Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Biodiversité - Ressources naturelles - Changement climatique - Condition animale

La prise de conscience actuelle est-elle capable de répondre au risque environnemental ?

Oui, tout à fait
1
5%
Plutôt
3
14%
Non, elle est trop restreinte
9
43%
Absolument pas, c'est de la poudre aux yeux
8
38%
 
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laiglejo
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par laiglejo »

En réponse au sujet :


Face aux défis énergétiques, le constat d’impuissance de l’Union Européenne
20 avril 2008


« La construction européenne (...) a conduit à limiter strictement les interventions des Etats membres dans les secteurs qu’ils jugent « stratégiques », sans parvenir pour l’heure à dégager une définition claire des « intérêts stratégiques européens » en matière économique. » L’économisme d’inspiration néolibérale qui sert de credo aux institutions européennes et l’indispensable culture du consensus requise à Bruxelles, ont relégué le politique à la portion congrue. Adepte suiviste du dogme selon lequel le marché allait apporter des solutions à tout, contrainte par nature à rechercher le plus petit commun dénominateur - tout en en faisant croître celui-ci sans cesse de 15 à 25 puis 27, l’Europe s’est imprudemment privée de la possibilité de conduire une politique volontariste pilotée par les pouvoirs publics, au moment même où celle-ci devient plus urgente que jamais sur les fronts de l’énergie et du réchauffement climatique. Nécessité faisant loi, ces faiblesses structurelles commencent à être perçues. Mais dans le monde de concurrence énergétique acharnée qui se dessine sous nos yeux, il est déjà bien tard. En contrepoint au texte de Michael Klare, nous reprenons ici les pages traitant des problèmes énergétiques extraites du récent rapport « l’Europe et la mondialisation », préparé par Laurent Cohen-Tanugi, à la demande du gouvernement.
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L’Europe dans la mondialisation, Laurent Cohen-Tanugi, avril 2008 (extraits)
La géopolitisation de la mondialisation

Si la mondialisation demeure portée par des dynamiques d’ouverture économique (accès à l’économie de marché et libéralisation des échanges), voire politiques (progrès vers la démocratie), elle se caractérise également par deux phénomènes marquants, à savoir l’émergence de nouvelles grandes puissances économiques et politiques non européennes et non occidentales, ainsi que le développement d’une série de tensions identitaires et géopolitiques. C’est notamment parce qu’elles se situent au point de rencontre de ces deux problématiques économique et politique que les questions énergétiques ont d’ores et déjà accédé au premier rang des préoccupations internationales au cours de la période récente.

La localisation de la majeure partie des ressources énergétiques sur un arc de crise géopolitique (Golfe persique, Asie centrale, Afrique du Nord, Caucase, Afrique musulmane...) favorise les stratégies de puissance des pays producteurs, qui l’utilisent comme arme politique (Russie, Golfe, Iran, Venezuela, etc.), et le déploiement d’une intense « diplomatie énergétique » de la part des pays consommateurs (Chine, Etats-Unis...) pesant sur les cours mondiaux.

Cette dramatisation des enjeux énergétiques constitue un signe avant-coureur de la politisation croissante des stratégies économiques au niveau mondial et confère à la mondialisation une dimension géopolitique aujourd’hui beaucoup plus marquée qu’en l’an 2000. Porteurs d’une histoire nationale prestigieuse et structurés par une forte tradition étatiste, les grands pays émergents utilisent leur essor économique dans le cadre de stratégies de reconquête de puissance : c’est notamment le cas de la Russie de Vladimir Poutine ou, de manière plus discrète, de la diplomatie économique chinoise en Afrique et en Asie centrale, ou encore de l’acquisition programmée d’actifs industriels occidentaux majeurs par des entreprises et des fonds souverains de pays émergents.

