Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le plus petit dénominateur commun
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,20-26.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
L'unité parfaite à partir d'éléments distincts et différents. C'est ce que veut Jésus pour nous, une unité qui n'existe jusque là que dans la Trinité. Comment peut-Il demander, pour nous, ce qui semble parfaitement impossible sur le plan humain ? Mais il s'agit d'une union spirituelle et à ce titre, elle concerne d'abord les églises. Il me semble en effet que le Christ anticipe ici sur les différences culturelles, les sensibilités différentes: elles sont là pour enrichir, non pour diviser. J'ai assisté un jour à un office orthodoxe et c'était vraiment impressionnant. Même si je n'ai pas compris grand chose, j'ai été transporté de bout en bout par une ambiance très priante.
Une autre image de l'unité parfaite, je la tire de mon expérience de quinze ans à l'office de Laudes et l'Eucharistie dans un monastère. Je ne sais rien de la vie dans un couvent, mais je sais ce que j'ai ressenti plusieurs fois : pour ces sœurs, l'union de prière était quelque chose de tout à fait perceptible et sensible. C'est même ce qui me manque le plus ! M'y rendre était difficile en hiver (le froid, la nuit, les embouteillages)... mais aussitôt assis dans les stalles, j'étais saisi par la prière pour une heure et demie et en ressortant, j'étais tout autre qu'à mon réveil et je songeais comme il serait merveilleux de "demeurer dans la maison du Seigneur chaque jour de ma vie"...
Beaucoup m'ont dit: "Tu te fais beaucoup d'illusions sur la vie communautaire" ! Je veux bien admettre que certaines personnalités sont difficiles à accorder, mais ce mode de vie a trois avantages sur le mien: entretenir seul une maison, c'est très lourd; prendre un repas seul trois fois par jour, c'est très dur à la longue; et évidemment: je n'ai ni horaire ni règle que je doive respecter en fonction d'autrui. Mais l'image de l'unité parfaite n'est pas dans la façon de vivre des moines: à mon avis, elle réside essentiellement dans la prière communautaire et parce qu'il s'agit vraiment d'une maison où le Seigneur réside - c'est vers Lui que tous se tournent, matin, midi et soir.
En définitive, l'unité, c'est le Seigneur qui la rend possible, quelles que soient les différences entre nous, car il est au coeur de tout. Si j'ose dire, puisque tout est divisible par UN, le Christ est notre "plus petit dénominateur commun"...
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
L'unité parfaite à partir d'éléments distincts et différents. C'est ce que veut Jésus pour nous, une unité qui n'existe jusque là que dans la Trinité. Comment peut-Il demander, pour nous, ce qui semble parfaitement impossible sur le plan humain ? Mais il s'agit d'une union spirituelle et à ce titre, elle concerne d'abord les églises. Il me semble en effet que le Christ anticipe ici sur les différences culturelles, les sensibilités différentes: elles sont là pour enrichir, non pour diviser. J'ai assisté un jour à un office orthodoxe et c'était vraiment impressionnant. Même si je n'ai pas compris grand chose, j'ai été transporté de bout en bout par une ambiance très priante.
Une autre image de l'unité parfaite, je la tire de mon expérience de quinze ans à l'office de Laudes et l'Eucharistie dans un monastère. Je ne sais rien de la vie dans un couvent, mais je sais ce que j'ai ressenti plusieurs fois : pour ces sœurs, l'union de prière était quelque chose de tout à fait perceptible et sensible. C'est même ce qui me manque le plus ! M'y rendre était difficile en hiver (le froid, la nuit, les embouteillages)... mais aussitôt assis dans les stalles, j'étais saisi par la prière pour une heure et demie et en ressortant, j'étais tout autre qu'à mon réveil et je songeais comme il serait merveilleux de "demeurer dans la maison du Seigneur chaque jour de ma vie"...
Beaucoup m'ont dit: "Tu te fais beaucoup d'illusions sur la vie communautaire" ! Je veux bien admettre que certaines personnalités sont difficiles à accorder, mais ce mode de vie a trois avantages sur le mien: entretenir seul une maison, c'est très lourd; prendre un repas seul trois fois par jour, c'est très dur à la longue; et évidemment: je n'ai ni horaire ni règle que je doive respecter en fonction d'autrui. Mais l'image de l'unité parfaite n'est pas dans la façon de vivre des moines: à mon avis, elle réside essentiellement dans la prière communautaire et parce qu'il s'agit vraiment d'une maison où le Seigneur réside - c'est vers Lui que tous se tournent, matin, midi et soir.
En définitive, l'unité, c'est le Seigneur qui la rend possible, quelles que soient les différences entre nous, car il est au coeur de tout. Si j'ose dire, puisque tout est divisible par UN, le Christ est notre "plus petit dénominateur commun"...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le critère, c'est l'amour
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,15-19.
Après le repas au bord du lac, Jésus ressuscité dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Par trois fois, Jésus pose la question de l'amour à son disciple qui l'avait renié trois fois. Ce dialogue me dit qu'en vérité, le contraire de la trahison n'est pas la fidélité, car il n'y aurait pas de fidélité possible sans l'amour surnaturel - qui l'emporte sur tout, c'est-à-dire aussi: sur l'instinct de survie qui était venu à bout de la foi de Pierre. L'amour humain est si pauvre, si menacé, si perturbé par la conscience de l'ego... tandis que l'amour surnaturel vient de Dieu et demeure. L'amour surnaturel inclut dans le désir de Dieu non seulement la fidélité, mais aussi toutes les qualités d'âme qui apparaissent dans les Béatitudes. Il n'est guère besoin d'un long commentaire à ce sujet: un coeur un tant soit peu converti comprend très vite ces choses. La finale indique que le Seigneur, parmi les appelés, élira comme pasteurs des brebis ceux qui L'aiment le plus.
Après le repas au bord du lac, Jésus ressuscité dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Par trois fois, Jésus pose la question de l'amour à son disciple qui l'avait renié trois fois. Ce dialogue me dit qu'en vérité, le contraire de la trahison n'est pas la fidélité, car il n'y aurait pas de fidélité possible sans l'amour surnaturel - qui l'emporte sur tout, c'est-à-dire aussi: sur l'instinct de survie qui était venu à bout de la foi de Pierre. L'amour humain est si pauvre, si menacé, si perturbé par la conscience de l'ego... tandis que l'amour surnaturel vient de Dieu et demeure. L'amour surnaturel inclut dans le désir de Dieu non seulement la fidélité, mais aussi toutes les qualités d'âme qui apparaissent dans les Béatitudes. Il n'est guère besoin d'un long commentaire à ce sujet: un coeur un tant soit peu converti comprend très vite ces choses. La finale indique que le Seigneur, parmi les appelés, élira comme pasteurs des brebis ceux qui L'aiment le plus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Tu as les Paroles de la vie éternelle !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,20-25.
Jésus ressuscité venait d'annoncer à Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire à Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. (C'est lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire: "Seigneur, quel est celui qui va te livrer?")
Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. »
Ainsi se répandit parmi les frères l'idée que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? »
C'est lui, le disciple qui rend témoignage de tout cela, et qui l'a rapporté par écrit, et nous savons que son témoignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi.
Pierre et Jean, dans leur façon de vivre leur foi, sont aussi différents que Marthe et Marie. Mais les deux également nécessaires à l'Eglise. Les deux dernières lignes m'interpellent beaucoup. La petite prophétie de Jean sur les livres qu'on écrirait sur les choses que Jésus a faites s'est largement réalisée - et elle se réalise toujours, d'autant plus qu'à présent, avec le Net, n'importe qui peut témoigner sur un blog, ou sur un forum, de ce que le Seigneur a accompli dans sa vie !
Même ceux qui voudraient que le Christ n'ait jamais paru, finalement Le servent en essayant de le dénigrer, de le ridiculiser ou de faire disparaître la foi de l'âme de leurs lecteurs. Depuis le Da Vinci Code, j'ai pu avec succès exposer des livres qui n'ont pas un rapport direct avec Jésus. Les détracteurs de Jésus ne se rendent pas compte à quel point, même chez les athées, l'homme de Nazareth continue d'exercer une grande fascination.
Voici quelques titres vendus récemment: "Le cinquième Evangile" de Bernard-Marie (écrit par un moine à partir des Evangiles et des Apocryphes), "Le Pèlerin de Compostelle" (bizarroïde, par Paulo Coelho), "L'évangile de Pilate" (pas terrible, par E.E. Schmitt), des livres de Guy Gilbert, de l'Abbé Pierre, des biographies de Mère Térésa, Padre Pio, soeur Emmanuelle, des livres sur les "NDE", etc. Mon explication, c'est que même si beaucoup ne croient pas en Dieu, l'inquiétude métaphysique demeure - et quelle est le premier nom qui vient à l'esprit quand on se pose de telles questions ?
