Doute à propos de Marie

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre

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Théophane
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Théophane »

Raistlin a écrit :Que la Sainte Vierge ait un rôle spécial à jouer, nul ne le nie, il suffit de se pencher sur les apparitions pour s'en convaincre. Mais il est bon de ne pas exagérer et, comme toujours, de s'en tenir à la foi de l'Église.
Comment la dévotion mariale pourrait-elle être exagérée ? De Maria nunquam satis.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Doute à propos de Marie.

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Théophane a écrit :Comment la dévotion mariale pourrait-elle être exagérée ? De Maria nunquam satis.
Elle peut être exagérée lorsqu'elle prend la forme d'une mariolâtrie. Il est bon de prier Marie, il est très bon de prier Dieu. Je ne sais si cela se produit - j'espère que non - mais il me semble que ce serait étrange que quelqu'un ne prie QUE Marie, sans jamais s'adresser à Dieu. De même, certains titres mariaux sont sujets à caution. Et j'en ai bien vu certains faire entrer Marie dans l'intimité de la Sainte Trinité. :/

Encore une fois, je pense qu'il est de la responsabilité de chacun de s'en tenir aux définitions et aux recommandations de l'Église. Les innovations ou prises d'initiative dans ce genre de domaine ne sont pas toujours des plus heureuses.

Bien à vous,
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Re: Doute à propos de Marie.

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Raistlin a écrit :
Théophane a écrit :Comment la dévotion mariale pourrait-elle être exagérée ? De Maria nunquam satis.
Elle peut être exagérée lorsqu'elle prend la forme d'une mariolâtrie.
Personne n'est assez naïf pour croire que Notre-Dame est une déesse et pour L'adorer.
Il est bon de prier Marie, il est très bon de prier Dieu. Je ne sais si cela se produit - j'espère que non - mais il me semble que ce serait étrange que quelqu'un ne prie QUE Marie, sans jamais s'adresser à Dieu.
J'avais lu dans un livre de Garrigou-Lagrange que la personne qui prie Marie prie également Dieu ; il faudrait que je cherche la référence.
Je ne peux naturellement pas savoir si l'exemple que vous citez existe. Je me contenterai de vous répondre que j'ai toujours tenu pour suspect le manque de dévotion mariale.
De même, certains titres mariaux sont sujets à caution.
Faites-vous référence au titre de Corédemptrice, utilisé par le Pape Jean-Paul II ?
Et j'en ai bien vu certains faire entrer Marie dans l'intimité de la Sainte Trinité. :/
Notre-Dame n'est pas la quatrième personne de la Trinité, mais Elle est souvent appelée temple de la Sainte Trinité : Fille du Père, Mère du Fils, Épouse de l'Esprit-Saint. Personne ne connaît Dieu mieux qu'Elle et ne L'aime autant qu'Elle.
Encore une fois, je pense qu'il est de la responsabilité de chacun de s'en tenir aux définitions et aux recommandations de l'Église. Les innovations ou prises d'initiative dans ce genre de domaine ne sont pas toujours des plus heureuses.
Je partage votre avis puisque je suis partisan d'une fidélité totale à l'enseignement du Magistère... qui n'a jamais cherché à freiner la dévotion mariale des fidèles, loin s'en faut. Je vous recommande la lecture des Gloires de Marie de saint Alphonse de Liguori.
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La Chartreuse
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par La Chartreuse »

Saint Alphonse-Marie de Liguori, Docteur de l'Église

Extrait : Les Gloires de Marie !


CHAPITRE X

DOUCEUR DU NOM DE MARIE

[+] Texte masqué
CHAPITRE X

DOUCEUR DU NOM DE MARIE

- Combien le nom de Marie est doux pendant la vie et à la mort


L'auguste nom de la Mère de Dieu, le nom de Marie, n'est pas d'origine terrestre ; il ne fut pas, comme les autres noms, inventé par l'esprit des hommes ; il ne lui fut pas donné par livre choix : descendu du ciel, il lui fut imposé par un décret divin ; ainsi l'attestent saint Jérôme, saint Épiphane, saint Antonin et d'autres auteurs.

