J'avoue mal connaître cette affaire. J'en sais plus ou moins que le fichier EDVIGE devait servir notamment à lutter contre le crime et en particulier le terrorisme, notamment en renseignant certaines données sur la religion, l'appartenance ethnique et même l'orientation sexuelle (pour ce dernier point, je ne vois pas en effet ce qu'il vient faire là).
Honnêtement, je ne vois pas immédiatement le caractère illicite d'un tel fichier. Si l'Etat veut savoir quelle est ma religion ou mon orientation sexuelle, grand bien lui fasse ! Et ça me semble d'autant plus légitime si j'ai déjà commis un crime. Dans tous les cas, je ne vois pas en quoi ça limite ma liberté...
Sauf si l'Etat est totalitaire et persécuteur sur des critères tels que la religion ou l'orientation sexuelle. Mais ce n'est pas le cas chez nous.
Un simple exemple (peut-être pas très adapté) : je suis fiché chez certains annonceurs comme achetant ceci ou cela sur Internet, comme ayant visité tel site les 6 derniers mois, etc. Hé bien, je ne me sens pas moins libre.
C'est une possibilité offerte par notre système "démocratique", je ne vois donc pas où est le problème.Philon a écrit :Ces textes ont été adoptés par décret, autant dire : sans consulter les représentants du peuple.
De toute façon, ce n'est pas comme si le gouvernement avait du mal à faire passer ses lois devant l'Assemblée...
Que veut dire "mettre dans le même sac" ?Philon a écrit :Le texte d'EDVIGE modifié en septembre pour devenir EDVIRPS couvre le champ des citoyens investis dans la vie de leur cité. Un glissement, un flou textuel, permet de "mettre dans le même sac" les militants et les "bandes organisées" ou les terroristes. Il y a là un danger de criminalisation de la vie associative et militante.
Si ce fichier est un tant soit peu précis (et je crois qu'il le sera), il précisera "terroriste" ou "militant" et non pas seulement terroriste...
Etes-vous sûre qu'une telle crainte est justifiée ?
Je me demande si vous n'extrapolez pas un peu... Quoiqu'il en soit, nous avons un système judiciaire en France : quand bien même il y aurait marqué "terroriste" sur un fichier des RG, je vois mal en quoi cela serait suffisant pour incriminer ou condamner une personne.Philon a écrit :Les informations très personnelles (état de santé, opinions, fréquentations, appartenance...) pourront désormais être collectées sur simple suspicion de "dangerosité potentielle", je souligne que c'est le FLOU du texte qui permet d'élargir cette notion, d'où le danger de criminaliser des pans entiers de la population en fonction de leurs revenus, de leurs opinions, de leurs choix de vie, de leurs opinions.
Etes-vous sûre que l'opposition à ce fichier ne vient pas justement de cette crise de l'autorité ?Philon a écrit :Chaque citoyen est presque devenu un terroriste potentiel et cela me semble très emblématique de sociétés qui évincent la fonction paternelle et les références communes et ne savent plus ni éduquer, ni canaliser la violence autrement que par ces mesures "préventives" qui portent atteinte aux libertés individuelles.
Et pourtant, on ne peut pas dire qu'on manque d'école dans notre pays...Philon a écrit :C'est Victor Hugo, je crois, qui disait qu'ouvrir une école, c'est fermer une prison...
Fraternellement,





