Qu'est-ce qu'une société relativiste ?

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zefdebruz
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MB a écrit :Autre problème.

Nous mettons le doigt sur un souci actuel, qui est cette tendance, fréquente hélas, à clore toute discussion en disant "c'est mon choix", "c'est ce que je pense, moi". Cette fameuse exigence d'authenticité, un peu factice, dénoncée déjà, en son temps, par le cardinal Ratzinger.
Ce problème est réel. Mais l'erreur, à mon sens, est d'en faire un type général de comportement ; car par ailleurs, notre société prise hautement le dialogue. Or le dialogue suppose de pouvoir communiquer, et donc de s'entendre, 1° sur les mots qu'on emploie, 2° sur la capacité de communiquer et de remettre en question les opinions des uns et des autres. Je pense que cette tendance à l'"authenticité" ne résume pas tout ce qui se passe dans notre société ; celle-ci donne la parole à des tendances contradictoires, voilà tout. Parmi ces tendances se trouvent des tendances relativistes, mais elles ne sont pas les seules.
MB
Bonjour MB :) ,

je ne pense pas que le dialogue et la discussion favorise l'émergence de la Vérité (du moins en matière religieuse !) qui est avant tout une affaire de foi : regardez le Christ devant Pilate, entreprend-il une discussion pour le convaincre de son erreur ? Regardez le Christ dans ses rapports avec les autorités religieuses, tente t-il la discusion ? Il répond, questionne, ne se dérobe jamais, mais ne se place pas non plus sur le terrain polémique et stérile où l'attendent les pharisiens. Regardez les rapports entre le Christ et ses disciples, avez vous le sentiment qu'il y ait dialogue et discussion, ou bien écoute attentive du maître ?
Car "la foi naît de l'écoute de la Parole de Dieu ", et la perte de la foi vient de notre incapacité à L'écouter.
Croyez vous que la "disputatio" victorieuse de Thomas D'Aquin avec les plus grand philosophes musulmans médiévaux ait abouti à la conversion de ces derniers au Christiannisme ?

Pour revenir au sujet ( la société est-elle relativiste ?), nous nous sommes placés depuis le départ de notre échange dans le cadre de la société occidentale chrétienne ( post-chrétienne) à laquelle nous appartenons. Dans ce cadre, je vous ai dit que le vieil occident chrétien est gravement menacé par l'athéisme et plus récemment par le développement fulgurant du panthéisme immanentiste du Nouvel Age, perpectives qui aboutissement indéniablement à un relativisme éthique. Je vous ai également fait part de ma pensée sur l'origine de ces phénomènes contemporains, avec beaucoup de racourcis, c'est vrai.

Or, vous déplacez tout d'un coup le débat vers les autres religions de l'Humanité. Si la question devient : les sociétés Chinoises, Japonaises ou Indiennes sont elles relativistes ? c'est un tout autre sujet ! Il faudrait d'abord préciser : relativistes par rapport à quoi ? :blink: . Le Magistère tient en estime nombre de ces religions qui contiennent " des semences du Verbe" ( cf déclaration Nostra Aetate), c'est à dire des parcelle de vérité ( elles sont également aptes à recevoir la Vérité toute entière ;-) ).

Nombre de ces religions, en mettant à part l'Islam qui se dit religion "révélée", s'ancrent dans des sagesses humaines pluri-millénaires, et recèlent bien des valeurs ! Mais peut-on comparer la quête de Dieu par l'homme, simple chemin de Sagesse, à la Révélation de Dieu lui-même à l'Homme ?
Dans ces sagesses humaines, l'Homme cherche Dieu, comme à tâtons, alors que dans le Christianisme, c'est Dieu qui vient à la rencontre de l'Homme avec le point culminant de Son Incarnation !

