Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux. Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. '
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. ' Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. ' Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte. Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! ' Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
Souvent je me suis demandé quelle était la meilleure clé de lecture de cette parabole, car en fait, il y en a plusieurs. On peut remarquer que toutes vont s'endormir - est-ce à dire : du sommeil qui nous attend tous ? Et pourquoi les prévoyantes ne peuvent-elles pas partager avec les insensées ? On peut chercher des idées du côté de la lampe et se demander aussi ce que représente l'huile.
J'aime particulièrement l'idée que c'est l'huile qui ne se voit pas qui alimente la lampe qui permet de voir. Les paradoxes sont comme des silex qu’on entrechoque et qui produisent des étincelles !
Dans ce cas-ci : la lampe qui brille, ce sont les bonnes oeuvres, mais sans l'huile, pas de lampe: il n'y aurait pas de bonnes oeuvres sans l'amour de Dieu, qui est supposé nous consumer entièrement.
Que l'on pose son regard sur saint François d'Assise, sur le curé d'Ars, aussi bien que sur Don Bosco, mère Teresa, ou sur n'importe quel des apôtres, on voit bien que leur manière d'être et de vivre avec les autres ne vient pas d'eux-mêmes, mais de l'amour surnaturel qui les anime. Ils en débordent littéralement !
Finalement, le tort des vierges insensées, c'est seulement de n'avoir pas assez aimé Dieu.
Il n'est pas indispensable d'avoir accompli une multitude de bonnes oeuvres reconnaissables par tous les hommes, mais il faut avoir aimé Dieu "de tout son coeur, de toute son âme et de toute ses forces". Alors on accomplira des bonnes oeuvres - car il est impossible de se consumer pour Dieu sans en même temps aimer son prochain.