Dans l'Evangile, même les démons sont obligés de confesser le Christ : "Nous savons qui tu es: tu es le saint de Dieu !"
Jésus ressuscité venait d'annoncer à Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire à Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. (C'est lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire: "Seigneur, quel est celui qui va te livrer?")
Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. »
Ainsi se répandit parmi les frères l'idée que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? »
C'est lui, le disciple qui rend témoignage de tout cela, et qui l'a rapporté par écrit, et nous savons que son témoignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi.
Pierre et Jean, dans leur façon de vivre leur foi, sont aussi différents que Marthe et Marie. Mais les deux également nécessaires à l'Eglise. Les deux dernières lignes m'interpellent beaucoup. La petite prophétie de Jean sur les livres qu'on écrirait sur les choses que Jésus a faites s'est largement réalisée - et elle se réalise toujours, d'autant plus qu'à présent, avec le Net, n'importe qui peut témoigner sur un blog, ou sur un forum, de ce que le Seigneur a accompli dans sa vie !
Même ceux qui voudraient que le Christ n'ait jamais paru, finalement Le servent en essayant de le dénigrer, de le ridiculiser ou de faire disparaître la foi de l'âme de leurs lecteurs. Depuis le Da Vinci Code, j'ai pu avec succès exposer des livres qui n'ont pas un rapport direct avec Jésus. Les détracteurs de Jésus ne se rendent pas compte à quel point, même chez les athées, l'homme de Nazareth continue d'exercer une grande fascination.
Voici quelques titres vendus récemment: "Le cinquième Evangile" de Bernard-Marie (écrit par un moine à partir des Evangiles et des Apocryphes), "Le Pèlerin de Compostelle" (bizarroïde, par Paulo Coelho), "L'évangile de Pilate" (pas terrible, par E.E. Schmitt), des livres de Guy Gilbert, de l'Abbé Pierre, des biographies de Mère Térésa, Padre Pio, soeur Emmanuelle, des livres sur les "NDE", etc. Mon explication, c'est que même si beaucoup ne croient pas en Dieu, l'inquiétude métaphysique demeure - et quelle est le premier nom qui vient à l'esprit quand on se pose de telles questions ?
Dans l'Evangile, même les démons sont obligés de confesser le Christ : "Nous savons qui tu es: tu es le saint de Dieu !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- coeurderoy
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- Inscription : sam. 31 mai 2008, 19:02
- Localisation : Entre Loire et Garonne
Re: Tu as les Paroles de la vie éternelle !
Seigneur, à qui irions nous ? Tu as les Paroles de la vie éternelle!
Je ne reste jamais indifférent lorsqu'on me cite ces paroles de Pierre : voici pourquoi Etienne :
Il y a une dizaine d'années, désirant me confesser à Pâques je cherchais, à un moment très difficile de ma vie, un bon conseiller spirituel (je me confessais auparavant régulièrement à un vieux prêtre de la communauté de Jérusalem, brutalement emporté par un cancer).
Habitant non loin de Blois je décide de me rendre, en un quartier que je ne connaissais pas, à une église dédiée à Saint-Pierre, parce qu'elle était proche et que les horaires de confession me convenaient. Très tendu, inquiet, bouleversé pendant le trajet j'avais un sentiment d'échec total, je me sentais détruit me demandant ce qui me poussait par si beau temps à aller "étaler" ma misère devant un prêtre inconnu. En moi montait cette seule défense aux assauts d'un adversaire me susurrant "à quoi bon ?" : "Seigneur ! à qui irais-je, Tu as les Paroles de la Vie Eternelle !" : je me répétais cela, un peu à la façon de la méthode Coué, pour...clouer le bec aux pensées de désertion.
J'arrive devant l'église (assez rébarbative : le "moderne" des années 50 qui m'excite tant
), je pousse la porte...
Et là, réponse magnifique du Seigneur à mon cri de désarroi :SEIGNEUR A QUI IRIONS-NOUS, TU AS LES PAROLES DE LA VIE ETERNELLE : cette phrase planait en gros caractères, gravée sur l'arc triomphal encadrant la voûte du choeur.
Inutile de dire que mes scrupules, envie d'évasion, crainte, s'étaient envolés. Je pus me confesser à un prêtre qui méritait son prénom (François) par sa douceur et sa joie paisible , et rendre grâce pour cet encouragement et petit clin d'oeil venu du Ciel !
Fraternellement !
Je ne reste jamais indifférent lorsqu'on me cite ces paroles de Pierre : voici pourquoi Etienne :
Il y a une dizaine d'années, désirant me confesser à Pâques je cherchais, à un moment très difficile de ma vie, un bon conseiller spirituel (je me confessais auparavant régulièrement à un vieux prêtre de la communauté de Jérusalem, brutalement emporté par un cancer).
Habitant non loin de Blois je décide de me rendre, en un quartier que je ne connaissais pas, à une église dédiée à Saint-Pierre, parce qu'elle était proche et que les horaires de confession me convenaient. Très tendu, inquiet, bouleversé pendant le trajet j'avais un sentiment d'échec total, je me sentais détruit me demandant ce qui me poussait par si beau temps à aller "étaler" ma misère devant un prêtre inconnu. En moi montait cette seule défense aux assauts d'un adversaire me susurrant "à quoi bon ?" : "Seigneur ! à qui irais-je, Tu as les Paroles de la Vie Eternelle !" : je me répétais cela, un peu à la façon de la méthode Coué, pour...clouer le bec aux pensées de désertion.
J'arrive devant l'église (assez rébarbative : le "moderne" des années 50 qui m'excite tant
Et là, réponse magnifique du Seigneur à mon cri de désarroi :SEIGNEUR A QUI IRIONS-NOUS, TU AS LES PAROLES DE LA VIE ETERNELLE : cette phrase planait en gros caractères, gravée sur l'arc triomphal encadrant la voûte du choeur.
Inutile de dire que mes scrupules, envie d'évasion, crainte, s'étaient envolés. Je pus me confesser à un prêtre qui méritait son prénom (François) par sa douceur et sa joie paisible , et rendre grâce pour cet encouragement et petit clin d'oeil venu du Ciel !
Fraternellement !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Tu as les Paroles de la vie éternelle !
Cette anecdote est très intéressante. A deux points de vue, dirai-je:
Le premier: devoir changer de confesseur et de lieu, c'est dur. De l'extérieur, beaucoup croient que "les cathos" passent leur temps à se déculpabiliser par la confession, rite étrange ancêtre de la consultation chez le psy pour certains, par lequel on s'auto-flagelle, etc. En réalité, la démarche est toujours comme la première fois, elle est difficile, elle nécessite une forte mobilisation de la volonté... en même temps que l'Esprit nous presse et nous bouscule intérieurement, ce qui l'emporte finalement.
Le second: c'est justement cela, le fidèle n'est pas laissé seul dans cette lutte, mais il est rare qu'on en reçoive une "évidence" comme celle dont vous avez été gratifié. Comme le sacrement fait toujours songer à la parabole du fils prodigue, je me souviens que le Père attendait de loin son enfant qui revenait. Eh bien, cette inscription gravée dans la pierre était déjà comme un salut de loin : "C'est toi, c'est bien toi, mon enfant, qui revient ?"
Les sceptiques diront "coïncidences, coïncidences que tout ça", mais moi je sais que ces coïncidences peuvent aller jusqu'au fait qu'un prêtre (qui n'est au courant de rien, mais dont Jésus fait ce qu'Il veut) évoque de lui-même le point essentiel qui posait problème au pénitent - avec le même effet libératoire et joyeux... tout comme le Père lui-même, dans la parabole, écourte la déclaration que son fils perdu pensait lui faire en lui proposant de devenir simplement son serviteur.
Voici donc un témoignage très encourageant !
Etienne
Le premier: devoir changer de confesseur et de lieu, c'est dur. De l'extérieur, beaucoup croient que "les cathos" passent leur temps à se déculpabiliser par la confession, rite étrange ancêtre de la consultation chez le psy pour certains, par lequel on s'auto-flagelle, etc. En réalité, la démarche est toujours comme la première fois, elle est difficile, elle nécessite une forte mobilisation de la volonté... en même temps que l'Esprit nous presse et nous bouscule intérieurement, ce qui l'emporte finalement.
Le second: c'est justement cela, le fidèle n'est pas laissé seul dans cette lutte, mais il est rare qu'on en reçoive une "évidence" comme celle dont vous avez été gratifié. Comme le sacrement fait toujours songer à la parabole du fils prodigue, je me souviens que le Père attendait de loin son enfant qui revenait. Eh bien, cette inscription gravée dans la pierre était déjà comme un salut de loin : "C'est toi, c'est bien toi, mon enfant, qui revient ?"
