Faut-il supprimer le Ministère de la Culture?
C'est vrai que l'art contemporain est cher, mais bien peu de personnes s'y interessent réellement, à cause de la politique officielle. Un ami est resté un an et demi sur un tableau (en faisant autre chose, quand même, en même temps). Mais il vit bien, il gagne beaucoup d'argent (pas en France!) car il est très connu, très apprécié.
Un bon artiste pourra toujours vendre ses oeuvres chères. Exemple: Milosc Sobaïc, fils de diplomate et surtout petit-fils d'un autre artiste, l'artiste serbe le plus connu actuellement. Il vend ses tableaux 30 000€. C'est vrai qu'ils sont très bons, très forts.
(C'est ce que j'aime dans l'art contemporain: les sentiments qui passent à travers le tableau, ce qu'il n'y a pas du tout dans le XIXème académique par exemple)
Un bon artiste pourra toujours vendre ses oeuvres chères. Exemple: Milosc Sobaïc, fils de diplomate et surtout petit-fils d'un autre artiste, l'artiste serbe le plus connu actuellement. Il vend ses tableaux 30 000€. C'est vrai qu'ils sont très bons, très forts.
(C'est ce que j'aime dans l'art contemporain: les sentiments qui passent à travers le tableau, ce qu'il n'y a pas du tout dans le XIXème académique par exemple)
Phoque.r,
l'adjectif "contemporain" est équivoque. Il faut absolument distinguer l'Art Contemporain qui est le courant particulier (AC) de l'art contemporain qui est l'art d'aujourd'hui.
L'Art Contemporain a déjà plus d'un demi-siècle. C'est depuis la fin que la deuxième guerre mondiale que l'Art Contemporain existe et se répète. Si l'on être précis, on peut dire que le courant Art contemporain est relativement vieux. C'est d'ailleurs assez évident qu'il est aujourd'hui dans sa phase de vieillesse avancée et même d'agonie. Il suffit de voir ce que propose l'espace des jeunes galeries à la FIAC pour comprendre que l'Art contemporain n'a plus d'avenir, qu'il est arrivé au bout de l'épuisement et de l'anémie.
L'AC est l'art officiel, mais il existe une variété de pratiques artistiques non officielles qui sont privées de visibilité officielle et médiatique.
Le public ne s'intéresse que peu à l'AC mais il viendrait facilement à l'art d'aujourd'hui s'il n'était intellectuellement terrorisé par le système officiel. Il faut aujourd'hui un certain courage pour vivre ses goûts et son plaisir artistique en dehors de l'offre du système officiel.
l'adjectif "contemporain" est équivoque. Il faut absolument distinguer l'Art Contemporain qui est le courant particulier (AC) de l'art contemporain qui est l'art d'aujourd'hui.
L'Art Contemporain a déjà plus d'un demi-siècle. C'est depuis la fin que la deuxième guerre mondiale que l'Art Contemporain existe et se répète. Si l'on être précis, on peut dire que le courant Art contemporain est relativement vieux. C'est d'ailleurs assez évident qu'il est aujourd'hui dans sa phase de vieillesse avancée et même d'agonie. Il suffit de voir ce que propose l'espace des jeunes galeries à la FIAC pour comprendre que l'Art contemporain n'a plus d'avenir, qu'il est arrivé au bout de l'épuisement et de l'anémie.
L'AC est l'art officiel, mais il existe une variété de pratiques artistiques non officielles qui sont privées de visibilité officielle et médiatique.
Le public ne s'intéresse que peu à l'AC mais il viendrait facilement à l'art d'aujourd'hui s'il n'était intellectuellement terrorisé par le système officiel. Il faut aujourd'hui un certain courage pour vivre ses goûts et son plaisir artistique en dehors de l'offre du système officiel.
Dernière modification par Charles le ven. 25 mai 2007, 16:08, modifié 1 fois.
30 000 euros, ce n'est pas encore très cher, disons que cela commence à devenir sérieux. Mais justement, cette catégorie de prix correspond à un public qui a des moyens importants mais pas démesurés et c'est là que la question fiscale est décisive.phoque.r a écrit :Un bon artiste pourra toujours vendre ses oeuvres chères. Exemple: Milosc Sobaïc, fils de diplomate et surtout petit-fils d'un autre artiste, l'artiste serbe le plus connu actuellement. Il vend ses tableaux 30 000€. C'est vrai qu'ils sont très bons, très forts.
- Christophe
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Accord parfait.
