La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Un gentil athée
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

Message non lu par Un gentil athée »

etienne lorant a écrit :
Un gentil athée a écrit :Bonjour,

Merci pour vos réponses. Sauf Etienne Lorant qui pour le coup est blessant et me déçoit un peu... (ça va être difficile de continuer à débattre avec vous, Etienne, si vous me traitez d'hypocrite [notez que je n'ai jamais traité les croyants de la sorte, sinon dites-moi précisément où], si vous qualifiez mes propos de "tricherie intellectuelle" et si vous vous contentez de pointer du doigt ma soi-disant incohérence sans la démontrer,... :( quant au "bon sens" que vous brandissez, encore faudrait-il le définir, car en matière de "bon sens", chacun voit midi à sa porte...)..
Chacun voit midi à sa porte, est-ce là un langage rationnel ? Mais avec la sagesse des rationnalistes, on sait aussi que l'on tourne de midi à quatorze heures, alors à quoi bon s'inquiéter.
Ce que je veux dire c'est que mon bon sens à moi me dit que la liberté amoureuse est un bien. Alors ne nous voilà pas beaucoup plus avancé... Quel critère utiliser pour départager votre bon sens du mien ?
etienne lorant a écrit :Quant à l'histoire du gynécologue qui voit des vagins à longueur d'années, je cite : "si un gynéco a des clientes plutôt bien jolies et charmantes, que ça lui procure des sensations agréables de les consulter, et qu'il n'éprouve aucune culpabilité à goûter à ces sensations, nous sommes bien là dans le cadre du charnel, et donc du moralement condamnable", il y eut autrefois des malades qui faisaient des fixations sur les pieds de ces dames, et tous n'étaient pas vendeurs de chaussures !
Bref, vous ne répondez pas à ma question...
etienne lorant a écrit :J'aime bien vous lire, finalement, çà me rappelle le bon vieux temps où je croyais trouver la vérité en philosophie... A ce que disait Coluche - voilà un philosophe que j'aime bien! : "Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison", je peux répondre que ce bon maître a dit aussi:
"Les plus agréables des gens qui n'ont rien à dire, sont tout de même ceux qui se taisent !"
Alors qu'attendez-vous pour mettre en pratique cet adage ?
etienne lorant a écrit :Puisse Dieu vous faire miséricorde et vous accorder de découvrir que la vérité est simple. Pourquoi la sagesse de l'homme est-elle incapable de rendre l'homme sage ?
Mais ce n'est pas moi qui complique tout. Effectivement, la vérité simple que je vois est celle-ci : les relations interpersonnelles n'ont pas à être exclusives. Vous vous compliquez tout en introduisant une exception : les relations interpersonnelles n'ont pas à être exclusives, sauf si elles impliquent de l'érotisme. Regardez bien ces deux phrases. N'avez-vous pas l'impression que la seconde est moins simple que la première. C'est presque par amour de la simplicité que je défends la non-exclusivité des relations amoureuses...
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Un gentil athée a écrit :[. C'est presque par amour de la simplicité que je défends la non-exclusivité des relations amoureuses...
Ah bon ? Moi qui croyais que c'était par amour des femmes, quelles mauvaises pensées j'ai parfois !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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etienne lorant a écrit :
Un gentil athée a écrit :[. C'est presque par amour de la simplicité que je défends la non-exclusivité des relations amoureuses...
Ah bon ? Moi qui croyais que c'était par amour des femmes, quelles mauvaises pensées j'ai parfois !
On peut aimer les femmes et s'en mordre les doigts de culpabilité, donc ce n'est pas une condition suffisante...
etienne lorant
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Un gentil athée a écrit : On peut aimer les femmes et s'en mordre les doigts de culpabilité, donc ce n'est pas une condition suffisante...
Pardonnez-moi, mais qu'est-ce que vient faire la culpabilité jusqu'à s'en "mordre les doigts" ? Pourquoi un homme dont la sagesse est dans sa raison, éprouverait-il de la culpabilité s'il est en accord logique avec lui-même... le problème que la dimension du rationnel ne suffit pas pour rendre compte de l'homme.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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etienne lorant a écrit :
Un gentil athée a écrit : On peut aimer les femmes et s'en mordre les doigts de culpabilité, donc ce n'est pas une condition suffisante...
Pardonnez-moi, mais qu'est-ce que vient faire la culpabilité jusqu'à s'en "mordre les doigts" ? Pourquoi un homme dont la sagesse est dans sa raison, éprouverait-il de la culpabilité s'il est en accord logique avec lui-même...
Aucune idée. A vrai dire, je pense même qu'un tel homme dont la sagesse est dans la raison ne devrait pas éprouver de culpabilité s'il est en accord logique avec lui-même... mais ce n'est pas de ce genre d'homme dont je parlais en écrivant qu'on peut aimer les femmes et s'en mordre les doigts de culpabilité (sauf bien entendu si la raison montre que la liberté amoureuse est mal).
etienne lorant a écrit :le problème que la dimension du rationnel ne suffit pas pour rendre compte de l'homme.
Ça dépend de ce que vous appelez la raison, au fond. Pour moi, elle ne se limite pas à la pure logique formelle mais inclue aussi une dimension intuitive et sensible. C'est avec tout cela que l'on raisonne.
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Un gentil athée a écrit : Ça dépend de ce que vous appelez la raison, au fond. Pour moi, elle ne se limite pas à la pure logique formelle mais inclue aussi une dimension intuitive et sensible. C'est avec tout cela que l'on raisonne.
Voilà qui est plus intéressant. Si vous recherchez la vérité sur l'homme envous servant de la logique, mais aussi de la dimension "intuitive et sensible", vous suivez un chemin déjà parcouru par d'autres. Et vous découvrirez qu'il y a UNE vérité, et autant d'aspects de cette vérité qu'il y a d'êtres humains.