Les sceptiques diront "coïncidences, coïncidences que tout ça", mais moi je sais que ces coïncidences peuvent aller jusqu'au fait qu'un prêtre (qui n'est au courant de rien, mais dont Jésus fait ce qu'Il veut) évoque de lui-même le point essentiel qui posait problème au pénitent - avec le même effet libératoire et joyeux... tout comme le Père lui-même, dans la parabole, écourte la déclaration que son fils perdu pensait lui faire en lui proposant de devenir simplement son serviteur.
Voici donc un témoignage très encourageant !
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le langage de l'Esprit
Livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 1-11)
01 Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
02 Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
03 Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
04 Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
05 Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
06 Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Ce bruit pareil à un violent coup de vent, je me dis que c'est le seul qu'à perçu l'oreille de chacun des auditeurs qui étaient présents. Comme j'écris cela, je ne manipule pas le texte, je ne dis pas qu'il n'y a pas eu un grand bruit, mais j'assimile ce bruit à celui que ferait l'oreille de notre coeur et de notre esprit en s'ouvrant à la vérité. C'est comme une porte qui claque en s'ouvrant d'un seul coup. La stupéfaction de ces gens me rappelle la mienne lorsque j'ai dû admettre que j'avais été aimé au-delà de l'admissible, puisque je n'admettais pas que l'amour puisse aller jusqu'au sacrifice complet. Stupéfaction encore pour moi lorsqu'en lisant les Evangiles, j'ai découvert que certaines paroles sont dites de telles façons qu'elles supportent toutes les traductions depuis l'Araméen jusqu'au Français, sans pour autant changer de sens. Il y en a beaucoup dans les textes, et qui ne comprendrait pas:
"Regardez les lys des champs: ils ne tissent ni ne filent et cependant, je vous le dis: le roi Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu mieux qu'eux"
ou encore:
"Est-ce par le souci que l'homme peut prolonger sa vie d'une seule journée ?"
et encore:
"Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ?"
et ici, nous comprenons tous, intuitivement, que l'amour peut devenir tout autre chose que nous avions songé.
Je pourrais multiplier les exemples sur plusieurs pages. Le langage de l'Esprit est accessible à tous, car il prend de ce qui est en Jésus et le redistribue à tous. A tous, mais c'est-à-dire : d'abord à chacun, chacun selon sa spécificité profonde, et chacun y trouve à profusion tout ce dont il a besoin pour se lever et se mettre en marche sur le chemin de la Vie.
Bonne fête de Pentecôte !
01 Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
02 Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
03 Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
04 Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
05 Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
06 Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Ce bruit pareil à un violent coup de vent, je me dis que c'est le seul qu'à perçu l'oreille de chacun des auditeurs qui étaient présents. Comme j'écris cela, je ne manipule pas le texte, je ne dis pas qu'il n'y a pas eu un grand bruit, mais j'assimile ce bruit à celui que ferait l'oreille de notre coeur et de notre esprit en s'ouvrant à la vérité. C'est comme une porte qui claque en s'ouvrant d'un seul coup. La stupéfaction de ces gens me rappelle la mienne lorsque j'ai dû admettre que j'avais été aimé au-delà de l'admissible, puisque je n'admettais pas que l'amour puisse aller jusqu'au sacrifice complet. Stupéfaction encore pour moi lorsqu'en lisant les Evangiles, j'ai découvert que certaines paroles sont dites de telles façons qu'elles supportent toutes les traductions depuis l'Araméen jusqu'au Français, sans pour autant changer de sens. Il y en a beaucoup dans les textes, et qui ne comprendrait pas:
"Regardez les lys des champs: ils ne tissent ni ne filent et cependant, je vous le dis: le roi Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu mieux qu'eux"
ou encore:
"Est-ce par le souci que l'homme peut prolonger sa vie d'une seule journée ?"
et encore:
"Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ?"
et ici, nous comprenons tous, intuitivement, que l'amour peut devenir tout autre chose que nous avions songé.
Je pourrais multiplier les exemples sur plusieurs pages. Le langage de l'Esprit est accessible à tous, car il prend de ce qui est en Jésus et le redistribue à tous. A tous, mais c'est-à-dire : d'abord à chacun, chacun selon sa spécificité profonde, et chacun y trouve à profusion tout ce dont il a besoin pour se lever et se mettre en marche sur le chemin de la Vie.
Bonne fête de Pentecôte !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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La sainteté de Dieu
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 1-12)
12
06 Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé. Il l'envoya vers eux en dernier. Il se disait : 'lls respecteront mon fils.'
07 Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, et l'héritage va être à nous !'
Les vignerons homicides ils sont dans les consciences qui voudraient bien s'emparer de Dieu comme d'une puissance dont ils pourraient ensuite user selon leurs intérêts égoïstes. On dirait des mages ou des sorciers, mais j'y vois aussi tous ceux qui s'efforcent de percer les secrets de la matière comme ceux de l'âme s'en s'être auparavant purfifiés. (C'est ainsi que du temps des Grecs, philosophie et science étaient non seulement indissociées, mais en outre seul des initiés avaient accès à ces connaissances).
Cependant, face à ces consciences rebelles et déicides, il y a une puissance plus puissante encore: c'est l'innocence parfaite de Dieu. Lorsque nous entendons le Maître de la vigne raisonner en se disant : "Du moins, ils respecteront mon fils", nous avons automatiquement le réflexe de penser: Dieu est vraiment très naïf ! Mais c'est notre nature humaine qui parle ainsi, et je dirais plus: c'est le péché en nous qui dit cela. Car Dieu n'est pas naïf: mais Il est Saint. S'Il se dit: "Ils respecteront mon fils", c'est qu'en sa sainteté, il est incapable de concevoir le mal. Dieu est Amour et n'est rien qu'Amour; dès lors, tout ce qui n'est pas de l'Amour, tout ce qui n'est pas issu de Lui, ne peut L'atteindre (*).
Les vignerons vont donc tuer le Fils, sans pouvoir aucunement atteindre Dieu, ni s'approprier l'Amour. Bien au contraire, dans le sacrifice assumé par le Fils, l'Amour s'est totalement engouffré dans les plaies humaines couvertes de la boue du péché. Le sang du Christ versé pour nous ne l'est certes pas en vain, mais il purifie le coeur des hommes et leur offre la seule vraie voie pour connaître Dieu, c'est-à dire : le bon usage du verbe Aimer.
(*) Pour moi, cela explique la nécessité du purgatoire. Tout ce qui reste de péché - ou de trace de péché dans l'âme défunte, doit fondre et disparaître afin que celle-ci accède au bonheur parfait.
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06 Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé. Il l'envoya vers eux en dernier. Il se disait : 'lls respecteront mon fils.'
07 Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, et l'héritage va être à nous !'
Les vignerons homicides ils sont dans les consciences qui voudraient bien s'emparer de Dieu comme d'une puissance dont ils pourraient ensuite user selon leurs intérêts égoïstes. On dirait des mages ou des sorciers, mais j'y vois aussi tous ceux qui s'efforcent de percer les secrets de la matière comme ceux de l'âme s'en s'être auparavant purfifiés. (C'est ainsi que du temps des Grecs, philosophie et science étaient non seulement indissociées, mais en outre seul des initiés avaient accès à ces connaissances).
Cependant, face à ces consciences rebelles et déicides, il y a une puissance plus puissante encore: c'est l'innocence parfaite de Dieu. Lorsque nous entendons le Maître de la vigne raisonner en se disant : "Du moins, ils respecteront mon fils", nous avons automatiquement le réflexe de penser: Dieu est vraiment très naïf ! Mais c'est notre nature humaine qui parle ainsi, et je dirais plus: c'est le péché en nous qui dit cela. Car Dieu n'est pas naïf: mais Il est Saint. S'Il se dit: "Ils respecteront mon fils", c'est qu'en sa sainteté, il est incapable de concevoir le mal. Dieu est Amour et n'est rien qu'Amour; dès lors, tout ce qui n'est pas de l'Amour, tout ce qui n'est pas issu de Lui, ne peut L'atteindre (*).
Les vignerons vont donc tuer le Fils, sans pouvoir aucunement atteindre Dieu, ni s'approprier l'Amour. Bien au contraire, dans le sacrifice assumé par le Fils, l'Amour s'est totalement engouffré dans les plaies humaines couvertes de la boue du péché. Le sang du Christ versé pour nous ne l'est certes pas en vain, mais il purifie le coeur des hommes et leur offre la seule vraie voie pour connaître Dieu, c'est-à dire : le bon usage du verbe Aimer.