Je suis complètement en phase avec tout ce que Charles a écrit dans ses messages précédents, et je suis curieux de savoir quelles mesures concrètes il a en tête pour "dynamiser la création artistique française". S'il ne veut pas l'exprimer en public sur Internet, peut-être peut-il me le faire savoir par MP...
;-)
Amicalement
Christophe
;-)
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« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Re: Accord parfait.
IdemChristophe a écrit :Je suis complètement en phase avec tout ce que Charles a écrit dans ses messages précédents, et je suis curieux de savoir quelles mesures concrètes il a en tête pour "dynamiser la création artistique française". S'il ne veut pas l'exprimer en public sur Internet, peut-être peut-il me le faire savoir par MP...
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Re: Accord parfait.
Pareil !
Re: Accord parfait.
Et je n'ai toujours rien eu!!!
:roll:
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Serge BS
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Re: Faut-il supprimer le Ministère de la Culture ?
Charles,
Vous nous écrivez : "De plus les fonctionnaires de la culture sont souvent d'une inculture crasse. Ils ont dans la tête des slogans, un savoir scolaire pathétique de froideur et de sclérose, et de la couardise en abondancei."
Puis-je me permettre une question ? Avez-vous l'habitude de travailler avec les DRAC, le Ministère, les élus en charge de la culture dans les collectivités locales (et leurs services), etc... ? Pour connaître un peu ce secteur, y ayant quelques responsabilités (je ne suis pas fonctionnaire, je le précise), connaissant bien quelques fonctionnaires, archéologues, conservateurs, danseurs, acteurs, élus, dans le secteur, je n'ai pas cette impression. Bien évidemment, comme partout, il y a quelques abrutis, mais quel groupement humain n'en possède pas en son sein... Je pense donc que soit vous avez eu une expérience malheureuse, soit que vos informations ne sont pas totalement exactes. Pour ce que j'en vois presque quotidiennement en PACA, mais aussi fréquemment à Paris, je ne ressens ni inculture, ni savoir pathétique, ni sclérose, ni préformatage... Cela arrive certes, mais c'est très rare !
Ils doivent de plus souvent se débattre avec des moyens très faibles, à la limite du bricolage; je pense notamment à ceux en charge de l'archéologie préventive. Mais ce n'est pas leur faute ! Ils connaissent la différence entre une grotte préhistorique et un temple corinthien ! Il en va de même dans le secteur du ballet (je m'occupe directement ou indirectement de trois troupes toutes reconnues internationalement et ... médiatiquement) ! Et, dans ce secteur, les fonctionnaires savent faire la différence entre Béjart et Lully, entre Roland Petit et Marius Petipas... Qu'ils manquent de moyens, certes, c'est une totale vérité ! Qu'ils soient incompétents ou psychorigides, c'est faux dans plus de 99 % des cas. Et je rappelle que ce que je viens d'exposer est fondé sur du vécu de plusieurs années, pas sur un cas ponctuel ou autre chose !
Certes, il est difficile de trouver des financements, mais ce n'est pas la faute des fonctionnaires ! Quant aux cas très médiatiques de ces derniers jours de fraudes aux contrats de professionalisation, ce n'est pas spécifique à la culture, et, de plus, si l'on en parle, c'est que l'on a réussi à isoler les fraudeurs, pour le plus grand bien de ceux qui travaillent vraiment ! Il ne faut pas généraliser un cas ponctuel avec tout un système... Je vous signale de plus que le Ministère est en train de mettre en place un nouveau système de contrôle interne qui évitera les gaspillages; reste à en voir le contenu réel, mais ça avance ! Et les fonctionnaires sont compétents, tant ceux chargés des contrôles que ceux en charge de la culture en elle-même ! J'en connais beaucoup qui sont si passionnés qu'ils ne savent pas ce que sont les 35 heures, les soirées en famille ou encore les week-end... Alors, si vous connaissez quelques brebis galeuses, ne tuez pas le troupeau pour autant !
Reste la difficulté des choix culturels, mais c'est là un autre débat... Reste que l'offre culturelle (quelle laide expression !) est riche en France, avec tous les modes d'expression, et pas que le rap ou les tags, très loin de là ! Ce qui manque, ce ne sont pas les compétences, mais les pépètes, voire même ... des fonctionnaires ! Je connais des services au sein de DRAC où le fonctionnaire est tout seul pour gèrer, contrôler, coordonner des dizaines, voire des centaines d'actions culturelles ! Pas facile, et pourtant ils se plaignent peu, donnant la priorité à la culture !
Moi, je vote donc pour le maintien (et même le renforcement des moyens) de ce Ministère !
Fraternellement en Jésus-Christ.
