Comment pardonner?

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Fée Violine
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Fée Violine »

Comment lui pardonner : en priant pour lui, peut-être.
Et en vous reconstruisant. Ainsi le mal qu'il vous a fait existera moins.
Pardonner n’empêche pas de lui faire un procès.
Bon courage Florence! :coeur:
Florence44
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Florence44 »

Bonjour à tous.

Tout d'abord merci pour vos réponses, vous êtes tous d’une bonté incroyable.

A Matthieu : Merci pour vos encouragements. J’ai toujours envie de croire en l’homme mais aussi surtout en une humanité vertueuse. Quant à l’idée de consulter un prêtre ou une sœur me parait réellement approprié. C’est certainement eux qui pourront le mieux me conseiller, me guider vers le chemin de la paix de Christ. Je pencherais cependant plus pour une sœur. Parler à un homme de ça de vive voix je crois que je n’en serais capable. A ce sujet j’ai une grande crainte, cette histoire je ne l’ai jamais raconté de vive voix, à mon psychiatre je l’ai écrite et à vous aussi ; pour cela je crains de ne pas réussir à la raconter de vive voix à une sœur. Je me demande ainsi si vous croyez que c’est possible de l’écrire à une sœur, de la lui remettre ne main propre et d’en parler après parce que je ne me sens pas capable d’en parler enfin de pauser des mots audibles. Je sais que le seigneur connait ma souffrance, et qu’il peut comprendre que le pardonner pour le moment m’est difficile. Je n’aime simplement pas ne pas pardonner et laisser les gens dans leur souffrance. Je sais que même si cette histoire m’a éloigné du Seigneur je sais aussi ou du moins je m’en rend compte aujourd’hui, qu’elle me rapproche encore plus de lui à travers cette épreuve. Je crois en lui, et je crois qu’il me donnera la force un jour de pardonner.

A René : raconter cette histoire je le craignais qu’elle vous embête. Je sais pertinemment que votre temps vous pouvez le donner à ceux qui en ont encore plus besoin que moi :). Effectivement la personne avec qui j’étais, n’était pas heureuse. Je ressentais une grande souffrance en lui. Un jour j’ai même cru y voir la mort dans ses yeux tant il était détruit à l’intérieur. Je suis consciente qu’il ne doit pas être heureux, et que m’avoir infligé tout ça ne l’a pas rendu fier ni combler de joie. Pourtant je lui ai donné des chances de changer, je l’ai aidé à faire des choix pour l’envoyer vers un avenir plus serein. Il a malgré tout choisit ça, cette vie d’auto destruction.
Je vous tiendrais au courant de mon évolution, de ma progression vers le pardon, et de mon choix de le poursuivre ou non. Comme l’a proposé Matthieu, je pense que rencontrer un membre de l’église me fera beaucoup de bien. Je vous tiendrais au courant des résultats de cette discussion. En tous les cas je vous remercie pour cette réponse, vos prières me seront utiles à trouver la lumière dans cette obscurité.

A la fée (qui vient toujours me répondre:) ). Il est vrai que je me demande beaucoup si le pardon est conciliable avec des poursuites judiciaires. Je prie pour lui, que son âme ne soit plus torturé par ses démons, je prie qu’il retrouve le chemin du bonheur, qu’il arrête de se punir lui-même en s’écartant du bonheur et en infligeant un comportement détestable aux femmes qu’il côtoie. Je prie pour sa famille qui en a marre de le gérer. Je prie pour qu’eux garde de l’amour pour lui malgré ses bêtises et qu’ils continuent à l’aider pour qu’un jour peut-être il guérisse. Je prie pour les femmes qu’il blesse peut-être même au moment où je vous parle. Je prie pour elles, qu’elles ne souffrent pas ou qu’elles fuient avant qu’il ne soit trop tard (c’est malheureux à dire je sais…). Je prie pour qu’un jour il est une illumination : qu’il réalise enfin que c’est en se comportant ainsi qu’il s’éloigne lui-même du bonheur et de belles rencontres. Si vous avez des prières à me soumettre pour ça j’en serais comblée !

