"Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l'obtiendrez" (Jn 15:7)
Dans sa première Epître, Jean précise: "Et voici l'assurance que nous avons devant lui: si nous lui demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et sachant qu'il nous écoute quoi que nous lui demandions, nous savons que nous possédons ce que nous lui avons demandé." Celui qui se plaint que sa prière n'est pas exaucée, c'est soit qu'il a demandé hors de l'Amour, soit qu'à un moment donné sa demande est devenue autre et a été "ex-haussée" (pour employer un mot du prédicateur Jean Lafrance).
Comme il m'a fallu du temps pour croire en cette Parole ! Mais c'est que ma volonté était encore tellement "terrestre" ! J'étais incapable, même après ma conversion, de concevoir mieux que des réalités immédiates. Et pendant trois ans, je n'ai guère été déçu... n'étais-je pas un petit "chouchou" de converti ?
Après, ce fut tout autre chose, il fallait bien grandir dans la foi, il fallait que j'arrête de demander selon moi-même, pour demander selon Dieu. Ce fut très long à cause de mon incrédulité - car oui, on peut aimer Dieu en ouvrant tout son coeur et demeurer un obscur incrédule ! J'avais peur, je priais en disant : "Que Ta volonté soit faite" , mais du bout des lèvres... Ensuite, j'ai commencé à dire: "Qu'il m'en soit fait selon ta volonté... quand bien-même je ne le voudrais pas." Et tout à la fin, c'est-à-dire il y a deux ou trois ans à peine, j'ai dit: "Qu'il m'en soit fait comme Tu veux, car Tu es le Bien souverain !"
Cette évolution est très subtile, et elle le devient encore plus. Car l'Esprit-Saint entre dans la prière (Il y était dès le départ - il faut compendre ce que j'essaie d'exprimer) et dès lors, toutes les prières deviennent autres, toutes les demandes sont rehaussées dans l'Amour, deviennent joyeuses, et nous dépassent en nous soulevant. Je me souviens que Bernanos faisait dire à son petit prêtre: le désir de prier, c'est déjà la prière. Quand ce désir est là, la prière, en effet est déjà là. Comme un instrument de musique que l'on accorde: ensuite la musique vient, et nous devenons l'instrument - un pur bonheur !
Evolutions de la prière
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- Columbanus
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Re: Evolutions de la prière
Bonjour boisvert et bienvenue à vous,
Ce que vous me dites me rappelle un peu ce cours orthodoxe sur la prière:
http://www.pagesorthodoxes.net/coeur/verite.htm
Fraternellement,
Columbanus.
Ce que vous me dites me rappelle un peu ce cours orthodoxe sur la prière:
http://www.pagesorthodoxes.net/coeur/verite.htm
Fraternellement,
Columbanus.
Dernière modification par Columbanus le sam. 03 juil. 2010, 23:28, modifié 1 fois.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
-
antioche
- Barbarus

Re: Evolutions de la prière
Que tout ceci est bien dit !boisvert a écrit :Cette évolution est très subtile, et elle le devient encore plus. Car l'Esprit-Saint entre dans la prière (Il y était dès le départ - il faut compendre ce que j'essaie d'exprimer) et dès lors, toutes les prières deviennent autres, toutes les demandes sont rehaussées dans l'Amour, deviennent joyeuses, et nous dépassent en nous soulevant. Je me souviens que Bernanos faisait dire à son petit prêtre: le désir de prier, c'est déjà la prière. Quand ce désir est là, la prière, en effet est déjà là. Comme un instrument de musique que l'on accorde: ensuite la musique vient, et nous devenons l'instrument - un pur bonheur !
Je me permets seulement de préciser un point. Moi même je m'y suis heurté à une époque. Il faut prier avec son âme sans se soucier des mots. Ils viendront tous seuls. Et même si les phrases semblent simples(istes) par rapport à ce qu'on entend ou à ce qu'on lit (vos mots sont particulièrements beaux), peu importe, le Seigneur les entends et pour lui la prière est aussi belle !!
Peut-être que, comme pour les petits et les faibles de l'Evangile, la prière avec des mots simples, le Père céleste l'entend mieux encore.