(*) Pour moi, cela explique la nécessité du purgatoire. Tout ce qui reste de péché - ou de trace de péché dans l'âme défunte, doit fondre et disparaître afin que celle-ci accède au bonheur parfait.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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L'exemple de la pièce de monnaie
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,13-17.
13 On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler,
14 et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
15 Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. »
16 Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? ¦ De l'empereur César », répondent-ils.
17 Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.
A la lecture, j'ai de nouveau admiré comment l'Evangéliste a mis en opposition le langage hypocrite des uns et la vive simplicité de la réponse de Jésus. Or, la réponse a beau être courte, il ne s'agit pas seulement d'une astuce de parole. Car s'il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est parce que l'homme lui-même a été créé "à l'effigie" de Dieu. Jésus fait référence directement à la Genèse: "« Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Cela ne veut pas dire simplement que l'argent doit être remis à sa juste place dans nos existences, mais que nous avons également la responsabilité, puisque créés "à l'image et selon la ressemblance" de Dieu, d'agir en conséquence. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est évidemment chercher à accomplir Sa volonté.
13 On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler,
14 et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
15 Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. »
16 Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? ¦ De l'empereur César », répondent-ils.
17 Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.
A la lecture, j'ai de nouveau admiré comment l'Evangéliste a mis en opposition le langage hypocrite des uns et la vive simplicité de la réponse de Jésus. Or, la réponse a beau être courte, il ne s'agit pas seulement d'une astuce de parole. Car s'il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est parce que l'homme lui-même a été créé "à l'effigie" de Dieu. Jésus fait référence directement à la Genèse: "« Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Cela ne veut pas dire simplement que l'argent doit être remis à sa juste place dans nos existences, mais que nous avons également la responsabilité, puisque créés "à l'image et selon la ressemblance" de Dieu, d'agir en conséquence. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est évidemment chercher à accomplir Sa volonté.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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4/6/2009 - La déclaration du scribe
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 28-34)
28i Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda: "Quel est le premier de tous les commandements?"
29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
33 L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.
Ce passage est l'un des rares dans l'Évangile dans lequel un des scribes comprend et accepte d'établir un lien entre l'amour dû à Dieu et ce qui lui correspond sur la terre: "Tu aimerais ton prochain comme toi-même". Dans l'âme de cet homme, une porte s'est ouverte que les mots ne sauraient pas exprimer. Néanmoins, ceux qui sortent de sa bouche montrent bien que le changement est réel: "L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices".
Après la lecture de Simone Weil, je pourrais expliquer ainsi que, l'amour de Dieu étant universel, le culte qu'on lui rend doit également être universel : les rites, les prières, la louange sont nécessaires mais il faut aussi aimer à la manière de Dieu, car l'amour du prochain est universel: "Dieu fait se lever le soleil et tomber la pluie sur le juste comme sur le méchant." Et donc, ayant bien saisi ce rapport étroit, indissociable, entre amour de Dieu et amour du prochain, le scribe est en effet tout proche du royaume de Dieu. Il lui suffira d'un geste de charité ou de miséricorde dans son entourage pour franchir, sans même s'en rendre bien compte, la frontière entre l'ancienne et la nouvelle Alliance.
28i Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda: "Quel est le premier de tous les commandements?"
29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
33 L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.
Ce passage est l'un des rares dans l'Évangile dans lequel un des scribes comprend et accepte d'établir un lien entre l'amour dû à Dieu et ce qui lui correspond sur la terre: "Tu aimerais ton prochain comme toi-même". Dans l'âme de cet homme, une porte s'est ouverte que les mots ne sauraient pas exprimer. Néanmoins, ceux qui sortent de sa bouche montrent bien que le changement est réel: "L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices".
Après la lecture de Simone Weil, je pourrais expliquer ainsi que, l'amour de Dieu étant universel, le culte qu'on lui rend doit également être universel : les rites, les prières, la louange sont nécessaires mais il faut aussi aimer à la manière de Dieu, car l'amour du prochain est universel: "Dieu fait se lever le soleil et tomber la pluie sur le juste comme sur le méchant." Et donc, ayant bien saisi ce rapport étroit, indissociable, entre amour de Dieu et amour du prochain, le scribe est en effet tout proche du royaume de Dieu. Il lui suffira d'un geste de charité ou de miséricorde dans son entourage pour franchir, sans même s'en rendre bien compte, la frontière entre l'ancienne et la nouvelle Alliance.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Paradoxes de la grandeur dans la petitesse
Lettre de saint Jacques 4,1-10.
D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? (...) L'amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu. Vous pensez bien que l'Écriture ne parle pas pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l'Esprit qu'il a fait habiter en nous. Mais il nous donne une grâce plus grande encore ; c'est ce que dit l'Écriture : Dieu s'oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au démon : il s'enfuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et lui s'approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos coeurs. Affligez-vous, lamentez-vous et pleurez ; que votre rire se change en lamentations et votre joie en tristesse. Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.
Il existe, de manière éparse dans les Evangiles, une sorte de répétition constante d'un principe spirituel qui équivaudrait, sur le plan de la physique, au principe des vases communicants. A tel niveau d'abaissement correspond un relèvement équivalent. "Ce qui s'abaisse sera élevé, ce qui s'élève sera abaissé", "Beaucoup des premiers seront les derniers seront les premiers", "Celui qui veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur", "Heureux le serviteur qui a été trouvé fidèle en peu de choses, il lui en sera confié beaucoup", etc.
C'est un refrain perpétuel, une sorte de "voix mineure" de la miséricorde divine. Ainsi, les ouvriers de la dernière heure, par pure bonté ("Vas-tu me regarder d'un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?"), reçoivent le même salaire que ceux qui ont supporté toute la chaleur du jour. Les enfants sont privilégiés par rapport aux adultes, car il faut leur être semblable pour entrer dans le Royaume. Un truand, pendu au bois de la croix avec Jésus, est le premier à accéder au paradis, avant même que le Christ soit descendu "aux enfers" pour libérer toutes les âmes (qui attendaient ce jour depuis les "temps anciens".) La veuve dans le temple a donné plus que tous les autres puisqu'elle a donné de son nécessaire... quel que soit le montant du superflu abandonné par les autres.
Ces paradoxes entretiennent chez les auditeurs de Jésus, pas seulement dans le peuple, mais aussi chez les pharisiens et les docteurs de la Loi, l'étonnement mais aussi la prudence, l'attention, l'état d'éveil. Quand je lis (toujours) Simone Weil, je vois ce qu'elle appelle "l'attention créatrice" élevée en fondement de la charité. Pas étonnant, si l'on songe à la tirade de Jésus qui, après la guérison de l'aveugle-né, déclare aux Juifs : "Si vous étiez aveugles, alors vous seriez purs et sans péché, mais aussi longtemps que vous dites "nous voyons", votre péché demeure !"
O Seigneur, je T'adore, comme ta Parole fait les délices de mon cœur et de ma bouche !
D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? (...) L'amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu. Vous pensez bien que l'Écriture ne parle pas pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l'Esprit qu'il a fait habiter en nous. Mais il nous donne une grâce plus grande encore ; c'est ce que dit l'Écriture : Dieu s'oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au démon : il s'enfuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et lui s'approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos coeurs. Affligez-vous, lamentez-vous et pleurez ; que votre rire se change en lamentations et votre joie en tristesse. Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.
Il existe, de manière éparse dans les Evangiles, une sorte de répétition constante d'un principe spirituel qui équivaudrait, sur le plan de la physique, au principe des vases communicants. A tel niveau d'abaissement correspond un relèvement équivalent. "Ce qui s'abaisse sera élevé, ce qui s'élève sera abaissé", "Beaucoup des premiers seront les derniers seront les premiers", "Celui qui veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur", "Heureux le serviteur qui a été trouvé fidèle en peu de choses, il lui en sera confié beaucoup", etc.
C'est un refrain perpétuel, une sorte de "voix mineure" de la miséricorde divine. Ainsi, les ouvriers de la dernière heure, par pure bonté ("Vas-tu me regarder d'un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?"), reçoivent le même salaire que ceux qui ont supporté toute la chaleur du jour. Les enfants sont privilégiés par rapport aux adultes, car il faut leur être semblable pour entrer dans le Royaume. Un truand, pendu au bois de la croix avec Jésus, est le premier à accéder au paradis, avant même que le Christ soit descendu "aux enfers" pour libérer toutes les âmes (qui attendaient ce jour depuis les "temps anciens".) La veuve dans le temple a donné plus que tous les autres puisqu'elle a donné de son nécessaire... quel que soit le montant du superflu abandonné par les autres.