Merci vraiment à tous, pour vos mots qui mit bout à bout éclaire mon chemin. Vous avez tous chacun une faculté pour trouver les mots justes, les mots qui guident comme les mots qui réconfortent. Je remercie Dieu pour vous avoir croisé dans mon chemin.
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Griffon
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Griffon »

Bonjour Florence,

Votre témoignage est impressionnant.
Quand une femme (ou un homme) aboutit au sentiment d'avoir perdu toute dignité, il ne lui reste alors plus que la dignité du Christ souffrant sa passion. Il est là, présent, au delà de toute l'absence qu'on peut ressentir.

Pour vous répondre, j’ai été rechercher quelques notes qui vous complèterons les réponses déjà reçues.

Le thème du pardon traverse tout le nouveau testament.
Et pourtant,… beaucoup ne savent pas ce qu’il en est.
Et bien peu savent vraiment pardonner.

La croix nous montre le chemin du pardon, et la résurrection la puissance du pardon.
Aussi, sans Jésus, c’est impossible.
Le pardon est vraiment qq ch de divin. Seul Jésus peut nous conduire sur ce chemin.

Il faut d’abord tordre le coup à de fausses vérités qui nous empêchent de voir clair.

Pardonner, ce n’est pas oublier, mais le remettre dans les mains de Jésus, grâce aussi à la prière de frères.
Pardonner, ce n’est pas nier le mal reçu. Ce serait le chemin de l’indifférence.
Pardonner ne se commande pas : c’est beaucoup plus qu’une affaire de volonté. Cela met en jeu notre cœur, notre sensibilité, et aussi notre foi.
Pardonner n’implique pas une réconciliation, ni de revenir à une bonne relation.
Pardonner, ce n’est pas l’abandon de ses droits, ce n’est pas nier la responsabilité morale de l’autre, ce n’est pas excuser.
Le pardon, ce n’est pas magique. Cela prend du temps, le temps de la guérison. Pardon et guérison vont de pair.

Mais Dieu nous a créés pour que nous ayons la vie en nous, la Vie en abondance.
Il nous faut expérimenter combien Jésus nous aime, goûter son amour.
Cela nous pousse à changer des choses.
Pour nous épanouir.
Il s’agit de ne plus laisser les autres vivre à l’intérieur de moi, mais Jésus SEUL.

Avec Jésus, descendre en moi et découvrir toutes les causes originelles de ma souffrance, descendre au fond de moi en Lui prenant la main.
S’il y a lieu, commencer par me pardonner moi-même de n’avoir pas été assez fort, assez courageux, de m’être laissé écrasé.
Reconnaître le mal subi, à l’origine de ma révolte et de mon chagrin.
Pour sortir de la confusion.

Le pardon, c’est tout un chemin.
Le premier pas consiste à prendre tous ces maux, ces blessures et les remettre en Dieu en étant conscient que Lui, du mal, Il peut tirer un bien.
Et dans le paquet, remettre celui qui nous a blessés.
« Seigneur, j’ai trop mal pour pardonner. Les blessures trop importantes. Fais-Toi, ce que je ne peux pas encore faire. »

Et l’Esprit de Dieu va travailler.
Avec l’aide d’un conseiller spirituel, vous comprendrez mieux et vous avancerez plus vite.
Et un jour, vous vous sentirez libre.
Plus encore d’être capable de pardonner, vous en viendrez à louer Dieu pour le mal reçu. Mais êtes-vous capables d’entendre déjà cela ? Cela doit vous sembler tellement impossible.
Il sera temps alors de songer à vérifier si la relation peut être rétablie.
Avant cela, vous ne feriez que raviver des blessures et rajouter des souffrances.
Mais c’est une autre histoire.
Une belle histoire néanmoins, qui vient alors couronner le pardon par une vraie conversion.

Courage !

Griffon.

Sources:
D'un enseignement donné par
La communauté de l'Alliance
à Trois-Rivières, Québec
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Kerniou
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Kerniou »

Vous êtes très courageuse, Florence.
Vous avez affronté et supporté des situations lourdes et traumatisantes. Vous devez, maintenant, songer à vous reconstruire le plus sereinement possible. Je ne ferai que conforter les conseils qui vous ont été prodigués.
Le pardon et les poursuites judiciaires relèvent de démarches et de logiques différentes et nécessaires, voire complémentaires mais pas interchangeables.
Pardonner, c'est accepter le mal qui vous a été fait, l'offrir à Dieu et " se réconcilier " avec le coupable au sens de ne pas lui garder grief du préjudice causé (ce qui ne veut pas dire qu'on peut oublier ni qu'on le doive ). Porter plainte c'est signaler à la justice qu'un individu dangereux s'est livré à des actes interdits par la loi humaine ( mais aussi divine selon les actes perpétrés ). La justice prend donc des mesures pour protéger la société en mettant l'individu dangereux hors d'état de nuire à autrui et à lui-même.
L'une comme l'autre démarche sont longues et difficiles; mais dans le cas présent, le pardon ne peut se substituer à la poursuite judiciaire.
Bon courage à vous.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
Florence44
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Florence44 »

Bonjour à tous…

Désolée de ne pas avoir répondu avant je n’en ai pas eu le temps :S .