Vous nous écrivez : "De plus les fonctionnaires de la culture sont souvent d'une inculture crasse. Ils ont dans la tête des slogans, un savoir scolaire pathétique de froideur et de sclérose, et de la couardise en abondancei."
Puis-je me permettre une question ? Avez-vous l'habitude de travailler avec les DRAC, le Ministère, les élus en charge de la culture dans les collectivités locales (et leurs services), etc... ? Pour connaître un peu ce secteur, y ayant quelques responsabilités (je ne suis pas fonctionnaire, je le précise), connaissant bien quelques fonctionnaires, archéologues, conservateurs, danseurs, acteurs, élus, dans le secteur, je n'ai pas cette impression. Bien évidemment, comme partout, il y a quelques abrutis, mais quel groupement humain n'en possède pas en son sein... Je pense donc que soit vous avez eu une expérience malheureuse, soit que vos informations ne sont pas totalement exactes. Pour ce que j'en vois presque quotidiennement en PACA, mais aussi fréquemment à Paris, je ne ressens ni inculture, ni savoir pathétique, ni sclérose, ni préformatage... Cela arrive certes, mais c'est très rare !
Ils doivent de plus souvent se débattre avec des moyens très faibles, à la limite du bricolage; je pense notamment à ceux en charge de l'archéologie préventive. Mais ce n'est pas leur faute ! Ils connaissent la différence entre une grotte préhistorique et un temple corinthien ! Il en va de même dans le secteur du ballet (je m'occupe directement ou indirectement de trois troupes toutes reconnues internationalement et ... médiatiquement) ! Et, dans ce secteur, les fonctionnaires savent faire la différence entre Béjart et Lully, entre Roland Petit et Marius Petipas... Qu'ils manquent de moyens, certes, c'est une totale vérité ! Qu'ils soient incompétents ou psychorigides, c'est faux dans plus de 99 % des cas. Et je rappelle que ce que je viens d'exposer est fondé sur du vécu de plusieurs années, pas sur un cas ponctuel ou autre chose !
Certes, il est difficile de trouver des financements, mais ce n'est pas la faute des fonctionnaires ! Quant aux cas très médiatiques de ces derniers jours de fraudes aux contrats de professionalisation, ce n'est pas spécifique à la culture, et, de plus, si l'on en parle, c'est que l'on a réussi à isoler les fraudeurs, pour le plus grand bien de ceux qui travaillent vraiment ! Il ne faut pas généraliser un cas ponctuel avec tout un système... Je vous signale de plus que le Ministère est en train de mettre en place un nouveau système de contrôle interne qui évitera les gaspillages; reste à en voir le contenu réel, mais ça avance ! Et les fonctionnaires sont compétents, tant ceux chargés des contrôles que ceux en charge de la culture en elle-même ! J'en connais beaucoup qui sont si passionnés qu'ils ne savent pas ce que sont les 35 heures, les soirées en famille ou encore les week-end... Alors, si vous connaissez quelques brebis galeuses, ne tuez pas le troupeau pour autant !
Reste la difficulté des choix culturels, mais c'est là un autre débat... Reste que l'offre culturelle (quelle laide expression !) est riche en France, avec tous les modes d'expression, et pas que le rap ou les tags, très loin de là ! Ce qui manque, ce ne sont pas les compétences, mais les pépètes, voire même ... des fonctionnaires ! Je connais des services au sein de DRAC où le fonctionnaire est tout seul pour gèrer, contrôler, coordonner des dizaines, voire des centaines d'actions culturelles ! Pas facile, et pourtant ils se plaignent peu, donnant la priorité à la culture !
Moi, je vote donc pour le maintien (et même le renforcement des moyens) de ce Ministère !
Fraternellement en Jésus-Christ.
-
Olivier
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Re: Faut-il supprimer le Ministère de la Culture ?
Sous la IIIème République (et même je pense sous Louis XIV) on appelait "ministère des arts et des bâtiments".
Enfin, je ne sais pas si vous remarquez, on nous bassine avec les droits de l'homme, mais l'homme n'a jamais été déshumanisé dans l'art actuel. Et en même temps, on met Dieu de côté...
Enfin, je ne sais pas si vous remarquez, on nous bassine avec les droits de l'homme, mais l'homme n'a jamais été déshumanisé dans l'art actuel. Et en même temps, on met Dieu de côté...
Re: Faut-il supprimer le Ministère de la Culture ?
Avé
Je viens de lire le grand classique de Marc Fumaroli sur la question, L'Etat culturel. C'est un livre souvent agréable à lire (l'auteur a un style Grand siècle), parfois pesant (il aime se regarder écrire), mais très instructif.