Si vous lisez les philosophes, voici Jacques Maritain (çà devrait vous plaire):

Sa pensée
La pensée de Jacques Maritain s'est construite d'après Aristote et Saint Thomas d'Aquin. Comme Thomas d'Aquin, Maritain est l'artisan et le défenseur d'une philosophie chrétienne fondée sur l'expérience et la raison, indépendante de la foi, mais en accord parfait avec la Révélation. D'une manière générale, Maritain est un métaphysicien qui défend une conception de la philosophie comme science - contre ceux qui prétendraient la déchoir de son rôle éminent - et revendique pour elle le statut de reine des sciences, chargée de corriger les erreurs des autres sciences, secondaires et traitant de la matière. A partir de ces principes, Maritain cherchera au cours de toute son œuvre à rendre actuelle la pensée du thomisme, et à la situer sans la trahir dans le contexte du XXe siècle. Ainsi, Maritain dialoguera dans ses ouvrages avec des penseurs modernes comme Descartes ou Kant, et son ouverture lui sera reprochée par Étienne Gilson, dont l'optique thomiste se veut plus conservatrice.

Son œuvre (une cinquantaine d'ouvrages) aborde presque tous les aspects de la philosophie : nature, métaphysique, logique, épistémologie, morale, politique, histoire et art.

Métaphysique
Il est le promoteur d'un réalisme critique et d'une philosophie de l'être et de l'exister supérieure, d'après lui, aux philosophies de l'un, du vrai, du bien, de la liberté, de la durée, de l' existence (coupée de l' essence). Le principe fondateur de cette doctrine de l'être est le principe d'identité qui justifie en droit une « raison d'être » intelligible (causalité, finalité). Du principe d'identité découle toutes les catégories de l'être (essence/existence ; acte/puissance ; substance ; quantité ; qualité ; relation, etc), d'où l'on déduit l'être même subsistant (Dieu) qu'Heidegger a confondu à tort avec un existant suprême.