Griffon : Effectivement il ne me reste plus que Dieu, et quelque par cette mésaventure nous rapproche. Merci d’avoir passé du temps dans votre recherche pour me répondre. Mon pardon sera un long chemin mais je prie pour que Dieu un jour me donne la force de pardonner. Le pardon, peut-être pourrais-je le donner lorsque avec dieu j’aurais guérie les plaies physiques comme intérieures de cette histoire. Mais je n’oublie pas déjà que la fin ultime c’est le pardon, pardonner sera l’aboutissement de ma guérison. Je n’abandonnerais pas.

Kerniou : Merci pour votre message. Je réalise que oui effectivement pardonner ne m’empêche pas de le poursuivre. De toute façon je crois que ma conscience m’empêcherait de le laisser tranquille car si j’apprenais qu’une autre de ses histoires a mal finit jamais je ne me le pardonnerais. Je le connais trop bien pour mesurer sa violence. Je sais trop bien jusqu’ou il pourrait aller, même si moi je m’en suis sortie, d’autres n’y arriveront peut-être pas. Mais je ne me sens pas encore prête à m’exposer à un procès. Je ne me sens pas prête à assumer aux yeux de tous tout le mal qu’il m’a fait endurer. J’espère un jour en être capable, pour protéger toutes les autres femmes de ses pêchers. Le jour où j’aurais la capacité d’en parler peut-être un jour parviendrais-je à le poursuivre pénalement.
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Teano
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Teano »

Bonsoir Florence44,
Quel courage, quelle force dans vos mots ! Soyez assurée de tout mon soutien dans ce que vous vivez !
Je partage les avis donnés par les uns et les autres car votre situation est complexe. Je ne dirai qu'une chose : chaque chose en son temps, mettez de l'ordre dans votre vie et votre coeur, sortez cet homme de votre vie (il n'en sortira jamais complètement), guérissez-vous de lui, évaluez ce que vous devez faire pour vous, pour lui et pour protéger les autres femmes ou jeunes filles qui pourraient hélas, croiser sa route.
Le temps du pardon viendra certainement : comme dit Corneille "laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi".
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Florence44
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Florence44 »

Merci pour cette réponse Teano ... Je me guéris de lui chaque jour un peu plus... Et chaque jour j'espère arriver à m'approcher du pardon... Chaque jour aussi j'espère trouver la force d'aller porter plainte... Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux. Pourtant je redoute un procès... M'exposer, m'afficher avec toutes ces traces de souffrances dans mon histoire. Puis la peur, d'être jugé par des gens qui peut-être plus tard seront mes collègues, mes employeurs ( je suis étudiante en droit). La peur de voir ma réputation amputé de cette histoire...Je redoute aussi de devoir dire à mes proches ce qu'il s'est passé. Je redoute de le dire à ma mère, qu'elle s'en veuille à jamais d'avoir laissé sa petite fille dans tant de souffrance. Peur qu'elle ne réussisse pas à survivre lorsque je lui aurais raconté mon lourd secret. Je n'ai pas envie de lui faire du mal, ni qu'elle s'en fasse pour moi et encore moins qu'elle s'en veuille alors qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui se passait véritablement. Mais je crois aussi que je dois le faire. Un moyen de retrouver ma dignité mais aussi un moyen de vivre sans à craindre le futur puisque plus jamais il ne pourra faire de mal.

Bonne journée à tous...
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PaxetBonum
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par PaxetBonum »

Très chère Florence 44,

Votre témoignage est courageux car on imagine la douleur que c'est pour vous de raconter tout cela, de faire remonter cela à la surface de votre vie.
Votre question n'est même pas pour obtenir de l'aide, des prières… mais pour savoir si il faut, si l'on peut, comment… pardonner l'impardonnable ! Vous pensez donc même à celui qui vous a entraîné dans une spirale mortifère !