" Le nom de Marie, dit saint Pierre Damien, fut tiré du trésor de la Divinité ". Oui, ô Marie, ajoute Richard de Saint-Laurent, votre nom sublime et admirable est sorti du trésor de la Divinité ; les trois personnes de la Trinité sainte vous l'ont donné d'un commun accord, ce nom qui éclipse tous les noms après celui de votre Fils ; elles l'ont rempli de tant de majesté et de puissance que, quand il est prononcé, il faut que tout se prosterne pour le vénérer, au ciel, sur la terre et dans les enfers ". Mais, sans parler des autres prérogatives que le Seigneur a voulu attacher au nom de Marie, considérons ici combien il l'a rendu doux aux serviteurs de cette céleste Reine, soit pendant la vie, soit à l'heure de la mort.

Premièrement, le nom de Marie est doux à ses serviteurs pendant leur vie. Le saint anachorète Honorius le trouvait plein de tout ce qu'il y a de douceur et de suavité en Dieu ; et, pour le glorieux saint Antoine de Padoue, ce nom avait les mêmes charmes que saint Bernard trouvait dans celui de Jésus. " Le nom de Jésus, avait dit Bernard, le nom de Marie, reprenait Antoine, est une joie au coeur de ses pieux serviteurs, un miel sur les lèvres, une mélodie pour leurs oreilles ". Le vénérable Juvénal Ancina, évêque de Saluces, goûtait, en prononçant le nom de Marie, une douceur sensible telle, dit son historien, qu'il s'en léchait les lèvres.

On lit la même chose d'une femme de Cologne : " Je ne prononce jamais le nom de Marie, assurait-elle à l'évêque Massilius sans que mon palais soit flatté d'une saveur supérieure à celle du miel ". Massilius adopta sa pratique la même douceur.

Lors de l'Assomption de la Vierge, les anges demandèrent à trois reprises quel était son nom ; on peut le conclure de ces trois passages des Cantiques : " Quelle est celle-ci qui mont du désert comme un nuage d'encens ? - Quelle est celle-ci qui s'avance comme une aurore naissante ? - Quelle est celle-ci qui s'élève du désert, nageant dans les délices ? " Pourquoi, se demande Richard, pourquoi les anges répètent-ils tant de fois leur question : Quelle est celle-ci ?. . . C'est sans doute, répond-il, afin d'entendre répéter le nom de Marie, tant ce nom résonne délicieusement à l'oreille des anges eux-mêmes.

Mais ce n'est pas de cette douceur sensible que j'entends parler ici : il n'est pas donné à tous de la sentir ; je veux parler d'une douceur spirituelle, d'un sentiment salutaire de consolation, d'amour, de joie, de confiance et de force, que le nom de Marie inspire communément à ceux qui le prononcent avec dévotion.

L'abbé Francon dit à ce sujet : " Après le saint nom de Jésus, le nom de Marie est si fécond en biens de tout genre, que, ni sur la terre, ni dans le ciel, on n'entend prononcer aucun nom qui remplisse les âmes dévotes d'autant de grâces, de consolation et d'espérance. En effet, continue le même auteur, le nom de Marie renferme je ne sais quoi d'admirable, de doux et de divin, qui fait qu'il ne peut retentir dans un coeur aimant sans l'embaumer d'une odeur de sainte suavité. Et voici, dit-il en finissant, la merveille de cet auguste nom : mille fois répété, il paraît toujours nouveau à ceux qui aiment Marie, aussi bien que le plaisir avec lequel ils l'entendent ".

Le bienheureux Henri Suson avait bien fait, lui aussi, l'expérience de cette douceur du nom de Marie. En le prononçant, il se sentait, disait-il lui-même, pénétré de confiance et enflammé d'amour ; aussi, versant des larmes de joie et transporté hors de lui-même, il eut voulu que le coeur lui bondît de la poitrine jusque sur les lèvres ; car, assurait-il, ce nom si doux, si cher, se liquéfiait au fond de son âme comme un rayon de miel. Après quoi, il s'écriait : " O nom plein de suavité ! O Marie ! que devez-vous donc être vous-même, si votre nom seul est déjà si aimable et si gracieux ? "

De son côté, saint Bernard, s'adressant à sa bonne Mère, lui disait, en ces termes pleins de tendresse, la flamme dont il brûlait pour elle : " O grande, ô clémente, ô admirable Marie ! ô Vierge très sainte et digne de toute louange, combien doux et aimable est votre nom ! On ne peut le prononcer sans se sentir embrasé d'amour et pour vous et pour Dieu ; il suffit même que ce nom se présente à la pensée de ceux qui vous aiment, pour accroître beaucoup leur amour et les consoler ". - Ah ! si les richesses consolent les pauvres, en les tirant de leur misère, ajoute Richard de Saint-Laurent, combien plus, ô Marie, votre nom nous console dans nos peines, car, bien mieux que les richesses de la terre, il adoucit les angoisses de la vie présente !

