Heu... heu... je n'en ai aucune idéeetienne lorant a écrit :QUESTION : Pourquoi le soldat a-t-il un fusil, quand l'officier porte un révolver ?
Les poèmes ont besoin de lecteurs
Re: Les poètes
Dernière modification par Dúbida le mer. 23 sept. 2009, 17:07, modifié 1 fois.
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etienne lorant
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Re: Les poètes
L'officier, c'est celui qui commande l'assaut à partir de sa tranchée. On l'a tous vu dans un film dégaîner son pistolet, attendre le décompte prévu et puis hurler "En avant". Et les soldats, malades de peur, ayant bu leur ration d'alcool, sautent en avant... Tout de suite, il y a des blessés et des morts, et la section recule. Mais à ce moment-là, l'officier abat quelques-uns de ses propres hommes, et les survivants repartent vers les mitrailleuses ennemies à travers le champs de mines. La réponse à la question est donc très simple: le soldat a un fusil pour tuer de loin, l'officier, lui tire de très, très prêt !
"Du bon usage du pistolet ou du révolver d'ordonnance", cela figurait dans un manuel que les soldats n'ont jamais à disposition - mais que je m'étais procuré quand-même, tout à fait légalement, dans une bibliothèque universitaire. Le même document indiquait que la grenade à fragmentation est plus rentable que la mine, car elle cause plus de blessés que de morts. Quand on est mort, on est mort. Mais les blessés hurlent, ils appellent leurs mères, les ambulanciers accourrent, çà coûte cher en hommes et en matériel, tout est désorganisé et le moral de la compagnie est très, très bas.
On m'avait refusé l'objection de conscience, mais cela ne m'a pas empêché de distribuer des copies de ces documents dans toute la caserne ! J'ai failli me retrouver dans une section de punis, mais un généreux colonnel, ancien scout catholique, m'a proposé de devenir son "chauffeur-dactylo" personnel, à condition que je cesse ma "propagande"... Rétrospectivement, je me demande si j'aurais encore le courage (ou plutôt l'inconscience) de m'attaquer ainsi, à moi tout seul, à l'autorité militaire !
Maintenant, diversion terminée, il me faut un poème plus ou moins en rapport, voyons... ah oui, le chant des partisans !
Le chant des partisans
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines ?
Ami, entends-tu le cri sourd du pays
Qu'on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans,
C'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang
Et des larmes.
Montez de la mine, descendez des collines,
Camarades !
Sortez de la paille, les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé, les tueurs, à la balle ou au couteau,
Tuez vite.
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau,
Dynamite.
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons
Pour nos frères,
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue;
Nous on crève.
Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait,
Quand il passe.
Ami, si tu tombes, on ami sort de l'ombre,
A ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil
Sur les routes
Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté
Nous écoute...
L'idéal ce serait évidemment de résister à la guerre avant qu'elle éclate !
"Du bon usage du pistolet ou du révolver d'ordonnance", cela figurait dans un manuel que les soldats n'ont jamais à disposition - mais que je m'étais procuré quand-même, tout à fait légalement, dans une bibliothèque universitaire. Le même document indiquait que la grenade à fragmentation est plus rentable que la mine, car elle cause plus de blessés que de morts. Quand on est mort, on est mort. Mais les blessés hurlent, ils appellent leurs mères, les ambulanciers accourrent, çà coûte cher en hommes et en matériel, tout est désorganisé et le moral de la compagnie est très, très bas.
On m'avait refusé l'objection de conscience, mais cela ne m'a pas empêché de distribuer des copies de ces documents dans toute la caserne ! J'ai failli me retrouver dans une section de punis, mais un généreux colonnel, ancien scout catholique, m'a proposé de devenir son "chauffeur-dactylo" personnel, à condition que je cesse ma "propagande"... Rétrospectivement, je me demande si j'aurais encore le courage (ou plutôt l'inconscience) de m'attaquer ainsi, à moi tout seul, à l'autorité militaire !
Maintenant, diversion terminée, il me faut un poème plus ou moins en rapport, voyons... ah oui, le chant des partisans !
Le chant des partisans
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines ?
Ami, entends-tu le cri sourd du pays
Qu'on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans,
C'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang
Et des larmes.
Montez de la mine, descendez des collines,
Camarades !
Sortez de la paille, les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé, les tueurs, à la balle ou au couteau,
Tuez vite.
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau,
Dynamite.
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons
Pour nos frères,
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue;
Nous on crève.
Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait,
Quand il passe.
