Le célibat des prêtres

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
DavidB
Persona
Persona
Messages : 1840
Inscription : dim. 16 sept. 2007, 21:44

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par DavidB »

Openmind a écrit : Certains, ici ou ailleurs, sont pour le retour de la messe en latin... il semblerait également que d'autre soient pour le retour des hommes mariés qui deviennent prêtres...

Nostalgie, quand tu nous tient ;)
Sincèrement, pour ce qui est de l'ordination d'hommes mariés, je ne crois pas que ce soit une question de nostalgie, mais une question de vocation. Des hommes mariés peuvent avoir une vocation sacerdotale et ça répondrait probablement à certaines difficultés. Pour ce qui est de la messe en latin... Je n'ai pas vraiment d'opinion là-dessus, c'est le genre de chamaillage que je ne comprends pas...
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
DavidB
Persona
Persona
Messages : 1840
Inscription : dim. 16 sept. 2007, 21:44

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par DavidB »

Bonsoir Bon Seb,

1- Dans ce cas, pourquoi ne pas fusionner les fils sur la question et n'en faire qu'un!?

2- Et j'ai deux bonnes connaissances rencontrées en théologie qui étaient déchirés... Ils voulaient donner leur vie en tant que prêtre, s'y voyaient fortement interpellés, mais auraient aussi voulu se marier. Ce que vous dites bon Seb, au niveau du don de soi, c'est que les gens mariés peuvent moins bien offrir leur vie au Seigneur, ce qui me semble assez sévère comme conclusion.

3- Et justement, comme d'autres l'ont rappeler, et je suis d'accord, un prêtre peut être tout aussi sain et saint avec une femme et des gosses que moine.

4- Alors, pour avoir vu de mes yeux et entendu de mes oreilles les souffrances de jeunes hommes que le renoncement aux femmes et le désir de prêtrise déchiraient, je ne trouve pas la question pertinente que pour ma propre curiosité, parce que premièrement, je ne me sent pas du tout interpellé ni par le mariage, ni par la prêtrise, et deuxièmement, je suis sensible à ce que d'autres peuvent vivre et que je sais que certains vivent vraiment, bien que je sois heureux pour vous que ce ne soit pas votre cas... Pouvant me passer de l'un comme de l'autre et avec plaisir, je suis tout de même sensible au fait que d'autre portent les deux options au plus profond de leur coeur et qu'il me semble difficilement justifiable que de mettre ces options du sacerdoce et du mariage en opposition, considérant que l'Antique tradition voyait d'un bon oeil un prêtre marié, choisissant surtout les prêtre moines pour l'épiscopat...

David
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.
Avatar de l’utilisateur
envérité
Barbarus
Barbarus

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par envérité »

Mais Dieu merci, l'Eglise n'est pas une démocratie, c'est Dieu qui donne la ligne à suivre, et Lui est fidèle en tout ce qu'Il fait.
Et que dit Dieu au travers de son Ecriture ?

1Tim 3.2 Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seul femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement.
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Raistlin »

Ce qui ne saurait constituer une obligation pour l'évêque d'être marié mais, s'il l'est, de vivre selon la morale. Non, Saint Paul ne militait pas pour le mariage des évêques... :zut:

Au demeurant, notons que l'Eglise ne dit pas que Dieu interdit le mariage des prêtres, elle se contente d'estimer, après 2000 ans de discernement et d'expérience sur le sujet (Qui dit mieux ?), que le célibat correspond mieux à cet état de vie.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Avatar de l’utilisateur
Invité
Barbarus
Barbarus

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Invité »

l'Eglise ne dit pas que Dieu interdit le mariage des prêtres
Merci en effet de noter que ce célibat n'a donc rien à voir avec Dieu.
NB : pour la suite :
3.4 Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté;

Bon ! c'est le droit de l'Eglise d'editer ses regles de gestion.
est-ce que les 1000 de celibat et 1000 ans de non-celibat des prêtres dans l'Eglise confirme le bien-fondé de cette interdiction ? Ce n'est manifestement pas évident !
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Raistlin »

Le célibat a à voir avec Dieu puisque le Christ dit : Il y a des eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du royaume des cieux. (Matthieu 19, 12)
Donc oui, le célibat est bien un état de vie que Dieu approuve.

