Bonsoir,
Charles a écrit :Qu'entendez-vous par "reposer sur une vérité immanente"
J'entends par là des sagesses qui tendent à faire connaitre une vérité immanente, celles-là qui s'offrent à la seule expérience de l'homme et/où à l'exercice de sa raison. Au même titre que les sciences par exemple, mais aujourd'hui "science" désigne un paradigme particulier, parmi bien d'autres formes de sagesses conduisant l'homme à connaitre et apprivoiser la nature. Ce pourrait être, avec la culture, ce à quoi Dieu nous appellerait par analogie, en nous demandant de "garder et cultiver le jardin".
En cela quand je parle de nature, ou de l'Homme, je ne les désigne pas comme simple sujet de sciences telles qu'aujourd'hui nous les connaissons, mais dans un sens plus large. On pourrait parler peut-être de "sapiens" si les ésotéristes de tous poils ne s'étaient pas réquisitionné le terme. Dans connaissance de la nature je ne parle donc pas simplement de ce qu'on appelle les sciences naturelles et/ou positives, et dans connaissance de l'homme je ne parle pas non plus de ce à quoi on réduit l'anthropologie aujourd'hui. Du moins je ne les réduis pas au seul paradigme scientifique.
Je citais l'exemple de l'hindouisme exactement dans la lignée que vous décrivez. Vous parlez de sacrifice, j'y inclurais la une dimension morale et spirituelle de l'homme, des détails sur sa psyché qui nous sont généralement ignorés (ou survolés), une connaissance très pointue des mécanismes du monde sensible, ... bref, des choses que l'homme peut apprendre à découvrir par lui-même, à travers ses cultures et traditions millénaires, si il accepte toutefois de s'affranchir d'une pensée mono-paradigmatique (le monopole scientifique d'aujourd'hui). Cela inclue aussi ce qu'on appelle la morale naturelle, par exemple. Bref tout ce qui est naturel (ce que j'entends par immanent dans l'ordre de la connaissance) et ne requiert donc aucune révélation d'origine sur-naturelle.
Cela dit, si des sagesses anciennes comme l'hindouisme, ou encore les anciennes mythologies grecques, ont donc approfondie de manière très importante la connaissance de la nature (au sens de la adamah), tout cela reste dénué de sens si ce n'est pas inspiré pour s'inscrire dans le projet divin, donc à la lumière de la révélation qui nous conduit au Christ.
Charles a écrit :Comme par exemple Aritsote disant de Dieu qu'il est un "vivant, parfait, immuable", éacte pur" et "pensée de la pensée"
C'est ce que je veux dire par "
l'idée d'absolu est immanente" : on peut supposer sous tous les modes de la pensée l'idée d'absolu ou de perfection, d'idéal, ... Ceci est immanent, c'est accessible à la raison pure. Mais cela ne nous dit rien de la transcendance de Dieu, ni de Dieu comme sujet en général, et je suppose que la pensée même d'une transcendance n'est accessible à l'homme que dans l'expérience de la transcendance, c'est-à-dire de celui qui devient tout petit devant la révélation (j'extrapole un peu). Bref, c'est dans la relation que Dieu se fait sujet et que nous faisons l'expérience de Dieu, donc que nous pouvons réellement en connaitre quelque chose.
Pour l'Homme c'est pareil : l'Homme ne peut pas absolument objectiver l'Homme. Ainsi son origine, sa fin et sa totalité lui seront éternellement inconnues à moins de lui être révélées par un au-delà de l'homme. L'homme ne peut sortir lui-même de sa propre condition pour la contempler avec objectivité. Il faut donc que cette condition lui soit révélée, une fois encore, donc que le divin, son créateur, pénètre son humanité pour lui offrir à contempler cette humanité dans sa vérité.