"Espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance" (Rm 8:25)
En partageant sur l'Evangile qui raconte la vocation de Nathanaël, j'ai écrit que j'étais certain de la présence de Jésus à mes côtés, ici et maintenant, et aussi de sa présence à côté des membres du forum. Jésus est présent et nous ne le voyons pas. Il est impossible de Le voir, mais la foi dit sa présence et cela suffit. Il en va de même de toutes les réalités surnaturelles en lesquelles nous espérons mais auxquelles nos sens n'ont pas accès: d'abord, si Jésus est présent, Dieu est présent, ainsi que l'Esprit Saint. Jésus dit lui-même : "Ton Père est là, qui voit dans le secret" et "Nous viendrons chez lui faire notre demeure". Il y a aussi l'ange gardien - que j'oublie souvent. Nous sommes également entourés d'amis saints que nous avons un jour ou l'autre invoqués (et la Vierge Marie), et nos défunts nous visitent, nous inspirent. Si nous pouvions voir tout cela ... si nous pouvions voir, alors la foi ne serait plus nécessaire, et nous serions plus dans l'attente: tout serait accompli.
Il nous est bien nécessaire d'attendre et d'exercer notre persévérance. Le temps passe, je me réveille parfois le matin en me disant que c'est ahurissant comme tant de "temps" dans ma vie sont déjà derrière moi. Où est le temps des grands voyages ? Où sont les trois années de Joie et d'intense activité qui ont suivi ma conversion ? Où est ma famille: les proches mais aussi les cousins, les parents éloignés ? Où sont les cinq premières années de travail, quand la découverte de nouveaux livres me faisaient battre le coeur un peu plus vite ? Et le temps des longues promenades ?
A présent, je suis déjà dans l'attente de voir ce en quoi j'ai toujours espéré. En premier lieu, j'attends avec persévérance de savoir ce que je dois encore accomplir. L'heure de la retraite est encore lointaine, mais pour moi, cette notion ne veut pas dire grand chose. Il y aura un moment où arrêter cette activitié deviendra une évidence et à ce moment-là, il me faudra un surcroît de confiance et d'abandon à la Providence. Ce peut être demain, dans un an, ou dans dix. Qui sait ? Et puis, je songe à mon vieux père, je songe à Sabrina - décédée à l'âge de 24 ans et pour qui j'ai beaucoup prié, je songe à mon copain Elio, à Didier, bien sûr, dont les funérailles ont eu lieu ce matin. A d'autres encore. C'est important de me dire que je vais les rejoindre un jour, et que je suis attendu.
Je me sens de moins en moins "de ce monde". Je ne le trouve guère intéressant avec son perpétuel esprit de compétition, son adoration de l'argent, sa façon de mettre toujours le Moi en valeur tout en prétendant veiller à la justice et au droit... Les fêtes continuelles organisées en ville contrastent toujours avec la pauvreté de ceux qui y participent, les gros tambours respirent un ennui caché mais profond, et j'aimerais aller vivre à proximité d'un monastère - si Dieu le permet.
Je vous le dis ainsi en sachant que je le dis au Seigneur en même temps : Seigneur, fais-moi connaître tes volontés !
Pensée d'avant la rentrée
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Pensée d'avant la rentrée
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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