Ces paradoxes entretiennent chez les auditeurs de Jésus, pas seulement dans le peuple, mais aussi chez les pharisiens et les docteurs de la Loi, l'étonnement mais aussi la prudence, l'attention, l'état d'éveil. Quand je lis (toujours) Simone Weil, je vois ce qu'elle appelle "l'attention créatrice" élevée en fondement de la charité. Pas étonnant, si l'on songe à la tirade de Jésus qui, après la guérison de l'aveugle-né, déclare aux Juifs : "Si vous étiez aveugles, alors vous seriez purs et sans péché, mais aussi longtemps que vous dites "nous voyons", votre péché demeure !"
O Seigneur, je T'adore, comme ta Parole fait les délices de mon cœur et de ma bouche !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Jésus et le langage des scribes
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 35-37)
35 Quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ?
36 David lui-même a dit sous l'inspiration de l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : 'Siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds !' David lui-même le nomme Seigneur.
37 D'où vient qu'il est également son fils ? » Et la foule, qui était nombreuse, l'écoutait avec plaisir.
Jésus s'en prend publiquement aux déclarations des scribes, mais pas seulement à cela. C'est la fermeture d'esprit derrière l'écriture qui est remise en question. Car David avait écrit ces choses dans un Psaume, sous l'inspiration de l'Esprit saint, tandis que les scribes tirent des conclusions contraignantes qui tendent à figer dans des règles strictes toute pratique de la religion. Jésus relève les contradictions dans les termes, sans affirmer quoi que ce soit de nouveau. On dirait ainsi qu'il dépoussière les textes anciens, gravés dans la pierre et recopiés à longueur de parchemins, afin d'en dégager la source, la Parole, qui est bien vivante, puisque lui-même en est l'incarnation.
L'évangéliste Marc, tout comme la foule, nombreuse, ressent un entraînement à suivre cette voix qui s'élève bien au-dessus de la poussière des âges, car elle s'adresse directement aux cœurs des auditeurs. Si mon commentaire ne vous a pas convaincu, il existe un moyen simple de ressentir combien un texte écrit devient autre chose lorsqu'il est récité. Prenez un poème, par exemple la description du jardin des Feuillantines ou a grandi Victor Hugo. C'est long à lire, rapidement fastidieux, on se surprend à sauter des vers en se disant: où veut-il donc nous conduire ? Mais à l'audition, si le lecteur est bon, quel bonheur ! La musique des mots rend "visibles" les vieilles pierres, les arbres, les plantes, les oiseaux et l'on est véritablement entraîné dans le souvenir du poète. S'il en est ainsi, quel bonheur d'écouter Jésus décortiquer les vieilles sentences et en faire jaillir la force de vie !
35 Quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ?
36 David lui-même a dit sous l'inspiration de l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : 'Siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis sous tes pieds !' David lui-même le nomme Seigneur.
37 D'où vient qu'il est également son fils ? » Et la foule, qui était nombreuse, l'écoutait avec plaisir.
Jésus s'en prend publiquement aux déclarations des scribes, mais pas seulement à cela. C'est la fermeture d'esprit derrière l'écriture qui est remise en question. Car David avait écrit ces choses dans un Psaume, sous l'inspiration de l'Esprit saint, tandis que les scribes tirent des conclusions contraignantes qui tendent à figer dans des règles strictes toute pratique de la religion. Jésus relève les contradictions dans les termes, sans affirmer quoi que ce soit de nouveau. On dirait ainsi qu'il dépoussière les textes anciens, gravés dans la pierre et recopiés à longueur de parchemins, afin d'en dégager la source, la Parole, qui est bien vivante, puisque lui-même en est l'incarnation.
L'évangéliste Marc, tout comme la foule, nombreuse, ressent un entraînement à suivre cette voix qui s'élève bien au-dessus de la poussière des âges, car elle s'adresse directement aux cœurs des auditeurs. Si mon commentaire ne vous a pas convaincu, il existe un moyen simple de ressentir combien un texte écrit devient autre chose lorsqu'il est récité. Prenez un poème, par exemple la description du jardin des Feuillantines ou a grandi Victor Hugo. C'est long à lire, rapidement fastidieux, on se surprend à sauter des vers en se disant: où veut-il donc nous conduire ? Mais à l'audition, si le lecteur est bon, quel bonheur ! La musique des mots rend "visibles" les vieilles pierres, les arbres, les plantes, les oiseaux et l'on est véritablement entraîné dans le souvenir du poète. S'il en est ainsi, quel bonheur d'écouter Jésus décortiquer les vieilles sentences et en faire jaillir la force de vie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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- Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
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Re: Jésus et le langage des scribes
Comme il faudrait, en effet, pouvoir entendre Jésus, dans le Temple, enseignant le mystère de sa venue : Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? Puis de leur psalmodier dans cette langue si belle qu'est l'hébreu de la liturgie synagogale :
Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, * et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »
De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : * « Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. »
Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : * « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. »
Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : * « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek. »
A ta droite se tient le Seigneur : * il brise les rois au jour de sa colère.
Il juge les nations : les cadavres s'entassent ; * il brise les chefs, loin sur la terre.
Au torrent il s'abreuve en chemin, * c'est pourquoi il redresse la tête.
Ce que l'évangéliste n'a nul besoin de remettre en entier puisque ses auditeurs/lecteurs connaissent parfaitement les écritures (sic). Le premier verset que cite l'évangéliste suffit à introduire dans nos mémoires tout le psaume, avec toute sa poésie et toute son inspiration.
Jésus demande aux scribes comment ils peuvent dire que le Messie est de la lignée des rois de David, alors qu'il est également prêtre de l'ordre de Melkisédek à jamais. Adonaï c'est lui ! Alors Jésus met les scribes devant la vérité que leur raison doit leur imposer : le Messie, Fils du Dieu vivant, Adonaï, doit s'incarner dans la lignée de David et prendre la condition de serviteur, fils du serviteur de Dieu. Et nous assistons alors, comme la foule, avec plaisir, à cet enseignement du Dieu vivant lui-même, dans le Temple saint, figure du royaume éternel, existant selon l'ordre de Melkisédek bien avant David, et pourtant bâti par David pour son Seigneur. Le Messie est ici révélé Vrai Dieu et Vrai Homme - Fils de Dieu Père et Fils de la Vierge descendante de David - parole de Dieu qui se donne et se reçoit dans le Temple - Seigneur et Serviteur à la fois.
Ecoutons un instant Jésus psalmodier ce chant qui nous parle de lui-même, en prenant la mesure de cette incroyable découverte : Jésus est le Christ, il est Serviteur et Seigneur. C'est le tout puissant au service de l'homme, pour rendre vraiment l'homme au service de Dieu.
Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, * et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »
De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : * « Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. »
Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : * « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. »
Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : * « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek. »
A ta droite se tient le Seigneur : * il brise les rois au jour de sa colère.
Il juge les nations : les cadavres s'entassent ; * il brise les chefs, loin sur la terre.
Au torrent il s'abreuve en chemin, * c'est pourquoi il redresse la tête.
Ce que l'évangéliste n'a nul besoin de remettre en entier puisque ses auditeurs/lecteurs connaissent parfaitement les écritures (sic). Le premier verset que cite l'évangéliste suffit à introduire dans nos mémoires tout le psaume, avec toute sa poésie et toute son inspiration.
Jésus demande aux scribes comment ils peuvent dire que le Messie est de la lignée des rois de David, alors qu'il est également prêtre de l'ordre de Melkisédek à jamais. Adonaï c'est lui ! Alors Jésus met les scribes devant la vérité que leur raison doit leur imposer : le Messie, Fils du Dieu vivant, Adonaï, doit s'incarner dans la lignée de David et prendre la condition de serviteur, fils du serviteur de Dieu. Et nous assistons alors, comme la foule, avec plaisir, à cet enseignement du Dieu vivant lui-même, dans le Temple saint, figure du royaume éternel, existant selon l'ordre de Melkisédek bien avant David, et pourtant bâti par David pour son Seigneur. Le Messie est ici révélé Vrai Dieu et Vrai Homme - Fils de Dieu Père et Fils de la Vierge descendante de David - parole de Dieu qui se donne et se reçoit dans le Temple - Seigneur et Serviteur à la fois.
Ecoutons un instant Jésus psalmodier ce chant qui nous parle de lui-même, en prenant la mesure de cette incroyable découverte : Jésus est le Christ, il est Serviteur et Seigneur. C'est le tout puissant au service de l'homme, pour rendre vraiment l'homme au service de Dieu.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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La foi grandit dans les épreuves
Livre de Tobie (Tb 12, 1.5-15.20)
01 Tobie appela son fils et lui dit : « Que pouvons-nous donner à ce saint personnage qui a été ton compagnon de route ? »
05 Le père et le fils l'appelèrent, le prirent à part, et se mirent à lui demander de bien vouloir accepter la moitié de tout ce qu'ils avaient rapporté.