Ami, si tu tombes, on ami sort de l'ombre,
A ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil
Sur les routes
Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté
Nous écoute...
L'idéal ce serait évidemment de résister à la guerre avant qu'elle éclate !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Les poètes
Je rebondis avec Desnos (mais n'aurai pas le temps ce matin de poster "Sol de Compiègne" que j'ai entendu à Royallieu voici deux mois.) Profitant de ce fil je signale aux Parisiens que Sonia Masson et Pablo Nemirosky (bandonéon et flûte basse) interprèteront chansons et poèmes de Robert Desnos au Théâtre de la Vieille Grille, 1 rue du Puits-de-l'Ermite, Paris 5ème
- Samedi 27 juin à 21 h
-Dimanche 28 juin à 17h30
Métro Monge, Bus 47-67-89.
Renseignements : 01 47 07 22 11 ; courriel : vieille.grille@free.fr (il est prudent de réserver).
Les artistes que j'ai entendus à Compiègne donnent aux textes de Desnos toute l'impertinence, la joie de vivre et la fraîcheur d'une jeunesse qui clame sa liberté, son audace, son goût de la vie...
Cordialement
- Samedi 27 juin à 21 h
-Dimanche 28 juin à 17h30
Métro Monge, Bus 47-67-89.
Renseignements : 01 47 07 22 11 ; courriel : vieille.grille@free.fr (il est prudent de réserver).
Les artistes que j'ai entendus à Compiègne donnent aux textes de Desnos toute l'impertinence, la joie de vivre et la fraîcheur d'une jeunesse qui clame sa liberté, son audace, son goût de la vie...
Cordialement
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Les poètes
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Re: Les poètes
C'est bien ceci ?
Robert Desnos
Sol de Compiègne
Camp de Compiègne-Royallieu (Frontstalag 122)
écrit entre l'arrivée de Desnos à Compiègne le 20 mars 1944 et son départ pour Flöha, le 27 avril.
Publié le 1er décembre 1944 dans L'Éternelle Revue sous le pseudonyme de Valentin Guillois.
Robert Desnos est décédé le 8 juin 1945 à 5h30 du matin, atteint du typhus, au camp de Terezin en Tchécoslovaquie. Il avait été arrêté à son domicile du 19 de la rue Mazarine à Paris le 22 février 1944 par la Gestapo
CHŒUR (très pressé et comme se chevauchant)
Craie et silex et herbe et craie et silex
Et silex et poussière et craie et silex
Herbe, herbe et silex et craie, silex et craie
(ralenti)
Silex, silex et craie
Et craie et silex
Et craie...
UNE VOIX
Quelque part entre l’Hay-les-Roses
Et Bourg-la-Reine et Antony
Entre les roses de l’Hay
Entre Clamart et Antony
CHŒUR (très rythmé)
Craie et silex — craie et silex
Et craie
Et silex et craie et silex et craie
Et silex
UNE VOIX
Entre les roses de l’Hay
Et les arbres de Clamart
Avez-vous vu la sirène
La sirène d’Antony
Qui chantait à Bourg-la-Reine
Et qui chante encore à Fresnes.
CHŒUR
Sol de Compiègne !
Terre grasse et cependant stérile
Terre de silex et de craie
Dans ta chair
Nous marquons l’empreinte de nos semelles
Pour qu’un jour la pluie de printemps
S’y repose comme l’œil d’un oiseau
Et reflète le ciel, le ciel de Compiègne
Avec tes images et tes astres
Lourd de souvenirs et de rêves
Plus dur que le silex
Plus docile que la craie sous le couteau
UNE VOIX
À Paris près de Bourg-la-Reine
J’ai laisse seules mes amours
Ah ! que les bercent les sirènes
Je dors tranquille, oh ! mes amours
Et je cueille, à l’Hay, les roses
Que je vous porterai un jour
Alourdies de parfums et de rêves
Et, comme vos paupières, écloses
Au clair soleil d’une vie moins brève
Pleine d’éclairs comme un silex,
Lumineuse comme la craie
CHŒUR (alterné)
Et craie et silex et silex et craie
Sol de Compiègne !
Sol fait pour la marche
Et la longue station des arbres,
Sol de Compiègne !
Pareil à tous les sols du monde,
Sol de Compiègne !
Un jour nous secouerons notre poussière
Sur ta poussière
Et nous partirons en chantant.
UNE VOIX
Nous partirons en chantant
En chantant vers nos amours
La vie est brève et bref le temps.