En un mot, ô Mère de Dieu, votre nom est tellement rempli, comme le dit Saint Méthode, de grâces et de bénédictions divines, que, comme l'affirme saint Bonaventure, on ne saurait le prononcer dévotement sans en tirer quelque bien. Quelque endurci que puisse être un pécheur, eût-il même perdu toute confiance en Dieu, qu'il vous nomme seulement, ô Vierge pleine de bonté ; et, ajoute le pieux Idiot, telle est la vertu de votre nom qu'il sentira sa dureté s'amollir d'une manière merveilleuse ; car c'est vous qui faites revivre les pécheurs à l'espérance du pardon et de la grâce.
Votre doux nom, dit à son tour saint Ambroise, est un baume qui répand l'odeur de la grâce ; ah ! que ce baume de salut descende au fond de nos âmes ! Voici donc ce que le saint vous demandait par ces paroles, ô Marie, et ce que nous vous demandons après lui : faites que nous pensions souvent à invoquer votre nom avec amour et confiance ; car c'est là, sinon un signe de la présence de la grâce divine en nous, du moins un gage de son prochain retour. Il en est bien ainsi, car, ô Marie, selon la pensée de Ludolphe de Saxe, " le souvenir de votre nom console les affligés, remet dans la voie du salut ceux qui en sont sortis, et fortifie les pécheurs contre la tentation du désespoir. "

" De même donc que, par ses cinq plaies, Jésus-Christ a préparé le remède à tous les maux du monde ; ainsi, par la vertu de son très saint nom composé de cinq lettres, Marie ménage chaque jour aux pécheurs, observe Pelbart, la rémission de leur faute ". Voilà pourquoi il est dit dans les cantiques sacrés : Votre nom est comme une huile répandue ; paroles qu'Alain de l'Isle commente ainsi : " L'huile guérit les malades, répand une odeur agréable, et nourrit la flamme ; et le nom de Marie guérit les pécheurs, réjouit les âmes, et les embrase du divin amour." Aussi, Richard de Saint-Laurent exhorte tous les pécheurs à invoquer ce nom assez puissant à lui seul pour les délivrer de tous les maux ; car il n'est point de maladie si funeste, assure-t-il, qui ne cède aussitôt à sa vertu salutaire.

D'autre part, au témoignage de Thomas a Kempis " les démons redoutent à tel poinjt la Reine du ciel, que, si quelqu'un vient à prononcer son nom, ils fuient incontinent loin de lui, comme on fait pour échapper aux atteintes de la flamme ". Et, d'après une révélation de la bienheureuse Vierge elle-même à sainte Brigitte, il n'est pas en cette vie de pécheur, si froid, si étranger soit-il à l'amour divin, qui ne puisse forcer l'esprit malin à s'éloigner, à la seule condition d'invoquer le saint nom de Marie avec le bon propos de se convertir. Une autre fois, revenant sur le même sujet, Marie disait à la même sainte : " Tous les démons révèrent mon nom et le redoutent ; et, rien qu'à l'entendre, ils relâchent au plus vite l'âme qu'ils tenaient déjà entre leurs griffes ". Par contre, pendant que les anges rebelles s'éloignent des pécheurs qui invoquent le nom de Marie, les bons anges se rapprochent davantage des âmes justes qui le prononcent dévotement ; c'est ce qu'a dit encore Notre-Dame à sainte Brigitte.

Selon saint Germain, comme la respiration est un signe de vie, ainsi la répétition fréquente du nom de Marie est un signe, ou que déjà la grâce vit en nous, ou qu'elle y revivra bientôt ; car ce nom puissant a la vertu d'attirer en ceux qui l'invoquent, le secours de Dieu et la vie.

Enfin, Richard de Saint-Laurent dit que ce nom admirable est comme une forte tour où le pécheur qui s'y réfugie est à l'abri de la mort, où les plus désespérés trouvent une défense sûre et le salut. Mais, continue le même, cette tour céleste ne préserve pas seulement les pécheurs du châtiment qui leur serait dû ; elle protège encore les justes contre les assauts de l'enfer ; et, après le nom de Jésus, aucun nom n'est secourable aux hommes, aucun n'est salutaire à l'égal du grand nom de Marie.