Doit-on pardonner ? "Soixante dix-sept fois sept fois" disait notre Seigneur. Le 7 chiffre symbole de plénitude, c'est dire si 77x7 est incalculable . Oui, si vous avez cette force : pardonnez !
Pardonner c'est tout abandonner au Seigneur, cela sera aussi soulagement pour vous.

Peut-on pardonner si la personne ne demande pas pardon ?
Oui. Votre devoir est de donner votre pardon, le sien de le recevoir.
En pardonnant vous accomplissez votre devoir, vous ne pouvez faire le sien à sa place.
Vous pouvez prier Dieu qu'il se convertisse et accepte ce pardon.

Le pardon implique-t-il de ne pas faire justice ?
Non. On peut pardonner tout en témoignant contre quelqu'un.
Comme vous l'avez indiqué il y va aussi de la protection des autres.


Je prie que le Seigneur vous remplisse de son amour, de sa Paix et de sa Joie de Noël.
Pax et Bonum !
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Teano
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Teano »

Florence44 a écrit :Merci pour cette réponse Teano ... Je me guéris de lui chaque jour un peu plus... Et chaque jour j'espère arriver à m'approcher du pardon... Chaque jour aussi j'espère trouver la force d'aller porter plainte... Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux. Pourtant je redoute un procès... M'exposer, m'afficher avec toutes ces traces de souffrances dans mon histoire. Puis la peur, d'être jugé par des gens qui peut-être plus tard seront mes collègues, mes employeurs ( je suis étudiante en droit). La peur de voir ma réputation amputé de cette histoire...Je redoute aussi de devoir dire à mes proches ce qu'il s'est passé. Je redoute de le dire à ma mère, qu'elle s'en veuille à jamais d'avoir laissé sa petite fille dans tant de souffrance. Peur qu'elle ne réussisse pas à survivre lorsque je lui aurais raconté mon lourd secret. Je n'ai pas envie de lui faire du mal, ni qu'elle s'en fasse pour moi et encore moins qu'elle s'en veuille alors qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui se passait véritablement. Mais je crois aussi que je dois le faire. Un moyen de retrouver ma dignité mais aussi un moyen de vivre sans à craindre le futur puisque plus jamais il ne pourra faire de mal.

Bonne journée à tous...
Bonsoir Florence,

Je sens en vous une jeune fille pleine d'intelligence et de compassion. J'ai la chance d'être un peu plus âgée que vous : écoutez-moi bien. Notre société veut que les femmes offrent une image bien "lisse" d'elles-mêmes, même si à l'intérieur, elles sont un champ de ruines. Pourtant, il y a des épreuves et des situations qui peuvent porter atteinte à la dignité ou à la position d'une femme et dont malgré tout, elle sortira blanche comme neige. Vous êtes au-dessus de certains propos et médisances : votre intégrité ne sera pas entamée parce que vous avez fait ce que vous deviez faire.
N'oubliez pas que vous êtes la victime, Florence.
Vous êtes étudiante en droit, vous connaissez donc les limites des solutions qui s'offrent à vous : si cet homme est bipolaire, vous savez que l'incarcérer ne le guérira pas. Mais vous l'orienterez vers un "circuit" qui le protègera de lui-même et l'obligera à se soigner. Vous vous protègerez également et les malheureuses qui risqueraient de croiser sa route.
Je connais bien les bipolaires : ma soeur l'est et ce n'est que lorsqu'elle a été incarcérée qu'elle a été dignostiquée. Ma mère a un chagrin immense de n'avoir pas vu la malade qu'elle était depuis l'adolescence. Les bipolaires sont très difficiles à soigner car ils n'ont pas toujours conscience de leur état. Et il est très difficile de les interner. Les familles sont souvent désemparées. Ce sont d'excellents manipulateurs, ils manient la douceur et la violence, physique ou psychologique, ils torturent leur entourage. Leur maladie n'excuse pas tout. Il y a des choses définitivement inacceptables. Les bipolaires savent distinguer le bien du mal.
Vous pourrez compter sur votre mère dans cette épreuve : nos mamans sont "habituées" à souffrir pour nous depuis notre premier souffle. Ce n'est pas une raison pour tout leur infliger mais je suis sûre qu'elle sera votre meilleur soutien. C'est une femme elle aussi et elle a certainement eu elle aussi, son lot de souffrances. Cela vous rapprochera et vous pourrez parler "entre femmes".