Je ne pense pas que le présupposé de la foi avant la raison soit de la malhonnêté intellectuelle : contrairement à ce que vous dites un athée ne pourra en aucune manière prouver par la raison l'inexistence de Dieu...D'autant que l'existence de Dieu peut être appréhendée de manière certaine par la seule raison, à partir de Ses oeuvres ! L'athéisme est déjà une maladie de la raison, avant même d'être une maladie de la foi... :(

Par contre, je ne cherche pas à convaincre par la raison lorsque je me place sur le terrain de la foi, ce qui est le cas avec un sujet comme le relativisme. L'imminente dignité de la personne humaine vient du fait qu'elle est crée " à l'image de Dieu" . C'est par la foi que j'accède à cette vérité, effacez cette image de Dieu, que reste t-il de la dignité de la personne ? D'où des choix éthiques différents et relativistes.

"Il faut considérer l’attention à l’exigence de vérité comme une grave obligation. Il faut aussi avoir le courage de ne pas perdre la vérité, d’y tendre, de l’accepter humblement et avec reconnaissance là où elle nous est donnée. " Card. J. RATZINGER


Cordialement,

Zef

NB: Je vous ai conseillé de lire l'encyclique Fides et Ratio dans un post précédent, mais il vaut mieux partir de Veritatis Splendor pour mieux cerner préalablement le relativisme éthique et ses ressorts.
Fides et Ratio en constitue un excellent prolongement.
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Hélène
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Message non lu par Hélène »

Bonjour MB, Zef et Charles, :)

Sujet intéressant que celui du relativisme. Je rejoins surtout les positions de Zefdebruz et de Charles. Cela ne voulant nullement dire que la position de MB serait mauvaise…loin de moi l’idée de donner cette impression. Seulement, je ne suis pas sûre d’avoir tout assimilé et digéré les tartines parce que tout semble trop partir dans tous les sens :sick: . Nous partons d’une discussion sur le relativisme ambiant et nous passons par les civilisations Grecques, Romaines, Chinoises en passant par les philosophes du soupçon opposés aux Lumières…c’est un peu large comme éventail.

Si je peux me permettre, j’aimerais revenir à l’essentiel de la question posée dans le fil : qu’est-ce qu’une société relativiste ?

Je crois que nous baignons en plein dedans, plus que jamais. On ne peut parler pour les autres civilisations (orientale par exemple) mais pour ce qui est de notre société occidentale, jadis christianisée, on peut certes parler d’une « mentalité ambiante » et seulement la mettre en rapport (ou en opposition) avec les valeurs sur lesquelles cette société s’est bâtie, càd, les valeurs chrétiennes.

Relativisme ne veut pas dire absence de valeurs. Les valeurs y sont présentes mais, le problème est que ces valeurs sont fondées sur un subjectivisme qui conduisent à un relativisme voire à un syncrétisme où tout se vaut, où il n’y a plus La Vérité mais plusieurs vérités…Une échelle de valeurs évaluée à partir des sensibilités de chacun en y excluant toute norme transcendante objective qui prévaudrait ou qui irait à contre courant de la sincérité de chacun (sincérité n’est pas forcément vérité ! Pol Pot était sûrement sincère…mais clairement dans l’erreur), voilà un peu le portrait de notre société relativiste.