Épistémologie
En 1910, Maritain acheva sa première contribution importante à la philosophie contemporaine, un article de 28 pages intitulé "Raison et Science contemporaine", qui parut dans le numéro de juin de la Revue de Philosophie. Il y dénonçait la divinisation de la science, et la confiscation par celle-ci du rôle de la raison et de la philosophie, et le surcroît d'importance qu'acquérait la science sur les lettres. De fait, son épistémologie est défensive. Contre la phénoménologie et les existentialismes, elle distingue différents niveaux d'abstraction (voir Sept leçons sur l'être). Les degrés du savoir analyse les formes de la connaissance scientifique à la lumière de sa théorie thomiste de l'abstraction.

Éthique
Maritain est un fervent défenseur d'une éthique fondée sur la loi naturelle. Il conçoit les normes éthiques comme enracinées dans la nature humaine. Pour lui, la connaissance de la loi naturelle est première, et ne se constitue pas par le débat philosophique ou par la démonstration, mais plutôt au travers de la co-naturalité. La connaissance co-naturelle est un type de connaissance obtenu par la confrontation avec la réalité. Ainsi, nous connaissons la loi naturelle en y étant directement confrontés dans le cadre de l'expérience humaine. Maritain défend également l'idée selon laquelle les droits naturels se fondent sur la loi naturelle. Sa morale pleinière participe de la théologie par subalternation de la raison aux données de la foi chrétienne, faute de quoi, elle serait inachevée par manque d'information sur les fins dernières.

De son œuvre, dans laquelle il s'est constamment employé à dénoncer la récupération de certaines valeurs spirituelles par des doctrines, politiques ou autres, la postérité chrétienne a retenu la distinction qu'il opère entre l'action « en tant que chrétien », qui consiste à l'obéissance aux rites et aux dogmes de l'Église, et l'action « en chrétien », qui consiste en la mise en œuvre, individuellement, des idées chrétiennes dans des domaines « temporels », des organisations laïques où l'Église n'a pas à s'immiscer.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Merci pour ces informations. Je connais Jacques Maritain de nom, mais ne l'ai pas lu.
etienne lorant a écrit : Éthique
Maritain est un fervent défenseur d'une éthique fondée sur la loi naturelle. Il conçoit les normes éthiques comme enracinées dans la nature humaine.
Jusque là, pourquoi pas, à condition de ne pas entendre par nature humaine quelque chose de monolithique car fondé sur une observation statistique ne retenant que la moyenne ou la médiane, mais oubliant l'écart-type, ce qui entraînerait une morale imposée à l'individu sans tenir compte de ses spécificités propres.
etienne lorant a écrit : Pour lui, la connaissance de la loi naturelle est première, et ne se constitue pas par le débat philosophique ou par la démonstration, mais plutôt au travers de la co-naturalité. La connaissance co-naturelle est un type de connaissance obtenu par la confrontation avec la réalité. Ainsi, nous connaissons la loi naturelle en y étant directement confrontés dans le cadre de l'expérience humaine.
