La peine capitale en question

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)

Êtes-vous favorable à la peine capitale ?

Oui
13
14%
Oui mais seulement dans certains cas exceptionnels
15
16%
Non
68
71%
 
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Pneumatis
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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Supplément n°3 : je ne m'arrête plus de trouver des gens qui n'ont visiblement pas compris le C.E.C. et les Ecritures comme vous, Popeye.
Zenit.org a écrit :ROME, Lundi 19 novembre 2007 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège a exprimé sa satisfaction après l’adoption par l’ONU d’un moratoire des exécutions capitales, mais souligne que ce n’est qu’une « première étape », estime le P. Lombardi

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi a déclaré, au partenaire italien de l’Associated Press que « le moratoire est une première étape », mais que le Saint-Siège est « confiant » que « la peine de mort sera bannie de la civilisation humaine ».

Pour le porte-parole du Saint-Siège il s’agit d’ « un pas en direction de l'humanité et du respect de la personne ».

Il rappelle que « la position du Vatican et de l'Église est connue, comme le souligne également le catéchisme de l'Église catholique ».

Le vote aux Nations Unies sur le moratoire « est un beau pas en avant, même si ce n'est pas une exclusion de la peine de mort mais seulement un moratoire », concède-t-il, en ajoutant : « C’est toutefois est un bon pas vers l’abolition complète ».

« Chaque fois qu’une peine capitale est exécutée, c’est une défaite pour l’humanité » : avait déclaré le P. Lombardi à la nouvelle de l’exécution de trois catholiques en Indonésie, le 21 septembre 2006.
Zenit.org a écrit :Le cardinal Renato Raffaele Martino était intervenu devant l’assemblée générale des Nations Unies, le 2 novembre 1999, déclarant que « la position du Saint-Siège est que les autorités, même pour les crimes les plus graves, devraient se limiter à user des châtiments qui n’entraînent pas la mort. » Il ajoutait : « La délégation du Saint-Siège accueille volontiers l’initiative d’une résolution [...] sur la réduction et si possible l’abolition de la peine de mort ».
Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix a écrit :La position de l’Eglise sur le don de la vie est bien connue, selon laquelle l’homme ne dispose pas complètement de la vie, qui doit être défendue depuis le moment de sa conception jusqu’à sa fin naturelle. Une telle position exclut par conséquent l’avortement, aussi bien que l’expérimentation sur les embryons, l’euthanasie, et la peine de mort, qui sont une négation de la dignité transcendante de la personne humaine créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Bon allez, je vais me coucher, comme j'aurai du le faire depuis longtemps... je n'ai même pas pris le temps de manger avec tout ça, c'est vraiment trop bête ! Les données que je fourni ici, il suffisait de taper "Eglise et peine de mort" sur google au lieu de s'en tenir à une absolue confiance en sa propre interprétation de la Tradition. Remarquez j'aurai fait ça plus tôt, moi aussi, au lieu de m'emballer inutilement : j'aurai dîné et je serai en train de récupérer du sommeil.
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etienne lorant
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La peine de mort en question

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De ces très longs textes, ces démonstrations de plusieurs pages, que je suis incapable de lire toutes, je retiens qu'il est souvent question du coupable et de l'innocent. Sur ce point, on sait ce que le Christ a répondu à ceux qui se préparaient à exécuter la femme adultère: "Que celui qui n'a pas péché, que celui-là lui jette la première pierre". En réalité, Jésus seul avait l'autorité pour accomplir ce geste, mais il s'en est abstenu. Cela nous indique quand-même quelque chose. Cela nous indique que seul celui qui absolument juste et innocent peut se permettre de prononcer une sentence.

Je retrouve chez Bernanos, comme chez Léon Bloy, le fait que pour un coupable désigné subisse le châtiment alors que le mal, comme le bien, est à l'œuvre partout et en tous:

"La semence du mal et du bien vole partout. Le grand malheur est que la justice des hommes intervienne toujours trop tard; elle réprime ou flétrit des actes, sans pouvoir remonter plus haut ni plus loin que celui qui les a commis. Mais nos fautes cachées empoisonnent l’air que d’autres respirent, et tel crime, dont un misérable portait le germe à son insu, n’aurait jamais mûri son fruit, sans ce principe de corruption. » (Bernanos)

«Tel mouvement de la grâce qui me sauve d'un péril grave a pu être déterminé par tel acte d'amour, accompli ce matin ou il y a cinq cent ans par un homme très obscur de qui l'âme correspondait mystérieusement à la mienne et qui reçoit ainsi son salaire... inversement il est loisible à chacun de provoquer des catastrophes anciennes ou présentes dans la mesure où d'autres âmes peuvent retentir à la sienne». (Léon Bloy)

«Quoi que nous fassions nous sommes au centre de tout : sans le savoir nos moindres gestes commandent selon d'imprévisibles rapports le cours entier de l'universelle Destinée» (Pierre Emmanuel)

"Mon frère demandait pardon aux oiseaux ; cela semble absurde, mais c'est juste car tout ressemble à l'Océan où tout s'écoule et communique, on touche à une place et cela se répercute à l'autre bout du monde». (Dostoïevski)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Pneumatis
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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Bonjour Etienne,
etienne lorant a écrit :De ces très longs textes, ces démonstrations de plusieurs pages, que je suis incapable de lire toutes, je retiens qu'il est souvent question du coupable et de l'innocent. Sur ce point, on sait ce que le Christ a répondu à ceux qui se préparaient à exécuter la femme adultère: "Que celui qui n'a pas péché, que celui-là lui jette la première pierre". En réalité, Jésus seul avait l'autorité pour accomplir ce geste, mais il s'en est abstenu. Cela nous indique quand-même quelque chose. Cela nous indique que seul celui qui absolument juste et innocent peut se permettre de prononcer une sentence.
C'est exactement ce que dit notamment Monseigneur Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne et ce que j'ai également dit en 2 ou 3 occasions à Popeye dans cette masse impénétrable de textes. Je m'excuse d'ailleurs pour la longueur qui tient véritablement du SPAM mais il me semblait bon de souligner que les avis de l'Eglise CONTRE la peine de mort n'étaient pas des cas isolés mais bien le reflet d'une position nette de la Sainte Eglise Catholique, quoiqu'on cherche à faire dire ensuite à notre Sainte Tradition.
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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Un grand merci pour ce résumé, preuve d'un bel esprit de synthèse !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Popeye
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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POST 1


Cher Pneumatis.




Pneumatis a écrit : je ne sais si ce sont vos idées ou juste le sujet, mais tout cela ne m'apporte personnellement rien de positif, sinon de faire ensuite des rêves où je dis à mon frère que je l'aime avant de lui couper la tête... pour le bien du monde.


??? Curieuse méthodologie que celle jugeant des arguments apportés lors d'un débat théologique non à l'aune de la raison éclairée par la foi mais à celle de ses sentiments et de ses états semi-comateux. Curieuse théologie consistant à supprimer le logos pour y substituer son pathos ...


Pneumatis a écrit : Ma définition personnelle de la vengeance, émotionnelle, personnelle et sans d'autre but que d'appliquer un mal pour un mal, ne s'applique pas à Dieu j'en reste convaincu.
Même remarque. Les mots ont, en théologie, un sens technique, non subordonné au pathos de qui les emploie à tort et à travers. Parler de peines vindicatives, affirmer que Dieu veut le mal de peine en châtiment du pécheur impénitent, n'est pas dire qu'il voudrait ce mal pour lui même, mais pour un bien, la justice : « Jamais donc le mal n'attirerait l'appétit, même accidentellement, si le bien auquel est lié le mal n'attirait pas davantage que le bien dont le mal est la privation. Or, Dieu ne veut aucun bien plus que sa propre bonté ; il veut pourtant tel bien plus que tel autre bien. 'En conséquence le mal de faute qui prive la créature de son ordination au bien, Dieu ne le veut en aucune manière.' Mais le mal qui est une déficience de la nature, ou le mal de peine, Dieu le veut en voulant quelque bien auquel est lié un tel mal. Par exemple, en voulant la justice, il veut la peine du coupable, et en voulant que soit gardé l'ordre de nature, il veut que par un effet de nature certains êtres soient détruits. » S. Thomas d'Aquin, ST, Ia Q.19 a.9


Pneumatis a écrit :Mais en y regardant, la définition de la vengeance est plus large que ma conception simpliste.
Simpliste est le mot, sans vouloir vous froisser.


Pneumatis a écrit :Ce que j'appelais "punition" peut être recherchée par Dieu pour le bien de Dieu, car lui seul connait le vrai bien. Ainsi donc la peine de vengeance peut dépasser, on le conçoit, le mal seul de la peine et conduire à un plus grand bien. Car Dieu ne fait que le Bien, vous en conviendrez ? En cela, les peines éternelles de l'enfer sont à mesurer à l'aune du projet global de Dieu qui est celui de la rédemption de l'Homme.
Que les peines vindicatives de l'Enfer soient voulues pour un bien, assurément oui ; pour ce bien qu'est la rédemption de l'homme, en aucune façon, sinon par accident. Encore une fois, si les peines médicinales sont des maux (des peines) ayant pour fin la conversion de l'homme, il n'en va pas de même des peines vindicatives : sauf à nier l'éternité des peines de l'Enfer, ces peines ne peuvent avoir pour finalité la rédemption de ceux qu'elles frappent. Il s'agit donc de maux ayant pour finalité ce bien qu'est la justice, nullement ce bien qu'est la miséricorde faite aux élus.

Je vous concède toutefois que, par accident, elles sont un adjuvant à la sanctification des bons. Mais si la menace de ces peines peut suffire à dissuader les bons, reste que ces peines éternelles ne les frappent pas. Aussi ces peines, en tant qu'elles sont des peines, sont-elles par essence exclusivement vindicatives plutôt que principalement vindicatives et secondairement médicinales. La raison en est :
- 1° Qu'elles ne sont d'aucune façon ordonnées à la conversion de ceux qu'elles frappent mais exclusivement à leur châtiment.
- 2° Qu'elles ne frappent pas ceux dont leur menace à permis la conversion. De sorte que chez ces derniers il s'agit de menaces et non de peines. En d'autres termes, en tant qu'elles sont des peines, elles sont purement vindicatives.

Et non, l'aune du projet global de Dieu n'est pas la rédemption de l'homme. Il n'est même pas la béatitude des créatures rationnelles dans la vision béatifique de Dieu (fin dernière relative de la création). Il est dans la Gloire extrinsèque et formelle de Dieu (fin dernière absolue de la création), atteinte tant par le salut des élus que par les châtiment des damnés. Que vous ne sachiez pas ce que ces termes signifient ne change rien à l'affaire.


Pneumatis a écrit :Vous ne me considérez pas comme catholique, et je me permets de prendre ça, venant du même esprit que celui qui prône la peine de mort, comme un compliment.
Je n'ai nullement dit, écrit ou pensé que vous n'étiez pas catholique. J'ai affirmé que vous ne pouviez pas être catholique et nier la sempiternité des peines de l'Enfer et donc leur caractère vindicatif, la sempiternité de ces peines (sempiternité qui suppose leur caractère vindicatif) étant de foi catholique, leur caractère vindicatif étant même de foi divine. En conséquence de quoi, je vous ai placé en face de vos contradictions en vous disant que vous aviez à lever la contradiction inhérente à vos propos. De sorte qu'à admettre le caractère vindicatif de ces peines vous témoignerez de votre orthodoxie, tandis qu'à le nier vous témoignerez vous-même de votre hétérodoxie. Nulle part je n'ai présumé que vous opteriez pour l'hétérodoxie contre le catholicisme, par où appert le caractère fallacieux sinon captieux de votre remarque.

Voici maintenant ce que votre réponse apporte :
- Vous reconnaissez le caractère perpétuel des peines de l'Enfer. C'est très bien.
- Vous admettez avoir mal usé du mot vengeance, et reconnaissez qu'on peut légitimement l'attribuer aux peines par lesquelles Dieu afflige les damnés. C'est bien.
- Mais vous ne reconnaissez pas explicitement que le mot, employé pour signifier les peines dont Dieu frappe les damnés, signifie le caractère vindicatif de ces peines. C'est volontairement ambigu, et cette ambiguïté ne laisse pas d'être malsaine (au vu de votre fausse remarque sur le projet global de Dieu) en sus de manquer de franchise. Car enfin, je vous le redemande, en quoi ces peines pourraient-elles avoir pour fin la conversion de ceux qu'elles frappent ? Puisque vous admettez qu'elles sont éternelles, c'est donc qu'elles ont pour fin de punir les coupables = d'être vindicatives. Pourquoi lors ne pas l'admettre franchement ? On doit certes admettre que ces peines, purement vindicatives par essence, sont médicinales par accident, en tant que leur menace peut être un adjuvant suffisant pour la conversion des bons. Mais par essence elles sont purement vindicatives et non pas principalement vindicatives et secondairement médicinales, pour la double raison précédemment dite.
- Enfin, la fin dernière absolue de la création, c'est Dieu, pas l'homme, fût-il sauvé. Par où se répond à votre remarque sur le projet global de Dieu.