Notamment, c'est chose universellement reconnue, et dont les serviteurs de Marie font tous les jours l'expérience, que son nom puissant donne la force de vaincre les tentations contre la chasteté. Sur ces paroles de saint Luc : " Et le nom de cette vierge est Marie ", le même Richard observe que l'évangéliste a joint ensemble le nom de Marie et celui de Vierge, pour nous donner à entendre que le nom de cette Vierge très pure ne va jamais sans la chasteté. De là, cette sentence de saint Jean Chrysostôme : " Ce nom béni est indice de chasteté ". C'est-à-dire : celui qui doute s'il n'a pas consenti à un tentation impure, mais qui se souvient en même temps d'avoir invoqué le nom de Marie, qu'il se rassure, il n'a pas blessé la sainte vertu ; cette invocation même en est un signe certain.

Puisqu'il en est ainsi, soyons fidèle à suivre le sage conseil de saint Bernard : " Dans les périls, dans les difficultés, dans les perplexictés, pensez à Marie, dit-il, invoquez Marie ; que son nom ne quitte jamais vos lèvres, qu'il soit consamment dans votre coeur ". Oui, toutes les fois que nous sommes en danger de perdre la grâce de Dieu, pensons à Marie, invoquons le nom de Marie, conjointement avec celui de Jésus ; car ces deux noms ne doivent jamais se séparer. Que ces deux noms si doux et si puissants ne s'éloignent jamais de notre coeur ni de nos lèvres ; ils nous donneront la force de ne pas succomber et de vaincre toutes les tentations.

Admirables sont les faveurs promises par Jésus-Christ à ceux qui sont dévots au nom de Marie ; sainte Brigitte les apprit de la bouche du Sauveur lui-même s'entretenant avec sa sainte Mère : " Quiconque , lui disait-il, invoquera votre nom avec confiance et avec le propos de s'amender recevra trois grâces signalées, savoir : un parfait repentir de ses péchés, la grâce d'en faire pénitence avec la force de parvenir à la perfection, et finalement la gloire céleste. Car, ô ma Mère, ajouta le divin Sauvuer, vos paroles me sont si douces et si agréables, que je ne puis vous refuser aucune de vos demandes ".

Saint Éphrem va jusqu'à dire que " le nom de Marie est la clef du ciel " pour ceux qui l'invoquent dévotement. Saint Bonaventure a donc raison de proclamer Marie le Salut de tous ceux qui l'invoquent : O salus te invocantium ! comme si c'était une même chose d'invoquer le nom de Marie et d'obtenir le salut éternel. Et, en effet, Richard de Saint-Laurent nous assure que, par l'invocation de ce nom si saint et si doux, nous acquérons une grâce surabondantes en cette vie et un sublime degré de gloire en l'autre.

Concluons par cette exhortation de Thomas a Kempis : " Voulez-vous donc, mes frères, être consolés dans toutes vos peines, recourez à Marie, invoquez Marie, recommandez-vous à Marie ; réjouissez-vous avec Marie, pleurez avec Marie, priez avec Marie, marchez avec Marie, cherchez Jésus avec Marie, désirez enfin vivre et mourir avec Jésus et Marie. Par ce moyen, ajoute-t-il, vous avancerez toujours dans la voie du Seigneur ; car Marie priera volontiers pour vous, et le Fils exaucera certainement sa Mère ".

Le saint nom de Marie est donc pour ses serviteurs pendant leur vie la source de bien des douceurs et de grâces bien précieuses ; il nous reste à voir combien plus doux encore il leur devient au dernier moment, en rendant leur mort tranquille et sainte.

Le Père Sertorius Caputo de la Compagnie de Jésus, engageait tous ceux qui doivent assiter un mourant, à lui répéter fréquemment le nom de Marie ; prononcé à l'heure, disait-il, ce nom de vie et d'espérance suffit à lui seul pour mettre en fuite tous les démons et fortifier les mourants dans toutes leurs angoisses. Avec non moins de zèle, saint Camille de Lellis recommandait à ses religieux d'exciter souvent les moribonds à invoquer les noms de Jésus et de Marie. Après avoir lui-même suggéré toujours cette sainte pratique aux autres, il apprit par sa propre expérience combien elle est douce et salutaire à l'heure de la mort. En ce moment suprême, raconte l'auteur de sa vie, il prononçait avec tant de tendresses les noms, si chers à son coeur, de Jésus et de Marie, que les flammes dont il était consumé, se communiquaient aux assistants. Enfin, les yeux amoureusement fixés sur les images de Jésus et de Marie, le front serein et les bras en croix, il expira dans une paix céleste, en invoquant encore ces doux noms, qui furent les dernières paroles de sa vie.