Je suis justement dans une lecture à ce sujet, « comme par hasard ». Je tombe aujourd’hui sur ces pages de l’ouvrage tout chaud du père Joseph-Marie Verlinde Parcours de guérison intérieure (Tome 2, Presses de la Renaissance, Paris, 2005) où il est question du relativisme dans notre société. Je vous en livre un court extrait qui exprime parfaitement ma pensée :
« Notre culture, qui se vante d’avoir éliminé le Dieu de la Révélation judéo-chrétienne, n’en finit pas de célébrer la fin des dogmatismes, jurant bien qu’ils ne reviendront plus jamais obscurcir l’horizon de la Raison triomphante. » Dans un monde qui nie toute Transcendance, qui refuse de « rendre la gloire et l’action de grâce que l’on doit à Dieu » (Rm 1, 21), Source absolue qui donne l’être et détermine sa valeur, chacun se considère libre d’évaluer toute chose à l’aune de son appréciation subjective. Qui ne voit qu’un tel subjectivisme des valeurs réduit à néant la notion même de valeur ? S’il y a autant d’échelles de valeurs que d’individus, tout est relatif et rien ne vaut. » (p. 40)
« Chacun des sujets valorise selon son arbitraire, la multitude des sujets engendre la multitude des valeurs et c’est le chaos. Un subjectivisme des valeurs est donc contradictoire dans les termes, et désastreux dans l’expérience. Là où tout est vrai, rien n’est vrai et la notion même de vérité s’évanouit; là où tout est licite, rien n’est moral, et le sens même du bien succombe. » (Ivan Gobry, La personne, PUF, Paris, 1961, p.23.)
[…] « Le remplacement de l’objectivité de la vérité par le point de vue subjectif de la « sincérité » ou encore de l’ « authenticité » est un des traits dominant de la postmodernité, qui se trouve par le fait même dans l’impossibilité de poser les discernements ou de faire les évaluations à portée universelle, sur lesquelles pourrait s’établir un consensus social. Nous ne pouvons que dénoncer cette inversion des valeurs : Jésus ne nous a jamais promis que la liberté – il vaudrait mieux parler de libre arbitre – nous rendrait vrais, mais que la vérité nous rendrait libre (cf. Jn 8, 32) ! » (p.41)
Ceci étant diffus maintenant dans toutes les sphères de la vie humaine; religieuse, politique, sociale, familiale, relationnelle, scientifique, etc. Le réductionnisme est l'un des modes de fonctionnement du relativisme. Réductionnisme de l’Être Transcendant: chacun se fait son petit kit religieux, son petit dieu dans sa petite tête, à sa mesure; réductionnisme de la Révélation Judéo-Chrétienne et du Christ : Jésus n’était qu’un grand maître, un philosophe, un simple prophète, un avatar, un sage, pas plus important dans l’histoire que Bouddha ou Socrate, etc. ; réductionnisme de l’homme : la sauterelle fait aussi partie du Grand Tout impersonnel et est sur le même plan que l’être humain, etc. La personne humaine est réduite à sa dimension somatique : au diable l’être en 3 dimensions, créé à l’image de Dieu, corps, âme et esprit. Au plus on lui accorde le droit d’être corps et âme dans un dualisme nouvelâgeux, au pire on lui refuse catégoriquement cette dimension de l’âme en réduisant la quête spirituelle naturelle qui l’habite à une pathologie psychique, une projection psychologique du surmoi (Freud) voire à une maladie psychiatrique (Nietzsche) si ce n’est d’en venir à affirmer, selon les dernières découvertes scientifiques, qu’on aurait localisé la partie du cerveau qui serait le lieu expliquant le phénomène religieux chez les personnes qui produisent davantage telle enzyme à partir de telle cellule...

Enfin, je crains également de m’éparpiller moi-même dans mon propos, mais, pour conclure (du moins pour l'instant !), je crois que tout cela est directement relié à un refus non avoué de l’Altérité, le Tout Autre, refus d’être une créature et non dieu…Je ne pourrais dire de quelle civilisation, de quelle époque ou de quelle culture cette tendance est issue mais…Genèse 3 nous en donne un parfait exemple, c’est donc dire que c’est la vieille tentation qui guette l’humanité ayant choisi l’autonomie (« sans Dieu, malgré Dieu voire contre Dieu » – Maxime le Confesseur) depuis la nuit des temps : « vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal »… le tentateur nous faisant miroiter l’illusion d’une toute-puissance et fragilise notre relation à Dieu en le posant en rival jaloux de notre bonheur : "mais non, vous ne mourrez pas" :twisted: ...premières paroles relativistes de l’histoire…ça semblait pourtant « un bien » aux yeux d’Ève… :unsure:
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Message non lu par zefdebruz »

Merci beaucoup Hélène pour cette contribution très intéressante accompagnée des extraits des écrits du Père Verlinde, comme toujours c'est lumineux !
Entretemps j'ai écouté sur CD une des ses conférences ( datée de 2003), dont le titre est "Avance au large " et quelle ne fut pas ma surprise, toute la conférence portait sur...le relativisme !!
On y retrouve Genèse 3, Nietzsche et les maîtres du soupçon...Bon, j'avoue qu'il est autrement plus clair que moi dans ces propos :oops: ...vraiment passionnant.