Pneumatis a écrit :Pour le reste, de toute façon, tous vos discours sur l'enfer et les chatiments divins sont... sur les chatiments divins. Ne vous prenez pas pour Dieu, comme je le disais au départ. Le jugement de Dieu c'est le jugement de Dieu, pas de Popeye.
??? En quoi affirmer le fait que Dieu frappe les damnés de peines vindicatives est se prendre pour Dieu ?

Serait-ce qu'ayant démontré que Dieu punit par des peines vindicatives, j'ai démontré du fait même la légitimité des peines vindicatives portées par l'autorité légitime, pour autant seulement qu'elles ne soient pas disproportionnées ? C'est pourtant la doctrine de l'Église !

À défaut d'arguments assurés, vous voilà de nouveau dans l'outrage. Par où appert l'insincérité de vos précédentes excuses ...



Pneumatis a écrit :Quoiqu'il en soit, je ne dénonce pas l'enfer mais la peine de mort ... Une seule phrase du C.E.C. évoque la peine de mort, et vous l'avez cité maintes fois sans en tenir compte. Comme vous le dites pourtant, c'est très clair : L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
Précisément, vous dénoncez la peine de mort, alors que l'Église en reconnaît la légitimité : « l'enseignement traditionnel de l'Église n'exclut pas le recours à la peine de mort ». L'institution de l'Inquisition en est la preuve.

Ce qu'affirme le CEC, ce n'est pas l'illégitimité de la peine de mort, mais qu'on doit en user seulement :
- 1° « quand l'identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiés » ;
- 2° « si celle-ci est l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains ».

Envisageons successivement ces deux points. Ce sera un peu long mais très instructif, aussi espéré-je que vous me pardonnerez le temps qu'il vous faudra à lire, compensé par l'instruction que vous en tirerez.


:arrow: Quant au 1° point, savoir que l'identité et la responsabilité du coupable soient PLEINEMENT VÉRIFIÉES, il y a là une évolution notable du discours de l'Église.

Car ce n'est pas seulement que l'Église, par ses Papes, a institué des tribunaux d'inquisition chargés de réprimer l'hérésie. C'est encore qu'elle prévoyait la peine de mort pour les hérétiques obstinés ainsi que pour les relaps en les livrant au pouvoir séculier pour qu'ils subissent le châtiment qui leur est dû : animaversione debita puniantur. Car si, sous Innocent III, cette peine était l'exil et la confiscation des biens, sous le pontificat de Grégoire IX, elle fût remplacée par la mort par le feu. Les Pontifes qui suivirent ne modifièrent pas la législation de Grégoire IX. Au contraire, ils l'aggravèrent, comme il appert de l'examen des règles procédurales. La procédure d'inquisition laissait à l'accusé le soin de prouver son innocence. Or il suffisait, pour être accusé devant la Sainte Inquisition, du témoignage de deux témoins. Comment lors s'assurer que ces derniers ne portassent point faux-témoignage, par malice ou erreur ? Le problème était d'autant plus épineux que si, d'ordinaire, l'Église ne reconnaissait pas la validité du témoignage des hérétiques, des excommuniés, des homicides, des voleurs, des sorciers, des devins et de ceux antécédemment convaincus de faux témoignage (Gratien, Décret, pars 2a, quaest. iii, cap. v), l'aversion de l'hérésie fût telle qu'elle poussa l'Église à reconnaître la validité du témoignage d'un hérétique ou d'un infâme quand il s'agissait de dénoncer l'hérésie. Gratien, canoniste dont l'autorité fût considérable, ne dit pas autre chose (pars 2a, causa ii, quaest. vii, cap. xxii ; causa vi, quaest. i, cap. xix). La chose devint officielle quand le Pape Alexandre IV, dans sa Bulle Consuluit du 23 janvier 1261, admit officiellement la validité des dénonciations d'hérésie reposant sur le témoignage d'hérétiques, à charge pour l'inquisiteur de contrôler le témoignage. Ce principe fut incorporé au droit canonique et confirmé par une pratique constante. Plus encore, comme l'écrit l'abbé E. Vacandard (L'Inquisition, étude historique et critique, chapitre 6, p.150), « de toutes les exceptions légales de droit commun que l'accusé pouvait invoquer contre les témoins à charge, une seule était maintenue, celle d'inimitiée mortelle », d'ailleurs entendue lato sensu comme l'atteste le Directorium inquisitorium d'Eymeric (3a pars, quaest. lxvii). Or si Pegna (canoniste et théologien actif à la Cour Pontificale qui publia en 1578 une nouvelle édition du manuel d'Eymeric augmentée de commentaires et d'une série de textes supplémentaires) précise que des sévices graves ou de simples injures peuvent être considérés comme capable de vicier les témoignages, reste que les accusés ne pouvaient généralement pas connaître l'identité de leurs accusateurs, ce depuis le début de l'inquisition, pour protéger ces derniers du ressentiment des parents et des familiers de l'accusé, comme la chose s'était vue lors de la répression des albigeois. Pour révoquer les faux-témoignages, l'accusé n'avait lors d'autre choix que d'énumérer ses ennemis en priant que ses accusateurs en fissent partie. D'où cette remarque de Charles Henry Lea que cette procédure « mettait la vie d'un homme à la merci d'un ennemi qui pouvait subordonner deux témoins inconnus pour le charger » (op. cit., p.429). « Et si deux témoins estimés dignes de foi par l'inquisiteur s'accordaient à charger l'inculper, son sort était inévitablement réglé : qu'il s'avouât ou non coupable, il était déclaré hérétique » (Vacandard, op. cit., p.153). Mais si le seul procédé de réfutation des témoins consistait pour l'accusé à déclarer la liste de ses ennemis, il pouvait encore prouver son innocence en présentant pour lui des témoins à décharge, qui vinssent attester de son orthodoxie (cf. abbé J.-M. Vidal, Bullaire de l'Inquisition française).

D'où l'importance de l'investigation par laquelle la justice inquisitoriale avait à contrôler ces témoignages. Comme les questions qui se posaient en matière d'hérésie étaient très complexes, « on trouva bientôt nécessaire de leur adjoindre [[aux inquisiteurs]], pour le prononcé des jugements, des hommes versés dans le droit civil et canonique, sciences obscures à cette époque, si compliquées qu'il fallait toute une vie pour s'en rendre maître. Les inquisiteurs furent donc autorisés à convoquer des experts pour examiner avec eux les témoignage et recevoir leurs conseils sur le jugement à rendre » (Lea, op. cit., p.388). « Les procès-verbaux des sentences inquisitoriales portent en effet la mention de la présence d'experts, periti, et de boni viri. Leur nombre, variable selon les circonstances, était en général assez élevé. » (Vacandard, p. 165). « Eymeric (Directorium inquisitorium, 3a pars, quest. 80, comm. 129) enseigne qu'on devait leur faire connaître le procès tout entier ; et c'était sans doute la pratique. Mais Pegna repousse cette solution et estime qu'il est préférable de ne pas relever aux assesseurs les noms des témoins ni même ceux des accusés. » (Tanon, Histoire des tribunaux de l'Inquisition en France, p.421 ; cité par Vacandard, p.167). « Ces conseils plus ou moins nombreux selon les circonstances étaient un vrai jury, fonctionnant à peu près comme celui de nos jours et, comme lui, se prononçant sur la culpabilité et l'application de la peine. Or, - on ne l'a pas fait remarquer suffisamment et même certains historiens, ennemis de l'Inquisition, l'ont tu de parti pris, - sur ce point, la procédure inquisitoriale était beaucoup plus libérale que celle de son temps ; elle a devancé les siècles et fait bénéficier ses justiciables d'une institution dont nous nous croyons redevables à la Révolution. Disons-le hautement : le jury a fonctionné sur notre sol français, comme d'ailleurs dans toute la chrétienté, cinq cent ans avant les réformes de 1789 et ce fût dans les tribunaux de l'Inquisition ! » (Jean Guiraud, DAFC = Dictionnaire apologétique de la foi catholique, article « Inquisition », colonne 875). On voit donc qu'en droit la procédure était tout à la fois juste et équitable.

Bien évidemment, l'erreur judiciaire était toujours possible.
On comprend lors que de facto des innocents aient été exécutés pour un crime dont ils n'étaient pas coupables, pour peu qu'ils persévérassent à nier les accusations dont ils faisaient l'objet sans pouvoir s'en disculper par contre-témoignages. Était-ce légitime ? Qu'est-ce à dire ? Serait-il licite de condamner à mort l'innocent ? Jamais ! « On peut envisager un homme sous un double aspect : en lui-même ou par rapport aux autres. À considérer l'homme en lui-même, il n'est jamais permis de le tuer, parce que dans tout homme, fût-il pécheur, nous devons aimer sa nature qui est l'oeuvre de Dieu et que le meurtre supprime. Si la mort du pécheur peut devenir licite, ce n'est, on l'a déjà vu, que pour préserver le bien commun que détruit le péché. Mais la vie des justes au contraire conserve et accroît le bien commun, car ils sont la partie la plus influente de la société. C'est pourquoi il n'est aucunement permis de tuer un innocent. » (IIa IIae Q.64 a.6, réponse). Serait-ce lors que les juges péchaient en condamnant l'innocent ? Non ! Le juge « ne pèche pas en prononçant un jugement conforme aux dépositions [[mensongères]], car ce n'est pas lui qui condamne un innocent, mais ceux qui affirment sa culpabilité » (IIa IIae Q.64 a.6, solution 3).

Si, à défaut que les témoignages aient été contre-balancés par d'autres ou démontrés contradictoires ou faux, ils suffisaient comme éléments de preuve et obligeaient le juge en conscience, c'est que le droit en vigueur attachait une telle force au témoignage qu'ils suffisait à fonder l'intime conviction du juge. Et pour votre gouverne, l'intime conviction du juge ne consiste pas en un sentiment ou une appréciation subjective du juge, mais repose sur une analyse raisonnée des éléments à charge et à décharge. C'est à cette analyse que se livraient de concert l'inquisiteur et les juristes qui l'assistaient à titre d'experts et de membres du jury. On voit donc que l'Église n'exigeait pas, pour condamner à mort, que l'identité et la responsabilité du coupables fussent PLEINEMENT vérifiées. L'Église se contentait de ce que l'identité et la responsabilité du coupable fussent SUFFISAMMENT vérifiées, autant qu'il est au pouvoir d'un juste juge.

Ceci est d'extrême importance, vu que l'Église est infaillible en ses lois générales. L'Église est sainte ; la sainteté est l'une de ses notes, que vous confessez tous les dimanches lors du Credo : « Et unam, sanctam, catholicam, et apostolicam Ecclesiam ». Si l'Église est sainte, elle ne peut commander le péché, du moins in re gravi et quae ad christianos mores formandos apprime conducat : « L'infaillibilité de l'Église doit également s'entendre à tout enseignement dogmatique ou moral, pratiquement inclus dans ce qui est commandé, approuvé ou autorisé par la discipline générale de l'Église, que cette discipline provienne d'une loi positive de l'Église entière ou d'une coutume adoptée ou approuvée par l'Église universelle ... L'Église ne peut induire les fidèles en erreur, en une matière concernant gravement leur conduite morale ».[*][/color] (E. Dublanchy, DTC = Dictionnaire de théologie catholique, article « Église », col. 2197-2198). Par où appert que les règles de preuve testimoniale en vigueur dans la procédure inquisitoriale n'étaient pas contraires au droit naturel. Par où appert que le droit naturel (la loi divine naturelle) n'exige pas que l'identité et la responsabilité du coupable soient pleinement vérifiées, mais seulement qu'elles le soient suffisamment, CQFD.