On peut dès lors se demander si l’Union européenne est aujourd’hui suffisamment armée pour faire face à cette nouvelle donne, dès lors qu’elle ne dispose pas des mêmes instruments que les nations-continents qui sont à la fois ses partenaires et ses concurrents :

- la construction européenne a en grande partie été fondée sur la volonté d’encadrer l’usage potentiellement destructeur des souverainetés nationales, tant sur le plan politique qu’économique ; elle a conduit à limiter strictement les interventions des Etats membres dans les secteurs qu’ils jugent « stratégiques », sans parvenir pour l’heure à dégager une définition claire des « intérêts stratégiques européens » en matière économique (l’adoption en 2003 d’une « Stratégie européenne de sécurité » n’a pas eu de suites visibles sur le plan économique) ;

- la construction européenne a en grande partie reposé sur la production de règles de droit communes plutôt que sur l’institution d’acteurs capables de produire des choix politiques adaptés à l’évolution du contexte ; l’Union européenne ne dispose aujourd’hui que de quelques outils d’action « intégrés » (politique de concurrence, politique commerciale, politique monétaire) dont l’usage est confié à des organes dont les statuts et missions sont définis par les Etats membres ;

- sur le plan institutionnel, la construction européenne a enfin conduit à la mise en place d’une « souveraineté partagée » entre Etats membres d’une part, entre institutions de l’Union européenne d’autre part, dont l’exercice est beaucoup plus complexe et plus lent que celui en usage dans les pays fortement centralisés (et parfois autoritaires) ;

- sur le plan diplomatique, enfin, l’Europe projettes ses valeurs de paix, de droit, son credo multilatéral sur un monde marqué par le retour des intérêts de puissance et de la realpolitik.

Cette géopolitisation de la mondialisation peut cependant ouvrir des opportunités nouvelles pour l’Europe. Nombre de pays émergents relèvent en effet d’une proximité géographique et historique qui fait potentiellement de l’Europe un partenaire stratégique privilégié : Russie et Républiques caucasiennes, pays de l’arc méditerranéen en Afrique et au Moyen Orient.

Le basculement de l’économie mondiale vers l’Asie risque, certes, d’altérer la prééminence de l’économie transatlantique au profit d’un duopole américano-asiatique. Mais le recul relatif de la puissance américaine sur les terrains diplomatique et économique offre à l’Europe l’occasion de devenir un troisième pôle crédible et stabilisateur dans la géopolitique mondiale, si elle s’en donne les moyens.

Ces évolutions constituent en tout état de cause un enjeu de grande ampleur pour l’Union européenne à l’horizon 2010 et au-delà.
Les défis énergétiques et climatiques

L’accession déjà signalée des questions énergétiques au premier rang des préoccupations internationales constitue un autre défi, dont l’Union européenne a déjà en partie pris la mesure en annonçant le lancement d’une « politique intégrée énergie-climat » lors du Conseil européen de mars 2007. Il lui revient désormais de donner corps à cette politique, dans un contexte international marqué par une incertitude croissante quant à la sécurité, à la pérennité et au coût des approvisionnements énergétiques, sur fond de réchauffement climatique. Le taux de dépendance énergétique de l’Union européenne s’élève à 56,2%, même si au sein de chaque Etat membre, il varie de -58,8 % pour le Danemark à 105,5% pour Chypre.

La forte hausse du cours des matières premières sur la période 2000-2007 indique tout d’abord que la mondialisation n’est pas seulement un choc d’offre déflationniste pour l’Union européenne, mais qu’elle peut aussi être un choc de demande inflationniste. L’enjeu de l’accès aux matières premières devient d’autant plus stratégique pour les pays de l’Union européenne, qui dépendent aujourd’hui à 55% d’approvisionnements extérieurs et devraient en dépendre à 80% en 2030 : cela renforce la nécessité d’adopter des positions conjointes (y compris avec les Etats-Unis) plutôt que de négocier en ordre dispersé avec les pays producteurs. (Pages 48 et sq.)
Sur la politique énergétique française

La politique énergétique nationale a été dominée, par le passé, par les hydrocarbures.

A chaque période de doute sur la sécurité l’approvisionnement et d’envolée des prix, des politiques volontaristes étaient mises en place. La détermination à les poursuivre s’estompait lorsque les risques et les prix baissaient.