A bientôt, fraternellement :)
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MB,

vous écrivez :

"Parfois, comme dans le cas de l'IVG, ces valeurs morales ne sont pas les nôtres ; mais elles existent, et sont vécues comme valeurs morales."

C'est faux : certaines vivent les motifs de la loi comme des valeurs morales, oui, mais d'autres non et sont opposées à la notion même de morale, ... sans pour autant se considérer comme relativistes.
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Domy
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Message non lu par Domy »

Le relativisme, c'est tout simplement accorder la même valeur au vice et à la vertu, au bien et au mal, au catholicisme et à l'hérésie ou l'apostasie. Ces deux derniers mots sont d'ailleurs interdits de cité aux catholiques par le politiquement correct, mais non aux musulmans qui peuvent nous insulter à loisir en nous traitant d'infidèles et d'apostats. Deux poids, deux mesures."Tolérance" est le maître-mot de notre époque, mais de façon unilatérale catholique/non-catholiques, et quand on a dit ce mot, on a tout dit ! Nos élites ne doivent pas être très instruites pour ne pas connaître cette citation de Thomas Mann disant, dans la Montagne magique, que "la tolérance devient un crime lorsqu'on en fait preuve à l'égard du mal". A moins qu'elles soient sourdes ! Ce qui aboutit à la dictature du relativisme dénoncée par le Pape, mais dans une république, ses paroles sont ridiculisées, puisque la nature de la république est, par essence, laïciste et totalitaire.

Le prophète Isaïe, déjà à son époque, condamnait le relativisme par ces imprécations percutantes envers ceux-là qui le pratiquaient :"Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font de l'amer le doux et du doux l'amer. Malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux et s'estiment intelligents. (Isaïe V : 20-21)

Quelle grande leçon !

Bien fraternellement,
:)
Domy
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Le pti prince
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Message non lu par Le pti prince »