Ceci dit, de deux lois humaines conformes à la Loi naturelle, l'une peut être plus parfaite et l'autre moins parfaite. On peut donc, après s'être contenté de punir de mort ceux dont l'identité et la responsabilité étaient suffisamment vérifiées au regard de la loi naturelle, estimer aujourd'hui préférable, plus parfait, qu'en matière pénale l'identité et la responsabilité du coupable doivent être pleinement plutôt que suffisamment vérifiées pour que tombe la peine, soit d'une manière générale soit seulement pour les peines les plus lourdes. L'Église, par le CEC 2267, nous fait savoir que, relativement à la peine de mort, elle souhaite maintenant voir l'identité et la responsabilité du coupable pleinement vérifiées. Cette évolution est bonne. Reste pourtant que si l'Église a compétence pour légiférer en promulguant des lois ecclésiastiques, les lois civiles sont de la seule compétence de l'État. Plus exactement, la loi est en vue du bien commun : « la loi vise premièrement et à titre de principe l'ordre au bien commun » (IIa IIae, Q.90, a.3, réponse). Or si l'Église a compétence pour légiférer en toute matière relevant du « bien spirituel », elle n'a aucune compétence quant au « bien temporel », qui relève de la seule compétence de l'État. Quant aux matières ressortant du « bien mixte », c-à-d ressortant du bien spirituel et du bien temporel, elles sont de la compétence des deux pouvoirs, qui doivent lors coopérer, le politique devant être subalterné au théologique. « De même donc que Jésus-Christ est venu sur la terre afin que les hommes eussent la vie et l'eussent plus abondamment, ainsi l'Église se propose comme fin le salut éternel des âmes ; et dans ce but, telle est sa constitution qu'elle embrasse dans son extension l'humanité tout entière et n'est circonscrite par aucune limite ni de temps, ni de lieu. ... Comme la fin à laquelle tend l'Église est de beaucoup la plus noble de toutes, de même son pouvoir l'emporte sur tous les autres et ne peut en aucune façon être inférieur, ni assujetti au pouvoir civil. En effet, Jésus-Christ a donné plein pouvoir à ses Apôtres dans la sphère des choses sacrées, en y joignant tant la faculté de faire de véritables lois que le double pouvoir qui en découle de juger et de punir. "Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre ; allez donc, enseignez toutes les nations... apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Mt. XXVIII. 18-20). - Et ailleurs : "S'il ne les écoute pas, dites-le à l'Église" (Mt. XVIII. 17). Et encore : "Ayez soin de punir toute désobéissance" (II. Cor. X. 6). De plus : "Je serai plus sévère en vertu du pouvoir que le Seigneur m'a donné pour l'édification et non pour la ruine" (II. Cor. XIII. 10). C'est donc à l'Église, non à l'État, qu'il appartient de guider les hommes vers les choses célestes, et c'est à elle que Dieu a donné le mandat de connaître et de décider de tout ce qui touche à la religion ; d'enseigner toutes les nations, d'étendre aussi loin que possible les frontières du nom chrétien ; bref, d'administrer librement et tout à sa guise les intérêts chrétiens. ... Dieu a donc divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine ; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial. Il y a donc comme une sphère circonscrite, dans laquelle chacune exerce son action jure proprio. Toutefois, leur autorité s'exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver qu'une seule et même chose, bien qu'à un titre différent, mais pourtant une seule et même chose ressortisse à la juridiction et au jugement de l'une et de l'autre puissance. Il était donc digne de la sage Providence de Dieu, qui les a établies toutes les deux, de leur tracer leur voie et leur rapport entre elles. Les puissances qui sont ont été disposées par Dieu (Rm. XIII. 1). S'il en était autrement, il naîtrait souvent des causes de funestes contentions et de conflits, et souvent l'homme devrait hésiter, perplexe, comme en face d'une double voie, ne sachant que faire, par suite des ordres contraires de deux puissances dont il ne peut en conscience secouer le joug. Il répugnerait souverainement de rendre responsable de ce désordre la sagesse et la bonté de Dieu, qui dans le gouvernement du monde physique, pourtant d'un ordre bien inférieur, a si bien tempéré les unes par les autres, les forces et les causes naturelles, et les a fait s'accorder d'une façon si admirable qu'aucune d'elles ne gêne les autres, et que toutes, dans un parfait ensemble, conspirent au but auquel tend l'univers. Il est donc nécessaire qu'il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné, non sans analogie avec celui qui, dans l'homme, constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces rapports qu'en considérant, comme Nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l'une a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, et l'autre de procurer les biens célestes et éternels. Ainsi, tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l'Eglise. Quant aux autres choses qu'embrasse l'ordre civil et politique, il est juste qu'elles soient soumises à l'autorité civile, puisque Jésus-Christ a commandé de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Des temps arrivent parfois où prévaut un autre mode d'assurer la concorde et de garantir la paix et la liberté ; c'est quand les chefs d'Etat et les Souverains Pontifes se sont mis d'accord par un traité sur quelque point particulier. Dans de telles circonstances, l'Eglise donne des preuves éclatantes de sa charité maternelle en poussant aussi loin que possible l'indulgence et la condescendance. » (Léon XIII, Encyclique Immortale Dei, 1.11.1885).

La loi de l'État sera donc légitime pour autant qu'en matière de bien temporel elle respecte la loi divine naturelle et qu'en matière de bien mixte elle coopère aux lois ecclésiastiques. Quand donc l'État légifère la peine de mort en sanction de certains crimes, cette loi ressort-t-elle du bien temporel ou du bien mixte ? Assurément, Léon XIII rattache au bien mixte « tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque ». Reste à savoir ce qu'il entend par sacré. Assurément, on peut l'entendre en un sens très extensif, comme quand nous disons, parlant de ceux qui vivent en état de grâce : « Le temple de Dieu est sacré et ce temple c’est vous ». (I Co. III. 17). Reste qu'alors on ne voit pas qu'elle compétence propre il resterait à l'État, vu que tout homme peut être en état de grâce et que cet état n'est pas habituellement perceptible. Aussi n'est-ce pas en ce sens qu'il faut entendre le propos. Ce d'autant que le Pontife n'a pas écrit « l'homme » mais « tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque ». En fait, par « sacré », le Pontife entend «tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but », savoir le sacerdoce, les sacrements, les biens d'Église ... C'est ainsi que la législation ecclésiastique d'avant 1983 affirmait la règle du privilège du for (CIC 1917, canon 120) : « Dans toutes les causes, tant civiles que criminelles, les clercs doivent être cités à comparaître devant le juge ecclésiastique, à moins que, dans certaines régions, une autre solution ne soit légitimement intervenue », c-à-d déterminée par un Concordat. Ainsi, à défaut d'un article concordataire statuant autrement, si l'État pouvait légitimement prévoir la peine de mort, il ne pouvait légitimement en punir un prêtre homicide qu'après que celui-ci eût été jugé par un tribunal d'Église, réduit à l'État laïc, et livré au bras séculier. En d'autres termes, la peine de mort est de la compétence exclusive de l'État quand elle frappe les laïcs. L'État, fût-il régit par un roi très chrétien et très catholique, n'a donc pas à se soumettre à la première condition édictée au CEC 2267. CQFD.

[*][/color] : On s'est basé sur l'infaillibilité de l'Église en ses lois générales pour démontrer que le droit naturel n'exige pas que l'identité et la responsabilité du coupable soient pleinement vérifiées, l'Église en ses lois générales n'ayant antécédemment requis qu'elles soient suffisamment vérifiées, autant qu'il est au pouvoir d'un juste juge. Reste une grave difficulté. Si l'Église est infaillible en ses lois générales, en tant qu'elle ne peut errer en portant en ses lois des choses gravement contraires à la sainteté et à la justice, comment a-t-elle pu permettre l'usage de la torture à fin d'obtenir des aveux ? Il ne s'agit pas ici de la peine vindicative de torture, légitime pour autant précisément que la culpabilité du fauteur soit établie et qu'elle ne soit pas disproportionnée à son crime, mais d'un moyen visant à obtenir des aveux en conséquence de quoi se conclut à la culpabilité. C'est ainsi que nous voyons la procédure inquisitoriale avoir été durcie par le Pape Innocent IV qui, dans la Bulle Ad extirpanda (15 mai 1252), confirmée par les Papes Alexandre IV (30 novembre 1259) et Clément IV (3 novembre 1265), institua l'emploi de la torture comme moyen d'obtenir des aveux. Réponse dans un prochain post, pour ne pas surcharger celui-ci, déjà passablement long, d'une dissertation supplémentaire. On se fera une joie d'y démontrer, entres autres, l'inanité de CDSE 404.[/size]


:arrow: Quant au second point, qui ne reconnaît la légitimité de la peine de mort que si elle est « l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains ».

Je vous ai déjà répondu, en affirmant deux choses.

1° D'une, le texte du CEC 2267 ne laisse pas d'être clair. « Mais si », « aujourd'hui », « désormais » et « étant données les possibilités dont l’Etat dispose » sont précisément des circonstances liées au contexte. À propos de moyen, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà écrit : l'État français n'a plus les moyens de sa politique carcérale. Et je doute que certains pays du tiers monde les aient jamais eût. En d'autres termes, dans la glose de la proposition : « si celle-ci est l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l'injuste agresseur la vie d'êtres humains », tout tourne autour du moyen praticable. Je ne nie pas qu'enfermer le criminel soit un moyen efficace de l'empêcher de nuire. J'affirme seulement que ce moyen n'est pas aujourd'hui praticable au regard des moyens financiers de l'État. Et accessoirement, je vous fais respectueusement valoir que la détermination des moyens financiers d'un État surendetté n'est pas de la compétence de l'Église mais de la compétence exclusive de l'État, même si ça vous échappe, raison pourquoi l'Église n'a pas à s'en mêler.

2° De deux, CEC 2267 n’envisage la peine vindicative qu’en tant qu’elle vise à protéger la société (« protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur »), ce qui est précisément la légitime défense. Or comme je vous l'ai précédemment écrit, la peine de mort a d’autres fins, savoir le châtiment du coupable et la satisfaction de l’offense, et qu'au regard de ces fins, que n'envisage pas CEC 2267, la peine de mort peut être employée alors même qu'elle n'est pas le seul moyen efficace pour protéger la sécurité du groupe. JE CONSTATE QUE VOUS VOUS ABSTENEZ DE RÉPONDRE SUR CE POINT. Plus exactement, voici votre réponse : « le débat se limite simplement à ça », « ça » étant de savoir si la peine de mort est « l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l'injuste agresseur la vie d'êtres humains ». Et non, le débat ne se limite pas à « ça ». Voyez-vous, ce n'est pas parce que CEC 2267 ne parle pas des autres finalités des peines vindicatives qu'elles se limitent à protéger le corps social de la nocivité des délinquants et des criminels. La preuve : « Les peines vindicatives sont celles qui tendent directement à l'expiation du délit, de sorte que leur remise ne dépende pas de la cessation de la contumace par le délinquant. » CIC 1917, canon 2286. Oui, vous avez bien lu. La finalité première des peines vindicatives n'est pas l'amendement du coupable ; elle n'est même pas la protection de l'ordre public (cf. CDSE 403) ; mais elle consiste en l'expiation de la faute (CIC 1917 canon 2286) Or, qu'est-ce qu'expier ? « EXPIATION : action de souffrir la peine décernée contre le crime, ou de satisfaire pour une faute qu'on a commise : ainsi, un crime est censé expié par le supplice du coupable. Jésus-Christ a expié les péchés des hommes, en souffrant la peine qui leur était due : en vertu de ses mérites, les souffrances et la mort, qui sont la peine du péché, en sont aussi l'expiation. » (Dictionnaire de théologie de Bergier, article « expiation »). Il y a donc deux aspects dans l'expiation. Le premier consiste en la souffrance subie en châtiment d'une faute : expier, c'est souffrir. Le second tient dans la réparation que permet la peine : subir la peine, subir le châtiment, c'est payer sa dette. Les damnés, qui subissent la peine vindicative, tout à la fois payent et n'en finissent pas de payer. Pourquoi ? Parce que pour véritablement payer, il faut accepter sa peine. Subir la peine en haïssant le juge et la punition, c'est pécher alors même qu'on paye. D'où ce distinguo introduit par CEC 2266 : « La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d'expiation. » CEC 2266. Il n'y a d'ailleurs pas lieu d'opposer ce texte à celui du canon 2286 CIC 1917. Que le coupable justement frappé d'une peine vindicative l'accepte ou se révolte, dans les deux cas il paye, dans les deux cas il expie. Mais c'est seulement pour autant qu'il accepte la peine qu'il peut finir d'expier, qu'il peut pleinement expier, pleinement satisfaire à la justice de Dieu.