Gardez la tête haute.
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Florence44
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Florence44 »

Encore des réponses, encore du soutien… Merci à vous je n’en attendais vraiment pas tant… :)

Paxet Bonum : J’espère bien pouvoir pardonner un jour. Je prie chaque jour pour Dieu m’aide à y parvenir. J’en suis encore loin pourtant je pense, encore trop d’amertume, de colère.
Pour entamer une procédure j’aurais besoin d’être forte, et pour le moment je n’estime pas avoir suffisamment d’énergie pour affronter un juge, un verdict.

Teano : La maladie de bipolaire c’est sur il la plaidera, pour s’excuser de son comportement. C’est ce qui m’en fais peur. Il est bien trop intelligent, il excelle bien trop à la matière de manipulation pour se faire contraindre à une hospitalisation plutôt qu’à un emprisonnement. Il en sortira bien plus vite, bien trop vite. Puis dans un Hôpital Psychiatrique il y aussi des femmes. Je me demande ainsi si lorsqu’un individu est condamné pour des violences sexuelles si il peut être enfermé dans une enceinte ou il se trouve des femmes déjà en grande détresse. Cela vaudra-t-il le coup de le faire enfermer dans ces conditions ? J’en suis pas si sure. Il n’a pas envie de guérir vous savez, juste de tromper son monde toujours et encore un peu plus, pour lui c’est aussi une grande jouissance. Sortir d’un HP en ayant dupé tout un personnel hospitalier sera pour lui la plus grande des victoires et ainsi son plus grand des défis. Il sera fier d’avoir encore réussi son coup… Et survivre à ça je ne suis pas sur d’y être prête.
Je prie pour lui pourtant pour qu'un jour il réalise que son comportement le desservira plus qu'il n'y gagnera. Je prie pour qu'un jour il se rende compte que se comporter ainsi n'est pas normal, ne lui apporte rien de bon. Que ses agissements avec les femmes sont peut être plus la cause de sa maladie que ses conséquences. N'arrive-t-il pas à être heureux parce qu'il n'arrive pas à se comporter dignement avec les femmes? La maladie bipolaire n'est-elle pas plutôt la conséquence de remords(remords dont il n'en a pas conscience mais dont l'inconscience en a conscience (ou la la ca devient compliqué ce que je dis :s )) dû à ses comportements?
Avoir des hauts des bas tout le monde en a. On est tous des fois triste des fois heureux. Simplement, nous savons le gérer même si il peut arriver de nous sentir envahit de détresse par moment. J’ai du mal à comprendre la maladie. Tout le monde pourrait être alcoolique, mais on ne l’est pas tous, on pèse le pour le contre, et on conclut quels sont les comportements nuisibles pour nous. On peut aussi déterminer les comportements nuisibles pour les autres, et également ceux qui sont prohibés par la loi.
Comment peut-on avoir une si grande intelligence pour manipuler les gens et ne pas être capable de respecter les gens et la loi ? C’est un choix fait pour moi en pleine conscience. La maladie ne doit pas excuser les actes. Lui ne les a pas commis une seule fois, mais bien tout du long de ces quatre ans de souffrances pour moi. On ne peut pas me dire qu’en quatre ans on n’a pas eu une seconde de lucidité pour nous faire changer d’avis.
La maladie Bipolaire est une maladie psychiatrique nous sommes d’accord. Mais pour moi elle ne rend pas le patient fou. Elle le laisser lucide. L’alcool a peut être été un moyen pour lui de faire oublier ses bas. La violence et les viols eux ne sont pas expliqués par la maladie. Sa maladie et ses agissements sont bien distincts pour moi. J’ai du mal réellement à l’excuser par la maladie. Je l’ai trop côtoyé, j’en ai trop appris sur lui, pour savoir que c’est avant tout un être doué de raison pour beaucoup de choses, et qu’il a malgré tout décidé de franchir la limite déterminée par la loi. Une loi qu’il avait déjà franchit pour déjà deux condamnations de ce même type. La prison aurait du le faire réfléchir, le calmer pour que plus jamais il ne recommence. Si il a à nouveau franchit la limite c’est conscient de ses agissements qu’il l’a franchit, de façon délibéré.
La maladie contrairement à d’autres maladies psychiatriques ne lui fait pas perdre sa raison.