En un certain sens, je suis un peu d'accord. Mon adhésion à la liberté sexuelle est avant tout quelque chose qui s'impose à moi à travers ma sensibilité, mon intuition, ma connaissance du réel. C'est la confrontation à des discours qui lui sont opposés qui m'a amené, dans un second temps, à développer des arguments logiques afin de justifier cette adhésion, car brandir ma sensibilité et mon intuition n'est pas suffisant dans le cadre d'un débat. Cela dit, là où je ne suis pas d'accord avec ce que vous me présentez de Maritain, c'est que je pense que le débat philosophique et la démonstration peuvent contribuer à corriger/revoir les idées issues de la connaissance co-naturelle. Ainsi, je suis prêt à corriger/revoir mes intuitions et ma sensibilité si d'aventure on me montrait que sur le plan logique, mon libéralisme sexuel ne tient pas. Par le passé, il m'est ainsi arrivé de changer d'avis sur certains sujets importants parce que mes arguments logiques avaient été réfutés efficacement et que je n'avais su répondre aux arguments de mon interlocuteur. J'ai alors travaillé sur ma sensibilité et mon intuition afin de les harmoniser avec la logique.
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"Donc, pour vérifier que j'ai bien compris : si un gynéco a des clientes plutôt bien jolies et charmantes, que ça lui procure des sensations agréables de les consulter, et qu'il n'éprouve aucune culpabilité à goûter à ces sensations, nous sommes bien là dans le cadre du charnel"
Du charnel coupable, oui (enfin, du charnel, oui, et coupable d'un point de vue chrétien).
"et donc du moralement condamnable, quand bien même cela n'irait pas plus loin, ne le détournerait pas de son amour pour sa femme"
Ben, si, là c'est contradictoire : se permettre des pensées érotiques en tripatouillant ses clientes, C'EST se détourner de l'amour de sa femme et de son amour pour sa femme.
"et le motiverait au contraire dans son travail et contribuerait à ce qu'il l'apprécie ?"
Heuuu, oui, enfin ça ferait une motivation un peu perverse, donc autant faire garagiste, plutôt... (moi ma motivation dans mon métier c'est de soigner les animaux, pas la zoophilie...)
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Je sais bien que je dois vous sembler être un extraterrestre avec mes questions, j'en suis désolé, mais je ne peux tout de même pas me forcer à croire que l'exclusivité est bien et que la liberté amoureuse est mal, si je suis intimement convaincu, pour des raisons qui me paraissent valables, que tel n'est pas le cas, car comme disait Coluche, ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison, et quoique conscient du fait que mes idées sont très minoritaires, cela ne me semble pas une raison suffisante pour me ranger à la pensée majoritaire.
D'un autre côté, pour un extraterrestre, ce sont les terriens les extraterrestres... autrement dit, on est toujours l'extraterrestre de quelqu'un. (ça, c'est puissant, j'en suis très fier :-)