Pneumatis a écrit :A quoi je vous ai simplement répondu :
En attendant que vous me donniez un exemple concret, comme celui d'un meurtrier incurable, capable de passer à travers les murs ou de nuire à quelqu'un depuis une cellule de prison par la seule force de sa pensée, je pense devoir rester sur cette position, conformément aux enseignements du C.E.C. que vous avez cité.
Voilà, le débat se limite simplement à ça. Tout le reste c'est de la manipulation de votre part pour tenter de faire oublier cette évidence : des moyens praticables pour protéger efficacement de l'injuste, il en existe : ça s'appelle le système pénal. Bref, je ne vais pas refaire les mêmes réponses juste parce que vous ressortez les mêmes arguments, sinon on va tourner en rond. Je fini de répondre à deux ou trois de vos propos avant de vous proposer d'autres regards.
Et non, cela ne se limite pas à « ça », comme on vient de vous le prouver.
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Popeye
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Message non lu par Popeye »

POST 2 (suite) :


Pneumatis a écrit :
Popeye a écrit :Votre conception n'est manifestement pas celle de l'Église. Je trouve des plus curieux que vous prôniez l'obéissance ecclésiale à Valtoriste pour refuser de la pratiquer dès que vos conceptions subjectives s'en trouvent heurtées ...
Pitié !!! Vous êtes membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ?
Peut-être n'ai-je pas été suffisamment précis. Je vais donc reformuler. Relativement aux peines infernales, vos précédents posts étaient incompossibles à l'orthodoxie. La conception des peines infernales que vous y développiez n'était pas conforme à l'enseignement de l'Église. En d'autres termes, vos textes contredisaient la foi de l'Église, alors même que là n'était pas votre intention. Et donc, pour le reformuler en termes précis, en niant précédemment le caractère vindicatif des peines infernales, vous avez matériellement violé la foi catholique ; sans préjudice de savoir (je ne me prononce pas) si vous l'avez fait avec advertance suffisante de la raison et de la volonté, c'est-à-dire formellement, d'une manière telle qu'imputable à péché. Sachez toutefois que l'ignorance ou l'erreur n'est pas nécessairement cause de non-imputation.

Pour le reste, non, je ne suis pas la Congrégation pour la doctrine de la foi. C'est d'ailleurs pourquoi mon fraternel et salutaire avertissement n'était pas une monition canonique vous enjoignant de vous rétracter. Voyez-vous, il y a deux sortes de correction fraternelle. La première remédie au mal du prochain pour l'améliorer. C'est ainsi que le savant instruit l'ignorant. Or, enlever un mal à quelqu'un est un acte de même valeur que lui procurer un bien. Et en tant que ce bien s'ordonne au salut, comme l'est l'intelligence de la foi, vouloir ce bien au prochain est un acte de charité ; en tant qu'il permet l'amélioration d'autrui, c'est un acte de miséricorde. La seconde espèce de correction remédie au mal d'autrui en tant qu'il porte préjudice aux autres, et surtout au bien commun. Une telle correction est un acte de la justice, qui a pour objet de régler équitablement les rapports entre les hommes. N'étant pas votre supérieur hiérarchique, je me garderais bien de chercher à vous punir : je ne fais qu'essayer de vous instruire ...


Pneumatis a écrit :
Popeye a écrit :Que ne feriez-vous pas pour justifier votre dissentiment à l'Église ? Les enseignements du CEC ne laissent pourtant pas d'être clairs
C'est vrai, et pourtant Dieu sait que vous vous donnez du mal pour leur faire dire ce qui vous arrange !
Calomnie.


Pneumatis a écrit :Bon allez, ceci étant dit, je vous cite d'autres interprétations de la Sainte Tradition que les miennes ou les vôtres, histoire d'enrichir notre discernement commun sur cette question de la peine de mort :
Mgr Jean Honoré, l'un des rédacteurs du Catéchisme de l'Église catholique a écrit :« Le Catéchisme (art. 2266) distingue fermement l'affirmation du principe de légitimité de la peine de mort, et son application qu'il réserve "aux cas d'extrême gravité". Le texte lui-même, dans sa rédaction et dans l'article qui suit (art. 2268), exprime une pensée très déterminée en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et il en donne les raisons.
Et oui, le Catéchisme distingue fermement l'affirmation de la légitimité du principe de son application, pour laquelle il est des plus réservées. Ai-je seulement dit le contraire ? Non. Tout ce que je vous ai dit, c'est :

1° Que ce texte (CEC 2267 et non 2266) subordonne l'application à être l'unique moyen disponible pour protéger efficacement le corps social, et que la question des moyens est une question de fait, circonstancielle, dont l'appréciation relève d'ailleurs de la seule compétence de l'État ainsi qu'il vient d'être montré.

2° Que ce texte (2267) n'envisage la peine vindicative que comme moyen de protection du groupe, et non comme moyen d'expiation., de sorte qu'au regard des autres fins, plus hautes, envisagées par CEC 2266, la peine de mort peut être employée alors même qu'elle n'est pas le seul moyen efficace pour protéger la sécurité du groupe. En d'autres termes, je vous dit que CEC 2267 est un texte incomplet, imprécis, de mauvaise facture théologique ; et je viens de le prouver, textes à l'appui (CIC 1917 canon 2286 ; CEC 2266).

Le catéchisme des adultes dont il est question a écrit :« Pour des raisons diverses, beaucoup de pays ont aboli la peine de mort. Le chrétien ne peut que se réjouir de voir ainsi se développer le sens du respect absolu de la vie. Cependant, la justice doit être assurée et la société protégée. Mais, quels que soient ses crimes, une personne humaine reste un enfant de Dieu que l'on doit respecter comme tel. L'espérance chrétienne croit toujours l'homme capable de s'amender. » (Les évêques de France. Catéchisme pour les adultes, no 588.).
Plus exactement : « La haine est opposée à l'amour, nous l'avons vu. C'est pourquoi la haine a raison de mal dans la mesure où l'amour a raison de bien. Or on doit aimer le prochain en considération de ce qu'il tient de Dieu, c'est-à-dire en considération de la nature et de la grâce ; on ne lui doit pas d'amour en considération de ce qu'il tient de lui-même et du diable, c'est-à-dire en considération du péché et du manquement à la justice. C'est pourquoi il est permis de haïr chez son frère le péché et tout ce qui est manquement à la justice divine, mais on ne peut haïr sans péché la nature et la grâce de son frère. Haïr chez son frère la faute et ses manquements au bien, relève de l'amour du prochain, car il y a une même raison pour vouloir du bien à quelqu'un et pour haïr le mal qui est en lui. » (IIa IIae, Q.34 a.3, réponse).

En conséquence de quoi : « Dans les pécheurs on peut considérer deux choses : la nature et la faute. Par leur nature, qu'ils tiennent de Dieu, ils sont capables de la béatitude, sur la communication de laquelle est fondée la charité, nous l'avons dit. Et c'est pourquoi, selon leur nature, il faut les aimer de charité. Mais leur faute est contraire à Dieu, et elle est un obstacle à la béatitude. Aussi, selon leur faute qui les oppose à Dieu, ils méritent d'être haïs, quels qu'ils soient, fussent-ils père, mère ou proches, comme on le voit en S. Luc (XIV. 26). Car nous devons haïr les pécheurs en tant qu'il sont tels, et les aimer en tant qu'ils sont des hommes capables de la béatitude. C'est là véritablement les aimer de charité, à cause de Dieu. » (IIa IIae, Q.25 a.6, réponse). En effet, « la raison d'aimer le prochain, c'est Dieu ; car ce que nous devons aimer dans le prochain, c'est qu'il soit en Dieu. » (IIa IIae, Q.25 a.1, réponse).

En conséquence de quoi : « La vengeance est licite et vertueuse dans la mesure où elle tend à réprimer le mal. Or certains, qui n'ont pas l'amour de la vertu, sont retenus de pécher par la crainte de perdre des biens qu'ils préfèrent à ceux qu'ils obtiennent par le péché ; autrement la crainte ne réprimerait pas le péché. C'est pourquoi la vengeance sur le péché doit s'exercer par la suppression de tout ce que l'on aime davantage. Or ce sont la vie, l'intégrité corporelle, la liberté et les biens extérieurs : richesse, patrie, réputation. À ce sujet S. Augustin cite Cicéron : "Il y a dans les lois huit catégories de châtiments : la mort qui enlève la vie ; les fouets et le talion (qui fait perdre oeil pour oeil), qui enlèvent l'intégrité corporelle ; l'esclavage et la captivité, qui enlèvent la liberté ; l'exil, qui éloigne de la patrie ; la confiscation, qui enlève les richesses ; le déshonneur, qui fait perdre la réputation." » (IIa IIae, Q.108 a.3, réponse).

Mais attention : « La vengeance se réalise par un mal de peine infligé au pécheur. Il faut donc considérer l'intention de celui qui l'exerce. Car si son intention se porte principalement sur le mal de celui dont il se venge, et s'attarde sur ce mal, c'est absolument illicite, parce que se réjouir du mal d'autrui relève de la haine, opposée à la charité dont nous devons chérir tous les hommes. Et ce n'est pas une excuse que de vouloir du mal à celui qui nous en a causé injustement, de même qu'on n'est pas excusé de haïr ceux qui nous haïssent. Un homme ne doit jamais pécher contre un autre sous prétexte que celui-ci a commencé de pécher contre lui, car c'est là se laisser vaincre par le mal, ce que l'Apôtre nous interdit (Rm XII. 21) : "Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal en faisant le bien." Mais si l'intention, dans la vengeance, se porte principalement sur un bien que doit procurer le châtiment du pécheur, par exemple son amendement, ou du moins sa répression, le repos des autres, le maintien de la justice et l'honneur de Dieu, la vengeance peut être licite, en observant les autres circonstances requises. » (IIa IIae, Q.108 a.1, réponse).

De plus : « Les peines de la vie présente ont pour but de guérir le pécheur plutôt que de le châtier. Ceci est réservé au jugement de Dieu, qui est selon la vérité. Voilà pourquoi ici-bas la peine de mort n'est pas infligée pour le péché mortel, mais seulement pour les péchés qui causent un dommage irréparable ou comportent une laideur effrayante. » (IIa IIae Q.66 a.6, solution 2).

Enfin : « il est interdit de nuire à quelqu'un, si ce n'est pas manière de châtiment pour faire régner la justice. En outre, une punition ne sera pleinement juste que si l'on a juridiction sur le délinquant. Par conséquent, il n'y a que celui qui a autorité sur un autre qui puisse le frapper. » (IIa IIae, Q.65 a.2, réponse).


Pneumatis a écrit :Finalement, à défaut d'être d'accord avec votre vision de l'Eglise, j'ai quand même l'impression d'aller dans le sens de ce que disent les évêques de France. La citation suivante devrait vous aider à méditer sur votre gros travail d'extraction des Ecritures...
Les évêques canadiens jugent « abusif le recours à des textes bibliques - spécialement de l'Ancien Testament - pour justifier le maintien de la peine de mort. » Ils ajoutent : « Jésus-Christ condamne cette tendance habituelle de l'homme à répondre à une injure par une autre injure et invite plutôt à la magnanimité. » ( « Les évêques canadiens et la peine de mort », La documentation catholique, 4 mars 1973, no 1627, p. 246.)
Très drôle, l'argument des évêques français ! J'ai cité les textes bibliques pour prouver que Dieu inflige des peines vindicatives. Et dans le lot, il y avait deux citations néotestamentaires. Je pourrais d'ailleurs en rajouter d'autres.

Tout aussi drôle, l'argument tiré de l'épiscopat canadien. Car d'une, il confond magnanimité et miséricorde ... De deux, si le Christ prêche la miséricorde, il n'interdit pas la justice.


Lors de l'exécution capitale de Robert Harris, le 22 avril 1992, en Californie, des protestations se sont levées de partout. Parmi celles-ci, l'on retrouve Mère Teresa, et les archevêques de San Francisco et de Los Angeles. Le Vatican a lui aussi protesté. « Pour Radio Vatican, "la peine de mort est pour la société une manière très primitive de se faire justice"; quant à l'Osservatore Romano, le quotidien du Saint Siège, il a dénoncé le 23 avril, "la barbarie de l'exécution et la cruauté d'une agonie inhumaine". » ( « Réactions de l'Église après une exécution capitale », La documentation catholique, 7 juin 1992, no 2051, p. 563.)
D'abord, la peine de mort, « c'est sommaire mais efficace ». Ensuite, question barbarie, l'Église a longtemps pratiqué. Enfin, question barbarie, Dieu infligeant aux damnés des tortures qui ne cesseront jamais, c'est encore mieux : torturé éternellement !


Monseigneur Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne a écrit : L’Eglise, écoutant le Seigneur qui nous dit « je suis venu, afin que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance », veut elle aussi promouvoir la vie comme une valeur humaine qui « doit être respectée parce qu’elle est sacrée » (C.CIC.466). Cette valeur fondamentale est consacrée dans notre Constitution qui dit que « la vie humaine est le bien suprême de la société et de l’Etat, et l’Etat a pour obligation de la protéger » (Art. n°1).
D'une, la Constitution péruvienne, je m'en balance comme de l'an 40. De deux, si Jésus est venu pour nous donner la vie éternelle, il est aussi celui qui plonge les damnés dans l'étang de feu, là où est la seconde mort. Encore une fois, la miséricorde ne s'oppose pas à la justice.

