Oh, Etienne, savez-vous que vous réveillez de beaux souvenirs en moi?
A une époque, pas encore durement éprouvée, mais déjà chrétienne et assoiffée, je me suis retrouvée à Lourdes, alors que la dévotion... c'était pas mon truc, parce que je n'y comprenais rien, ça ne représentait rien pour moi.
Donc à Lourdes, je me retrouve dans un endroit touristique avec des tas de choses à visiter, à commencer par le fort qui domine la ville (euh, oui, la grotte n'était pas dans mes objectifs, ignare que j'étais). Le matin de bonne heure, à cause de la chaleur, je marche dans la vieille ville vers le fort... et là... et là... les rues étaient jonchées de pétales de roses... il y en avait partout, le sol en était rose, plus du tout gris-noir. Je me serais crue en route pour le paradis; tout me soufflait de prier, de m'arrêter, de contempler, de respirer, d'avoir le coeur dans une joie reposante et suave, de laisser mon âme s'envoûter d'amour pour Jésus... ce fut comme une deuxième conversion, comme une joie subtile et forte à la fois qui m'envahit pour m'amener à Dieu. Mes morts goûtaient cette joie avec moi, parce qu'elle était trop belle, trop pure, il ne pouvait en être autrement...
Et Lourdes devint Lourdes... lieu de prière et de pèlerinage, lieu de repos spirituel et de ressourcement annuel, lieu de rencontre avec Marie, lieu tellement désiré que les efforts d'économiser pour pouvoir y retourner se sont faits, lieu qui m'appelle tous les jours, lieu auquel je suis reliée depuis lors, ... le parvis du Ciel.
Et la fête-Dieu, dont j'ignorais l'existence, un jour particulier de l'année, où la suavité de Dieu rayonne dans ma journée, dans mon coeur, et dont je sais la fête là-haut, jour de grâce qui ouvre les portes du purgatoire, jour spécial qui m'éduque à ressentir et à faire place à toutes les autres fêtes religieuses de l'année...
Merci Etienne!
Fête de la Trinité
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- coeurderoy
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Re: Fête de la Trinité
Re-coucou Zélie : la Fête-Dieu c'est...dimanche prochain : votre souvenir est merveilleux cependant !!!
La Fête du Saint-Sacrement où nous adorons la Présence Trinitaire dans les espèces eucharistiques était très "en prise" avec notre quotidien le plus banal . On suspendait tentures, tapisseries aux fenêtres : jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les corps constitués, les ordres religieux, les corporations, regroupées en procession honoraient "in hymnis et canticis" Dieu Emmanuel, incarné, présent dans notre quotidien, illuminant de son passage corporel nos âmes et nos rues...
Je n'ai, personnellement pas vécu ces processions de la Fête-Dieu dans mon enfance, mais garde un souvenir magnifique d'une procession champêtre (tradi) à Lametz (Ardennes), vers 1995 où le Maire, écharpe municipale en bandoulière, participait à la procession...
Aujourd'hui c'est... la Sainte-Trinité Zélie !
La Fête du Saint-Sacrement où nous adorons la Présence Trinitaire dans les espèces eucharistiques était très "en prise" avec notre quotidien le plus banal . On suspendait tentures, tapisseries aux fenêtres : jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les corps constitués, les ordres religieux, les corporations, regroupées en procession honoraient "in hymnis et canticis" Dieu Emmanuel, incarné, présent dans notre quotidien, illuminant de son passage corporel nos âmes et nos rues...
Je n'ai, personnellement pas vécu ces processions de la Fête-Dieu dans mon enfance, mais garde un souvenir magnifique d'une procession champêtre (tradi) à Lametz (Ardennes), vers 1995 où le Maire, écharpe municipale en bandoulière, participait à la procession...
Aujourd'hui c'est... la Sainte-Trinité Zélie !
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Saint Bernard de Clairvaux
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etienne lorant
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Re: Fête de la Trinité
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,16-20.
Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
C'est la fête de Trinité ! Dans son homélie, le prêtre a cité un auteur que je ne connais pas qui s'était écrié: "Heureusement qu'il y ait là un mystère insondable (en fait il y en a plusieurs) car, s'il n'y avait la Trinité, comme il me serait facile de perdre la foi !"