06 Alors il leur dit en confidence : « Bénissez le Dieu du ciel, célébrez-le devant tous les vivants, parce qu'il vous a comblés de sa miséricorde.
07 En effet, il est bon de tenir cachés les secrets des rois, mais il est glorieux de révéler et de célébrer les oeuvres de Dieu.
08 La prière, avec le jeûne et l'aumône, vaut mieux que des monceaux d'or.
09 Car l'aumône délivre de la mort, elle purifie des péchés, elle fait obtenir la miséricorde et la vie éternelle.
10 Ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont leurs propres ennemis.
11 Je vais vous dévoiler la vérité, sans rien vous cacher.
12 Quand tu priais en pleurant, quand tu abandonnais ton repas pour ensevelir les morts, quand tu cachais les morts chez toi pendant le jour, pour les ensevelir la nuit, moi, je présentais ta prière au Seigneur.
13 Et parce que tu étais agréable au Seigneur, il fallait que la tentation te mette à l'épreuve.
14 Mais maintenant, le Seigneur m'a envoyé pour te guérir et pour délivrer Sara, l'épouse de ton fils, de l'emprise du démon.
15 Car je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui se tiennent devant le Seigneur.
20 Il est temps que je retourne auprès de celui qui m'a envoyé. Quant à vous, bénissez Dieu, et racontez toutes ses merveilles. »
"Et parce que tu étais agréable au Seigneur, il fallait que la tentation te mette à l'épreuve." N'est-ce pas un peu dur d'entendre cela ? S'il en fut pour Tobie comme pour Job, qu'adviendra-t-il de nous ! Toutefois, il y a des différences entre ce qu'ont vécu Job et Tobie. Job a énormément perdu (la majeure partie de sa famille et sa fortune) avant de perdre la santé - tandis que Tobie a perdu la vue. On me dira que voilà une maigre consolation.
Prenons alors les choses par l'inverse. Prenons un homme pieux, qui a la foi et qui ne connaît jamais l'épreuve... Eh bien, ce n'est pas un vrai croyant, c'est quelqu'un qui vit dans l'illusion. Sa foi peut être comparée à une force dont ses bras disposaient, mais qu'il n'a jamais eu l'occasion d'exercer et ses muscles se sont atrophiés. A la première embûche sur son chemin, il ne saura pas la déplacer et sera contraint de faire demi-tour. Ce que je veux dire, c'est simplement ceci: l'épreuve est aussi nécessaire à la foi, que l'exercice aux muscles. (L'ange ne dit rien d'autre: IL FALLAIT QUE - c'était donc nécessaire.) Et nous savons par Jésus que vu d'En Haut, notre foi se caractérise souvent par un maximum d'incrédulité ! Je ne prends que l'Evangile de Matthieu et je cite:
Mt 6, 30 Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Mt 8, 26 Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
Mt 14, 31 Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Mt 16, 8 Mais Jésus s'en aperçut et leur dit : « Hommes de peu de foi, pourquoi discutez-vous entre vous sur ce manque de pain ?"
Mt 17,20 Jésus leur répond : « C'est parce que vous avez trop peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : 'Transporte-toi d'ici jusque là-bas', et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »
J'ai toujours été frappé de la réflexion que se font les disciples dans la barque, juste après avoir vu Jésus multiplier les pains et les poissons (en Mt 16,8). Ils sont remontés dans la barque avec Jésus, sans doute pour retraverser la mer de Galilée, et ils viennent de se rendre compte qu'ils n'ont qu'un pain... et il n'en suffit pas plus pour qu'ils oublient le miracle extraordinaire auquel ils viennent d'assister !
Mais dans le même discours, l'archange Raphaël dit également:
08 La prière, avec le jeûne et l'aumône, vaut mieux que des monceaux d'or.
09 Car l'aumône délivre de la mort, elle purifie des péchés, elle fait obtenir la miséricorde et la vie éternelle.
A mon sens, ce sont la prière et le jeûne qui seules peuvent conduire à l'aumône, car il ne s'agit pas seulement d'accomplir un geste de don (pour obtenir une attestation fiscale, par exemple), mais il faut encore s'y être préparé comme quelque chose de significatif et d'important dans nos vies. Donner son fond de poche à la quête, c'est une chose. Mais il existe d'autres qui nécessitent une préparation plus profonde, car il s'agit en fait de chercher à remédier à des situations difficiles vécues par le prochain. Tobie en était bien conscient, lui qui prenait le risque de traîner chez lui les corps de ses malheureux compatriotes abattus en pleine rue et en plein jour, pour ensuite les enterrer de nuit: voilà une aumône d'une toute autre ampleur !
Existe-t-il des aumônes comparables aujourd'hui ? La réponse est oui. Je songe tout particulièrement à toutes ces personnes, croyantes ou non, peu importe, qui hébergent chez elles des "candidats" à l'immigration clandestine vers l'Angleterre... et cela d'autant plus que leur charité est désormais punissable. (Je ressens dans mon coeur que la possibilité de sanction n'a fait qu'augmenter la valeur du geste !) Le mobile de ces anges gardiens n'a certainement rien de politique: il s'agit en tout premier lieu d'abriter du froid, de donner à boire et à manger - c'est tout simplement "humain", mais cette humanité-là, dit l'ange Raphaël, fait obtenir la miséricorde et conduit à la vie éternelle...
01 Tobie appela son fils et lui dit : « Que pouvons-nous donner à ce saint personnage qui a été ton compagnon de route ? »
05 Le père et le fils l'appelèrent, le prirent à part, et se mirent à lui demander de bien vouloir accepter la moitié de tout ce qu'ils avaient rapporté.
06 Alors il leur dit en confidence : « Bénissez le Dieu du ciel, célébrez-le devant tous les vivants, parce qu'il vous a comblés de sa miséricorde.
07 En effet, il est bon de tenir cachés les secrets des rois, mais il est glorieux de révéler et de célébrer les oeuvres de Dieu.
08 La prière, avec le jeûne et l'aumône, vaut mieux que des monceaux d'or.
09 Car l'aumône délivre de la mort, elle purifie des péchés, elle fait obtenir la miséricorde et la vie éternelle.
10 Ceux qui commettent le péché et l'iniquité sont leurs propres ennemis.
11 Je vais vous dévoiler la vérité, sans rien vous cacher.
12 Quand tu priais en pleurant, quand tu abandonnais ton repas pour ensevelir les morts, quand tu cachais les morts chez toi pendant le jour, pour les ensevelir la nuit, moi, je présentais ta prière au Seigneur.
13 Et parce que tu étais agréable au Seigneur, il fallait que la tentation te mette à l'épreuve.
14 Mais maintenant, le Seigneur m'a envoyé pour te guérir et pour délivrer Sara, l'épouse de ton fils, de l'emprise du démon.
15 Car je suis l'ange Raphaël, l'un des sept qui se tiennent devant le Seigneur.
20 Il est temps que je retourne auprès de celui qui m'a envoyé. Quant à vous, bénissez Dieu, et racontez toutes ses merveilles. »
"Et parce que tu étais agréable au Seigneur, il fallait que la tentation te mette à l'épreuve." N'est-ce pas un peu dur d'entendre cela ? S'il en fut pour Tobie comme pour Job, qu'adviendra-t-il de nous ! Toutefois, il y a des différences entre ce qu'ont vécu Job et Tobie. Job a énormément perdu (la majeure partie de sa famille et sa fortune) avant de perdre la santé - tandis que Tobie a perdu la vue. On me dira que voilà une maigre consolation.
Prenons alors les choses par l'inverse. Prenons un homme pieux, qui a la foi et qui ne connaît jamais l'épreuve... Eh bien, ce n'est pas un vrai croyant, c'est quelqu'un qui vit dans l'illusion. Sa foi peut être comparée à une force dont ses bras disposaient, mais qu'il n'a jamais eu l'occasion d'exercer et ses muscles se sont atrophiés. A la première embûche sur son chemin, il ne saura pas la déplacer et sera contraint de faire demi-tour. Ce que je veux dire, c'est simplement ceci: l'épreuve est aussi nécessaire à la foi, que l'exercice aux muscles. (L'ange ne dit rien d'autre: IL FALLAIT QUE - c'était donc nécessaire.) Et nous savons par Jésus que vu d'En Haut, notre foi se caractérise souvent par un maximum d'incrédulité ! Je ne prends que l'Evangile de Matthieu et je cite:
Mt 6, 30 Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Mt 8, 26 Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
Mt 14, 31 Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Mt 16, 8 Mais Jésus s'en aperçut et leur dit : « Hommes de peu de foi, pourquoi discutez-vous entre vous sur ce manque de pain ?"