AUTRE VOIX
Rien n’est plus beau que nos amours
AUTRE VOIX
Nous laisserons notre poussière
Dans la poussière de Compiègne
(scandé)
Et nous emporterons nos amours
Nos amours qu’il nous en souvienne
CHŒUR
Qu’il nous en souvienne.
Robert Desnos
Sol de Compiègne
Camp de Compiègne-Royallieu (Frontstalag 122)
écrit entre l'arrivée de Desnos à Compiègne le 20 mars 1944 et son départ pour Flöha, le 27 avril.
Publié le 1er décembre 1944 dans L'Éternelle Revue sous le pseudonyme de Valentin Guillois.
Robert Desnos est décédé le 8 juin 1945 à 5h30 du matin, atteint du typhus, au camp de Terezin en Tchécoslovaquie. Il avait été arrêté à son domicile du 19 de la rue Mazarine à Paris le 22 février 1944 par la Gestapo
CHŒUR (très pressé et comme se chevauchant)
Craie et silex et herbe et craie et silex
Et silex et poussière et craie et silex
Herbe, herbe et silex et craie, silex et craie
(ralenti)
Silex, silex et craie
Et craie et silex
Et craie...
UNE VOIX
Quelque part entre l’Hay-les-Roses
Et Bourg-la-Reine et Antony
Entre les roses de l’Hay
Entre Clamart et Antony
CHŒUR (très rythmé)
Craie et silex — craie et silex
Et craie
Et silex et craie et silex et craie
Et silex
UNE VOIX
Entre les roses de l’Hay
Et les arbres de Clamart
Avez-vous vu la sirène
La sirène d’Antony
Qui chantait à Bourg-la-Reine
Et qui chante encore à Fresnes.
CHŒUR
Sol de Compiègne !
Terre grasse et cependant stérile
Terre de silex et de craie
Dans ta chair
Nous marquons l’empreinte de nos semelles
Pour qu’un jour la pluie de printemps
S’y repose comme l’œil d’un oiseau
Et reflète le ciel, le ciel de Compiègne
Avec tes images et tes astres
Lourd de souvenirs et de rêves
Plus dur que le silex
Plus docile que la craie sous le couteau
UNE VOIX
À Paris près de Bourg-la-Reine
J’ai laisse seules mes amours
Ah ! que les bercent les sirènes
Je dors tranquille, oh ! mes amours
Et je cueille, à l’Hay, les roses
Que je vous porterai un jour
Alourdies de parfums et de rêves
Et, comme vos paupières, écloses
Au clair soleil d’une vie moins brève
Pleine d’éclairs comme un silex,
Lumineuse comme la craie
CHŒUR (alterné)
Et craie et silex et silex et craie
Sol de Compiègne !
Sol fait pour la marche
Et la longue station des arbres,
Sol de Compiègne !
Pareil à tous les sols du monde,
Sol de Compiègne !
Un jour nous secouerons notre poussière
Sur ta poussière
Et nous partirons en chantant.
UNE VOIX
Nous partirons en chantant
En chantant vers nos amours
La vie est brève et bref le temps.
AUTRE VOIX
Rien n’est plus beau que nos amours
AUTRE VOIX
Nous laisserons notre poussière
Dans la poussière de Compiègne
(scandé)
Et nous emporterons nos amours
Nos amours qu’il nous en souvienne
CHŒUR
Qu’il nous en souvienne.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Les poètes
Oui Etienne : je n'ai découvert ce poème qu'en arrivant ici, voici bientôt un an... Il y a quinze jours j'étais sur le site de Royallieu (en dehors du Mémorial actuel où seulement trois baraques ont été conservées), actuellement en cours d'urbanisation : des maisons d'habitation se construisent là où des hommes et des femmes attendaient dans l'angoisse l'ordre de départ. Il y avait des flaques d'eau et, songeant à Desnos, j'ai imprimé la trace de mes semelles dans ce sol "de silex et de craie" et j'ai ramassé quelques-uns de ces silex... C'est sans doute bien sentimental mais j'ignorais en récitant à l'école certains poèmes de Desnos qu'il avait fait son dernier voyage dans le train qui emportait aussi vers l'Est le frère de mon grand-père paternel... André Bessière, actuel président des "déportés tatoués du 27 avril 1944", 17 ans au moment de sa déportation, a suivi le poète dans les différents camps de Pologne, d'Allemagne et de Tchéchoslovaquie et témoigne que, jusqu'à la fin, Desnos avait conservé son humour et sa confiance dans la vie...C'est grâce à des infirmiers qui, connaissant son nom, l'identifièrent au moment de la libération de Terezin qu'il put quitter ce monde accompagné, veillé, et non dans le grand anonymat des charniers de 1945...Entendre chanter ses oeuvres sur le lieu même où il composa certaines d'entres-elles, fut pour moi un moment de grande joie et émotion...