Ce mystère d'union de trois personnes distinctes, je ne prétends pas le résoudre non plus, mais je comprends bien qu'il est placé comme un petit caillou irréductible dans l'engrenage de nos compréhensions et de nos discours à propos de l'amour. La Trinité contredit l'élan de l'amour fusionnel - qui n'aboutit jamais sans corrompre l'être et dégrader les relations, mais s'oppose également au panthéisme ou à la dissolution complète du moi. En tant qu'êtres humains, nous ne pouvons aimer qu'en accomplissant perpétuellement des mouvements vers autrui, accompagnés de plongées en nous-mêmes. Cela nous maintient en état de tension perpétuelle, et aussi longtemps que nous subissons la chair, cette tension est nécessaire pour progresser. Je me rends compte que je m'exprime d'une manière un peu obscure, mais je n'ai que celle-là. Je me souviens que Jean Lafrance (dans son dernier ouvrage: "Jour et Nuit") avait évoqué la question de la Trinité comme la situation des trois personnes qui existent chacune de manière distincte mais qui se communiquent entièrement chacune au deux autres, dans une sorte de "danse" continuelle, ce qu'il avait appelé la "danse trinitaire" Mais cette formulation n'ouvre-t-elle pas plus de portes qu'elle n'en referme ?
Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
C'est la fête de Trinité ! Dans son homélie, le prêtre a cité un auteur que je ne connais pas qui s'était écrié: "Heureusement qu'il y ait là un mystère insondable (en fait il y en a plusieurs) car, s'il n'y avait la Trinité, comme il me serait facile de perdre la foi !"
Ce mystère d'union de trois personnes distinctes, je ne prétends pas le résoudre non plus, mais je comprends bien qu'il est placé comme un petit caillou irréductible dans l'engrenage de nos compréhensions et de nos discours à propos de l'amour. La Trinité contredit l'élan de l'amour fusionnel - qui n'aboutit jamais sans corrompre l'être et dégrader les relations, mais s'oppose également au panthéisme ou à la dissolution complète du moi. En tant qu'êtres humains, nous ne pouvons aimer qu'en accomplissant perpétuellement des mouvements vers autrui, accompagnés de plongées en nous-mêmes. Cela nous maintient en état de tension perpétuelle, et aussi longtemps que nous subissons la chair, cette tension est nécessaire pour progresser. Je me rends compte que je m'exprime d'une manière un peu obscure, mais je n'ai que celle-là. Je me souviens que Jean Lafrance (dans son dernier ouvrage: "Jour et Nuit") avait évoqué la question de la Trinité comme la situation des trois personnes qui existent chacune de manière distincte mais qui se communiquent entièrement chacune au deux autres, dans une sorte de "danse" continuelle, ce qu'il avait appelé la "danse trinitaire" Mais cette formulation n'ouvre-t-elle pas plus de portes qu'elle n'en referme ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Fête de la Trinité
coeurderoy a écrit :Re-coucou Zélie : la Fête-Dieu c'est...dimanche prochain : votre souvenir est merveilleux cependant !!!
Aujourd'hui c'est... la Sainte-Trinité Zélie !
Tiens, encore un soir où je vais me coucher un peu moins blonde...
Tant mieux qu'il y est deux fêtes, mais alors si vous vouliez bien m'expliquer ces deux fêtes, leur histoire et leur signification, ce serait génial! Parce que le souci que j'ai pour ma culture religieuse, c'est que depuis quelques années j'habite dans un village sans communauté de croyants, et que toutes mes mamées catholiques sont décédées, aussi je n'ai plus d'explication pour aucune chose religieuse...
Pour Etienne: j'ai rien compris...
En Christ,
Zélie
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etienne lorant
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Re: Fête de la Trinité
Moi non plus, j'ai pas compris grand chose, mais les autres le disent (dont mon curé ce dimanche) avec des phrases plus belles que les miennes !zélie a écrit : Pour Etienne: j'ai rien compris...
![]()
En Christ,
Zélie
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Dimanche - Sainte Trinité, solennité
Livre des Proverbes 8,22-31.
Écoutez ce que déclare la Sagesse : « Le Seigneur m’a faite pour lui au commencement de son action, avant ses œuvres les plus anciennes.
Avant les siècles j'ai été fondée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre. Quand les abîmes n'existaient pas encore, qu'il n'y avait pas encore les sources jaillissantes, je fus enfantée. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée. Alors que Dieu n'avait fait ni la terre, ni les champs, ni l'argile primitive du monde, lorsqu'il affermissait les cieux, j'étais là. Lorsqu'il traçait l'horizon à la surface de l'abîme, chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme, lorsqu'il imposait à la mer ses limites, pour que les eaux n'en franchissent pas les rivages, lorsqu'il établissait les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme un maître d'œuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,1-5.
Frères, Dieu a fait de nous des justes par la foi ; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a donné, par la foi, l'accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu. Mais ce n'est pas tout : la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la valeur éprouvée ; la valeur éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Après l'évènement de la Pentecôte, l'Esprit de vérité, l'Esprit Saint va commencer de pénétrer le coeur des hommes et, comme dit Jésus, "reprendre ce qui est de lui" pour le faire connaître à tous. Les croyants découvrent ainsi l'intimité de Dieu même et réalisent que Dieu n'est pas solitude infinie, mais au contraire communion infinie, dialogue perpétuel entre le Père, le Fils et l'Esprit. Le pape Jean-Paul II déclarait que le rapport entre les trois personnes de la Trinité étaient de l'ordre du "don intégral de soi".