La valeur de la vie humaine, y compris celle du pécheur, est très importante pour Dieu. C’est pour cela que, dans l’Ancien Testament, il dit à travers le Prophète : « Par ma vie, oracle du Seigneur Yahvé, je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie » (Ez 33,11). Et quand les autorités de son temps demandèrent à Jésus ce qu’il pensait de la lapidation des femmes prises en flagrant délit d’adultère, sa réponse fut catégorique : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » (Jn 8,8).


Votre épiscope à la noix aurait mieux fait d'étudier la théologie chez S.Thomas :

1° La prophétie d'Ézékiel :

Objection : « La justice des hommes se modèle sur la justice de Dieu ; or celle-ci ménage les pécheurs pour qu'ils fassent pénitence - "je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive" (Ez. XVIII. 23). Il est donc absolument injuste de tuer les pécheurs. » (IIa IIae Q.64 a.2 objection 2).

Réponse : « Selon l'ordre de sa sagesse, Dieu tantôt supprime immédiatement les pécheurs afin de délivrer les bons ; tantôt leur accorde le temps de se repentir, ce qu'il prévoit également pour le bien de ses élus. La justice humaine fait de même, selon son pouvoir. Elle met à mort ceux qui sont dangereux pour les autres, mais elle épargne, dans l'espoir de leur repentance, ceux qui pèchent gravement sans nuire aux autres. » (IIa IIae Q.64 a.2 solution 2).

2° Jésus et la femme adultère :

S.Thomas d'Aquin, Commentaire de l'Évangile de S. Jean, 1132-1133 : « Devant leur insistance, il prononce ici un jugement. Bien qu’étant eux-mêmes des transgresseurs de la Loi, les Pharisiens faisaient tout pour accuser le Christ de transgresser lui-même la Loi, et pour condamner la femme ; c’est pourquoi le Christ prononce un jugement en disant : "Que celui d'entre vous qui est sans péché". C’est comme s’il disait : que la pécheresse soit condamnée, mais non par des pécheurs ; que la Loi soit accomplie, mais non par des transgresseurs de la Loi, parce que en jugeant un autre, tu te condamnes toi-même (Rm II. 1). Ou bien laissez aller cette femme, ou bien subissez avec elle la peine prévue par la Loi (Cf. S.Augustin, Tract, in Ioann., XXXIII, 5). Ici se pose une question : celui qui juge en étant lui-même en état de péché, pèche-t-il en portant un jugement contre une autre personne qui se trouve coupable du même péché ? Il est manifeste que le juge pèche, en scandalisant, s’il prononce un jugement tout en étant publiquement en état de péché ; et cela semble également être le cas s’il est secrètement en état de péché : Du fait même que tu juges un autre, tu te condamnes toi-même. Or il est évident que personne ne se condamne soi-même, si ce n’est en péchant : il semble donc que l’on pèche en jugeant un autre. Il convient ici de faire une double distinction. En effet, ou bien celui qui juge persévère dans sa volonté de pécher, ou bien il se repent d’avoir péché. De même, il condamne ou bien en tant que serviteur de la Loi, ou bien en son nom propre. Certes, s’il se repent d’avoir péché, le péché n’est déjà plus en lui ; et ainsi, il peut énoncer un jugement sans commettre aucun péché. Par contre, s’il a toujours la volonté de pécher : ou bien il prononce un jugement en tant que serviteur de la Loi, et alors il ne pèche pas du fait qu’il rend ce jugement (cependant, il pèche du fait qu’il commet des actions pour lesquelles il mérite de subir la même peine [que celle qu’il inflige]) ; ou bien c’est en son nom propre qu’il rend ce jugement, et alors il pèche en le faisant, parce qu’il n’est pas mû par l’amour de la justice, mais par un mal profondément enraciné ; autrement, il punirait d’abord en lui ce qu’il blâme chez les autres : Le juste est le premier à s'accuser lui-même. »

S.Thomas d'Aquin, Catena aurea : « S. Augustin (Tract, in Ioann., XXXIV). Il ne leur dit pas : Elle ne doit pas être lapidée, pour ne pas se mettre en opposition avec la loi ; encore moins leur dit-il : Qu'elle soit lapidée, car il n'est point venu perdre ce qu'il avait trouvé, mais chercher ce qui avait péri. Quelle est donc sa réponse ? "Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle." C'est la voix de la justice elle-même : Que la pécheresse soit punie, mais non point par les pécheurs, que la loi soit exécutée, mais non par les prévaricateurs de la loi. — S. Grégoire (Moral., XIV, 13 ou 15). Celui qui ne commence point par se juger tout d'abord, est incapable de porter un jugement juste sur les autres ; malgré les renseignements extérieurs qu'il peut recueillir, il ne peut apprécier avec, équité le mérite des actions du prochain, si la conscience de son innocence personnelle ne lui donne pas une règle sûre de jugement. »


L’Eglise catholique est résolument contre la peine de mort.
Faux. L'Église affirme encore et toujours la légitimité du principe ; n'est fluctuante que quant à son application, à raison des circonstances.

Dans leur pronunciamiento de septembre 2002, les évêques du Pérou mettent en avant qu’« une personne est plus grande que ses fautes, et peut se racheter.
Elle peut aussi empirer.

La tendance, dans le monde, va vers l’abolition totale de la peine de mort, qui est plus conforme à la dignité de l’Homme et en même temps, au dessein de Dieu pour l’Homme et la société. L’expérience dans d’autres pays a montré que la peine de mort, comme punition ou vengeance devant un crime aussi grave que le viol et l’assassinat d’un enfant, ne résout pas le problème. Son application nous pousserait à revenir dangereusement au principe « œil pour œil, dent pour dent », et n’éradiquerait pas le mal. Jamais la peine de mort ne réparera le mal, ni n’expiera le crime commis. Elle proclamerait au contraire que notre société, malgré les moyens avancés dont elle dispose, ne serait pas capable de punir convenablement les coupables.
L'idolatrie de L'Homme, je vous la laisse.

Le Saint pape Jean-Paul II, pendant le Jubilée de l’an 2000, a demandé aux Etats qui maintiennent la peine de mort d’abolir cette menace qui pèse sur la vie humaine.
Vu les innombrables violations de la vertu de religion auxquelles ce Pape a osé se livrer pour le scandale de l'Église, je doute que ce soit un saint. Et pour tout dire, il y a suspicion d'hérésie à son endroit. J'ajoute même qu'en des temps plus reculé il eût été déposé.


Pneumatis a écrit :Bref, voilà pourquoi j'abrège simplement en vous disant que j'ai essayé de marcher dans vos idées, je vous promets... puis j'ai été pris d'un impérieux besoin d'aller essuyer mes chaussures sur le bord d'un trottoir.
Où comment dire à l'interlocuteur, en un phrasé plein de tact, que ses idées sentent la merde. Rassurez-vous, je ne vous en veut pas : ça vous passera avant que cela ne me reprenne.


Pneumatis a écrit :J'assume très bien ma position, dans ma foi comme dans la prière, contre la peine de mort, mais je vous promets, pour faire acte d'un vrai discernement, d'en parler très prochainement à mon directeur spirituel dont c'est le ministère que de me dire si ma conception est ou non celle de l'Eglise. Quelque chose me dit, le connaissant, qu'il préférera les conférences épiscopales et autres appels d'évêques du monde entier à l'orientation générale du Parti de La France.
Oui, consultez-le et venez ensuite, en toute loyauté, nous dire quel sera son propos. Je gage qu'il vous conseillera quelque parti prônant l'avortement, la sexualité hors-mariage, la société donc l'homme sans Dieu : L'Homme.


Bien à vous.

------


Quant à vos suppléments.

Le 1 (déclaration du Saint Siège) : Ne s'impose pas aux autorité de l'État, la peine de mort étant conforme au droit naturel et son application de la seule compétence du pouvoir civil.

Le 2 (déclaration de la Conférence épiscopale americaine) : Idem


Quant aux décadents ès choses théologiques.

D'une, cette remarque s'inscrit dans le contexte suivant : Après avoir cité ST, Ia IIae, question 108 article 3, réponse, j'ai conclu comme suit : « La juste vengeance n’exclut donc ni l’esclavage, ni la torture, ni la mise à mort. Par où appert que les droits de l'homme résultant du droit naturel tel qu'entendu par S.Augustin et S.Thomas ne sont pas les droits de l'homme tels qu'entendus par les Occidentaux post-chrétiens. Pour le dire autrement, n'est pas contraire à la morale (droit naturel = loi divine naturelle) d'envisager la torture et la mort à titre de peines infligées par l'autorité publique en châtiment des crimes les plus monstrueux. Seuls des décadents, ignorants des choses théologiques mais lobotomisés par le matraquage politiquement correct commençant dès l'école pour se continuer via les mass-medias peuvent s'en scandaliser. D'où mon conseil : détruisez vos télés et étudiez S.Thomas. Les clameurs indignées du chœur des vierges folles effarouchées n’ont pas lieu d’être. »

De sorte que sauf à démontrer que la Curie ou que l'épiscopat canadien, français, péruvien, américain nieraient la légitimité des peines vindicatives dans leur principe (l'application, c'est fonction des circonstances, factuel, changeant), aucune contradiction de ces textes au mien.

-------------


Pneumatis a écrit :Bon allez, je vais me coucher, comme j'aurai du le faire depuis longtemps... je n'ai même pas pris le temps de manger avec tout ça, c'est vraiment trop bête ! Les données que je fourni ici, il suffisait de taper "Eglise et peine de mort" sur google au lieu de s'en tenir à une absolue confiance en sa propre interprétation de la Tradition. Remarquez j'aurai fait ça plus tôt, moi aussi, au lieu de m'emballer inutilement : j'aurai dîné et je serai en train de récupérer du sommeil.
D'une, ce n'est pas mon interprétation de la Tradition, mais sa lecture classique, thomasienne.

De deux, contrairement à vous, un moteur de recherche ne me tient pas lieu de réflexion théologique.



Sur ce, bonne soirée, bonne nuit, bon réveil, bonne digestion ...
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Message non lu par Pneumatis »

Bonsoir,

Tout d'abord je vous souhaite à vous Popeye et aux autres lecteurs une très bonne fête de l'ascension.

Ensuite, je me permets de proposer un petit compte-rendu synthétique de ma lecture de votre intervention, pour vous faire partager ce que j'en ai compris et éventuellement faciliter le suivi de cette discussion au lecteur un peu plus pressé. Nous avons donc vu, via le C.E.C. que dans l'absolu l'Eglise n'excluait pas le recours à la peine de mort, mais à la lumière d'autres déclarations, j'ai montré qu'elle en décommandait l'application et militait régulièrement pour son abrogation. Vos arguments contre cette position de l'Eglise sont les suivants (en rouge, mes remarques à l'attention des modérateurs) :

1/ d'après le C.E.C. la peine de mort est en elle-même légitime, et pour vous le contexte français se prête à son rétablissement. Vous ajoutez d'ailleurs que l'Eglise n'a pas à se prononcer sur le fait que le contexte s'y prête ou non, ceci étant de la seule compétence de l'état

2/ le C.E.C. est "incomplet et de mauvaise facture théologique" car il ne traite de la peine de mort que comme légitime défense et pas comme peine d'expiation. On peut donc s'essayer à tirer des conclusions supplémentaires concernant les peines d'expiation

3/ Vous avez montré que Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Eglise, justifie le recours à la peine de mort comme peine d'expiation et comme légitime défense : il ne s'oppose donc pas au C.E.C.

4/ Cependant vous avez montré que le catéchisme pour adultes des évêques de France ne va pas dans le sens des écrits de Saint Thomas d'Aquin sur la peine de mort

5/ Sur la position des évêques canadiens, vous dites qu'ils sont confus et se trompent

6/ Sur les Réactions de l'Église après une exécution capitale, vous dénoncez son jugement et ajoutez que l'Eglise serait mal placée d'avoir de telle réaction compte tenu du fait que "question barbarie, l'Église a longtemps pratiqué"

7/ Sur la position de Mgr Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne, vous dites qu'il est simplement un "épiscope à la noix" qui "aurait mieux fait d'étudier la théologie chez S.Thomas" (insulte envers un archevêque)

8/ Sur la position de Jean-Paul II, vous mettez en cause sa réputation de sainteté et le soupçonnez clairement d'hérésie (diffamation gratuite envers un Serviteur de Dieu)

9/ Sur la POSITION OFFICIELLE DU SAINT SIEGE : vous concluez simplement que l'Eglise n'a pas son mot à dire et que la question de la peine de mort n'est tout simplement pas de son ressort au final, mais du ressort des états dans l'application du droit naturel.(*)

Cette synthèse rapide étant terminée, j'y apporte un petit commentaire personnel. Etant ignorant de beaucoup de choses, et étant obligé d'avoir recours à des moteurs de recherches et à mes émotions (qui fournissent parfois un critère supplémentaire de discernement, ne l'oublions pas) pour venir en aide aux insuffisances de ma raison et de mon intelligence, je m'intéresse de prêt à l'opinion de l'Eglise. Quand vous dites que l'Eglise se trompe, dans l'explicitation de son magistère, c'est là que la discussion pour moi s'arrête.