En fraternité
- coeurderoy
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Re: Evolutions de la prière
C'est vrai que la prière (vraiment cordiale) nait souvent lorsque réduits à l'impuissance, honteux, déstabilisés, affaiblis, nous poussons vraiment un cri de détresse sincère vers Dieu. C'est pourquoi la prière des pécheurs pénitents a grande valeur aux yeux du Seigneur.
Je sais que dans les moments de gratitude, jubilation, la prière peut monter aussi (lorsque c'est vraiment l'Esprit Saint qui crie en nous, cette louange est admirable).
Je remarque que nous (je) sommes (hélas) en général déçus (voire boudeurs) si nous percevons pas la "qualité" ou la valeur de notre prière (toujours ce rétro-viseur sur l'ego...).
Je crois que la prière pour autrui est vraiment l'une des plus pures (et des plus efficaces). Concernant notre petite personne nous savons vraiment mal demander ce qui convient à notre salut...
Pris dans la prière liturgique, nous sommes vraiment "au coeur de la vague", vague dynamique qui nous dépasse et nous transporte dans la Joie de Dieu...
Cordialement !
Je sais que dans les moments de gratitude, jubilation, la prière peut monter aussi (lorsque c'est vraiment l'Esprit Saint qui crie en nous, cette louange est admirable).
Je remarque que nous (je) sommes (hélas) en général déçus (voire boudeurs) si nous percevons pas la "qualité" ou la valeur de notre prière (toujours ce rétro-viseur sur l'ego...).
Je crois que la prière pour autrui est vraiment l'une des plus pures (et des plus efficaces). Concernant notre petite personne nous savons vraiment mal demander ce qui convient à notre salut...
Pris dans la prière liturgique, nous sommes vraiment "au coeur de la vague", vague dynamique qui nous dépasse et nous transporte dans la Joie de Dieu...
Cordialement !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Evolutions de la prière
Bonjour à tous,
Je crois que ce cheminement dans la prière, cette évolution que vous décrivez Etienne, est vraiment caractéristique de la vie du disciple de Jésus. Nous avons, Dieu merci, quelques repères pour nous guider dans ce cheminement.
Avant de pouvoir dire "Notre Père... que ta volonté soit faite",
Avant même que l'Esprit Saint en personne se joigne à notre Esprit pour nous affirmer enfants de Dieu (Romains 8, 16),
Avant même que l'Esprit ne vienne au secours de notre faiblesse en gémissements ineffables (Romains 8, 26),
Nous devons tourner nos coeurs dans l'axe de l'intercession, comme l'indique d'ailleurs Coeurderoy : je crois aussi que la prière pour autrui est la prière la plus "pure". Jésus ne le précise peut-être pas lorsqu'il répond à ses disciples qui lui demandent "Seigneur, apprends-nous à prier" (Luc 11, 1) mais c'est déjà parce que le mot "Prière" en hébreu a le sens d'intercession. Prier, pour les hébreux, c'est demander quelque chose à quelqu'un pour quelqu'un. La prière est intercession avant toute chose. Et c'est sur cette base que Jésus nous apprend vraiment à prier, infusant alors en nous son Esprit, en abondance, pour nous guider. Ainsi, Saint Paul, qui a si bien intégré cette prière, peut s'approprier ce verset de Saint Jean que vous citez, Etienne, et dire "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi" (Galates 2,20). C'est magnifique quand, nous abandonnant nous-même, nous ne devenons plus que les instruments du Seigneur. Mais c'est hélas aussi pour moi tellement rare...