Mt 17,20 Jésus leur répond : « C'est parce que vous avez trop peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : 'Transporte-toi d'ici jusque là-bas', et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »
J'ai toujours été frappé de la réflexion que se font les disciples dans la barque, juste après avoir vu Jésus multiplier les pains et les poissons (en Mt 16,8). Ils sont remontés dans la barque avec Jésus, sans doute pour retraverser la mer de Galilée, et ils viennent de se rendre compte qu'ils n'ont qu'un pain... et il n'en suffit pas plus pour qu'ils oublient le miracle extraordinaire auquel ils viennent d'assister !
Mais dans le même discours, l'archange Raphaël dit également:
08 La prière, avec le jeûne et l'aumône, vaut mieux que des monceaux d'or.
09 Car l'aumône délivre de la mort, elle purifie des péchés, elle fait obtenir la miséricorde et la vie éternelle.
A mon sens, ce sont la prière et le jeûne qui seules peuvent conduire à l'aumône, car il ne s'agit pas seulement d'accomplir un geste de don (pour obtenir une attestation fiscale, par exemple), mais il faut encore s'y être préparé comme quelque chose de significatif et d'important dans nos vies. Donner son fond de poche à la quête, c'est une chose. Mais il existe d'autres qui nécessitent une préparation plus profonde, car il s'agit en fait de chercher à remédier à des situations difficiles vécues par le prochain. Tobie en était bien conscient, lui qui prenait le risque de traîner chez lui les corps de ses malheureux compatriotes abattus en pleine rue et en plein jour, pour ensuite les enterrer de nuit: voilà une aumône d'une toute autre ampleur !
Existe-t-il des aumônes comparables aujourd'hui ? La réponse est oui. Je songe tout particulièrement à toutes ces personnes, croyantes ou non, peu importe, qui hébergent chez elles des "candidats" à l'immigration clandestine vers l'Angleterre... et cela d'autant plus que leur charité est désormais punissable. (Je ressens dans mon coeur que la possibilité de sanction n'a fait qu'augmenter la valeur du geste !) Le mobile de ces anges gardiens n'a certainement rien de politique: il s'agit en tout premier lieu d'abriter du froid, de donner à boire et à manger - c'est tout simplement "humain", mais cette humanité-là, dit l'ange Raphaël, fait obtenir la miséricorde et conduit à la vie éternelle...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
Diahloquèt
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- Inscription : jeu. 19 mars 2009, 16:40
Re: La foi grandit dans les épreuves
Bonjour Etienne !
"La foi grandit dans les épreuves"... "L'épreuve est aussi nécessaire à la foi que l'exercice au muscle."
... comme l'épreuve du feu est nécessaire au métal pour le solidifier... ?
Pourtant, ce bon et si fidèle Tobit semble bien solide dans sa foi, et son épreuve "un peu dure" et même... injuste !
"Il fallait que la tentation..." mais "Le Seigneur m'a envoyé pour te guérir et libérer..."
... La guérison et la libération viennent bien du Seigneur...
Quant à la tentation... ??!...
... ... ... ...
La version de la T.O.B. ouvre une autre piste de réflexion :
"Quand tu n'as pas hésité à te lever et à laisser ton dîner pour aller ensevelir le mort,
c'est alors que j'ai été envoyé vers toi pour te mettre à l'épreuve.
Mais dans le même temps D'ieu m'a envoyé pour te guérir... ..."
Cela m'évoque... un autre "passage" -au double sens !-, celui d'Exode 13 :
"Quand le Pharaon laissa partir le peuple, D'ieu ne le conduisit pas par la route [...] la plus directe.
D'ieu s'était dit : "Il ne faudrait pas que, à la vue des combats, le peuple renonce et qu'il revienne en Egypte !"
Et D'ieu détourna le peuple vers le désert..."
Tobit, pourtant, ne semble pas courir ce risque de renoncer à sa foi, bien au contraire : "Plutôt la mort ...!" 3.6
... plutôt la mort, oui... !! ... c'est cela que Tobit ne cesse de choisir dans les 1ers chapitres, "à la vue des cadavres",
--- et la mort est en train de lui "dévorer la vie"... à lui qui préfère ne pas manger pour enterrer les morts... ;
la mort est en train de l'aveugler, au point de ne même plus voir la vie devant lui,
de ne plus accepter la vie en abondance donnée... sous forme de chevreau à Anna ;
la mort est en train de corrompre toutes ses relations avec les vivants, avec la Vie...
et il est significatif... que ce soit la fiente des oiseaux qui le rende aveugle... !
...........
"D'ieu est le D'ieu des vivants" (Marc 12.27), et n'a de cesse qu'on choisisse la vie !... ... ...
Dans les 1ers chapitres du Livre de Tobit,
si nous relevons (!) les mots qui expriment la mort (sous toutes ses formes),
... puis ceux qui, à partir du chapitre 10, expriment la vie... et la joie, le bonheur...
nous avons, nous aussi, comme Tobit ... une vision nouvelle ... ...
et nous voyons alors que l'épreuve qui "aveugle" Tobit... n'est peut-être pas celle qui nous apparaissait à "première vue"...
---Tobit, à la foi fidèle et indestructible, plaisait au Seigneur,
mais il passait littéralement sa vie à enterrer les morts de nuit ! ...
Alors le Seigneur a désiré le guérir de cette vie/vision mortifère et le faire passer du côté de la vie et de la vue claire !...
Il fallait... en effet : c'était même vital pour Tobit !
--- Et il va tellement bien guérir, Tobit, qu'il va retrouver la joie ... par la jeunesse...
11.15 : "Tobias, son fils, entra, joyeux et bénissant D'ieu à pleine voix."
11.16 : "Tobit, joyeux et bénissant D'ieu, partit à la rencontre de sa belle-fille..."
... ... joie qui le fait sortir (= de lui-même et de ses "œillères") à la rencontre d'une vivante...,
à "l'émerveillement de tous ceux qui le voient" et pour "la joie de tous les juifs de Ninive" (v.18)... ... !
ça y est ... la vie a repris ses droits, - son droit chemin... qui est de vaincre la mort,
et la joie jaillit en abondance... et la louange, et la bénédiction, et le chant...
Ouf ! pouvons-nous dire... avec eux tous !... nous l'avons échappé belle !... ...
pour un peu, nous aurions pu croire que... ...
--- et oublier que ... "Même si [nous marchons] dans les ravins d'ombre et de mort,
le Seigneur [nous] conduit par les bons sentiers" (Ps.23)... ... qui ne sont pas toujours... "les plus directs" !... ... ...
------- ------- ------- ------- ------- ------- -------
- Raphaël (D'ieu guérit) se manifeste en tant qu'Azarias (D'ieu est mon aide, ma force), fils d'Ananias (D'ieu s'est montré miséricordieux) ;
- Anna, la mère, "miséricorde" ou "pleine de grâce",
- Ragouël, père de Sara, "ami de D'ieu,
- et Gabaël, dépositaire de l'argent, "D'ieu est sublime",
forment un fiable et solide compagnonnage des Tobit père & fils, Tobiyya signifiant... "D'ieu est bon"... !
D'ieu est bon... D'ieu des vivants...
Nous pouvions savoir, depuis le chapitre 3,
que voir véritablement c'est "voir de ses yeux la lumière de D'ieu" (v.17) ;
nous comprenons (un peu mieux) ce qu'est cette lumière
en accompagnant Tobit le clairvoyant jusqu'au bout ...
Écoutons les instructions (chap.14) qu'il donne à son fils -- donc à nous... :
"Tous [...] aimeront D'ieu en toute vérité.
Tous abandonneront leurs idoles trompeuses qui les faisaient s'égarer dans leur erreur [...].
Ceux qui aiment D'ieu en vérité seront dans la joie [...].
Servez D'ieu en vérité...
"D'ieu en vérité" : voilà qui semble bien être le message que Tobit veut absolument que nous entendions,
et la lumière qu'il nous donne à voir,
car il sait, lui, que "idoles trompeuses qui égarent" sont les images que nous nous faisons de D'ieu,
oubliant sans cesse la Parole qui recommande de "ne pas se faire d'image, ni de représentation..." forcément.. aveuglantes !!
Alors... voir véritablement...
serait... voir de ses yeux la lumière de "D'ieu-bon -- D'ieu-des-vivants -- D'ieu-en-vérité"... ...
------- ... n'est-ce-pas là "l'épreuve"... qu'a connue Paul sur le chemin de Damas,
"l'éclat de cette lumière lui ôtant la vue"... retrouvée avec l'aide d'un autre Ananias...?!...
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ............................................. ...!?!
"La foi grandit dans les épreuves"... "L'épreuve est aussi nécessaire à la foi que l'exercice au muscle."
... comme l'épreuve du feu est nécessaire au métal pour le solidifier... ?
Pourtant, ce bon et si fidèle Tobit semble bien solide dans sa foi, et son épreuve "un peu dure" et même... injuste !
"Il fallait que la tentation..." mais "Le Seigneur m'a envoyé pour te guérir et libérer..."
... La guérison et la libération viennent bien du Seigneur...
Quant à la tentation... ??!...
... ... ... ...
La version de la T.O.B. ouvre une autre piste de réflexion :
"Quand tu n'as pas hésité à te lever et à laisser ton dîner pour aller ensevelir le mort,
c'est alors que j'ai été envoyé vers toi pour te mettre à l'épreuve.
Mais dans le même temps D'ieu m'a envoyé pour te guérir... ..."
Cela m'évoque... un autre "passage" -au double sens !-, celui d'Exode 13 :
"Quand le Pharaon laissa partir le peuple, D'ieu ne le conduisit pas par la route [...] la plus directe.
D'ieu s'était dit : "Il ne faudrait pas que, à la vue des combats, le peuple renonce et qu'il revienne en Egypte !"
Et D'ieu détourna le peuple vers le désert..."
Tobit, pourtant, ne semble pas courir ce risque de renoncer à sa foi, bien au contraire : "Plutôt la mort ...!" 3.6
... plutôt la mort, oui... !! ... c'est cela que Tobit ne cesse de choisir dans les 1ers chapitres, "à la vue des cadavres",
--- et la mort est en train de lui "dévorer la vie"... à lui qui préfère ne pas manger pour enterrer les morts... ;
la mort est en train de l'aveugler, au point de ne même plus voir la vie devant lui,
de ne plus accepter la vie en abondance donnée... sous forme de chevreau à Anna ;
la mort est en train de corrompre toutes ses relations avec les vivants, avec la Vie...
et il est significatif... que ce soit la fiente des oiseaux qui le rende aveugle... !
...........
"D'ieu est le D'ieu des vivants" (Marc 12.27), et n'a de cesse qu'on choisisse la vie !... ... ...
Dans les 1ers chapitres du Livre de Tobit,
si nous relevons (!) les mots qui expriment la mort (sous toutes ses formes),
... puis ceux qui, à partir du chapitre 10, expriment la vie... et la joie, le bonheur...
nous avons, nous aussi, comme Tobit ... une vision nouvelle ... ...
et nous voyons alors que l'épreuve qui "aveugle" Tobit... n'est peut-être pas celle qui nous apparaissait à "première vue"...
---Tobit, à la foi fidèle et indestructible, plaisait au Seigneur,
mais il passait littéralement sa vie à enterrer les morts de nuit ! ...
Alors le Seigneur a désiré le guérir de cette vie/vision mortifère et le faire passer du côté de la vie et de la vue claire !...
Il fallait... en effet : c'était même vital pour Tobit !
--- Et il va tellement bien guérir, Tobit, qu'il va retrouver la joie ... par la jeunesse...
11.15 : "Tobias, son fils, entra, joyeux et bénissant D'ieu à pleine voix."
11.16 : "Tobit, joyeux et bénissant D'ieu, partit à la rencontre de sa belle-fille..."
... ... joie qui le fait sortir (= de lui-même et de ses "œillères") à la rencontre d'une vivante...,
à "l'émerveillement de tous ceux qui le voient" et pour "la joie de tous les juifs de Ninive" (v.18)... ... !
ça y est ... la vie a repris ses droits, - son droit chemin... qui est de vaincre la mort,
et la joie jaillit en abondance... et la louange, et la bénédiction, et le chant...
Ouf ! pouvons-nous dire... avec eux tous !... nous l'avons échappé belle !... ...
pour un peu, nous aurions pu croire que... ...
--- et oublier que ... "Même si [nous marchons] dans les ravins d'ombre et de mort,
le Seigneur [nous] conduit par les bons sentiers" (Ps.23)... ... qui ne sont pas toujours... "les plus directs" !... ... ...
------- ------- ------- ------- ------- ------- -------
- Raphaël (D'ieu guérit) se manifeste en tant qu'Azarias (D'ieu est mon aide, ma force), fils d'Ananias (D'ieu s'est montré miséricordieux) ;
- Anna, la mère, "miséricorde" ou "pleine de grâce",
- Ragouël, père de Sara, "ami de D'ieu,
- et Gabaël, dépositaire de l'argent, "D'ieu est sublime",
forment un fiable et solide compagnonnage des Tobit père & fils, Tobiyya signifiant... "D'ieu est bon"... !
D'ieu est bon... D'ieu des vivants...
Nous pouvions savoir, depuis le chapitre 3,
que voir véritablement c'est "voir de ses yeux la lumière de D'ieu" (v.17) ;
nous comprenons (un peu mieux) ce qu'est cette lumière
en accompagnant Tobit le clairvoyant jusqu'au bout ...
Écoutons les instructions (chap.14) qu'il donne à son fils -- donc à nous... :
"Tous [...] aimeront D'ieu en toute vérité.
Tous abandonneront leurs idoles trompeuses qui les faisaient s'égarer dans leur erreur [...].
Ceux qui aiment D'ieu en vérité seront dans la joie [...].
Servez D'ieu en vérité...
"D'ieu en vérité" : voilà qui semble bien être le message que Tobit veut absolument que nous entendions,
et la lumière qu'il nous donne à voir,
car il sait, lui, que "idoles trompeuses qui égarent" sont les images que nous nous faisons de D'ieu,
oubliant sans cesse la Parole qui recommande de "ne pas se faire d'image, ni de représentation..." forcément.. aveuglantes !!
Alors... voir véritablement...
serait... voir de ses yeux la lumière de "D'ieu-bon -- D'ieu-des-vivants -- D'ieu-en-vérité"... ...
------- ... n'est-ce-pas là "l'épreuve"... qu'a connue Paul sur le chemin de Damas,
"l'éclat de cette lumière lui ôtant la vue"... retrouvée avec l'aide d'un autre Ananias...?!...
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ............................................. ...!?!
Re: La foi grandit dans les épreuves
Il est très beau ce passage, et le verset 13 particulièrement.
C'est l'âme prête par sa maturité qui doit être exercée au combat, pas les âmes bien plus infantiles. Quelle âme est plus mature que celle qui a tant compris de choses qu'elle a fait sa perle des commandements de Dieu et se conduit de la façon la moins facile qui soit, en étant agréable au Seigneur?
C'est de conquête de la sainteté qu'il s'agit ici, et il ne faut pas oublier qu'il n'est de conquête plus âpre que celle de se vaincre soi-même dans sa chair et d'effort plus terrible que de combattre spirituellement sans jamais baisser les bras.
Finalement, la permission de Dieu pour que l'épreuve soit, est une manifestation de la grâce, et la qualité et la quantité de l'épreuve aussi, parce qu'elles témoignent de la sagesse et de la science de Dieu, par leur dosage, leur durée et leur nature, qui sont exactement mises en présence pour nous pousser à tirer le meilleur de nous-mêmes. A un Job surement de forte personnalité, il a fallu un maximum de perte pour le pousser au delà de lui-même, alors qu'à un Tobie plus sensible à un aspect, plus doux, plus faible ou moins mature, il a suffi de la privation de la vue pour le faire maturer; à gros chat gros rat.
C'est l'âme prête par sa maturité qui doit être exercée au combat, pas les âmes bien plus infantiles. Quelle âme est plus mature que celle qui a tant compris de choses qu'elle a fait sa perle des commandements de Dieu et se conduit de la façon la moins facile qui soit, en étant agréable au Seigneur?
C'est de conquête de la sainteté qu'il s'agit ici, et il ne faut pas oublier qu'il n'est de conquête plus âpre que celle de se vaincre soi-même dans sa chair et d'effort plus terrible que de combattre spirituellement sans jamais baisser les bras.
Finalement, la permission de Dieu pour que l'épreuve soit, est une manifestation de la grâce, et la qualité et la quantité de l'épreuve aussi, parce qu'elles témoignent de la sagesse et de la science de Dieu, par leur dosage, leur durée et leur nature, qui sont exactement mises en présence pour nous pousser à tirer le meilleur de nous-mêmes. A un Job surement de forte personnalité, il a fallu un maximum de perte pour le pousser au delà de lui-même, alors qu'à un Tobie plus sensible à un aspect, plus doux, plus faible ou moins mature, il a suffi de la privation de la vue pour le faire maturer; à gros chat gros rat.
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