Je vous remercie donc pour ce brillant exposé qui vise à élaborer une position catholique sur un sujet en se passant totalement de la position de la Sainte Eglise, voire en la diffamant à l'occasion. Je me pose quand même la question de comment vous pouvez présumer avoir meilleure compréhension de la tradition et de son application que trois conférences épiscopales, un conseil pontifical, un pape Serviteur de Dieu et plusieurs organes officiels du Saint Siège ; ce qui doit représenter un bon milliers d'évêques, dont pas un, à vous croire, n'aurait votre si parfaite lecture classique de Saint Thomas d'Aquin.

Voilà, je vous remercie sincèrement pour vos efforts de démonstration et d'enseignement. Le jour où vous serez Pape ou docteur de l'Eglise, je vous promets d'en tenir un peu plus compte. Pour l'instant je ne peux malheureusement les honorer à la valeur que vous leur prêtez. En l'absence d'une raison suffisamment aiguisée et victime d'émotions trop expressives à votre goût, je préfère me fier au discernement de la Sainte Eglise. J'aime à croire que cette voix de l'Eglise sera d'ailleurs une raison suffisante pour bien des catholiques de ne pas aller voter pour votre "sympathique parti".

Bien à vous, et en vous souhaitant de demeurer toujours dans le Christ.

--------------------------------
(*) Pour ce qui est d'un sain usage de la raison, qui doit s'appliquer aussi à une saine méthodologie, je trouve curieux que :
- d'un côté vous employez la Sainte Tradition, par le filtre de votre analyse, à justifier votre position sur la peine de mort
- de l'autre vous dites qu'on n'est pas tenu d'en tenir compte - on se demande alors pourquoi l'Eglise dépense tant d'efforts à faire entendre sa voix sur cette question.
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Message non lu par Popeye »

Bonjour.
Pneumatis a écrit : 1/ d'après le C.E.C. la peine de mort est en elle-même légitime, et pour vous le contexte français se prête à son rétablissement. Vous ajoutez d'ailleurs que l'Eglise n'a pas à se prononcer sur le fait que le contexte s'y prête ou non, ceci étant de la seule compétence de l'état
Plus exactement :
- D'après la Tradition de l'Église, dont CEC n'est ici qu'un témoin, la peine de mort est de soi légitime.
- L'Église peut, en matière de bien mixte, ordonner à l'État qu'il inflige à des criminels attentant à la foi autant qu'à l'ordre social, la peine de mort. C'est ce qui s'est passé à l'époque de l'Inquisition. L'État devait l'animaversione debita puniantur aux délinquants que l'Église livrait à son bras séculier. Dès lors que l'Église fixait que cette peine était la peine de mort, elle ordonnait du fait même aux princes qu'ils fissent occire les hérétiques. Et malheur aux princes qui s'y seraient refusés. Ils eussent été suspectés d'hérésie, passibles de l'Inquisition, et leurs vassaux déliés de leur serment.
- En matière de bien purement temporel, l'Église ne peut rien ordonner à l'État. Lors donc qu'il s'agit de châtier un criminel qui n'est tel qu'au regard de la société civile (vs. ecclésiastique), l'Église n'a rien à dire, sinon réaffirmer la loi naturelle. C'est une évidence pour qui connaît sa théologie. L'Église ne peut lors qu'inciter l'État à la mansuétude, mais le dernier mot revient, en ses matières, à l'État et à lui seul, pour autant seulement qu'il respecte le droit naturel.

Pneumatis a écrit :2/ le C.E.C. est "incomplet et de mauvaise facture théologique" car il ne traite de la peine de mort que comme légitime défense et pas comme peine d'expiation. On peut donc s'essayer à tirer des conclusions supplémentaires concernant les peines d'expiation
Plus exactement :
- Un de ses articles est incomplet. Il n'y a pas à se scandaliser de cette affirmation. Quand, au Concile Vatican I, l'Église définit l'infaillibilité du Pape parlant ex cathedra, elle pose une définition incomplète, le Pape étant infaillible en tout « acte décisif », comme il appert tant de la réflexion théologique que de la Note doctrinale du 29,6,1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
- Un de ses articles est de mauvaise facture théologique. Il n'y a pas à se scandaliser de cette affirmation. Si un Pape peut être hérétique en son enseignement simplement ordinaire (et oui), a fortiori un article du Catéchisme peut être doctrinalement défectueux.
- Quand donc CEC 2267 omet les finalités principales de la peine vindicative au moment même où il parle de la peine vindicative par excellence qu'est la peine de mort, il est incomplet autant que de mauvaise facture théologique. Ce alors même reste qu'il les a rappelées au CEC 2266, par où appert que 2267 contredit 2266 (et plus généralement la doctrine catholique). Donc oui, non seulement on peut, amis on doit le préciser, en s'appuyant sur CEC 2266 et CIC 1917 can. 2286.

De sorte qu'appliqué au problème qui nous occupe :

1° D'une, le texte du CEC 2267 ne laisse pas d'être clair. « Mais si », « aujourd'hui », « désormais » et « étant données les possibilités dont l’Etat dispose » sont précisément des circonstances liées au contexte. À propos de moyen, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà écrit : l'État français n'a plus les moyens de sa politique carcérale. Et je doute que certains pays du tiers monde les aient jamais eu. En d'autres termes, dans la glose de la proposition : « si celle-ci est l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l'injuste agresseur la vie d'êtres humains », tout tourne autour du moyen praticable. Je ne nie pas qu'enfermer le criminel soit un moyen efficace de l'empêcher de nuire. J'affirme seulement que ce moyen n'est pas aujourd'hui praticable au regard des moyens financiers de l'État. Et accessoirement, je vous fais respectueusement valoir que la détermination des moyens financiers d'un État surendetté n'est pas de la compétence de l'Église mais de la compétence exclusive de l'État, même si ça vous échappe, raison pourquoi l'Église n'a pas à s'en mêler.

2° De deux, CEC 2267 n’envisage la peine vindicative qu’en tant qu’elle vise à protéger la société (« protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur »), ce qui est précisément la légitime défense. Or comme je vous l'ai précédemment écrit, la peine de mort a d’autres fins, savoir le châtiment du coupable et la satisfaction de l’offense, et qu'au regard de ces fins, que n'envisage pas CEC 2267, la peine de mort peut être employée alors même qu'elle n'est pas le seul moyen efficace pour protéger la sécurité du groupe. Ce n'est pas parce que CEC 2267 ne parle pas des autres finalités des peines vindicatives qu'elles se limitent à protéger le corps social de la nocivité des délinquants et des criminels. La preuve : « Les peines vindicatives sont celles qui tendent directement à l'expiation du délit, de sorte que leur remise ne dépende pas de la cessation de la contumace par le délinquant. » CIC 1917, canon 2286. Oui, vous avez bien lu. La finalité première des peines vindicatives n'est pas l'amendement du coupable ; elle n'est même pas la protection de l'ordre public (cf. CDSE 403) ; mais elle consiste en l'expiation de la faute (CIC 1917 canon 2286) Or, qu'est-ce qu'expier ? « EXPIATION : action de souffrir la peine décernée contre le crime, ou de satisfaire pour une faute qu'on a commise : ainsi, un crime est censé expié par le supplice du coupable. Jésus-Christ a expié les péchés des hommes, en souffrant la peine qui leur était due : en vertu de ses mérites, les souffrances et la mort, qui sont la peine du péché, en sont aussi l'expiation. » (Dictionnaire de théologie de Bergier, article « expiation »). Il y a donc deux aspects dans l'expiation. Le premier consiste en la souffrance subie en châtiment d'une faute : expier, c'est souffrir. Le second tient dans la réparation que permet la peine : subir la peine, subir le châtiment, c'est payer sa dette. Les damnés, qui subissent la peine vindicative, tout à la fois payent et n'en finissent pas de payer. Pourquoi ? Parce que pour véritablement payer, il faut accepter sa peine. Subir la peine en haïssant le juge et la punition, c'est pécher alors même qu'on paye. D'où ce distinguo introduit par CEC 2266 : « La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d'expiation. » CEC 2266. Il n'y a d'ailleurs pas lieu d'opposer ce texte à celui du canon 2286 CIC 1917. Que le coupable justement frappé d'une peine vindicative l'accepte ou se révolte, dans les deux cas il paye, dans les deux cas il expie. Mais c'est seulement pour autant qu'il accepte la peine qu'il peut finir d'expier, qu'il peut pleinement expier, pleinement satisfaire à la justice de Dieu.


Pneumatis a écrit :3/ Vous avez montré que Saint Thomas d'Aquin, docteur de l'Eglise, justifie le recours à la peine de mort comme peine d'expiation et comme légitime défense : il ne s'oppose donc pas au C.E.C.
Plus exactement :
- La pratique et à la doctrine de l'Église reconnaissent que la peine de mort est, comme toute peine vindicative, une peine ayant pour fin principale la réparation du désordre introduit par la faute. « Les peines vindicatives sont celles qui tendent directement à l'expiation du délit, de sorte que leur remise ne dépende pas de la cessation de la contumace par le délinquant » (CIC 1917, canon 2286) : la finalité première des peines vindicatives n'est pas l'amendement du coupable ; elle n'est même pas la protection de l'ordre public (cf. CDSE 403) ; mais elle consiste en l'expiation de la faute (CIC 1917 canon 2286) Or, qu'est-ce qu'expier ? « EXPIATION : action de souffrir la peine décernée contre le crime, ou de satisfaire pour une faute qu'on a commise : ainsi, un crime est censé expié par le supplice du coupable. Jésus-Christ a expié les péchés des hommes, en souffrant la peine qui leur était due : en vertu de ses mérites, les souffrances et la mort, qui sont la peine du péché, en sont aussi l'expiation. » (Dictionnaire de théologie de Bergier, article « expiation »). Il y a donc deux aspects dans l'expiation. Le premier consiste en la souffrance subie en châtiment d'une faute : expier, c'est souffrir. Le second tient dans la réparation que permet la peine : subir la peine, subir le châtiment, c'est payer sa dette. Les damnés, qui subissent la peine vindicative, tout à la fois payent et n'en finissent pas de payer. Pourquoi ? Parce que pour véritablement payer, il faut accepter sa peine. Subir la peine en haïssant le juge et la punition, c'est pécher alors même qu'on paye. D'où ce distinguo introduit par CEC 2266 : « La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d'expiation. » CEC 2266. Il n'y a d'ailleurs pas lieu d'opposer ce texte à celui du canon 2286 CIC 1917. Que le coupable justement frappé d'une peine vindicative l'accepte ou se révolte, dans les deux cas il paye, dans les deux cas il expie. Mais c'est seulement pour autant qu'il accepte la peine qu'il peut finir d'expier, qu'il peut pleinement expier, pleinement satisfaire à la justice de Dieu.
- L'enseignement de Thomas d'Aquin est conforme à la pratique et à la doctrine de l'Église.
- CEC 2266 est conforme à la pratique et à la doctrine de l'Église, à l'inverse de CEC 2267 ; du moins à absolutiser CEC 2267 en refusant de le lire en connexion à CEC 2266.


Pneumatis a écrit :4/ Cependant vous avez montré que le catéchisme pour adultes des évêques de France ne va pas dans le sens des écrits de Saint Thomas d'Aquin sur la peine de mort
La seule chose que j'ai dite, en réponse à l'un de vos post, c'est que je ne me suis pas appuyé sur l'AT pour légitimer la peine de mort mais pour démontrer, contre vos affirmations insanes, que les peines infernales sont des peines vindicatives. (Au fait, l'admettez vous enfin franchement ?) Par où appert que vous déformez délibérément mes propos, pour mieux caricaturer et calomnier. La grande moralité que voilà ...

De plus, l'aurais-je contredit, que je serais en droit de le faire, pour autant que j'aie préalablement démontré l'impossibilité d'y assentir. Enfin, Rome ayant émis certaines réserves à l'égard du Catéchisme des Évêques français, je ne vais pas me donner ce ridicule de l'absolutiser comme le primitif son Totem.



Pneumatis a écrit :5/ Sur la position des évêques canadiens, vous dites qu'ils sont confus et se trompent
Et oui, confus et erroné. Ils confondent magnanimité et miséricorde.