Jésus ! Marie ! . . . est-il prière plus courte que celle-là ? et pourtant, remarque Thomas a Kempis, autant elle est facile à retenir, autant elle est douce à méditer, et elle est une puissante sauvegarde contre tous les ennemis de notre salut.

Heureux, s'écriait saint Bonaventure, heureux celui qui aime votre doux nom, ô Mère de Dieu ! Votre nom est si glorieux, si admirable en est la vertu, que tous ceux qui ont soin de l'invoquer à l'article de la mort, n'ont rien à craindre des attaques de l'ennemi.
Ah ! quel bonheur de mourir comme le Père Fulgence d'Ascoli, capucin, qui rendit le dernier soupir en chantant :
O beauté sans égale ! ô Marie, ô Marie !
Je veux quitter la terre en votre compagnie.
Quel bonheur de mourir comme le bienheureux Henri, moine de Citeaux, qui, d'après les annales de l'Ordre, sortit de ce monde en articulant le nom de Marie.

Prions donc, pieux lecteurs, prions Dieu de nous faire cette grâce que la dernière parole de nos lèvres mourantes soit le nom de Marie. Tels étaient le désir et la prière de saint Germain : " Que ma langue, au moment de se glacer, répète encore une fois le nom de Marie ". Oh ! que la mort est douce et paisible, sous les auspices et la protection de ce nom de salut, de ce nom que Dieu accorde d'invoquer au moment de mourir, à ceux-là seuls qu'il veut voir sauvés !

Ma douce Souveraine et Mère, je vous aime beaucoup ; et par amour pour vous, j'aime aussi votre saint nom ; je suis résolu et j'espère, avec votre secours, de l'invoquer pendant toute ma vie, et à ma mort. Je vous adresse donc, en terminant, cette tendre prière de saint Bonaventure : Pour la gloire de votre nom lorsque mon âme sortira de ce monde, venez au-devant d'elle, ô Vierge bénie, et daignez la recevoir entre vos bras. Ayez la bonté de venir la consoler alors par votre douce présence : soyez pour elle l'échelle et la voie du ciel ; obtenez-lui la grâce du pardon et l'éternel repos. O Marie, notre Avocate, c'est à vous de défendre vos serviteurs et de plaider leur cause au tribunal de Jésus-Christ.
Amicalement
La Chartreuse


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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Columbanus »

nosiaréd a écrit :Chère Chartreuse,

il semblerait que vous ayez provoqué de quelques façons la colère et la pugnacité de certains... Personnellement, je trouve le harcèlement dont vous êtes victime assez grossier, surtout de la part de ceux dont on attendrait le moins ce genre de comportement. En tout cas, moi, j'ai bien aimé vous lire. Et pourtant, les discours de Ora pro nobis et les vôtres ne sont en rien schizophrènes, et ne sont pas assez nombreux pour satisfaire une propagande... Il n'y aurait donc aucun soupçon d'hypocrisie... Patience, patience...
Je souscris entièrement à vos quelques lignes, nosiaréd. C'est d'ailleurs pourquoi je n'interviens plus (ou presque) sur ce forum. Certains, qui devraient faire office d'exemples, se complaisent dans un mépris "niveau maternel" ou l'attaque gratuite systématique, si légère soit elle.

Même si je ne suis pas La Chartreuse sur sa ligne sédévacantiste, elle a quand même l'honnêteté et le courage de répondre au mieux en étayant ses propos par des textes de Docteurs de l'Église ou théologiens (qui ne sont, certes pas, tous reconnus) mais aussi par des textes recouverts de l'autorité du Magistère supérieure de l'Église. Vis-à-vis de ces derniers, il ne peut jamais y avoir d'excès lorsque l'on a recours à eux (sauf sil ils ont été volontairement coupés afin de modifier leurs sens). Caritas à géométrie variable - quand tu nous tiens!

La Chartreuse, je vous remercie pour vos interventions.