C'est d'amour absolu qu'il s'agit, d'un échange qui se produit continuellement dans une espèce de ravissement dont il nous est impossible de dire la force, la beauté, l'étendue. Dans les retraites qu'il prêchait, l'Abbé Jean Lafrance évoquait, quant à lui, une sorte de "dynamique trinitaire", une forme de "danse" au cours de laquelle, incessament chacune des trois se communique entièrement à chacune des autres.
Le croyant éprouve cela, mais ne peut pas en rendre compte de manière intellectuelle, philosphique, car la philosophie demeure dans le domaine du rationnel, et l'amour trinitaire dépasse et engloutit complètement le rationnel.
Mais en réalité, comprendre n'est pas indispensable - il suffit d'aimer ! Si nous aimons véritablement, nous entrons nous-mêmes dans le mouvement éternel de la Joie du don parfait de soi et nous en éprouvons la douce chaleur.
Lorsque je cherche, dans l'Evangile, une trace de ce sentiment, je la trouve dans l'épisode des disciples d’Emmaüs. C'est seulement après avoir reconnu le Seigneur dans la fraction du pain, qu'ils réalisent et se disent l'un à l'autre : « Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » Or, comment ces disciples ont-ils pu reconnaître que ce que l'un éprouvait, cette chaleur intérieure, les autres le ressentaient également ? Et aussitôt, ils reprirent la route... (St-Luc, 24,13)
En ce dimanche de la Trinité, puissions-nous donc accueillir dans la Joie le Dieu un et trinitaire - qui nous fait nous reconnaître dans la foi les uns les autres et qui nous pousse en avant !
.
Écoutez ce que déclare la Sagesse : « Le Seigneur m’a faite pour lui au commencement de son action, avant ses œuvres les plus anciennes.
Avant les siècles j'ai été fondée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre. Quand les abîmes n'existaient pas encore, qu'il n'y avait pas encore les sources jaillissantes, je fus enfantée. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée. Alors que Dieu n'avait fait ni la terre, ni les champs, ni l'argile primitive du monde, lorsqu'il affermissait les cieux, j'étais là. Lorsqu'il traçait l'horizon à la surface de l'abîme, chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme, lorsqu'il imposait à la mer ses limites, pour que les eaux n'en franchissent pas les rivages, lorsqu'il établissait les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme un maître d'œuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,1-5.
Frères, Dieu a fait de nous des justes par la foi ; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a donné, par la foi, l'accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu. Mais ce n'est pas tout : la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la valeur éprouvée ; la valeur éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Après l'évènement de la Pentecôte, l'Esprit de vérité, l'Esprit Saint va commencer de pénétrer le coeur des hommes et, comme dit Jésus, "reprendre ce qui est de lui" pour le faire connaître à tous. Les croyants découvrent ainsi l'intimité de Dieu même et réalisent que Dieu n'est pas solitude infinie, mais au contraire communion infinie, dialogue perpétuel entre le Père, le Fils et l'Esprit. Le pape Jean-Paul II déclarait que le rapport entre les trois personnes de la Trinité étaient de l'ordre du "don intégral de soi".
C'est d'amour absolu qu'il s'agit, d'un échange qui se produit continuellement dans une espèce de ravissement dont il nous est impossible de dire la force, la beauté, l'étendue. Dans les retraites qu'il prêchait, l'Abbé Jean Lafrance évoquait, quant à lui, une sorte de "dynamique trinitaire", une forme de "danse" au cours de laquelle, incessament chacune des trois se communique entièrement à chacune des autres.
Le croyant éprouve cela, mais ne peut pas en rendre compte de manière intellectuelle, philosphique, car la philosophie demeure dans le domaine du rationnel, et l'amour trinitaire dépasse et engloutit complètement le rationnel.
Mais en réalité, comprendre n'est pas indispensable - il suffit d'aimer ! Si nous aimons véritablement, nous entrons nous-mêmes dans le mouvement éternel de la Joie du don parfait de soi et nous en éprouvons la douce chaleur.
Lorsque je cherche, dans l'Evangile, une trace de ce sentiment, je la trouve dans l'épisode des disciples d’Emmaüs. C'est seulement après avoir reconnu le Seigneur dans la fraction du pain, qu'ils réalisent et se disent l'un à l'autre : « Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » Or, comment ces disciples ont-ils pu reconnaître que ce que l'un éprouvait, cette chaleur intérieure, les autres le ressentaient également ? Et aussitôt, ils reprirent la route... (St-Luc, 24,13)
En ce dimanche de la Trinité, puissions-nous donc accueillir dans la Joie le Dieu un et trinitaire - qui nous fait nous reconnaître dans la foi les uns les autres et qui nous pousse en avant !
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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