Le prix du pétrole va-t-il durablement s’établir au-dessus de 100 $ le baril ? Y a-t-il des risques de voir les réserves pétrolières se tarir à moyen terme, et la production atteindre le peak oil ? Les intérêts de puissance géostratégiques mettent-ils en danger la sécurité de nos approvisionnements ? Ces questions sont importantes. Mais elles sont désormais secondaires [1] :

à l’avenir, la politique énergétique de la France ne sera plus dominée par les hydrocarbures mais par la lutte contre le réchauffement climatique. Même si la question de l’accès à un pétrole peu cher se réglait positivement, il faudrait en réduire très fortement l’utilisation afin de limiter l’émission de gaz à effet de serre.

Cette politique énergétique nouvelle est à bâtir. Ses objectifs sont fixés. Pour 2020, conformément aux conclusions du Conseil européen de mars 2007 : économiser 20 % de la consommation énergétique par rapport aux projections de 2020 ; atteindre une proportion de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale ; atteindre une proportion de 10 % de biocarburants dans la consommation totale d’essence et de gazole pour le transport. Et pour 2050, selon la loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique : le « facteur 4 » européen, c’est-à-dire la division par quatre des émissions européennes de gaz à effet de serre.

La France a les moyens d’atteindre ces objectifs : elle possède les technologies et les entreprises pour progresser rapidement. Elle y a aussi un fort intérêt économique : son savoirfaire pourra s’exporter en Europe et dans le monde.

Quel contenu donner à cette politique énergétique nouvelle, en rupture avec le passé ?

Le rapport du Centre d’analyse stratégique, intitulé « Les perspectives énergétiques de la France 2020-2050 », et réalisé par une commission d’experts présidé par Jean Syrota, fournit les éléments détaillés de cette politique.

La Mission préconise la mise en oeuvre des recommandations de ce rapport, dans le cadre d’un « plan énergie » porté par l’Etat et les collectivités locales. Ce « plan énergie » se structurerait autour de quatre axes :

- un soutien public ambitieux à la recherche sur les « énergies propres », autour de quatre axes : captage et stockage du CO2, conception de bâtiments à « énergie positive », production de biocarburants 2ème génération, nucléaire 4ème génération ;

- la réduction de la consommation énergétique dans les transports : mesures fiscales désincitatives (augmentation de la TIPP au titre du changement climatique, rétablissement d’une vignette selon les émissions des véhicules...), développement de véhicules plus propres, développement du covoiturage et des transports en commun, planification de l’usage de l’espace... ;

l’amélioration du bilan énergétique de l’habitat, domaine où la France est très en retard : obligations réglementaires renforcées pour tout nouveau bâti, incitations à la « rénovation énergétique » - voire obligation de « ravalement thermique » - pour le bâti existant ;

- le développement de la production d’énergies renouvelables, à travers des incitations financières et réglementaires fortes. (Page 81)

Le rapport sur « L’Europe dans la mondialisation », préparé par Laurent Cohen-Tanugi, a été remis le 15 avril 2008 à Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, en présence du directeur de cabinet de Xavier Bertrand.

Ce rapport a été réalisé à la demande de Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, des Relations Sociales, de la Famille et de la Solidarité en novembre 2007 afin de faire le point sur la mise en œuvre de la stratégie de la Lisbonne et d’initier une réflexion sur les grands enjeux liés de la construction européenne dans le contexte de la mondialisation alors que la France s’apprête à
présider l’Union Européenne.
Publication originale Rapport Cohen-Tanugi
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Souricette
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Souricette »

Lu dans le "Courrier des Lecteurs" de Télérama :
Jadis, lorsqu'on évoquait le bio, la pollution de l'air, de l'eau, le partage des richesses, etc., certains, condescendants, nous faisaient passer pour des archaïques, immobiles, ringards, les évangélistes du retour à la bougie. Aujourd'hui, ces mêmes gens, le sourire enfariné, deviennent les chantres de l'écologie et du développement durable. L'air du temps sent bon les affaires.
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Souricette »

Si nos écolos de luxe fraîchement convertis au ruralisme chic se retrouvaient obligés de vivre au fin fond de l'Auvergne, et d'avaler le fromage issu du lait des vaches salers contaminées par leur propre métane, ils tomberaient dans les pommes. Sauver la planète et empêcher la fonte des glaciers, ça va bien, car c'est loin et vague. Supporter les cloches des vaches et le chant du coq, ça pousse certains nouveaux ruraux à porter plainte contre leurs voisins paysans ! Dur, dur, d'être écolo hors de la cité !
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Gérard57 »

Pour ma part je pense que l'écologie, sous sa forme actuelle, c'est du flanc de A à Z, c'est purement un coup marketing.