Maintenant, c'est vrai que l'Eglise a longtemps hésité sur cette question du célibat de ses prêtres. Son avantage - par rapport à vous - c'est qu'elle y réfléchit depuis 2000 ans, avec toute la force de son expérience.
Donc oui, ça peut être rediscuté et remis en question, mais il est à mon sens plus intelligent de d'abord chercher à comprendre pourquoi l'Eglise recommande le célibat à ses prêtres plutôt que de sauter sur des positions "libérales".

Encore une fois, le célibat sacerdotal a du sens.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Raistlin »

envérité a écrit :L'apotre Paul recommandait donc, à titre individuel, d'être comme lui, celibataire, et encore pour ceux à qui ca ne posait pas de problème.
Voilà pourquoi l'Eglise demande aux candidats au sacerdoce de discerner si le célibat leur pose problème ou non... ;)
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Raistlin »

Que dit saint Paul :
1- Que le célibat est bon mais que ceux qui ne peuvent s'y tenir se marient.
2- Que les évêques mariés agissent conformément à la morale en ayant une seule femme, etc.

Il me semble fallacieux d'en déduire que saint Paul défend le mariage des évêques. En effet, saint Paul n'interdit pas le mariage des évêques mais il ne dit nulle part que le mariage des évêques est le meilleur état de vie possible pour eux.

Or la réflexion de l'Eglise se porte, il me semble, sur quel est justement le meilleur état de vie pour un prêtre. Rien ne s'oppose à ce qu'elle exige de ses prêtres le célibat. Puisque c'est l'Eglise qui ordonne ses prêtres, elle a le droit de ne choisir que des célibataires qui acceptent de le rester.

Cela va peut-être vous choquer mais la réflexion de l'Eglise n'est pas figée à celle de saint Paul. Justement, dans ce domaine, saint Paul (que nous croyons inspiré du Saint Esprit) n'interdit rien. Et le Magistère (que nous croyons aussi inspiré du Saint Esprit en certaines occasions) penche plutôt pour le célibat sacerdotal.
Il n'y a pas opposition entre deux autorités mais complémentarité, approfondissement, développement.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Avatar de l’utilisateur
Sapin
Sacerdos
Sacerdos
Messages : 2271
Inscription : sam. 14 juil. 2007, 15:54
Localisation : Montréal

Re: Le Vatican se penche sur le célibat des prêtres

Message non lu par Sapin »

Encore une fois, une précision: il faut se replacer dans le contexte, Paul, dans ses lettres, préfèrent et encourage le célibat simplement parce que pour lui le retour du Christ, la Parousie, c'était imminent et qu'ainsi, il ne valait pas la peine de s'engager dans le mariage.
Père Guy

"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Raistlin »

Bonjour envérité,

Je vous invite à lire l'encyclique de Paul VI sur le sujet : SACERDOTALIS CAELIBATUS.

Je pense que vous comprendrez mieux la position de l'Eglise après cette lecture.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Mukassa
Censor
Censor
Messages : 68
Inscription : mer. 26 nov. 2008, 10:43

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Mukassa »

envérité a écrit :
envérité a écrit :Sur les recommandations de l'apotre Paul en 1 Corinthiens :

1 Cor. 7.6 Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre.
7.7 Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre.
7.8 A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu'il leur est bon de rester comme moi.
7.9 Mais s'ils manquent de continence, qu'ils se marient; car il vaut mieux se marier que de brûler.

L'apotre Paul recommandait donc, à titre individuel, d'être comme lui, celibataire, et encore pour ceux à qui ca ne posait pas de problème.
Et que dit Dieu au travers de son Ecriture ?