Je m’emporte un peu… C’est pas bien… :S Il m’a trop demandé pardon pour des actes qu’il jugeait dû à sa maladie en faite je crois… :S … Excusez moi :) Je fais preuve d'intolérance dans ce poste sur sa maladie... Ce n'est pas méchant ce que je dis ni offensant envers les bipolaires. C'est simplement que pour moi tous les bipolaires ne franchissent pas la loi :)
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Kerniou
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Kerniou »

Laissez-vous du temps, Florence, avancez étape après étape et dites-vous bien que vous êtes la victime et non l'agresseur.
La honte doit peser sur lui et non sur vous; dans ce genre de situation où la victime a été salie et humiliée, elle a tendance à se sentir responsable de ce qui lui est arrivé, répondant ainsi au discours de l'agresseur qui considère que c'est elle la coupable qui l'a incité à exprimer la violence qu'il a en lui. La mauvaise réputation reste celle de l'agresseur, pas celle de la victime. Cependant, il est douloureux à vivre que des violences faites à votre intimité soient divulguées. Pour toutes ces raisons et enjeux n'hésitez pas à vous faire aider par des professionnels spécialisés dans le suivi. La région nantaise est bien pourvue en services et associations susceptibles de vous aider. Vous pouvez contacter l'assistante sociale de l'université, elle vous conseillera sur les possibilités qui vous sont offertes. Il vous faut, me semble-t-il, passer par le CROUS.
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Teano
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Teano »

Chère Florence,

Vous êtes décidément une jeune femme avisée. Votre analyse est d'une précision et d'une justesse remarquables. En effet, je vous confirme que les bipolaires sont souvent intelligents, manipulateurs, calculateurs et qu'ils prennent malheureusement beaucoup de plaisir à ressentir le pouvoir qu'ils exercent sur leurs proches. D'autres auront un comportement fantasque mais ne seront pas méchants avec les leurs. Ils ont des idées de grandeur parfois. Mais c'est bien leur maladie qui les rend ainsi. Ils sont incapables de contrôler leurs émotions et surtout de les ajuster à la situation qu'ils vivent : ils réagissent de façon disproportionnée.
Cela dit, ils se rendent compte, après la crise qu'ils ont fait du mal à leur entourage et le regrettent souvent sincèrement. Avant de recommencer.
Je partage votre avis (parce que nous ne sommes pas bipolaires...) : la maladie a ses limites, où est le symptôme, où est la cause de la maladie ? ces questions je me les suis posées 100 fois à propos de ma soeur. Ma soeur était une jeune femme intelligente et rieuse, elle aimait apprendre les langues pour lesquelles elle était très douée, je l'admirais : elle n'a jamais réussi à faire des études, trouver un métier ni fonder un foyer stable, elle a perdu ses emplois, son compagnon, elle a failli perdre sa fille et elle a passé plusieurs mois en prison.

En tout état de cause, ce monsieur a franchi les limites de la loi et je ne suis pas sûre que le trouble bipolaire soit un cas d'irresponsabilité pénale. En hp, il fera des cures de sommeil et de lithium et sera gardé par des grands garçons bien costauds qui se chargeront de le calmer en cas de besoin et de l'isoler des patientes.

En prison, il fera la navette avec l'hôpital...
Quelle misère, mon Dieu !

Je partage l'avis de Kerniou : prenez votre temps (dans les limites de la prescription...) et faites-vous aider.
Vous pouvez aussi choisir de ne pas porter plainte et de couper tout contact avec lui, de mettre du temps et de l'espace entre vous et lui.
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Griffon
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Griffon »

Oui !

Le souci du dépôt de plainte, c'est de garder un lien vivant.
Donc, à mon avis, c'est possible si vous pouvez porter plainte et puis, ne plus vous en occuper.

Car, chère Florence,
Vous avez assez souffert.
Aujourd'hui, il faut penser à vous.
Et à vous reconstruire.

Cela signifie : fermer ce livre.
Remettre cette histoire en Dieu.
Lui est juste, il sait comment appliquer la vraie justice en tenant compte de sa maladie.
Et sachez-le, sa main est lourde quand il s'agit de punir.