Le meilleure exemple pour illustrer mon propos c'est la voiture. On fait culpabiliser les gens pour qu'ils achètent des voitures qui consomment moins, on fait réduire la vitesse dans les centres villes, on met des taxes écolos, des contrôles techniques de plus en plus strictes, sans parler des hausses perpétuelles du pétrole... et pourtant en amont, on ne donne pas la technologie qui permettrai aux gens de rouler 100% propre, alors que je rappel que la voiture électrique créée par Camille Jenatzy en 1899 atteignait plus de 100km/h. Il ne s'agit pas là d'un problème technique de vitesse, d'autonomie ou de sécurité mais bien d'un problème purement économiques, un manque à gagner pour bon nombre de personnes en sommes...

:ciao:
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Harfang »

Le moteur à hydrogène est déjà conçu, prêt à fonctionner et ne rejette que de l'eau, mais bon... Quand il y a enjeux financiers..
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour,

Je ne vais donner de leçon à personne car je viens juste de changer de voiture, d'acheter une joli familiale toute neuve avec un grand coffre pour la poussette, et qui tourne au gazole. J'ai même profité d'une belle prime de l'état pour avoir du même coup envoyé ma vieille voiture de 1992 à la casse.

Mais juste en lisant ce sujet, comme à chaque fois pour moi-même, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il n'appartient qu'au consommateur de rendre économique ce qu'on considère comme écologique. Je décide que je ne me déplacerai plus au pétrole. Et le jour où tout le monde fera pareil, le pétrole ne sera plus si intéressant que ça au niveau enjeu financier. Pfff... le problème c'est que c'est très très difficile. :cry:

Enfin bref, l'idée c'est juste de dire que, à mon avis, ça ne sert à rien d'attendre que cela vienne de l'état ou des autres.
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Souricette »

Gérard57 a écrit :Pour ma part je pense que l'écologie, sous sa forme actuelle, c'est du flanc de A à Z, c'est purement un coup marketing.
C'est un business comme un autre.
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coeurderoy
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par coeurderoy »

Bonjour Thomas,
je ne regrette vraiment pas pour ma part d'avoir milité et manifesté, à vingt ans contre le programme français "tout nucléaire" : que notre mode de vie consumériste, hédoniste, gaspilleur soit un scandale pour les plus pauvres est évident ! Il est dommage que la droite ait toujours laissé l'écologie à l'idéologie utopiste et libertaire d'une certaine gauche. Les droites "traditionnelles" que j'ai fréquentées n'ont que mépris, ricanement, indifférence envers ceux qui ont su tirer la sonnette d'alarme. On admire en revanche le retour à la terre pétainiste et l'ordre moral dès qu'il se teinte de paternalisme et de nostalgie "confiture bonne maman". Sociologiquement, soyons clairs : les "tradis" qui vivent dans la sobriété, pauvreté, économie, simplicité sont...assez rares (mais existent !). Les babas-cools très favorisés et souvent parisiens sont peut être plus ou moins risibles mais ont le mérite de proposer d'autres formes de partage, de façon de vivre qui (à mon humble avis) devraient être évidents chez des frères chrétiens. Or je constate que nous sommes tout-de-même bien attachés à nos petites voitures personnelles, nos piscines, nos résidences secondaires inoccupées une bonne partie de l'année... (Je dis "nous" pour les chrétiens très embourgeoisés qui constituent, soyons francs, le gros bataillon des pratiquants de nos villes moyennes). Je sais qu'il y a beaucoup de solidarités et de dons cachés chez "les riches" mais quel fossé entre eux, leur "art de vivre", avec voyages réguliers en avion etc, et la galère de tant d'hommes et de femmes, chrétiens ou pas. Un Saint François d'Assise fut un détonateur, un remueur de conscience en un temps où l'avoir commençait à primer sur l'être, quitte à passer pour un anarchiste ou un "doux rêveur" il a réussi a remuer la conscience de la chrétienté médiévale, rappelant notamment la valeur infinie de toute créature. L'écologie n'est pas un luxe : chrétiennement comprise elle est responsabilité, respect de la création, harmonie, intelligence et confiance en ce que l'homme peut améliorer dans les données de la Nature qui sont là pour son bonheur et son épanouissement.
Dernière modification par coeurderoy le mar. 16 juin 2009, 19:28, modifié 1 fois.
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Souricette »