Pneumatis a écrit :6/ Sur les Réactions de l'Église après une exécution capitale, vous dénoncez son jugement et ajoutez que l'Eglise serait mal placée d'avoir de telle réaction compte tenu du fait que "question barbarie, l'Église a longtemps pratiqué"
D'une, je ne dénonce pas l'Église, mais les clameurs indignées d'ecclésiastiques.

De deux, torturer pour obtenir des aveux, vous ne trouvez pas ça barbare ? Moi si. C'était pourtant une pratique ecclésiale, en conséquence d'une loi d'Église ...



Pneumatis a écrit :7/ Sur la position de Mgr Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne, vous dites qu'il est simplement un "épiscope à la noix" qui "aurait mieux fait d'étudier la théologie chez S.Thomas" (insulte envers un archevêque)
Et oui, question compétence théologique [...], vu précisément :
- Que l'Église nous commande d'étudier la doctrine de l'Aquinate.
- Que Thomas répond à ses faux-arguments.
- Qu'à recevoir ses arguments à la noix, il faut nier la sainteté de l'Église ...

Et non, je ne l'insulte pas. Je ne fais que relever sa carence doctrinale, carence qui, pour un archevêque, est une honte. Je ne suis ni responsable de sa honte, ni responsable que vous concouriez à la rendre publique en publiant les inepties qu'il s'est permis. Mais peut-être qu'à raison de votre manque de formation théologique solide vous imaginez-vous qu'un épiscope est de soi prémuni de toute possibilité d'erreur et qu'il ne peut d'aucune façon être un scandale pour l'Église ?



Pneumatis a écrit :8/ Sur la position de Jean-Paul II, vous mettez en cause sa réputation de sainteté et le soupçonnez clairement d'hérésie (diffamation gratuite envers un Serviteur de Dieu).
Oh non, c'est pas gratuit. C'est prouvé, attesté, avéré.

Un exemple entre mille :
[exemple mal choisi, si tant est qu'on en puisse trouver un ! | Seb]

:mal:



Pneumatis a écrit :9/ Sur la POSITION OFFICIELLE DU SAINT SIEGE : vous concluez simplement que l'Eglise n'a pas son mot à dire et que la question de la peine de mort n'est tout simplement pas de son ressort au final, mais du ressort des états dans l'application du droit naturel.(*)
Relisez les extraits de l'Encyclique de Léon XIII précitée. Vous constaterez en conséquence que la déclaration du Saint Siège n'est qu'incitative et nullement contraignante : l'Église peut inciter les États à abolir la peine de mort (ce qu'elle fait, comme l'atteste la déclaration du Saint Siège) ; elle ne peut moralement les contraindre, puisque de droit divin l'Église n'a pas compétence juridique en matière de bien temporel (raison pourquoi le chois d'abolir est de la seule compétence de l'État). Et donc, pour répondre à votre remarque, caricaturale), je n'ai pas dit pas que l'Église n'a rien-à-dire, ni qu'elle ne peut rien dire, ni qu'il serait illégitime qu'elle dise, mais seulement que sa déclaration « ne s'impose pas aux autorité de l'État ».

Est-ce si dur à comprendre que vous en soyez venu à caricaturer mes propos ? Vous caricaturez captieusement, moyennant quoi vous sous-entendez calomnieusement que je ne serais pas d'Église. Incompétence théologique et malhonnêteté morale.


Pneumatis a écrit :Quand vous dites que l'Eglise se trompe, dans l'explicitation de son magistère, c'est là que la discussion pour moi s'arrête.
Dire que la déclaration du Saint Siège ne s'impose pas aux autorité de l'État, n'est nullement dire que cette déclaration est erronée. C'est seulement dire qu'elle ne peut qu'être incitative et nullement contraignante.



Pneumatis a écrit :Je vous remercie donc pour ce brillant exposé qui vise à élaborer une position catholique sur un sujet en se passant totalement de la position de la Sainte Eglise, voire en la diffamant à l'occasion.
Calomnie.

C'est précisément en me basant sur la position de la Sainte Église (CEC 2266 ; CIC 1917 can. 2286) que je puis me permettre de dire que CEC 2267 est incomplet et défectueux. C'est précisément en me basant sur l'Encyclique Immortale Dei du Pape Léon XIII que je puis dire que l'Église ne peut aucunement interdire aux États d'user de la peine de mort pour châtier des crimes relevant de la seule compétence étatique. Que vous ne compreniez pas ce point, pourtant simple à comprendre, ou que le comprenant, vous préféreriez le caricaturer pour mieux outrager votre vis-à-vis, en tout état de cause, qu'y puis-je.

Et ce n'est nullement diffamer la Sainte Église que de relever, à l'occasion, les lacunes du haut clergé. Mais sans doute faudrait-il nier que des Papes, nombreux, furent scandaleux ; qu'un Pape fût condamné pour hérésie ; qu'un autre a multiplié les violations de la vertu de religion.

Une fois encore, vous êtes caricatural et calomnieux. Pour palier à votre incompétence, peut-être ?


Pneumatis a écrit :Je me pose quand même la question de comment vous pouvez présumer avoir meilleure compréhension de la tradition et de son application que trois conférences épiscopales, un conseil pontifical, un pape Serviteur de Dieu et plusieurs organes officiels du Saint Siège
Amalgame, caricature, procédés détestables ... On comprend bien votre procédé. N'ayant rien de consistant à opposer à ose qui vous contredire, il faut disqualifier ce dernier en le prétendant présomptueux au point de se croire supérieur au magistère. Tactique éristique qui ne m'impressionne pas.

Car l'Église :
- Affirme la légitimité de principe de la peine de mort. L'ai-je nié ?
- Incite aujourd'hui les États à ne pas en user. L'ai-je nié ?
- N'a pas compétence juridique, en matière de bien temporel, comme il ressort de son enseignement. La compétence juridique de l'Église n'est qu'en matière de bien spirituel et de bien mixte, comme il appert de l'enseignement de l'Église. Aussi, quant aux peines que l'État fixe en châtiment de ses propres délinquant, c'est de la seule compétence de l'État. L'Église ne dit pas autre chose. Suis-je fautif de l'avoir rappelé ?
- En conséquence, les efforts que déploie l'Église en faveur de l'abolition de la peine de mort sont et ne peuvent qu'être incitatifs, nullement prohibitifs. Ai-je nié que l'Église pouvait inciter les gouvernements à agir dans le sens de l'abolition ? NON. J'ai seulement dit que cette abolition n'est pas de la compétence de l'Église.

Il n'y a donc nulle opposition entre ce que je dit et la doctrine de l'Église. Par où appert le caractère calomnieux de votre post. Après quoi, vous surlignez en rouge à l'intention des modérateurs, en espérant qu'ils me censurent. Vos procédés sont vraiment minables.




Pneumatis a écrit :Voilà, je vous remercie sincèrement pour vos efforts de démonstration et d'enseignement. Le jour où vous serez Pape ou docteur de l'Eglise, je vous promets d'en tenir un peu plus compte. Pour l'instant je ne peux malheureusement les honorer à la valeur que vous leur prêtez. En l'absence d'une raison suffisamment aiguisée et victime d'émotions trop expressives à votre goût, je préfère me fier au discernement de la Sainte Eglise.
Mais c'est très bien. Fiez vous à l'enseignement de l'Église. C'est précisément en me basant sur la position de la Sainte Église (CEC 2266 ; CIC 1917 can. 2286) que je puis me permettre de dire que CEC 2267 est incomplet et défectueux. C'est précisément en me basant sur l'Encyclique Immortale Dei du Pape Léon XIII que je puis dire que l'Église ne peut aucunement interdire aux États d'user de la peine de mort pour châtier des crimes relevant de la seule compétence étatique.

[remarques qui n'apportent rien au débat. | Seb]

Pneumatis a écrit :Bien à vous, et en vous souhaitant de demeurer toujours dans le Christ.
Merci pour ce sous-entendu. Vous êtes décidément injurieux.


Pneumatis a écrit :Pour ce qui est d'un sain usage de la raison, qui doit s'appliquer aussi à une saine méthodologie, je trouve curieux que :
- d'un côté vous employez la Sainte Tradition, par le filtre de votre analyse, à justifier votre position sur la peine de mort
- de l'autre vous dites qu'on n'est pas tenu d'en tenir compte - on se demande alors pourquoi l'Eglise dépense tant d'efforts à faire entendre sa voix sur cette question.
Calomnie, calomnie, calomnie.

L'Église affirme la légitimité de principe de la peine de mort. L'Église incite aujourd'hui les États à ne pas en user. L'Église enseigne n'avoir compétence juridique qu'en matière de bien spirituel et de bien mixte. En conséquence, quant aux peines que l'État fixe en châtiment de ses propres délinquant, c'est de la seule compétence de l'État ; les efforts que déploie l'Église en faveur de l'abolition de la peine de mort étant et ne pouvant qu'être incitatifs, nullement prohibitifs. Or, ai-je nié que l'Église pouvait inciter les gouvernements à agir dans le sens de l'abolition ? Non, nullement, aucunement. J'ai seulement dit que cette abolition n'est pas de la compétence de l'Église, conformément à l'enseignement de l'Église.

Il n'y a donc nulle opposition entre ce que je dit et la doctrine de l'Église.

Mais caricature et calomnie de votre part.
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Message non lu par Pneumatis »

Bonsoir Popeye,

Il semble que mon dernier message vous ait quelque peu froissé et je m'en excuse. Ce n'était pas du tout dans mes intentions, et je constate tristement (laissant parler ici l'émotion) que mes intentions ont bien mal été comprises. Là où vous avez vu de la calomnie et de la caricature, il n'y en avait pas le début d'une intention. Certainement une compréhension trop superficielle de ma part et des défauts à synthétiser clairement vos positions : pour palier donc, comme vous l'avez justement fait remarquer, à mon incompétence, mais uniquement par maladresse.

J'apprécie que vous ayez apporté toutes ces précisions. Je peux comprendre donc que vous vous soyez trouvé de bonnes raisons de considérer ce que vous considérez de l'article du C.E.C. et des propos du haut clergé que j'ai cité.

Cependant je retiens ceci - et là pour ne rien trahir de vos positions cette fois je vous cite :
Popeye a écrit :En conséquence, les efforts que déploie l'Église en faveur de l'abolition de la peine de mort sont et ne peuvent qu'être incitatifs, nullement prohibitifs. Ai-je nié que l'Église pouvait inciter les gouvernements à agir dans le sens de l'abolition ? NON. J'ai seulement dit que cette abolition n'est pas de la compétence de l'Église.
J'en conclue ceci : le fait que la position de l'Eglise sur la peine de mort ne soit que incitative ne dispense en rien de l'écouter, et même bien au contraire. Si l'Eglise se propose à l'occasion de guider ses fidèles, en matière de pouvoir temporel, c'est bien pour les éclairer dans leurs choix en la matière (comme par exemple dans le choix d'une orientation politique) et pas juste pour amuser la galerie. Voilà juste ce que je voulais dire, en plaçant ma confiance dans les incitations de l'Eglise plutôt que dans vos démonstrations, qui n'ont finalement pour fin première que de faire la promotion de votre parti politique.

Je vous laisse donc "inciter" qui vous voulez à voter pour votre parti politique (qui m'en empêcherait), mais je rappelle simplement que l'Eglise aurait plutôt tendance à inciter à la démarche contraire. Il faut donc finalement, dans cette question délicate de la peine de mort, que le chrétien qui s'estime insuffisamment compétent pour discerner par lui-même, s'en remette à suivre soit vos incitations, soit celles de l'Eglise. Je laisse donc à l'appréciation de chacun, et je dis juste que mon choix est fait : ma raison, en premier lieu, m'a conduit à prendre position contre tout rétablissement de la peine de mort, et comme j'aime à la confronter à la voix même ordinaire de l'Eglise, j'ai pu constater que l'Eglise m'avait précédé dans ce cheminement, non dans la voix de ses docteurs des siècles passés, mais dans celle de son ministère vivant et à même de juger du contexte.

Sinon, pour mieux faire comprendre les autres de mes intentions, j'ai supposé et continue de supposer que vous diffamiez l'Eglise en la personne du pontife Jean-Paul II, Serviteur de Dieu, dans la mesure où vous n'avez étayé vos soupçons d'aucun argument et que vous vous êtes uniquement servi du soupçon d'hérésie pour disqualifier son incitation à l'abolition de la peine de mort. Pour le coup, pardonnez-moi, mais en matière de calomnie, vous vous êtes bien posé là.