Columbanus.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par etienne lorant »

Puisque c'est la rentrée, je prends la résolution de ne plus réagir aussi vivement aux messages de La Chartreuse et Ora pro Nobis. Quant à la raison pour laquelle j'ai été amené à cette "vivacité", elle tient dans ces argumentations en forme de marteau de juge de Cour: "Sur base des dossiers en notre disposition dans la bibliothèque doctrinale, voici ce que vous devez consommer, un point c'est tout !" Je me rebellais déjà à l'école primaire devant cette forme de "pédagogie" mais à présent, je la trouve nuisible et je m'interpose : à quoi sert-il d'asséner des coups de latte à ceux et celles qui viennent sur le forum en cherchant leur voie ? Tout ce à quoi cela peut servir, c'est à la faire fuir. Au cours du dernier débat, pourquoi ne pas avoir commencé par l'Evangile, la prière de Jésus, l'enseignement des apôtres pour ensuite arriver au développement de la dévotion à Marie ?

Reste que lors de mon inscription à ce forum, à l'âge de 52 ans, j'ignorais TOUT des thèses sédévacantistes. Moi qui fus converti, çà m'a fait comme une décharge électrique, je n'en suis pas revenu. Je savais que l'Eglise comporte différents mouvements, mais qu'il y ait des mouvements à déchirer la tunique du Christ... comme si elle ne l'était pas assez ainsi... enfin bref, mon sang n'a fait qu'un tour. Je termine en priant Ora pro Nobis et La Chartreuse d'accepter mes excuses. Je ne peux pas promettre de ne plus les contrecarrer, mais je m'efforcerai de le faire en réagissant moins vivement.


Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par La Chartreuse »

Bonjour, ;)

J'accepte vos excuses, disons que vous avez eu la bonne tournure de phrase pour lancer le pot avant la fleur !!!!

Un forum est rarement l'espace d'un enseignement pédagogique, si nous prenons le titre du dossier: Doute à propos de Marie et le premier post entré :
etienne lorant a écrit :Passer par Marie pour prier le Seigneur peut causer un doute. J'ai eu la même (petite) objection durant quelque temps après ma conversion. Cependant, en y réfléchissant, Marie étant la demeure du Saint-Esprit, on ne peut pas trouver meilleure avocate auprès de Dieu. Puisque nous ne savons pas bien prier, nous lui confions nos prières, car Marie, elle, sait prier. Selon les mots de Jean Lafrance, elle est "la toute-puissance suppliante", et notre "oratoire". Pour vous donner une idée du pouvoir de Marie, lorsque vous avez envie de traîner au lit le matin, prenez votre chapelet et commencer la première dizaine, vous serez étonné de voir comment vous vous retrouverez vite debout ! On présente toujours de Marie une image un peu édulcorée, mais si vous lui demandez de vous guider vers le Fils, vous verrez qu'elle peut avoir de la poigne !
Vous ne commencez pas par
pourquoi ne pas avoir commencé par l'Evangile, la prière de Jésus, l'enseignement des apôtres pour ensuite arriver au développement de la dévotion à Marie
Mais entré dans le vif du sujet.

La citation de la doctrine de l'Église et des saints sur la Vierge Marie, ne devrait pas être perçu comme un coup de latte mais comme un appuie solide sur lequel les âmes devraient trouver la stabilité.
Amicalement
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par etienne lorant »

Puisque je m'y suis engagé, je ne réagis pas. Ce jour a en effet été pour moi signe de miséricorde. Je suis en Ta demeure, Ô mon Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par cracboum »

etienne lorant a écrit :Mais non, Cracboum, vos jeux de mots provoquent mais montrent que vous n'y n'êtes pas du tout...
On est pas dans la même maternelle.
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Ora pro nobis »

etienne lorant a écrit : Je termine en priant Ora pro Nobis et La Chartreuse d'accepter mes excuses.
Etienne
:oui: :fleur:
Celui qui reçoit ma parole et la méprise, sera jugé par elle au dernier jour.

