La vraie liberté n'est pas un "droit d'user et d'abuser", parce que "le droit à la liberté est indissociable du devoir d'en faire un usage responsable". La vraie liberté est en fait le droit d'accomplir son devoir de façon autonome, sans en référer à autrui.
Par exemple, la liberté d'expression est conditionnée au devoir d'exprimer la vérité dans le respect de la personne humaine. User de sa liberté à d'autres fins, c'est en abuser. Tout ce qui est conforme à ces principes doit être tolérer (ce qui ne signifie pas qu'on approuve...) mais ce qui contrevient à ces principes n'est pas tolérable (propos calomnieux, injurieux, mensongers, racistes, antisémites, homophobes, les incitations au crime ou à la débauche...).
De même pour la liberté religieuse. Chacun doit être libre de croire, de pratiquer, d'apprendre ou d'enseigner la religion de son choix, dans les limites du Bien Commun. Ainsi des comportements pseudo-religieux qui atteindraient à la dignité de la femme devraient être vigoureusement combattus, voire interdits !
Dernier exemple : les parents ont un droit et un devoir d'éducation de leurs enfants. Ils sont libres de donner à leurs enfants le modèle éducatif de leur choix et personne d'autre ne peut s'octroyer le droit d'intervenir... sauf si l'éducation parentale compromet gravement le sain développement de leurs enfants...
La seule liberté qui doive se concevoir sans limite est la liberté de conscience car la conscience est le sanctuaire de la liberté morale.
Pour les chrétiens le suicide, la toxicomanie, la prostitution, le mensonge, l'exploitation des travailleurs, l'euthanasie ou la manipulation mentale sont prohibés...
La liberté chrétienne correpond à la maxime de Lord Acton "La liberté n'est pas le pouvoir de faire ce que nous voulons, mais le droit de faire ce que nous devons". La liberté chrétienne n'est donc pas seulement limitée par la liberté d'autrui, ni seulement par le droit d'autrui : elle est d'abord limitée par le devoir propre. (Et donc a fortiori, par le droit d'autrui...)
Et la tolérance dans tout ça ? La tolérance est tout simplement le respect de la vraie liberté !
Précisons, en suivant St Thomas d'Aquin, que d'après la règle éthique du "moindre mal" doivent être tolérés les maux qui, s’ils n’étaient pas tolérés, provoqueraient des maux plus graves.
- Le gouvernement humain dérive du gouvernement divin et le doit imiter. Or Dieu, bien qu’il soit tout-puissant et souverainement bon, permet cependant qu’il se produise des maux dans l’univers, qu’il pourrait empêcher, parce qu’en les supprimant, il ôterait de plus grands biens, voire provoquerait des maux pires. Il en est aussi de même dans le gouvernement humain : ceux qui commandent tolèrent à bon droit quelques maux, de peur que quelques biens ne soient empêchés, voire que des maux pires ne soient encourus. Comme le dit saint Augustin : « Ôtez des affaires publiques les filles publiques, et vous aurez troublé tout par le déchaînement des passions ». Par conséquent, bien que les infidèles pèchent par leurs rites, ceux-ci peuvent être tolérés soit à cause d’un bien qui en provient, soit à cause d’un mal qui est à éviter […] tel que le scandale ou le dissentiment qui pourrait provenir de cette intolérance, ou bien un empêchement pour le salut de ces gens qui, ainsi tolérés, sont peu à peu tournés vers la foi. (Somme théologique, seconde partie de la seconde partie, question 10, article 11)
Christophe