L'une des thèses développées est la dénonciation d'un mensonge fabriqué par les intellectuels des années 30-50 : le prétendu philistinisme de la Troisième république. L'idée que la France d'avant 1940 était un désert culturel, que la culture était le monopole des classes supérieures, est directement à l'origine de la création du Ministère.
1° Que la France de cette époque n'ait pas été un désert culturel, le simple bon sens suffit à s'en convaincre. Qu'on se réfère à la liste des grands artistes, écrivains, gens de théâtre, etc., et surtout à leur diffusion. Qu'on se réfère aussi à la grande activité de mécénat, à la vitalité du marché de l'art.
2° De plus, la culture était très diffusée, dans toutes les régions, et la plupart des couches sociales. Et ce, pour une raison très simple : il n'y avait pas la télévision. Pour se distraire, les gens allaient donc au concert, au théâtre, au cinéma, à l'opéra, etc., beaucoup plus souvent qu'aujourd'hui. Sans parler du niveau d'instruction dispensé dans les écoles, qui ouvrait les portes de la belle lecture à des personnes plus nombreuses qu'aujourd'hui. C'est là, la véritable action culturelle de ce régime : fournir à tous une bonne instruction ; et une fois que les gens en disposent, qu'ils en fassent ce qu'ils veulent.
Ce qui est frappant, c'est que la plupart des intellectuels dont les réflexions ont abouti à la création du Ministère, étaient en fait de grands élitistes ; ils participaient à des soirées surréalistes, à du théâtre brechtien, à des happenings, et s'étonnaient naïvement que leurs occupations ne fussent pas admirées de la foule de leurs contemporains. Ils souhaitaient donc, en toute générosité (le pire, c'est que c'était sincère !), diffuser ces passe-temps blasés à l'ensemble de la population. Le truc à consister à dénigrer les loisirs culturels dont j'ai parlé plus haut, en expliquant qu'ils étaient vulgaires, etc. (Malraux méprisait l'opéra), et qu'eux-seuls, au contraire, avaient le monopole de la délimitation de la "vraie" culture.
Beau résultat. Comme le disait Fumaroli : Mécène est là ; où est Virgile ?
MB
Je viens de lire le grand classique de Marc Fumaroli sur la question, L'Etat culturel. C'est un livre souvent agréable à lire (l'auteur a un style Grand siècle), parfois pesant (il aime se regarder écrire), mais très instructif.
L'une des thèses développées est la dénonciation d'un mensonge fabriqué par les intellectuels des années 30-50 : le prétendu philistinisme de la Troisième république. L'idée que la France d'avant 1940 était un désert culturel, que la culture était le monopole des classes supérieures, est directement à l'origine de la création du Ministère.
1° Que la France de cette époque n'ait pas été un désert culturel, le simple bon sens suffit à s'en convaincre. Qu'on se réfère à la liste des grands artistes, écrivains, gens de théâtre, etc., et surtout à leur diffusion. Qu'on se réfère aussi à la grande activité de mécénat, à la vitalité du marché de l'art.
2° De plus, la culture était très diffusée, dans toutes les régions, et la plupart des couches sociales. Et ce, pour une raison très simple : il n'y avait pas la télévision. Pour se distraire, les gens allaient donc au concert, au théâtre, au cinéma, à l'opéra, etc., beaucoup plus souvent qu'aujourd'hui. Sans parler du niveau d'instruction dispensé dans les écoles, qui ouvrait les portes de la belle lecture à des personnes plus nombreuses qu'aujourd'hui. C'est là, la véritable action culturelle de ce régime : fournir à tous une bonne instruction ; et une fois que les gens en disposent, qu'ils en fassent ce qu'ils veulent.
Ce qui est frappant, c'est que la plupart des intellectuels dont les réflexions ont abouti à la création du Ministère, étaient en fait de grands élitistes ; ils participaient à des soirées surréalistes, à du théâtre brechtien, à des happenings, et s'étonnaient naïvement que leurs occupations ne fussent pas admirées de la foule de leurs contemporains. Ils souhaitaient donc, en toute générosité (le pire, c'est que c'était sincère !), diffuser ces passe-temps blasés à l'ensemble de la population. Le truc à consister à dénigrer les loisirs culturels dont j'ai parlé plus haut, en expliquant qu'ils étaient vulgaires, etc. (Malraux méprisait l'opéra), et qu'eux-seuls, au contraire, avaient le monopole de la délimitation de la "vraie" culture.
Beau résultat. Comme le disait Fumaroli : Mécène est là ; où est Virgile ?
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