1Tim 3.2 Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seul femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement.
L'Eglise a donné dès le premier millenaire une autre interprétation de ces versets. Ci-dessous un extrait du Livre du Cardinal ALFONS MARIA STICKLER intitulé LE CELIBAT DES CLERCS-Histoire de son évolution et fondements théologiques:
[+] Texte masqué
Importants et révélateurs sont surtout, à ce point de vue, les documents pontificaux concernant le devoir de continence. Deux objections tirées de la Sainte Écriture y reviennent sans cesse pour y être réfutées. La première est la règle de saint Paul adressée à Timothée (1 Tm 3, 2 et 3, 12), ainsi qu’à Tite (1, 6) : les candidats à l’ordination ne doivent avoir été que unius uxoris vir, c’est-à-dire qu’ils ne doivent avoir été mariés qu’une seule fois (et seulement à une vierge). Sirice et Innocent Ier soulignent tous deux expressément et constamment que cela ne signifiait pas que le candidat pouvait continuer à vivre dans la concupiscence et à procréer des enfants. Au contraire, c’était dit en vue de la continence future.

Cette interprétation officielle des paroles de l’Écriture par les papes, qui fut, par la suite, également adoptée par les conciles, signifie que celui qui se voyait obligé de se marier une seconde fois, montrait ainsi qu’il n’était pas capable de vivre continent, et n’était donc pas apte à accéder aux ordres majeurs où les clercs doivent vivre dans la continence. C’est ainsi que ce passage de l’Écriture devient une preuve en faveur de la continence déjà réclamée par les Apôtres, et non en faveur d’un droit au mariage et à sa consommation par les clercs. Cette interprétation est restée longtemps vivante. C’est ainsi que la Glossa ordinaria du Décret de Gratien, c’est-à-dire le commentaire accepté par tout le monde de ce passage (début de Dist. 26), dit ceci : il y a quatre raisons pour lesquelles un bigame n’a pas le droit d’être ordonné. Après trois raisons d’ordre plutôt spirituel, une quatrième apparaît, d’ordre pratique : que quelqu’un soit passé d’une femme à une autre est le signe d’une incapacité à rester continent. Et le grand décrétaliste Hostiensis (Henri de Susa) explique encore au XIIIe siècle, dans son commentaire des décrétales de Grégoire IX (X, 1, 21, 3 ad v. alienum) : la troisième des quatre raisons de l’interdiction était qu’on devait craindre l’incontinence.

Que cette interprétation de l’unius uxoris vir était également connue en Orient, est attesté par nul autre que l’historien de l’Église bien informé qu’était Eusèbe de Césarée qui, comme on l’a déjà mentionné, était présent au concile de Nicée et, en tant qu’ami des Ariens, aurait dû être plutôt favorable au commerce conjugal des prêtres précédemment mariés. Mais il dit expressément que si l’on compare le prêtre de l’Ancien Testament et celui du Nouveau, on voit s’opposer une procréation physique à une procréation spirituelle, d’où le sens de l’unius uxoris vir : ceux qui avaient été ordonnés et étaient pris par le service et le culte divins devaient à l’avenir s’abstenir, comme il convenait, de commercer avec leur épouse (68).

Cette interdiction de l’apôtre Paul, selon laquelle un bigame ne pouvait être admis aux ordres majeurs, fut strictement observée des siècles durant et figurait encore en tant qu’irrégularité dans le Codex iuris canonici de 1917, canon 984, 4. Le droit canon classique considérait que même une dispense accordée par le pape n’était pas possible, celui-ci ne pouvant accorder de dispense " contre l’Apôtre ", autrement dit contre la Sainte Écriture (69).

Il est remarquable que la législation du célibat du concile in Trullo ait également maintenu pour l’Église d’Orient la même interdiction dans son canon 3 pour les prêtres, diacres et sous-diacres : ils ne devaient pas avoir été mariés une deuxième fois et, de même, ils ne devaient pas avoir épousé une femme déjà mariée une première fois (veuve). Simplement, y lit-on, on voulait adoucir en ce domaine la sévérité de l’Église romaine en proposant à ceux qui auraient contrevenu à l’interdiction de bigamie, la possibilité de se convertir et de faire pénitence. S’ils avaient renoncé au mariage interdit jusqu’à une date déterminée après le synode, ils pouvaient rester en fonction. L’illogisme de cette décision du canon 3 par rapport au canon 13, qui permettait aux prêtres et aux diacres d’user d’un mariage contracté avant l’ordination, ne peut s’expliquer que parce que cette interdiction apostolique était profondément enracinée, même dans la tradition orientale, sans que pour autant, on se rendît encore compte de sa signification. Mais il en résulte une preuve tacite en faveur du sens originel : la garantie de la continence après l’ordination - telle était la tradition restée encore vivante dans l’Église d’Occident et dont Rome avait pris acte comme étant l’exacte observance.