Ceci étant : oui, vous êtes intimement convaincu, ça nous prenons acte. Pour quelles raisons, ça, on ne sait toujours pas trop, sinon la simple raison que vous seriez attiré par d'autres personnes que votre épouse (enfin, encore une fois je précise : moi c'est en tout cas la seule raison que je vois exposée dans vos propos).
De même, quand vous dites "développer des arguments logiques afin de justifier cette adhésion" : pour l'instant le seul argument que vous avancez réellement, enfin, en tout cas que je vois moi dans vos propos, c'est "je ne vois pas pourquoi on pourrait pas". Ce n'est pas vraiment un argument rationnel ; c'est plus du domaine "intuition contre intuition".



. "quoique conscient du fait que mes idées sont très minoritaires" : là, précisons : très minoritaires...dans le cadre de ce forum ; mais excessivement majoritaires, répandues et courantes par ailleurs à l'heure d'aujourd'hui. C'est même un des piliers de la "philosophie" dominante actuellement, quasiment la religion d'État actuelle.
("C'est presque par amour de la simplicité que je défends la non-exclusivité des relations amoureuses..." : dites, n'en faites pas trop, quand-même... :roule: )
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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ti'hamo a écrit :
"Donc, pour vérifier que j'ai bien compris : si un gynéco a des clientes plutôt bien jolies et charmantes, que ça lui procure des sensations agréables de les consulter, et qu'il n'éprouve aucune culpabilité à goûter à ces sensations, nous sommes bien là dans le cadre du charnel"
Du charnel coupable, oui (enfin, du charnel, oui, et coupable d'un point de vue chrétien).
Bien, merci. Et en revanche, si un homme marié se retrouve nu à nu avec une tierce mais que ça reste (mettons) "roupoutou câlin" sans le moindre désir et plaisir érotique, ce n'est pas charnel (puisque pas de désir/plaisir érotique) et donc pas immoral ? La situation vous paraît peut-être invraisemblable (elle n'y est pas puisqu'il m'arrive de l'expérimenter avec ma femme... donc a fortiori avec une tierce, ça devrait être possible) mais ce que je voudrais savoir c'est si ça serait bien "pas charnel" et donc pas immoral si elle se produisait.
ti'hamo a écrit :
"et donc du moralement condamnable, quand bien même cela n'irait pas plus loin, ne le détournerait pas de son amour pour sa femme"
Ben, si, là c'est contradictoire : se permettre des pensées érotiques en tripatouillant ses clientes, C'EST se détourner de l'amour de sa femme et de son amour pour sa femme.
Je ne comprends pas. Encore, que vous disiez : "c'est pas bien", soit, admettons, même si je ne suis pas d'accord. Mais là je suis pour le moins perplexe. Pouvez-vous me dire en quoi vous voyez une contradiction ? Ce n'est quand même pas une contradiction logique, rassurez-moi ? Si c'était le cas, ça ne serait même pas imaginable (comme les cercles carrés). Or, on peut très bien imaginer (et même se former une idée claire et distincte de) quelqu'un qui éprouve tout à la fois du désir charnel et de la bienveillance pour son épouse, avec tout ce que cela implique de prévenance, de douceur, d'empathie, de disponibilité, etc., tout en éprouvant aussi du désir charnel pour quelqu'un d'autre. Sans aller jusqu'à passer à l'acte (pour pas me faire taper sur les doigts...), il m'arrive fréquemment d'avoir du désir charnel pour d'autres femmes que mon épouse. Or personne, même parmi ceux qui nous connaissent le mieux (à commencer par ma femme), n'irait douter de l'amour qui nous unit.
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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ti'hamo a écrit :
Je sais bien que je dois vous sembler être un extraterrestre avec mes questions, j'en suis désolé, mais je ne peux tout de même pas me forcer à croire que l'exclusivité est bien et que la liberté amoureuse est mal, si je suis intimement convaincu, pour des raisons qui me paraissent valables, que tel n'est pas le cas, car comme disait Coluche, ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison, et quoique conscient du fait que mes idées sont très minoritaires, cela ne me semble pas une raison suffisante pour me ranger à la pensée majoritaire.
D'un autre côté, pour un extraterrestre, ce sont les terriens les extraterrestres... autrement dit, on est toujours l'extraterrestre de quelqu'un. (ça, c'est puissant, j'en suis très fier :-)
Ben oui, c'est aussi cela que je voulais dire... :oui:
ti'hamo a écrit :Ceci étant : oui, vous êtes intimement convaincu, ça nous prenons acte. Pour quelles raisons, ça, on ne sait toujours pas trop, sinon la simple raison que vous seriez attiré par d'autres personnes que votre épouse (enfin, encore une fois je précise : moi c'est en tout cas la seule raison que je vois exposée dans vos propos).
De même, quand vous dites "développer des arguments logiques afin de justifier cette adhésion" : pour l'instant le seul argument que vous avancez réellement, enfin, en tout cas que je vois moi dans vos propos, c'est "je ne vois pas pourquoi on pourrait pas". Ce n'est pas vraiment un argument rationnel ; c'est plus du domaine "intuition contre intuition".
Détrompez-vous, c'est un argument tout à fait recevable (et ce n'est pas mon unique argument, vous exagérez), si on lui adjoint la maxime suivante : "with the absence of any reason to disbelieve it, one should accept what appears to be true". Et c'est pas moi qui l'ai inventé, c'est un éminent apologète chrétien : Richard Swinburne, afin de défendre la croyance religieuse contre les attaques sceptiques... :siffle: Alors moi je veux bien qu'on ne tienne pour vrai que ce qui a été rigoureusement démontré, mais ça risque de desservir vos croyances plus que de les servir...