Enfin, quand je disais : Bien à vous, et en vous souhaitant de demeurer toujours dans le Christ. Cela n'avait rien d'une insinuation injurieuse, et j'eusse même apprécié que vous me souhaitasses de même. C'était une formule au contraire visant à vous signifier que je vous porte dans mes prières, non en tant que je vous estime loin du Christ, mais que je mesure tout l'enjeu de votre réflexion (combien elle peut être déterminante de vos choix de vie et de vos engagements), et combien il est donc nécessaire de toujours être inspiré par la grâce, pour bien marcher dans les pas du Christ. Désolé si par ailleurs vous y avez vu de mauvaises intentions ou de la condescendance, il ne fallait y voir que bienveillance, tout comme ce que je m'efforce de voir dans vos remarques à mon encontre ;) .

Fraternellement dans le Christ (en espérant que celle-ci vous ne la preniez pas de travers).
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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le bon Seb a écrit :Bonsoir à tous, bonsoir Popeye,

juste une question : plutôt que de soupçonner le n° 2267 du CEC d'être de mauvaise facture théologique, ne doit-on pas y voir le fait que les rédacteurs avaient conscience que certains discours sont peu audibles à nos contemporains et qu'il ont voulu éviter de braquer inutilement les esprits ? D'autant que le CEC s'adresse tout de même au grand public ! St Paul lui-même avait conscience que tout le monde ne peut pas tout entendre (cf. 1Cor 3, 2).
Bonsoir le bon Seb,

Pourriez-vous, s'il vous plait, développer votre question, en explicitant ce que vous supposez que les rédacteurs du C.E.C. eussent pu dire si ils avaient été moins prudent quant à braquer le grand public ?

Sinon, pour ce qui est des intentions des rédacteurs du C.E.C., j'ai déjà cité ceci, qui peut apporter un éclairage intéressant :
Mgr Jean Honoré, l'un des rédacteurs du Catéchisme de l'Église catholique a écrit :« Le Catéchisme (art. 2266) distingue fermement l'affirmation du principe de légitimité de la peine de mort, et son application qu'il réserve "aux cas d'extrême gravité". Le texte lui-même, dans sa rédaction et dans l'article qui suit (art. 2268), exprime une pensée très déterminée en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et il en donne les raisons. Il n'est pas équitable d'opposer sur ce point le Catéchisme des adultes des évêques de France (art. 588). » ( «Le "Catéchisme" et la peine de mort : réponse de Mgr Honoré », La documentation catholique, 21 février 1993, no 2066, p. 197.)
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Message non lu par Christophe »

le bon Seb a écrit :D'autant que le CEC s'adresse tout de même au grand public !
Je m'inscris en faux : ce n'était pas l'intention initiale des rédacteurs du CEC. Et c'est pourquoi je ne conseille jamais la lecture du CEC à un nouveau converti, pas plus que la Somme théologique dans le texte !
III. Le but et les destinataires de ce Catéchisme

11 Ce Catéchisme a pour but de présenter un exposé organique et synthétique des contenus essentiels et fondamentaux de la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale, à la lumière du Concile Vatican II et de l’ensemble de la Tradition de l’Église. Ses sources principales sont l’Écriture Sainte, les saints Pères, la liturgie et le Magistère de l’Église. Il est destiné à servir " comme un point de référence pour les catéchismes ou compendia qui sont composés dans les divers pays " (Synode des Évêques 1985, rapport final II B a 4).

12 Ce Catéchisme est destiné principalement aux responsables de la catéchèse : en premier lieu aux évêques, en tant que docteurs de la foi et pasteurs de l’Église. Il leur est offert comme instrument dans l’accomplissement de leur charge d’enseigner le Peuple de Dieu. A travers les évêques, il s’adresse aux rédacteurs de catéchismes, aux prêtres et aux catéchistes. Il sera aussi d’utile lecture pour tous les autres fidèles chrétiens.
:arrow: http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P5.HTM
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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le bon Seb a écrit :Bonsoir à tous, bonsoir Popeye,

juste une question : plutôt que de soupçonner le n° 2267 du CEC d'être de mauvaise facture théologique, ne doit-on pas y voir le fait que les rédacteurs avaient conscience que certains discours sont peu audibles à nos contemporains et qu'il ont voulu éviter de braquer inutilement les esprits ? D'autant que le CEC s'adresse tout de même au grand public ! St Paul lui-même avait conscience que tout le monde ne peut pas tout entendre (cf. 1Cor 3, 2).
Bonjour Seb.

Tout d'abord, j'aimerais que tu m'expliques en quoi dire que la finalité de la peine vindicative vise d'abord au châtiment et à l'expiation, avant même la protection du groupe social, serait insupportable à entendre pour les oreilles des simples ? Accessoirement, si c'est insupportable, pourquoi CEC 2266 l'affirme expressément ?

Ensuite, j'aimerais savoir pourquoi tu as supprimé la photo du Pape Jean-Paul II embrassant le Coran ? Le fait est pourtant notoirement public, d'une notoriété de fait. Et dans le mesure où je l'ai posté pour démontrer à Pneumatis que, loin de l'accuser gratuitement d'avoir violé la vertu de religion d'une manière si extraordinaire, la chose était avérée, l'avoir posté n'était pas hors sujet.

Salut.
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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Bonjour Pneumatis.


À la lecture de votre précédent post, la conclusion que vous m'y calomniez. Mais puisque vous m'assurez que la finalité objective de votre post dépassait la finalité subjective de son auteur, je vous crois volontiers, et ne vous tient plus rigueur.

J'en viens maintenant à vos dernières remarques.

le fait que la position de l'Eglise sur la peine de mort ne soit que incitative ne dispense en rien de l'écouter, et même bien au contraire. Si l'Eglise se propose à l'occasion de guider ses fidèles, en matière de pouvoir temporel, c'est bien pour les éclairer dans leurs choix en la matière (comme par exemple dans le choix d'une orientation politique) et pas juste pour amuser la galerie.



Faux, vu qu'alors, loin que ce ne soit qu'incitatif, ce serait contraignant. En effet, quand la matière est mixte, l'État doit coopérer à l'Église, qu'il y cooppère ou qu'il s'y refuse. De sorte que si l'abolition de la peine de mort était de la double compétence de l'Église et de l'État, l'État aurait le devoir d'obéir à ce que lui dit l'Église, puisqu'en matière de bien mixte, l'Église et l'État sont comme l'âme et le corps. Mais en matière de bien purement temporel, l'État, fût-il dirigé par des princes chrétiens (catholiques), n'aurait pas à se soumettre aux avis de la puissance ecclésiastique. C'est le principe même de la séparation des deux pouvoirs, civil et ecclésiastique. Si, même en matière de bien temporel, l'État doit obéir à l'Église, il n'a plus aucune compétence propre. Vous trouverez sur le site du Vatican, en français, l'Encyclique Immortale Dei de Léon XIII. Je vous engage fraternellement à la lire.

Voilà juste ce que je voulais dire, en plaçant ma confiance dans les incitations de l'Eglise plutôt que dans vos démonstrations, qui n'ont finalement pour fin première que de faire la promotion de votre parti politique.
Sachez d'abord que ce n'est pas mon parti politique : je n'appartiens à aucun parti, n'étant pas démocrate. Je soulignais seulement son caractère sympathique, voulant dire par là que le programme de ce parti est conciliable à la foi catholique, à l'inverse de ceux de l'Ump, du Ps, des Verts, du Modem ...



Je vous laisse donc "inciter" qui vous voulez à voter pour votre parti politique (qui m'en empêcherait), mais je rappelle simplement que l'Eglise aurait plutôt tendance à inciter à la démarche contraire.
????????????

Il faut donc finalement, dans cette question délicate de la peine de mort, que le chrétien qui s'estime insuffisamment compétent pour discerner par lui-même, s'en remette à suivre soit vos incitations, soit celles de l'Eglise.
Vous recommencez à calomnier. Je vous ai pourtant démontré que je ne contredit en rien les positions de l'Église. De sorte que s'il y a une alternative, elle sera entre le chrétien qui, voulant être fidèle à l'Église, comprend ce qu'elle dit, et celui qui, voulant lui être fidèle, ne comprend pas son discours mais le déforme ...

Je laisse donc à l'appréciation de chacun, et je dis juste que mon choix est fait : ma raison, en premier lieu, m'a conduit à prendre position contre tout rétablissement de la peine de mort, et comme j'aime à la confronter à la voix même ordinaire de l'Eglise, j'ai pu constater que l'Eglise m'avait précédé dans ce cheminement, non dans la voix de ses docteurs des siècles passés, mais dans celle de son ministère vivant et à même de juger du contexte.
Léon XIII, CIC 1917, CEC 2266, c'est le magistère. Quant à l'autorité doctrinale de S.Thomas, elle est encore actuielle aujourd'hui. Dois-je fournir les textes du magistère abondant en ce sens ?

Sinon, pour mieux faire comprendre les autres de mes intentions, j'ai supposé et continue de supposer que vous diffamiez l'Eglise en la personne du pontife Jean-Paul II, Serviteur de Dieu, dans la mesure où vous n'avez étayé vos soupçons d'aucun argument et que vous vous êtes uniquement servi du soupçon d'hérésie pour disqualifier son incitation à l'abolition de la peine de mort. Pour le coup, pardonnez-moi, mais en matière de calomnie, vous vous êtes bien posé là.
J'ai étayé, mais Sebastien, [Attaque personnelle. Cordialement. Raistlin] , à indiscrètement censuré mon post. :p



Bonne et sainte journée.
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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Re,

Sur ces histoires de diffamations et de prudence quant à s'affronter à l'épiscopat ou au pontificat, je voudrai juste revenir sur deux points :

1/ Il apparait que, au gré de mes lectures sur des sujets qui malheureusement dépassent largement mes compétences, que l'infaillibilité du pape, d'après Pie IX, s'applique également à l'ordinaire du pape. Ceci étant dit, un pape hérétique serait de fait déchu de sa charge pontificale. Doit-on en déduire, Popeye, que vous considérez Jean-Paul II comme ayant été déchu de sa charge pontificale ? Dans l'intérêt de ma bonne compréhension de vos positions, j'aimerai savoir si vous êtes toujours dans une position sedevacantiste, ou considérez-vous que Benoit XVI occupe légitimement le siège de Pierre, pur de toute hérésie ?
Popeye a écrit :Et oui, question compétence théologique [...], vu précisément :
- Que l'Église nous commande d'étudier la doctrine de l'Aquinate.
- Que Thomas répond à ses faux-arguments.
- Qu'à recevoir ses arguments à la noix, il faut nier la sainteté de l'Église ...

Et non, je ne l'insulte pas. Je ne fais que relever sa carence doctrinale, carence qui, pour un archevêque, est une honte. Je ne suis ni responsable de sa honte, ni responsable que vous concouriez à la rendre publique en publiant les inepties qu'il s'est permis. Mais peut-être qu'à raison de votre manque de formation théologique solide vous imaginez-vous qu'un épiscope est de soi prémuni de toute possibilité d'erreur et qu'il ne peut d'aucune façon être un scandale pour l'Église ?
Concernant ce point, il y a une chose que je tenais à rappeler, non pas à vous qui ne devez pas l'ignorer, mais à moi-même déjà et en faire profiter d'éventuels autres lecteurs : Saint Thomas d'Aquin n'est pas plus infaillible que l'évêque dont vous critiquez l'argumentation. Autant qu'on sache, ce grand saint et docteur que j'affectionne beaucoup, même si je n'ai pas encore une aussi grande connaissance de sa pensée que vous, a commis certaines erreurs dans sa théologie.

De plus, de la même manière que certaines de ses vues scientifiques sont périmées, on pourrait considérer que certaines de ses vues sur l'exercice de la justice temporelle ne sont plus adaptées au contexte actuel. C'est pourquoi il me parait plus prudent d'écouter les docteurs de la foi vivant aujourd'hui dans notre Eglise (les évêques), vivante synthèse des enseignements de la tradition (dont Saint Thomas) et de la réalité du monde contemporain, plutôt que de s'enfermer dans une lecture purement rationnaliste des enseignements de Saint Thomas, sans les passer à l'épreuve du temps et du contexte.

Enfin, je crois n'avoir jamais vraiment répondu sur la question du contexte dans le cadre d'une application de la peine de mort à fin de protection du corps social, pour lequel vous dites que l'état français n'a pas les moyens de sa politique carcérale. Admettons-le un instant, cela suppose quoi :
- soit de changer la politique carcérale pour l'adapter à ses moyens, ce que vous proposez en réintroduisant la peine capitale
- soit de changer les moyens pour les adapter à la politique carcérale

Puisque l'Eglise nous incite à aller dans le sens de la l'abolition de la peine de mort, ne faut-il pas alors réfléchir, devant l'urgence de la situation carcérale que vous dénoncez, à une politique qui réviserait en profondeur ses budgets et son administration en vue d'adapter bien mieux qu'elle ne le fait actuellement les moyens de cette politique carcérale ? