Cher Deo Gratias,
Deo Gratias a écrit :Par contre, sans verser dans l'erreur sédévacantiste, je serais moins indulgent vis-à-vis des papes Jean XXIII et Paul VI, qui étaient avant leur accession au souverain pontificat, des libéraux. Ils pensaient naïvement que l'Eglise en s'ouvrant au monde, allait le convertir, c'est plutôt le contraire qui s'est produit.
sans doute... mais nous manquons de recul pour juger des responsabilités de chacun.
Jean XXIII n'est pas l'initiateur de la crise post-conciliaire. Paul VI est-il, même en partie, responsable de son extension ? Qu'ils aient été libéraux, naïfs, peu importe. Les vrais responsables n'ont pas de nom. Ils sont légions.
Il est probable que dans un siècle à peine, tout ce que les catholiques retiendront de Vatican II sera un constat de continuité.
Les plus intelligents et les plus cultivés de nos successeurs ajouteront entre-eux que le Concile de Trente et la Contre-Réforme avaient créé des pratiques religieuses populaires et durables, un solide corps de doctrine et une spiritualité adaptée à son temps.
Ils remarqueront certainement que le bilan de Vatican II s'est soldé par de véritables ravages pastoraux, liturgiques et doctrinaux que rien ne justifiait dans l'oeuvre du Concile. Rien.
Mais que ces ravages auront eu peu d'effet sur l'Eglise elle-même. Qu'elle est restée hors d'atteinte de "tout ça".
Il sera temps alors d'établir des responsabilités. De donner des noms. De juger.
Dans dix ans, moins peut-être, on apprendra sans doute, en lisant des livres d'histoire ou des articles dans les revues spécialisées, les noms de certains des "ils" de mes interventions précédentes.
On se rira alors de voir que de belles intelligences se sont complues à fabriquer une histoire et une théologie où la délation du passé catholique était une vertu cardinale. Surtout en matière liturgique.
Encore quelques années, et tout le monde saura que l'Eglise de France a été soumise au bon vouloir de petits potentats locaux arrogants et orgueilleux.
Que ces petits potentats crurent sincèrement que l'on pouvait évangéliser avec des "idées pastorales".
Tout le monde s'en étonnera bien, puisque n'importe quel père de famille aurait pu leur faire comprendre qu'il s'agissait d'une illusion, et qu'on éduque pas des enfants avec des "idées pédagogiques" (sauf dans l'Education nationale, bien entendu...).
On notera que ces potentats furent incapables de comprendre et d'écouter parce qu'ils monopolisaient le pouvoir et la parole.
On notera aussi qu'il n'ont trouvé que peu de résistance en face d'eux, parce que déjà à cette époque, de plus en plus de gens pensaient que l'on pouvait tout améliorer avec des "idées" et que cette croyance tenait lieu de "bon sens".
Et cela nous fait déjà bien rire!
Bonne nouvelle : nous allons pouvoir rire de "tout ça" !
Enfin !
Il suffit d'attendre encore un peu...
Amicalement.
Virgile.