Répubicaine ou pas, tant qu’il existera une institution où ceux qui éprouvent intensément cette passion pourront s’y livrer
sans honte et impunément
, nous serons tous en danger.
Vous essentialisez beaucoup.
Illusoire, car on ne peut pas imaginer d’institution politique à l’échelle d’un grand pays sans bureaucratie, et les fonctionnaires, aimant leur métier, persuadés d’agir pour le bien, élargiront constamment leur champ d’action. Pour eux, naturellement, il y aura toujours besoin de plus d’assistanat, plus d’impôts, plus de régulations, plus de contrôles.
J'ai hésité à reprendre ma phrase parce que j'avais peur que vous me répondiez cela. Hannah Arendt ne critique pas l'existence des fonctionnaires et de bureaux en soi, elle critique une forme de gouvernement devenue essentiellement bureaucratique et amenant par là la déresponsabilisation de tout le monde. C'est tout autre chose.
A l’horizon de chaque débat politique, il y a l’ombre du policier. Si elle n'y est pas, on ne parle pas politique, on discute de philosophie.
Faux. Le politique est précisément le lieu de la parole libre. Partout où la parole n'est pas libre, il n'y a pas de politique.
Ce que vous décrivez ça n'est pas la politique, c'est son absence !
Critiquer, oui, absolument ; voilà l’agora.
Interdire, c’est à dire, paresseusement, demander au gouvernement d’interdire, c’est à dire, de mettre fin au débat, voilà la politique.
Si vous aviez lu Hannah Arendt, si vous aviez lu Aristote, si vous aviez lu n'importe quel théoricien du politique, et n'importe quel historien, vous sauriez que
l'Agora était précisément le lieu du politique.
Il ne s’agit pas de ‘mépriser’ le politique. Il est bien trop dangereux pour qu’on se contente de le mépriser. Il s’agit de l'éradiquer.
Il l'est déjà.
(je ne fais pas de distinction entre ‘le’ et ‘la’ politique ; si elle existe, vous m’expliquerez en quoi elle consiste)
La politique c'est ce qui se fait dans un État, une cité, dans un temps précis. Le politique c'est son essence, c'est la science, ce de quoi on parle lorsque l'on théorise sur la politique.
Dire que toute action est politique, c’est tomber dans le parler-pour-ne-rien-dire, que je reprochais à notre ami BLJP. Et le concept d’espace public n’a pas bcp de sens non plus. Voulez-vous parler de l’administration de la Place de la Concorde ?
Il est évident que vous ne connaissez rien au politique. Je ne dis pas cela pour vous blesser, mais pour vous faire comprendre que vous vous trompez d'adversaire.
L'action fait partie de l'essence du politique ne signifie pas que toute action est politique. Cela signifie que la politique est action. Et la politique c'est l'action dans l'espace public. L'espace public ça n'est pas un jardin ou balcon, l'espace public c'est le lieu dans lequel nous agissons au regard d'autrui et envers autrui, inscris dans un passé commun et un futur dont il faut nous soucier.
Ramasser une crotte dans sur un trottoir en période d'affluence n'est pas un acte politique. Écrire une lettre publique, destinée à être lue publiquement, traitant des problèmes du monde et par laquelle on s'engage est un acte politique.