Or je ne vois pas bien où sont vos objections, à part : "les relations charnelles sont un don de soi total l'un l'autre", ce qui ne me semble pas aller de soi (mais je ne sais toujours pas ce que vous entendez au juste par "don de soi total l'un l'autre" ; pour moi, s'investir à fond dans la cause des sans abris, c'est aussi un "don de soi total", ce qui n'implique pas qu'on ne va pas pouvoir s'investir, même rien qu'un peu, dans d'autres causes...).
. "quoique conscient du fait que mes idées sont très minoritaires" : là, précisons : très minoritaires...dans le cadre de ce forum ; mais excessivement majoritaires, répandues et courantes par ailleurs à l'heure d'aujourd'hui. C'est même un des piliers de la "philosophie" dominante actuellement, quasiment la religion d'État actuelle.
Désolé, mais je ne peux pas être d'accord : j'ai déjà discuté de mes idées avec de nombreuses personnes (y compris athées), la plupart ne comprennent pas, ou au mieux me disent que ce n'est pas pour elles, qu'elles ne voudraient pas de ça dans leur couple.

Je dis pas, peut-être qu'en effet beaucoup de gens aimeraient avoir des relations amoureuses avec d'autres personnes en plus de leur conjoint, mais bien peu, à mon avis, seraient prêtes à concéder une telle liberté à leur conjoint. En cela elles sont incohérentes ou égoïstes.
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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Dans "roupoutou câlin", il y a "câlin" : c'est érotique. perdu.
Ou en tout cas, c'est intime ; du domaine de l'intimité ; conjugale.


"Or, on peut très bien imaginer (et même se former une idée claire et distincte de) quelqu'un qui éprouve tout à la fois du désir charnel et de la bienveillance pour son épouse, avec tout ce que cela implique de prévenance, de douceur, d'empathie, de disponibilité, etc., tout en éprouvant aussi du désir charnel pour quelqu'un d'autre."
Il est tout à fait naturel et concevable d'imaginer une personne mariée éprouvant du désir, à un moment donné, pour une autre personne, même d'ailleurs une personne qui passe comme ça dans la rue.
Mais garder et entretenir ce désir, s'y arrêter, fantasmer dessus, jouer avec, se faire des petits guilis au cœur avec, c'est autre chose. (un peu comme la différence entre ressentir de la colère, ressentir une pointe de colère naissante, d'une part, et "être en colère", même uniquement intérieurement, d'autre part)

Si j'agis ainsi, alors cela signifie qu'il y a d'un côté "mon épouse", et de l'autre "ma vie" ; ça signifie qu'il y aurait dans ma tête, dans ma vie, des petites cases - ici le plaisir que je prends avec mon épouse - ici mon petit plaisir perso que je prends ailleurs, avec d'autres femmes, ou avec des fantasmes - par là mon boulot,... une petite vie gentiment segmentée, rangée, ordonnée pour...moi ;
des petites cases pour ménager mes petits désirs personnels ; des petites cases, une petite vie segmentée, dans laquelle mon épouse ne serait alors qu'un élément parmi d'autres ; un élément de MA vie.
Ce qui signifierait alors que je ne l'ai pas réellement épousée ; que ma vie n'a pas réellement épousé la sienne ; comme, heu, comme un vêtement qui épouse les formes du corps.

Si j'agis et pense ainsi, alors je ne suis pas encore prêt à me marier.
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

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- "quoique conscient du fait que mes idées sont très minoritaires" : là, précisons : très minoritaires...dans le cadre de ce forum ; mais excessivement majoritaires, répandues et courantes par ailleurs à l'heure d'aujourd'hui. C'est même un des piliers de la "philosophie" dominante actuellement, quasiment la religion d'État actuelle.

- Désolé, mais je ne peux pas être d'accord : j'ai déjà discuté de mes idées avec de nombreuses personnes (y compris athées), la plupart ne comprennent pas, ou au mieux me disent que ce n'est pas pour elles, qu'elles ne voudraient pas de ça dans leur couple.

