Bonjour MBMB a écrit :Autre problème.
Nous mettons le doigt sur un souci actuel, qui est cette tendance, fréquente hélas, à clore toute discussion en disant "c'est mon choix", "c'est ce que je pense, moi". Cette fameuse exigence d'authenticité, un peu factice, dénoncée déjà, en son temps, par le cardinal Ratzinger.
Ce problème est réel. Mais l'erreur, à mon sens, est d'en faire un type général de comportement ; car par ailleurs, notre société prise hautement le dialogue. Or le dialogue suppose de pouvoir communiquer, et donc de s'entendre, 1° sur les mots qu'on emploie, 2° sur la capacité de communiquer et de remettre en question les opinions des uns et des autres. Je pense que cette tendance à l'"authenticité" ne résume pas tout ce qui se passe dans notre société ; celle-ci donne la parole à des tendances contradictoires, voilà tout. Parmi ces tendances se trouvent des tendances relativistes, mais elles ne sont pas les seules.
MB
je ne pense pas que le dialogue et la discussion favorise l'émergence de la Vérité (du moins en matière religieuse !) qui est avant tout une affaire de foi : regardez le Christ devant Pilate, entreprend-il une discussion pour le convaincre de son erreur ? Regardez le Christ dans ses rapports avec les autorités religieuses, tente t-il la discusion ? Il répond, questionne, ne se dérobe jamais, mais ne se place pas non plus sur le terrain polémique et stérile où l'attendent les pharisiens. Regardez les rapports entre le Christ et ses disciples, avez vous le sentiment qu'il y ait dialogue et discussion, ou bien écoute attentive du maître ?
Car "la foi naît de l'écoute de la Parole de Dieu ", et la perte de la foi vient de notre incapacité à L'écouter.
Croyez vous que la "disputatio" victorieuse de Thomas D'Aquin avec les plus grand philosophes musulmans médiévaux ait abouti à la conversion de ces derniers au Christiannisme ?
Pour revenir au sujet ( la société est-elle relativiste ?), nous nous sommes placés depuis le départ de notre échange dans le cadre de la société occidentale chrétienne ( post-chrétienne) à laquelle nous appartenons. Dans ce cadre, je vous ai dit que le vieil occident chrétien est gravement menacé par l'athéisme et plus récemment par le développement fulgurant du panthéisme immanentiste du Nouvel Age, perpectives qui aboutissement indéniablement à un relativisme éthique. Je vous ai également fait part de ma pensée sur l'origine de ces phénomènes contemporains, avec beaucoup de racourcis, c'est vrai.
Or, vous déplacez tout d'un coup le débat vers les autres religions de l'Humanité. Si la question devient : les sociétés Chinoises, Japonaises ou Indiennes sont elles relativistes ? c'est un tout autre sujet ! Il faudrait d'abord préciser : relativistes par rapport à quoi ? :blink: . Le Magistère tient en estime nombre de ces religions qui contiennent " des semences du Verbe" ( cf déclaration Nostra Aetate), c'est à dire des parcelle de vérité ( elles sont également aptes à recevoir la Vérité toute entière ;-) ).
Nombre de ces religions, en mettant à part l'Islam qui se dit religion "révélée", s'ancrent dans des sagesses humaines pluri-millénaires, et recèlent bien des valeurs ! Mais peut-on comparer la quête de Dieu par l'homme, simple chemin de Sagesse, à la Révélation de Dieu lui-même à l'Homme ?
Dans ces sagesses humaines, l'Homme cherche Dieu, comme à tâtons, alors que dans le Christianisme, c'est Dieu qui vient à la rencontre de l'Homme avec le point culminant de Son Incarnation !
Je ne pense pas que le présupposé de la foi avant la raison soit de la malhonnêté intellectuelle : contrairement à ce que vous dites un athée ne pourra en aucune manière prouver par la raison l'inexistence de Dieu...D'autant que l'existence de Dieu peut être appréhendée de manière certaine par la seule raison, à partir de Ses oeuvres ! L'athéisme est déjà une maladie de la raison, avant même d'être une maladie de la foi...
Par contre, je ne cherche pas à convaincre par la raison lorsque je me place sur le terrain de la foi, ce qui est le cas avec un sujet comme le relativisme. L'imminente dignité de la personne humaine vient du fait qu'elle est crée " à l'image de Dieu" . C'est par la foi que j'accède à cette vérité, effacez cette image de Dieu, que reste t-il de la dignité de la personne ? D'où des choix éthiques différents et relativistes.
"Il faut considérer l’attention à l’exigence de vérité comme une grave obligation. Il faut aussi avoir le courage de ne pas perdre la vérité, d’y tendre, de l’accepter humblement et avec reconnaissance là où elle nous est donnée. " Card. J. RATZINGER
Cordialement,
Zef
NB: Je vous ai conseillé de lire l'encyclique Fides et Ratio dans un post précédent, mais il vaut mieux partir de Veritatis Splendor pour mieux cerner préalablement le relativisme éthique et ses ressorts.
Fides et Ratio en constitue un excellent prolongement.