En ce qui me concerne, je me suis toujours sentie concernée par le respect de la nature, de l'environnement, de la vie sous toutes ses formes. Mais ce que l'on nomme pompeusement aujourd'hui "écologie" me fait fuir, car c'est une mode de plus derrière laquelle on fourre tout et n'importe quoi. Et la plupart des gens sont prêts à sauver la planète, ça oui, d'abord parce que c'est flou, ensuite parce que c'est un mot d'ordre, et que les mots d'ordre, ils aiment ça, ça évite de pesner. Mais se déranger pour leur voisin, ça non. Empêcher le "réchauffement climatique", oui, surtout si ça fait gagner des sous sur leurs impôts, mais avoir la moindre méditation sur le cycle de la vie, de la nature, l'ordre du cosmos, etc., ça, ça les dépasse. Ils préfèrent passer des heures dans leur véhicule écologique que de s'asseoir en silence dans une clairière pour méditer. Pourtant, combien ça dépolluerait la planète, si les gens mettaient de l'ordre dans leurs pensées et en expulsaient tout ce qui est nauséabond...
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par coeurderoy »

Entièrement d'accord avec vous Souricette ! il y a aussi cette pollution visuelle, phonique, spirituelle, intellectuelle : entendre Noël Mamère nous parler "Nature", respect de la vie et le voir marier des personnes homosexuelles ou accepter l'avortement me choque autant que vous : il faut être cohérent dans ses idées et ses actes. Je n'ai plus de véhicule depuis 5 ans pour raisons économiques, recycle ou récupère ce que je peux, donne au lieu de jeter, demande à mes fistons de prendre une douche courte... c'est vraiment très peu je sais. Mes anciens condisciples "gauchos-écolos" de l'Ecole Normale qui tiraient à boulets rouges sur les bourgeois et la société de consommation sont tous propriétaires de plusieurs voitures (voire maisons), renouvellent portables, cuisines aménagées, fringues, etc, très régulièrement mais votent Ségolène ou Cohn-Bandit, persuadés qu'ils font avancer... la cause écolo !!!
Les problèmes écologiques (la pollution des eaux notamment) existaient au XIIIème dans les grandes villes (teinturiers, bouchers rejettaient les eaux usées en rivière : voir Gimpel, la Révolution industrielle au Moyen-Age), le sentiment de la Nature, l'harmonie que les trouvères chantent dans les reverdies ne sont pas des sentiments nouveaux. En revanche la rupture totale de beaucoup d'urbains avec le milieu naturel est flagrant. Il suffit de regarder les abords de nos forêts (les enquêtes prouvent que très peu de gens "s'enfoncent" vraiment dans les massifs forestiers, préférant rester "en lisière" proches des bagnoles et des auto-radios (tant mieux pour les autres ! ;) )

En tout cas je n'arrête pas de me dire "Felix crisis", oui bienheureuse crise, qui va peut-être nous permettre d'envisager de vivre enfin de façon plus lucide, plus détachée...
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Souricette »

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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par Nanimo »

Il ne faut pas être trop cynique en matière d’environnement. Il y a de quoi se préoccuper un peu. Pendant mes récentes vacances en France, j’ai constaté que les espaces verts avaient quasiment disparu de banlieue. Une évolution regrettable que je suis depuis longtemps. Et lorsqu’il y en a, ils sont surpeuplés. Surpopulation, mauvaise urbanisation ou les deux? J’ai envie de comparer à l’Outaouais où je vis. Et ne me dites pas que c’est le Canada et que nous avons les grands espaces, car en fait toutes les populations sont allées s’entasser le long de la frontière qui nous sépare des É.-U. On a tout simplement prévu des zones inconstructibles, juste pour se promener.