Vous pouvez essayer de vous dire que vos idées sont révolutionnaires, originales, à contre-courant, si cela vous fait plaisir ou que cela vous semble plus valorisant à vos yeux.
Mais, concrètement, moi je constate : les idées répandues, entretenues, à la mode, celle qu'il est vieux jeu et réac de combattre mais original et séduisant de défendre,
c'est la "liberté sexuelle",
le fait de vivre plusieurs relations, de vouloir découvrir "l'homme (ou la femme) de sa vie" ET en même temps de ne pas se priver d'"expériences", d'aventures,
c'est de considérer que les désirs doivent être assouvis, du moment qu'on ne fait mal physiquement à personne,
c'est de considérer qu'un acte n'engage la personne qui si on en a envie,
c'est de fonder la signification d'une relation ou d'un acte sur ce qu'on désire en retirer pour soi,
c'est de vouloir se ménager à la fois une belle image de vie de couple et à la fois, en même temps, la possibilité de vivre ce dont on a envie quand on en a envie.


C'est la façon de voir que l'on retrouve aussi bien dans "Philosophie magazine" que dans "Cosmopolitan".


Que des personnes qui, en paroles, dans la discussion, défendront à tout prix cette façon de voir, et railleront ceux qui s'y opposent, ne l'appliqueront pas, en fait, dans leur vie, c'est un fait ; mais, toujours est-il que ce sont là des idées dans le vent. Pas nouvelles, d'ailleurs. C'est vieux comme le monde d'avoir envie d'aller voir ailleurs et de se trouver des justifications.
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

Message non lu par Un gentil athée »

ti'hamo a écrit :Dans "roupoutou câlin", il y a "câlin" : c'est érotique. perdu.
Donc une mère qui fait un câlin à son enfant, c'est érotique, OK, c'est noté.
ti'hamo a écrit :Ou en tout cas, c'est intime ; du domaine de l'intimité ; conjugale.
Remarque irrecevable : on a dit que "relation charnelle" = "relation qui implique de l'érotisme", non pas "relation qui implique de l'intimité", sinon si je vous raconte ma vie dans le menu détail, cela signifierait que j'ai une relation charnelle avec vous :sonne:
ti'hamo a écrit :Mais garder et entretenir ce désir, s'y arrêter, fantasmer dessus, jouer avec, se faire des petits guilis au cœur avec, c'est autre chose. (un peu comme la différence entre ressentir de la colère, ressentir une pointe de colère naissante, d'une part, et "être en colère", même uniquement intérieurement, d'autre part)

Si j'agis ainsi, alors cela signifie qu'il y a d'un côté "mon épouse", et de l'autre "ma vie" ; ça signifie qu'il y aurait dans ma tête, dans ma vie, des petites cases - ici le plaisir que je prends avec mon épouse - ici mon petit plaisir perso que je prends ailleurs, avec d'autres femmes, ou avec des fantasmes - par là mon boulot,... une petite vie gentiment segmentée, rangée, ordonnée pour...moi ;
des petites cases pour ménager mes petits désirs personnels ; des petites cases, une petite vie segmentée, dans laquelle mon épouse ne serait alors qu'un élément parmi d'autres ; un élément de MA vie.
Et en vertu de quoi cela devrait-il signifier tout ça mon bon monsieur ?
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ti'hamo
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Re: La liberté amoureuse et sexuelle en question

Message non lu par ti'hamo »

Hehe...

. mauvaise foi flagrante sur le premier point.

. précision, effectivement, pour le deuxième : intimité physique.
(quoiqu'exposer par le menu sa vie intime devant tout le monde s'apparente à une sorte d'exhibisionnisme voir de viol psychologique)

. sans voix et sans réponse sur le dernier point, donc.
Moi, je décris : si j'ai mes petits plaisirs sexuels personnels dans mon coin, en essayant d'y trouver des justifications bancales, alors ma femme est un élément de ma vie, ma vie n'épouse pas réellement la sienne, et ma vie est bien cloisonnée entre tout ce que j'essaye de me ménager pour préserver mes intérêts, mes plaisirs personnels et mon confort.
ç'a pas l'air de vous plaire, soit, mais bon, ça ce n'est pas un argument.

Demandez à votre épouse ce qu'elle en pense. Après tout, elle peut participer à la conversation, non ?
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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