"Toi Seigneur, Tu m'aides et me consoles" (Ps 86:17)
Voici aujourd'hui plus d'un mois que je n'ai plus aucun contact avec les membres de ma propre famille. Nous ne nous sommes plus revus depuis le 13 juin et, certains soirs, l'énormité de la chose, comme si le gouffre du temps s'était ouvert devant moi, a bien failli me faire sombrer dans la dépression... Mais non, la consolation m'est venue sous la forme du souvenir de mes "grandes vacances" lorsque j'étais gosse. Chaque fois que l'école fermait pour l'été, je n'en revenais pas du nombre de jours de liberté (deux mois, c'est incalculable !) que j'avais devant moi. Tous ces jours à faire tout ce qui me plairait ! j'éprouvais une profonde ivresse de liberté, qui me faisait courir partout en étendant les bras pour "jouer à l'avion"... Une pensée similaire m'est donc venue: tout ce qu'il me reste de temps pour de plaire à Dieu !
Le livre écrit par un prêtre à propos de l'effusion de l'Esprit m'a aidé ensuite à entretenir la joie de me retrouver "en ligne droite" vers l'absolu. Reprenant la rencontre du Christ avec le jeune homme riche, il comparait ce dernier au "chrétien réglo" (tous ces commandements, je les pratique depuis mon plus jeune âge, dit-il à Jésus) - et l'auteur de préciser qu'il ne faudrait pas jeter la pierre à tous ces "chrétiens réglo" qui se tiennent en règle avec le catéchisme et les prescriptions de l'Eglise, car après tout: "Jésus l'aima". Il y a encore les chrétiens engagés, qui en plus de respecter les règles pratiquent de nombreuses bonnes oeuvres. Mais pour devenir disciples, disciples de Jésus, il reste de vendre tout ce que l'on a et suivre Jésus. Ce dernier pas consiste à abandonner tout ce que l'on pensait "faire pour Dieu", pour passer à "se laisser faire par Dieu". Cela ne suppose pas d'abandonner ce que l'on faisait de bien, mais de le faire en suivant les inspirations d'En-Haut.
Ce n'est plus du tout la même chose ! Il y a la même différence qu'entre celui qui entend et celui qui écoute; entre celui qui voit et celui qui regarde; entre celui qui sert et celui qui aime; entre celui qui donne et celui qui s'abandonne. Il y a la " bonne odeur" en plus - celle qu'insuffle l'Esprit Saint qui confère un charme invisible et invincible aux toutes petites activités d'une journée. Pour comprendre, il faut se souvenir du nombre de miracles dans l'Evangile dont le récit commence par "Jésus fut saisi de pitié": l'Esprit vient donc nous saisir et il ne s'agit plus de devoir, mais d'amour...
Le "lâcher prise" de l'amour
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le "lâcher prise" de l'amour
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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