Dans ce contexte, signalons encore deux autres passages de l’Écriture Sainte qui, il est vrai, n’apparaissent pas expressément dans les témoignages anciens, mais dont le second est invoqué aujourd’hui contre le célibat des Apôtres.

Parmi les qualités que saint Paul signale comme étant nécessaires à l’évêque, il est aussi question qu’il soit εγκςατης c’est-à-dire continens. Ce terme désigne la continence sexuelle, comme il résulte du passage parallèle concernant la continence des époux nécessaire à la prière (70).

Le deuxième passage de l’Écriture se trouve dans 1 Cor 9, 5, où saint Paul dit qu’on avait aussi le droit d’avoir auprès de soi des femmes pour aides, comme en avaient les autres Apôtres, les frères du Seigneur ainsi que Céphas. Certains appliquent ce texte aux épouses des Apôtres, ce qui pourrait d’ailleurs être exact pour saint Pierre. Mais il faut bien remarquer qu’ici Paul ne dit pas seulement γυναικα ce qui pourrait effectivement désigner aussi l’épouse. Ce n’est probablement pas sans intention qu’il ajoute a γυναικα le mot αδελφην c’est-à-dire : soeur, de sorte qu’une confusion avec l’épouse est ici exclue.

On peut facilement se convaincre de la véracité de ce fait en songeant que par la suite, précisément les témoins ecclésiastiques les plus notoires de la continence des clercs mentionnent constamment l’ancienne épouse sous le nom de soror, soeur, après l’ordination de son ancien époux ; de même qu’en général, la relation des époux entre eux après l’ordination de l’époux, est considérée comme étant celle qui existe entre frère et soeur. C’est ainsi que saint Grégoire le Grand dit :

" Le prêtre, après son ordination, aimera sa prêtresse (c’est-à-dire son ancienne épouse) comme une soeur " (71).

Le concile de Gérone (517) décidera ceci :

" Si des hommes anciennement mariés ont été ordonnés, ils ne doivent plus habiter avec l’ancienne épouse devenue leur soeur " (72).

Le deuxième concile d’Auvergne (535) arrêtera de son côté :

" Si un prêtre et diacre a été ordonné en vue du service divin, d’époux il devient aussitôt le frère de son ancienne femme " (73).

Cette manière de s’exprimer se retrouve dans nombre de textes des Pères et des conciles.

Il nous faut maintenant nous tourner encore vers un deuxième argument souvent formulé durant les premiers siècles contre la continence des clercs. Il se réfère à l’Ancien Testament où, on le sait, les prêtres et les lévites, pendant le temps où, libérés du ministère au Temple, ils restaient à la maison, pouvaient, et même devaient, vivre en commerçant avec leur femme. A cela, deux réponses sont toujours données : d’une part, dit-on, le sacerdoce de l’Ancien Testament était confié à une tribu qui devait pouvoir se perpétuer, d’où la nécessité du mariage. Alors que le sacerdoce du Nouveau Testament est sans descendance (familiale).

D’autre part s’y ajoute un argument encore plus important et souvent rappelé, celui de la différence : les prêtres de l’Ancien Testament avaient au Temple un ministère limité dans le temps, alors que les prêtres du Nouveau Testament ont un ministère ininterrompu, exigeant que le commandement de continence et de pureté de l’Ancienne Alliance, alors limité dans le temps, soit observé de façon illimitée et constante. On cite toujours en guise d’explication convaincante le passage de la 1e lettre aux Corinthiens dans laquelle saint Paul conseille aux époux de ne pas se soustraire l’un à l’autre, à moins que ce ne soit d’un commun accord, pour pouvoir vaquer à la prière, et ce temporairement (1 Cor 7, 5).