Pour ce qui vous concerne, réfugiez-vous sur les genoux du Père, appuyez-vous sur l'épaule du Sauveur et ouvrez vous à au souffle guérisant de l'Esprit.

Que La Paix de Dieu,
qui surpasse toute intelligence,
garde votre esprit et votre cœur dans le Christ Jėsus,

Griffon.
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Anonymus »

Bonjour,

Lorsqu'on pardonne, on reconnaît forcément une faute de la part de l'autre. Il n'est pas donc pas contradictoire de pardonner et d'entamer une procédure judiciaire.

Cette dernière peut cependant être particulièrement pénible à vivre, pour en plus au final ne pas toujours aboutir ; surtout dans ce genre d'affaire, où c'est la "parole de l'un contre celle de l'autre" et la culpabilité est particulièrement dure à démontrer.

Si vous vous engagez dans cette voie, il serait préférable d'être épaulée, ce qui impliquerait que vous en parliez à des membres de votre famille ou de vos amis proches.
Florence44
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Re: Comment pardonner ? Peut-on pardonner et jusqu’où? Doit-

Message non lu par Florence44 »

@ Kerniou : Merci pour votre réponse. Il faut que je m'entoure c'est certain. Je pense tout d'abord déjà en parler une sœur. Elle ne jouera aucun rôle dans un éventuel procès c'est certain mais ça m'aidera à y voire plus claire. Ça m'avancera déjà dans le chemin du pardon. Puis après, ce sera parler à un avocat spécialisé... J'ai déjà ma petite idée sur sa personnalité. C'est lui qui m'indiquera le mieux la procédure. Mes chances de gagner, mes chances de le voir plutôt en prison plutôt qu'en hôpital spécialisé (puisque de toute façon à leur sortie de prison, les délinquants sexuels sont également condamné à un suivis psychiatrique pour la majeur partie d'entre eux ).

@ Teano : J'espère sincèrement que votre sœur va aujourd'hui mieux. Merci de me répondre. Je sais à quel point c'est dure pour la famille d'un bipolaire. Sa famille à lui en était fatigué de son comportement qui à répétition dérapait. Je suis de tout cœur avec vous. J'espère pour elle qu'elle trouvera quelqu'un capable de la canaliser dans ses excès et d'une patience redoutable. Et oui quelle misère... Comment des humains peuvent en arriver à se réduire à ça, à des excès en permanence.... Courage...

@ Griffon : Fermer ce livre... Ma vie ne représente qu'un seul et même livre. Mon passé construira mon futur. Mais des fois j'aimerais pouvoir arracher ces pages du passé qui font si mal... Ce passé, cette souffrance, dans quelque temps j'en suis sur qu'elle sera une force. Cette histoire m'aura forgé... M'aura rappelé les valeurs pour les quelles je lutterais... M'aura rapprocher de Dieu que j'avais délaissé... Peut-être que ma réaction face à lui sera peut-être aussi bénéfique pour lui... Peut-être son esprit s'illuminera un jour qu'une foi naitra en lui, et que Dieu l'aidera à guérir de ses comportements malsain. Je sais que Dieu me rendra aussi justice à l'heure de sa dernière heure... Puis de toute façon, je crois qu'il n'y a pas pire prison que son propre corps, quand on ne sait pas le maitrisé et qu'on peut éprouver du remord.

@ Anonymus : Il est certain qu'il me faudra être épaulé. Je n'ai plus que ma famille, lui s'étant chargé d'éliminer un à un les amis qui m'entourait. Je n'ai pas encore prit ma décision pour des poursuites judiciaires. Il y a beaucoup de choses à prendre en contre, et encore beaucoup de choses que j'ignore. La procédure pénale est tellement longue, compliquée, éprouvante... Dire que l'on présume innocent celui qui a déjà récidivé et dont on poursuit pour des faits semblables, et dire qu'il appartient à la victime de renverser cette présomption, de démontrer sa culpabilité... Mais bon... C'est le système... :)


En tous les cas, j'espère que l'année 2012 sera l'année ou je retrouverais une dignité, les chemins qui s'offrent à moi pour y arriver sont diverses... Le procès, ou simplement parvenir à pardonner, savoir passer au dessus de mal qu'il m'a infligé et remettre ma souffrance en m'abandonnant à Dieu... Récupéré ma dignité en sachant que Dieu dans tous les cas me rendra justice, c'est déjà bien...
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