "justice" ? Ou une "rétribution" ?
Je vous donne un exemple : lorsque vous discuter avec un ami, il ne passe pas son temps à vous "rétribuer" ou appliquer une "justice" pour chacun de vos actes. Enfin, j'espère que non, sinon votre ami serait un peu particulier.
Les relations avec autrui ne sont pas toujours axées sur des questions de récompense et de punition. Il y a fort heureusement d'autres types d'échange.
Donc en quoi Dieu serait contraint, après la mort, de nous rétribuer ou de nous punir ?