Amitiés

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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par La Chartreuse »

Théophane a écrit :
On a évoqué la médiation de Marie mais il faudrait aussi parler de la doctrine de la corédemption, .
J'ai trouvé cela!
PERE GARIGOU LAGRANGE (1877-1964)

«Marie, qui a mérité le titre de Corédemptrice et celui de Médiatrice universelle, est le modèle des âmes réparatrices par ses souffrances au pied de la croix. Par elles, elle nous a mérité de congruo, ou d'un mérite de convenance, fondé sur la charité, tout ce que le Verbe fait chair nous a mérité en stricte justice. S. S. Pie X (Encycl. Ad diem illum, 2 févr. 1904) a approuvé cet enseignement commun des théologiens. Et Benoît XV a ratifié le titre de corédemptrice en disant que «Marie, en union avec le Christ, a racheté le genre humain, ut dici merito queat ipsam cum Christo humanum genus redemisse» (Lettre du 22 mars 1918, Acta Apost. Sed. X, 182). C'est ainsi que Marie est devenue la Mère spirituelle de tous les hommes».
Amicalement
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par etienne lorant »

Le père Garrigou-Lagrange fut un des proches de Julien Green, j'ai retrouvé son nom cité plusieurs fois dans son Journal - mais Julien Green étant né en 1900 (décédé en 1998 !) et ayant tenu son Journal pendant plus de soixante ans... , il faudrait de longues recherches pour évoquer leurs entretiens ! Mais je crois me souvenir qu'il était une relation commune avec Jacques Maritain, qui conseilla beaucoup Julien Green quant à ses difficultés personnelles.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Shinran
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Shinran »

N'empêche que je ne comprends quand même pas pourquoi vous donnez raison aux évangiles apocryphes quant à l'immaculée conception et l'assomption. C'est comme pour le bœuf et l'âne dans la crèche et les noms des rois mages...c'est d'ailleurs les apocryphes qui nous disent qu'ils étaient trois, parce que les évangiles nous disent pas cela, ils parlent juste des 3 cadeaux...
Enfin pourquoi donner raison à des apocryphes et même pourquoi accepter ceux-là et refuser d'autres comme les gnostiques par exemples...quel est le critère de sélection?
" Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle." Jn 6, 68
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Libremax
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Libremax »

Shinran a écrit :N'empêche que je ne comprends quand même pas pourquoi vous donnez raison aux évangiles apocryphes quant à l'immaculée conception et l'assomption. C'est comme pour le bœuf et l'âne dans la crèche et les noms des rois mages...c'est d'ailleurs les apocryphes qui nous disent qu'ils étaient trois, parce que les évangiles nous disent pas cela, ils parlent juste des 3 cadeaux...
Enfin pourquoi donner raison à des apocryphes et même pourquoi accepter ceux-là et refuser d'autres comme les gnostiques par exemples...quel est le critère de sélection?
En professant la dévotion à Marie, ce n'est pas à des apocryphes que l'Eglise veut donner raison, mais à la Tradition.
Tout ce que disent tel ou tel apocryphe n'est pas forcément faux : le faux et le vrai s'y mêlent pour des raisons diverses.
La Tradition ne provient pas des apocryphes. Elle est transmise par des documents ou le témoignage des Pères, elle est la mémoire orale des chrétiens des premiers temps.
Parfois, certains apocryphes en gardent l'écho.

( Aucune doctrine chrétienne n'enseigne que les mages étaient trois ni qu'il y avait un âne et un boeuf dans la Crèche. )
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Shinran
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Re: Doute à propos de Marie.

Message non lu par Shinran »

Et la tradition repose sur quoi?
Faut pas oublier qu'avant d'avoir fixé le canon, tous les textes circulaient, et encore ça veut pas dire que tous le monde avec accès à tous les textes. Certaines figures phares à l'époque pouvaient donc avoir des idées incomplètes parce qu'en manque de textes qui allaient être plus tard canonique et à l'inverse en avoir dès qui allaient devenir apocryphe.
De plus après le canon fixé fallait aussi laissé du temps pour que tous le monde sache qu'est-ce qui reconnu officiel et finalement, même après le canon fixé il y a eu de nouveaux apocryphes...

Puis même si les Pères de l'Eglise ont apportés beaucoup de choses, ils ne sont pas infaillibles, à moins qu'il y ait un dogme le disant...
Il n'y a qu'à regarder le cas de Tertullien, donc d'en un cas moins grave on peut dire que d'autres étaient très bon sur certains points et moins bon sur d'autre.

Quoiqu'il en soit, il n'y a nul part dans la Bible l'immaculée conception et l'assomption. C'est quand même bizarre, si cela était si important cela aurait du être mentionné. Si cela était réellement essentiel pour la foi au point d'en faire un dogme, cela devrait dit dans les écritures.

C'est comme le faite de vouloir dire Marie co-rédemptrice, mais pourquoi dans les évangiles on ne dit pas ce qu'elle a fait pour participer à la rédemption? Pourquoi on ne parle pas de son action dans les épîtres?
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