Mais il faut prier sans relâche, et Jésus nous a appris comment. Il me semble que dans son commentaire du Notre Père, Joseph Ratzinger (Benoit XVI) dans son livre Jésus de Nazareth, évoque cette notion d'une prière qui nous élève. Lorsque nous redisons cette prière que nous avons appris du sauveur, ce n'est pas nous qui faisons la prière mais la prière qui nous fait. Car nous pourrions être tenté de croire que nous ne sommes pas digne de dire cette si grande et si pure prière. Surtout il ne faudrait jamais la réciter mécaniquement, mais qu'elle provienne du plus profond du coeur. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, et quand bien même nous le croirions, il faudrait encore que nous ayons perçu toute la signification profonde de cette prière. Alors le Seigneur nous aide. Nous ne sommes pas digne d'être appelés Fils de Dieu, et pourtant c'est en osant appeler Dieu "Notre Père" que nous le devenons un peu plus, grâce à Lui. Comme si les mots précédaient cette action de grâce et mettaient nos coeurs au diapason de la volonté de Dieu. Ainsi, les disciples demandent : "Seigneur apprends-nous à prier comme Jean l'a appris à ses disciples". Comme Jean a précédé Jésus, les mots de la prière précèdent la grâce à venir en nos coeurs, cette grâce même qui sanctifie notre prière en retour et lui donne tout son sens.
La prière, qu'elle soit de louange ou d'intercession, c'est décidément toujours un dialogue incessant de Dieu avec lui-même !
Je crois que ce cheminement dans la prière, cette évolution que vous décrivez Etienne, est vraiment caractéristique de la vie du disciple de Jésus. Nous avons, Dieu merci, quelques repères pour nous guider dans ce cheminement.
Avant de pouvoir dire "Notre Père... que ta volonté soit faite",
Avant même que l'Esprit Saint en personne se joigne à notre Esprit pour nous affirmer enfants de Dieu (Romains 8, 16),
Avant même que l'Esprit ne vienne au secours de notre faiblesse en gémissements ineffables (Romains 8, 26),
Nous devons tourner nos coeurs dans l'axe de l'intercession, comme l'indique d'ailleurs Coeurderoy : je crois aussi que la prière pour autrui est la prière la plus "pure". Jésus ne le précise peut-être pas lorsqu'il répond à ses disciples qui lui demandent "Seigneur, apprends-nous à prier" (Luc 11, 1) mais c'est déjà parce que le mot "Prière" en hébreu a le sens d'intercession. Prier, pour les hébreux, c'est demander quelque chose à quelqu'un pour quelqu'un. La prière est intercession avant toute chose. Et c'est sur cette base que Jésus nous apprend vraiment à prier, infusant alors en nous son Esprit, en abondance, pour nous guider. Ainsi, Saint Paul, qui a si bien intégré cette prière, peut s'approprier ce verset de Saint Jean que vous citez, Etienne, et dire "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi" (Galates 2,20). C'est magnifique quand, nous abandonnant nous-même, nous ne devenons plus que les instruments du Seigneur. Mais c'est hélas aussi pour moi tellement rare...
Mais il faut prier sans relâche, et Jésus nous a appris comment. Il me semble que dans son commentaire du Notre Père, Joseph Ratzinger (Benoit XVI) dans son livre Jésus de Nazareth, évoque cette notion d'une prière qui nous élève. Lorsque nous redisons cette prière que nous avons appris du sauveur, ce n'est pas nous qui faisons la prière mais la prière qui nous fait. Car nous pourrions être tenté de croire que nous ne sommes pas digne de dire cette si grande et si pure prière. Surtout il ne faudrait jamais la réciter mécaniquement, mais qu'elle provienne du plus profond du coeur. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, et quand bien même nous le croirions, il faudrait encore que nous ayons perçu toute la signification profonde de cette prière. Alors le Seigneur nous aide. Nous ne sommes pas digne d'être appelés Fils de Dieu, et pourtant c'est en osant appeler Dieu "Notre Père" que nous le devenons un peu plus, grâce à Lui. Comme si les mots précédaient cette action de grâce et mettaient nos coeurs au diapason de la volonté de Dieu. Ainsi, les disciples demandent : "Seigneur apprends-nous à prier comme Jean l'a appris à ses disciples". Comme Jean a précédé Jésus, les mots de la prière précèdent la grâce à venir en nos coeurs, cette grâce même qui sanctifie notre prière en retour et lui donne tout son sens.
La prière, qu'elle soit de louange ou d'intercession, c'est décidément toujours un dialogue incessant de Dieu avec lui-même !
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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