Hélène a écrit :
« Notre culture, qui se vante d’avoir éliminé le Dieu de la Révélation judéo-chrétienne, n’en finit pas de célébrer la fin des dogmatismes, jurant bien qu’ils ne reviendront plus jamais obscurcir l’horizon de la Raison triomphante. » Dans un monde qui nie toute Transcendance, qui refuse de « rendre la gloire et l’action de grâce que l’on doit à Dieu » (Rm 1, 21), Source absolue qui donne l’être et détermine sa valeur, chacun se considère libre d’évaluer toute chose à l’aune de son appréciation subjective. Qui ne voit qu’un tel subjectivisme des valeurs réduit à néant la notion même de valeur ? S’il y a autant d’échelles de valeurs que d’individus, tout est relatif et rien ne vaut. » (p. 40)
« Chacun des sujets valorise selon son arbitraire, la multitude des sujets engendre la multitude des valeurs et c’est le chaos. Un subjectivisme des valeurs est donc contradictoire dans les termes, et désastreux dans l’expérience. Là où tout est vrai, rien n’est vrai et la notion même de vérité s’évanouit; là où tout est licite, rien n’est moral, et le sens même du bien succombe. » (Ivan Gobry, La personne, PUF, Paris, 1961, p.23.)
[…] « Le remplacement de l’objectivité de la vérité par le point de vue subjectif de la « sincérité » ou encore de l’ « authenticité » est un des traits dominant de la postmodernité, qui se trouve par le fait même dans l’impossibilité de poser les discernements ou de faire les évaluations à portée universelle, sur lesquelles pourrait s’établir un consensus social. Nous ne pouvons que dénoncer cette inversion des valeurs : Jésus ne nous a jamais promis que la liberté – il vaudrait mieux parler de libre arbitre – nous rendrait vrais, mais que la vérité nous rendrait libre (cf. Jn 8, 32) ! » (p.41)
Ceci étant diffus maintenant dans toutes les sphères de la vie humaine; religieuse, politique, sociale, familiale, relationnelle, scientifique, etc. Le réductionnisme est l'un des modes de fonctionnement du relativisme. Réductionnisme de l’Être Transcendant: chacun se fait son petit kit religieux, son petit Dieu dans sa petite tête, à sa mesure; réductionnisme de la Révélation Judéo-Chrétienne et du Christ : Jésus n’était qu’un grand maître, un philosophe, un simple prophète, un avatar, un sage, pas plus important dans l’histoire que Bouddha ou Socrate, etc. ; réductionnisme de l’homme : la sauterelle fait aussi partie du Grand Tout impersonnel et est sur le même plan que l’être humain, etc. La personne humaine est réduite à sa dimension somatique : au diable l’être en 3 dimensions, créé à l’image de Dieu, corps, âme et esprit. Au plus on lui accorde le droit d’être corps et âme dans un dualisme nouvelâgeux, au pire on lui refuse catégoriquement cette dimension de l’âme en réduisant la quête spirituelle naturelle qui l’habite à une pathologie psychique, une projection psychologique du surmoi (Freud) voire à une maladie psychiatrique (Nietzsche) si ce n’est d’en venir à affirmer, selon les dernières découvertes scientifiques, qu’on aurait localisé la partie du cerveau qui serait le lieu expliquant le phénomène religieux chez les personnes qui produisent davantage telle enzyme à partir de telle cellule...

Enfin, je crains également de m’éparpiller moi-même dans mon propos, mais, pour conclure (du moins pour l'instant !), je crois que tout cela est directement relié à un refus non avoué de l’Altérité, le Tout Autre, refus d’être une créature et non Dieu…Je ne pourrais dire de quelle civilisation, de quelle époque ou de quelle culture cette tendance est issue mais…Genèse 3 nous en donne un parfait exemple, c’est donc dire que c’est la vieille tentation qui guette l’humanité ayant choisi l’autonomie (« sans Dieu, malgré Dieu voire contre Dieu » – Maxime le Confesseur) depuis la nuit des temps : « vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal »… le tentateur nous faisant miroiter l’illusion d’une toute-puissance et fragilise notre relation à Dieu en le posant en rival jaloux de notre bonheur : "mais non, vous ne mourrez pas" :twisted: ...premières paroles relativistes de l’histoire…ça semblait pourtant « un bien » aux yeux d’Ève… :unsure:
bien triste vision de la société actuelle. heureusement j'ai pas l'impression malgré tout ce que vous en dites, de vivre "là dedans"...

Je crois qu'ici MB est bien seul pour tenter de... relativiser :) tous ces racourcis de pensées qui voudraient faire de notre société un ramassi de reltivités toutes plus relatives les unes des autres.

Après avoir lu l'ensemble de ce topic, je remercie MG d'avoir un tant soi peu essayé de nous sortir de ces théses développées par un majorité de chrétiens et qui semblent leur permettre de dormir sur leur deux oreilles et de se regarder dans le miroir le matin, sûrs d'être à des années lumières de ce relativisme ambiant. Eux qui possèdent encore et envers et contre tout la morale transcendante qui leur évite les remises en question et les discours visant à chercher un consensus commun. Comme si notre société avait perdu tout système de valeur, toute notion du bien et du mal. Par simple décrets de chrétiens rigoureux et nostalgiques du temps où tout était vrai par consensus avant d'en discuter (et ce sont les mêmes qui viennent parler de pertes de valeurs pour arriver à un consensus commun...) ou de sociologues post-modernistes qui ne doivent pas se rendre compte qu'ils donnent à boire aux théories des premiers nommés...