Dernière modification par coeurderoy le ven. 19 juin 2009, 17:42, modifié 1 fois.
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
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Re: Les poètes
La dernière image du poète, affaibli par le typhus, à la libération du camp de Térézin...


"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
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etienne lorant
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Re: Les poètes
J'ai trouvé cette photo très "parlante" en quelque sorte. Je ne sais quelle impression vous en retirez, mais en ce qui me concerne, je devine que l'esprit du poète, au moment où la photo a été prise, est toujours bien vivant en lui. J'ai été très impressionné, mais je dois dire que c'est souvent le cas lorsque je vois ces affreux "pyjamas rayés"...
Pour changer un peu et donner une note plus gaie, je reprends ce poème de temps de guerre, que j'aime beaucoup:
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orages
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
... et puis aussi, ce charmant "Couvre-feu":
Que voulez-vous la porte était gardée
Que voulez-vous nous étions enfermés
Que voulez-vous la rue était barrée
Que voulez-vous la ville était matée
Que voulez-vous elle était affamée
Que voulez-vous nous étions désarmés
Que voulez-vous la nuit était tombée
Que voulez-vous nous nous sommes aimés.
Les deux sont parus dans le même ouvrage
Paul ELUARD, Poésie et vérité 1942
Pour changer un peu et donner une note plus gaie, je reprends ce poème de temps de guerre, que j'aime beaucoup:
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orages
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
... et puis aussi, ce charmant "Couvre-feu":
Que voulez-vous la porte était gardée
Que voulez-vous nous étions enfermés
Que voulez-vous la rue était barrée
Que voulez-vous la ville était matée
Que voulez-vous elle était affamée
Que voulez-vous nous étions désarmés
Que voulez-vous la nuit était tombée
Que voulez-vous nous nous sommes aimés.
Les deux sont parus dans le même ouvrage
Paul ELUARD, Poésie et vérité 1942
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Re: Les poètes
Encore Paul Eluard qui me donne beaucoup de bonheur:
Pour vivre ici
Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver,
Un feu pour vivre mieux.
Je lui donnai ce que le jour m'avait donné:
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.
Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J'étais comme un bateau coulant dans l'eau fermée,
Comme un mort je n'avais qu'un unique élément.
Paul ELUARD, Le Livre ouvert I
(poème composé en 1918)
Encore celui-ci, qu'il est bon !
Dimanche après-midi
S'enlaçaient les domaines voûtés d'une aurore grise dans un pays gris, sans passions, timide,
S'enlaçaient les cieux implacables, les mers interdites, les terres stériles,
S'enlaçaient les galops inlassables de chevaux maigres, les rues où les voitures ne passaient plus, les chiens et les chats mourants,
S'auréolaient de pâleur charmante les femmes, les enfants et les malades aux sens limpides,
S'auréolaient les apparences, les jours sans fin, jours sans lumière, les nuits absurdes,
S'auréolait l'espoir d'une neige définitive, marquant au front la haine,
S'épaississaient les astres, s'amincissaient les lèvres, s'élargissaient les fronts comme des tables inutiles,
Se courbaient les sommets accessibles, s'adoucissaient les plus fades tourments, se plaisait la nature a ne jouer qu'un rôle,
Se répondaient les muets, s'écoutaient les sourds, se regardaient les aveugles
Dans ces domaines confondus où même les larmes n'avaient plus que des miroirs boueux, dans ce pays éternel qui mêlait les pays futurs, dans ce pays où le soleil allait secouer ses cendres.
Paul ELUARD, Le Livre ouvert II (1942)
Pour vivre ici
Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver,
Un feu pour vivre mieux.
Je lui donnai ce que le jour m'avait donné:
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.
Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J'étais comme un bateau coulant dans l'eau fermée,
Comme un mort je n'avais qu'un unique élément.
Paul ELUARD, Le Livre ouvert I
(poème composé en 1918)
Encore celui-ci, qu'il est bon !