Or, les prêtres de la Nouvelle Alliance sont obligés de prier sans discontinuer et de se consacrer à un ministère quotidien ininterrompu, du fait que, par leurs mains, est dispensée la grâce du baptême et offert le corps du Christ. La Divine Écriture leur enseigne de rester, ce faisant, totalement purs, et les Pères ont ordonné de garder la continence corporelle.

Les mêmes documents, de plus, donnent à cela une raison pastorale : comment un prêtre pourrait-il prêcher à une vierge ou une veuve de rester intacte ou continente et les stimuler à garder pure leur couche, si lui-même attache plus de valeur à engendrer des enfants au monde plutôt qu’à Dieu ?

A partir de ces réflexions, on obtient déjà une image du prêtre de la Nouvelle Alliance orientée selon la volonté du Christ, et qui se distingue fondamentalement de celle du prêtre de l’Ancienne Alliance. L’image de celui-ci n’est centrée que sur la fonction - laquelle, de plus, est limitée dans le temps - , elle est purement extérieure. L’autre image, en revanche, s’attache à l’essentiel et est, de ce fait, globale, se référant à ce qu’est le prêtre lui-même en son for intérieur comme en son for extérieur, et au ministère qu’il assure. Le Christ veut avoir l’âme de son prêtre, son coeur et son corps, et il veut que dans toutes ses activités, la pureté et la continence attestent qu’il ne vit pas selon la chair mais selon l’esprit (Rm 8, 8). Le sacerdoce lévitique fonctionnel de l’Ancienne Alliance ne peut donc jamais être un modèle pour le sacerdoce ontologique de la Nouvelle Alliance qui est configuré au Christ ; ce sacerdoce dépasse le précédent de par sa nature toute entière.

De là provient que les hommes qui ont accueilli le message du Christ, ont aussi compris dès le début l’exigence imposée par le Christ à ses apôtres, celle qu’ils puissent et même doivent aussi renoncer au mariage pour l’amour du royaume des cieux (Mt 19,12), et qu’on doive en tant que disciple du Christ au sens strict, quitter père, mère, femme et enfants, frères et soeurs (Lc 18, 29 ; 14, 26). De même on reconnaît toujours davantage l’importance pour le célibat des clercs de la parole de saint Paul relevant la différence qui apparaît dans la relation à Dieu, selon qu’on est non marié ou marié (1 Cor 7, 32-33).
Avatar de l’utilisateur
Openmind
Censor
Censor
Messages : 59
Inscription : jeu. 30 juil. 2009, 12:05
Localisation : Paris

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Openmind »

Bonjour à tous,

Une question "technique" :
Partant du postula qu'un Catholique est un catholique (si, si, ça méritait d'être précisé, à mon avis). Il y a (au minimum) une église Grecque Catholique à Paris. Ma question est : dans quelle mesure un potentiel futur prêtre qui se sent appelé, mais qui est déjà marié/fiancé bientôt marié/père de famille, ne peut-il pas être ordonné sous le rite byzantin ?
Pierre-Antoine
Censor
Censor
Messages : 112
Inscription : sam. 30 mai 2009, 18:14

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Pierre-Antoine »

enverite a écrit :Bonseb.
Sur les célibataires :
- Jesus, on n'en sait rien, pas la moindre indication biblique en la matière(à ma connaissance).
- Jean, je ne vois aucune indication en la matiere
- Pierre, marié.
Il ne faut pas oublier que dans la transmission de la foi, il existe deux piliers : l'écriture et la tradition.

Au sujet de Jésus, l'écriture est effectivement muette sur sa vie conjuguale. La tradition n'a jamais rapporté que Jésus fut marié. Par ailleurs le comportement de Jésus rapporté dans les Evangiles ne laissent pas voir le comportement d'un homme qui a charge de famille (au contraire de Joseph). Il y a tout lieu de penser et de croire, conformément à ce qui nous a été transmis par nos prédécesseurs, qui le tiennent des apôtres eux-mêmes, que le Christ n'était pas marié.