Bref heureusement je suis à des années lumières d'une telle vision restrictive de nos sociétés. Comme cela doit être triste et dur de finalement baser sa vie et ses pensées uniquement (ou principalement) sur le "combat" contre ce relativisme ambiant, cela bien sûr au nom d'une morale transcendante, au nom du Christ, bref je dirais plutôt au nom d'une idéologie.

J'ai la chance de vivre pour ma part dans la réalité et semble-t-il le Christ m'appelle à être témoin autrement qu'en dénonçant un pseudo relativisme ambiant.
MB a écrit :En fait j’en ai lu un, c’est un grand historien de Rome qui s’appelle Paul Veyne. Il est foucaltien à fond, il assume totalement son relativisme et il faut reconnaître qu’outre un certain brio, il ne manque pas de courage intellectuel (lisez, par exemple, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, dispo chez Points Essais, extrêmement stimulant de ce point de vue). Si les gens le lisaient, ils auraient peur, seraient pris de vertige et feraient tout pour l’oublier. Je serais étonné si l’on me disait que c’est un penseur emblématique de nos contemporains…
c'est sûr... c'est sûr... mais ils lisent pas de toute l'auteur n'est pas chrétien :lol:
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Antoine de Saint Exupéry in "Citadelle"
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[align=justify]
Le pti prince a écrit :Comme si notre société avait perdu tout système de valeur, toute notion du bien et du mal.

Vous avez en effet raison de souligner que le problème du relativisme est bien plus complexe que cela. En réalité je serais tenté de qualifier de relativiste toute société où l'individu prétend non pas abroger le bien et le mal mais le distinguer par lui-même, s'affranchissant ainsi de toute idée de transcendance et repoussant par un mécanisme paradoxal l'universalité de la raison. Certains voient même dans ce risque de confusion des valeurs le signe de la modernité.
J'ai la chance de vivre pour ma part dans la réalité

Comment pouvez-vous ne pas en douter? :P ;-)[/align]
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Franck a écrit :[align=justify]
Le pti prince a écrit :Comme si notre société avait perdu tout système de valeur, toute notion du bien et du mal.

Vous avez en effet raison de souligner que le problème du relativisme est bien plus complexe que cela. En réalité je serais tenté de qualifier de relativiste toute société où l'individu prétend non pas abroger le bien et le mal mais le distinguer par lui-même, s'affranchissant ainsi de toute idée de transcendance et repoussant par un mécanisme paradoxal l'universalité de la raison. Certains voient même dans ce risque de confusion des valeurs le signe de la modernité.
J'ai la chance de vivre pour ma part dans la réalité

Comment pouvez-vous ne pas en douter? :P ;-)[/align]
l'universalité de la raison suppose-t-elle forcément une transcendance ?

cette universalité ne peut-elle pas être distinguée par l'individu ?

une société non relativiste serait une société où l'on ne chercherait pas à distinuger par soi-même le bien et le mal mais où l'on se remettrait totalement à une morale transcendante ??

;-)

expliquez-moi. :)
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[align=justify]
Le pti prince a écrit :l'universalité de la raison suppose-t-elle forcément une transcendance ?
Absolument pas, par contre le relativisme tel que je l'ai défini – ou plutôt tel qu'on me l'a défini, c'est à dire comme l'un des corollaires possibles et même probables de la modernité – nie aussi bien l'universalité de la raison que l'existence d'une transcendance. Comment pourrait-il y avoir universalité de la raison si l'usage de cette dernière débouche sur des conclusions dépendant de l'individu?
une société non relativiste serait une société où l'on ne chercherait pas à distinuger par soi-même le bien et le mal mais où l'on se remettrait totalement à une morale transcendante ??