Dimanche après-midi
S'enlaçaient les domaines voûtés d'une aurore grise dans un pays gris, sans passions, timide,
S'enlaçaient les cieux implacables, les mers interdites, les terres stériles,
S'enlaçaient les galops inlassables de chevaux maigres, les rues où les voitures ne passaient plus, les chiens et les chats mourants,
S'auréolaient de pâleur charmante les femmes, les enfants et les malades aux sens limpides,
S'auréolaient les apparences, les jours sans fin, jours sans lumière, les nuits absurdes,
S'auréolait l'espoir d'une neige définitive, marquant au front la haine,
S'épaississaient les astres, s'amincissaient les lèvres, s'élargissaient les fronts comme des tables inutiles,
Se courbaient les sommets accessibles, s'adoucissaient les plus fades tourments, se plaisait la nature a ne jouer qu'un rôle,
Se répondaient les muets, s'écoutaient les sourds, se regardaient les aveugles
Dans ces domaines confondus où même les larmes n'avaient plus que des miroirs boueux, dans ce pays éternel qui mêlait les pays futurs, dans ce pays où le soleil allait secouer ses cendres.
Paul ELUARD, Le Livre ouvert II (1942)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Les poètes
Charlotte Delbo : Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants
http://poethique.over-blog.fr/article-29424864.html
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"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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- coeurderoy
- Pater civitatis

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- Inscription : sam. 31 mai 2008, 19:02
- Localisation : Entre Loire et Garonne
Re: Les poètes
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Les poètes
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
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etienne lorant
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Re: Les poètes
A la recherche d'une élévation au-dessus de mes soucis du moment, j'ai trouvé :
Elévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
-- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)
et cette très belle, bien que prématurée (il n'est que 16 h) :
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afllige;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)
Ce souvenir qui luit comme un ostensoir - rime forte s'il en est, comme il évoque des moments de vie en moi !
Elévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
-- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)
et cette très belle, bien que prématurée (il n'est que 16 h) :
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afllige;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal (1857)
Ce souvenir qui luit comme un ostensoir - rime forte s'il en est, comme il évoque des moments de vie en moi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Les poètes
Le beau ciel d'aujourd'hui est comme une invitation au voyage, alors voici:
Heureux qui, comme Ulysse...
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquist la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !
Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage ?
Plus me plaist le sejour qu'ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine,
Plus mon Loyre Gaulois que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.
Joachim DU BELLAY, Les Regrets (1558)
... et avec les Alouettes, un heureux souvenir d'une promenade sur un plateau, dans les Ardennes, un jour d'août, toute la famille réunie à marcher sous un soleil "terrible":
Les Alouettes
L'azur est scintillant
De grands nuages blancs
Qui vont, viennent et passent ;
Comme des balles dans l'espace
Le tablier mouvant des blés
Projette
Jusques au ciel les alouettes.
Elles fusent et jaillissent si haut
Vers la lumière et ses joyaux,
Que leur élan s'y noie
Et qu'elles volent sans qu'on les voie.
Mais les nuages blancs et lents
Qui, tout là-haut, font route,
Ecoutent
Leur chant
Et leurs cris et leurs trilles
Qui brillent,
Tels des micas diamantés,
Dans l'air torride et sec du flamboyant été.
Emile VERHAEREN
Heureux qui, comme Ulysse...
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy là qui conquist la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son aage !
Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminee, et en quelle saison
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage ?
Plus me plaist le sejour qu'ont basty mes ayeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaist l'ardoise fine,
Plus mon Loyre Gaulois que le Tybre Latin,
Plus mon petit Lyré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.
Joachim DU BELLAY, Les Regrets (1558)
... et avec les Alouettes, un heureux souvenir d'une promenade sur un plateau, dans les Ardennes, un jour d'août, toute la famille réunie à marcher sous un soleil "terrible":
Les Alouettes
L'azur est scintillant
De grands nuages blancs
Qui vont, viennent et passent ;
Comme des balles dans l'espace
Le tablier mouvant des blés
Projette
Jusques au ciel les alouettes.
Elles fusent et jaillissent si haut
Vers la lumière et ses joyaux,
Que leur élan s'y noie
Et qu'elles volent sans qu'on les voie.
Mais les nuages blancs et lents
Qui, tout là-haut, font route,
Ecoutent
Leur chant
Et leurs cris et leurs trilles
Qui brillent,
Tels des micas diamantés,
Dans l'air torride et sec du flamboyant été.
Emile VERHAEREN
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Les poètes
etienne lorant a écrit :Heureux qui, comme Ulysse...
Pardon
EDIT : mais de rien Fée Violine
Dernière modification par Dúbida le mar. 23 juin 2009, 14:51, modifié 1 fois.
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