De la même manière, l'écriture ne dit rien de la vie conjuguale de Jean, la tradition ne dit pas qu'il fut marié.

Pour Pierre, aucun passage ne dit explicitement que Pierre était marié. Seul le passage sur la guérison de la belle-mère de Pierre permet d'en évoquer la possibilité. Cependant le terme Belle-Mère, en particulier dans les structures familiales de l'époque du Christ ne signifie pas nécessairement que Pierre était marié. Ce point est a creusé, je ne suis pas spécialiste.
Par ailleurs, d'une certaine manière, si Pierre avait été marié, son comportement dans les actes des apôtres et dans les évangiles, marque un manquement certain à son devoir d'état de chef de famille. Le devoir d'état étant le premier lieu de sanctification.

Enfin la différence entre l'ordination d'homme marié et le mariage des prêtres est grande. En effet la première fait partie de la tradition de l'Eglise Catholique (même si elle n'est plus en usage dans l'Eglise catholique de rite latin). La deuxième n'a jamais fait partie de la pratique de l'Eglise. Et cela a un rapport avec la nature du sacrement de l'ordre. Celui-ci met à part celui qui le reçoit pour le service de la communauté et des sacrements. Cette mise à part ne permet plus par la suite le mariage. Le mariage n'a pas cet aspect définitif. Si bien que l'Eglise ordonne et continue d'ordonner des hommes qui ont reçu le sacrement de mariage, mais ne marie pas des hommes qui ont reçu le sacrement de l'ordre.
J'ai par exemple l'exemple d'un fils, prêtre, qui imposé les mains à l'ordination sacerdotale de son père veufs.

Quelqu'un qui aurait le désir d'être prêtre, mais ne pourrait dépasser les contraintes disciplinaires pour y arriver (années d'études, célibat, voeux d'obéissance, etc.) ne pourrait être appelé par l'Eglise et sa "vocation" ne serait pas enracinée dans la terre profonde (cf. le passage de l'évangile sur le semeur).
Avatar de l’utilisateur
Openmind
Censor
Censor
Messages : 59
Inscription : jeu. 30 juil. 2009, 12:05
Localisation : Paris

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Openmind »

enverite a écrit :Je ne comprends pas bien pourquoi dites-vous que l'ordination d'hommes mariés devrait passer avant l'autorisation du mariage des prêtres. Pouvez-vous expliquer ?
Sans vouloir parler en lieu et place de BonSeb, il doit vouloir dire qu'avant d'envisager la potentialité de marier des Prêtre, il faudrait d'abord étudier "l'extension" de l'ordination d’hommes mariés à tous les "rites".
Effectivement, ceci étant déjà accepté au sein de l’église, il s’agirait en fait de prendre ce point du rite oriental et de le généraliser vers le rite latin.
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8038
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Re: Mariage des prêtres

Message non lu par Raistlin »

enverite a écrit :
Je vous invite à lire l'encyclique de Paul VI sur le sujet : SACERDOTALIS CAELIBATUS.
Je comprends la position de l'Eglise.
Je ne suis pas habilité à discuter de son fonctionnement interne.

Par contre, je peux avoir un avis exterieur sur le fondement biblique ou sur les consequences physiologiques ou emotionnelles.
Comme vous avez un avis sur la burka ou les divisions protestantes ou les infibulations musulmanes(NB sans aucun rapport de gravité, evidemment)
Mais justement, le but de l'encyclique est de montrer que la position de l'Eglise ne s'oppose aucunement aux Ecritures ou à la volonté de Dieu.
Elle montre même comment le célibat sacerdotal correspond admirablement à la vocation du prêtre.

En outre, il n'y a pas que les conséquences émotionnelle ou psychologiques dont il faut tenir compte mais aussi le rôle du prêtre, le signe qu'il représente, le sens de sa configuration au Christ.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 22 invités