Je ne me suis pas permis de restreindre à un tel degré la définition du relativisme. On peut d'ailleurs sans problème imaginer l'existence d'une société rejetant peu ou prou toute forme de transcendance mais reconnaissant l'existence de valeurs universelles fondées sur la raison. Une telle société ne serait bien évidemment pas relativiste. En France nous n'avons connu qu'un seul exemple de société ou plutôt de système rejetant – pour simplifier bien évidemment – à la fois une certaine transcendance morale (chrétienne) mais également la confusion des valeurs propre au relativisme. Ce fut le régime de la Terreur, cette « terreur sans laquelle la vertu est impuissante » dixit Robespierre.[/align]
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Franck a écrit :[align=justify]
Le pti prince a écrit :l'universalité de la raison suppose-t-elle forcément une transcendance ?
Absolument pas, par contre le relativisme tel que je l'ai défini – ou plutôt tel qu'on me l'a défini, c'est à dire comme l'un des corollaires possibles et même probables de la modernité – nie aussi bien l'universalité de la raison que l'existence d'une transcendance. Comment pourrait-il y avoir universalité de la raison si l'usage de cette dernière débouche sur des conclusions dépendant de l'individu?
une société non relativiste serait une société où l'on ne chercherait pas à distinuger par soi-même le bien et le mal mais où l'on se remettrait totalement à une morale transcendante ??

Je ne me suis pas permis de restreindre à un tel degré la définition du relativisme. On peut d'ailleurs sans problème imaginer l'existence d'une société rejetant peu ou prou toute forme de transcendance mais reconnaissant l'existence de valeurs universelles fondées sur la raison. Une telle société ne serait bien évidemment pas relativiste. En France nous n'avons connu qu'un seul exemple de société ou plutôt de système rejetant – pour simplifier bien évidemment – à la fois une certaine transcendance morale (chrétienne) mais également la confusion des valeurs propre au relativisme. Ce fut le régime de la Terreur, cette « terreur sans laquelle la vertu est impuissante » dixit Robespierre.[/align]
c'est à la rigueur de cela que l'on peut parler aujourd'hui pour notre société. donc pas d'une société relativiste en tant que telle, on est donc d'accord...
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Message non lu par MB »

Franck a écrit : Vous avez en effet raison de souligner que le problème du relativisme est bien plus complexe que cela. En réalité je serais tenté de qualifier de relativiste toute société où l'individu prétend non pas abroger le bien et le mal mais le distinguer par lui-même, s'affranchissant ainsi de toute idée de transcendance et repoussant par un mécanisme paradoxal l'universalité de la raison. Certains voient même dans ce risque de confusion des valeurs le signe de la modernité.
Avé Franck

Si je vous suis bien (et corrigez-moi si j'abuse), on est relativiste à partir du moment où les valeurs que l'on fait les siennes ne sont pas posées comme découlant d'une transcendance qui s'impose à tous, mais d'un choix personnel ; vous parlez alors de subjectivisme. Ce terme, je le rejoins pour décrire un grand nombre de comportements actuels.
Mais cela me pose un problème, que vous pourrez sûrement me résoudre (c'est souvent les solutions les plus simples qu'on voit le plus difficilement). Quand on justifie ses valeurs par un véritable jugement, on a fait sienne une certaine réflexion ; il a forcément fallu passer par un stade subjectif pour suivre un raisonnement philosophique ou moral, ou autre d'ailleurs, pour décider d'en faire son jugement. Le plus grand penseur est toujours seul dans son penser, fût-il thomiste. Dans votre optique, j'ai donc peur que vous appeliez "absence de relativisme" [oups, j'avais dit le contraire, la phrase est corrigée] une situation intellectuelle dans laquelle le sujet pensant ne serait, dans le fond, que le porte-parole d'une pensée qui lui serait extérieure. Il ne serait pas un cerveau ; juste une voix. Me trompé-je ?

Fraternellement
MB
Dernière modification par MB le mer. 15 nov. 2006, 12:58, modifié 1 fois.
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