Pour l’urbanisme, l’Amérique du Nord se débrouille mieux. Mais là où la France reste supérieure, c’est la qualité des primeurs. J’ai été absolument écoeurée de constater que même les pommes étaient meilleures! Et toutes les variétés que vous avez pour chaque espèce! Il faut vraiment les garder. Ici, on a le radis rond et le radis rond. Passons vos haricots fins, cavaillons, roquette, etc. Je ne parle pas des fraises non plus. Nous on a droit aux grosses fraises bouffies de Californie, énormes et sans goût comme tout le reste. (Ça, c’est de la maltraitance à Français. Ça pourrait aller chercher loin.) Toutes ces cultures forcées à coups d’engrais chimiques. Non seulement tout cela n’a plus aucun goût – donc autant courir le fast food et on va se plaindre des fatso qui déparent le paysage – mais cette nourriture ne contient tout simplement plus les vitamines et autres éléments qu’elle est sensée nous apporter. Et on commence réellement à se dire à voix basse que notre nourriture nous rend malades.*

Sans mentionner l’utilisation massive d’insecticides et de pesticides dont l’usage autant excessif qu’injustifié n’est apparu que récemment. Nous avons maintenant en plus d’une nourriture sans goût qui ne nous apporte pas autant qu’elle le devrait, des insectes coriaces qui ont appris à résister à peu près à toute attaque et dont plus personne ne sait que faire. (On sait parfaitement, sans le dire trop fort, que l’on a créé la situation par manque de vision à long terme).

De part et d’autre de l’Atlantique, du bon, du moins bon. Il n’en reste pas moins que le sort de la banlieue parisienne me paraît préoccupant, parce que prendre un bol d’air dans la cambrousse vaut tous les prozacs et peut être plus, mais on l’a oublié. Toutefois, si ces lieux sont trop fréquentés, ils perdent de leur capacité à vous requinquer. D’autant plus dommage que si les paysages de France sont vraiment extraordinaires, l’Île de France n’était pas en reste, loin de là.

C’est Fée Violine qui en a de la chance de vivre à la campagne (vu les photos, merci!)
_____
* Et quand il y a du bon à l’étranger, la France est prompte à l’adopter : j’ai vu que le jus de canneberges – baies rouges que l’on récolte au Canada – étaient dans les rayons. Goût un peu acide, mais bon pour la santé.
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coeurderoy
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Re: Une réelle prise de conscience des enjeux écologiques ?

Message non lu par coeurderoy »

Il faut croire d'ailleurs que ceux qui trouvent risible le souci écologique n'ont jamais vécu la pauvreté en banlieue : espaces hyper-pollués, nuées soufreuses des fins d'après-midis caniculaires, béton, bitume, arbres rachitiques : les "parcs naturels", espaces protégés et "plus beaux villages de France" de plus en plus relookés à l'usage interne de bobos privilégiés ne remplaceront jamais la beauté intacte, humble et rafraichissante que j'ai pu connaître, enfant, dans des coins couverts aujourd'hui de zones commerciales ou pavillonnaires....
En banlieue nous prenions le RER D qui, à Boissy-St-Léger vous débarque en forêt de Sénart : une après-midi de marche pour se laver les yeux et les poumons, puis retour dans la crasse, les tags et l'infection phonique, visuelle, morale, olfactive... Les copains de mon fils qui avaient passé toute leur petite enfance en banlieue étaient pâlots, maigrichons ou obèses et souffraient des voies respiratoires.
Le retour "au vert" n'était pas pour nous le hobby idyllique de passéistes romantiques ou inadaptés mais une simple nécessité vitale...
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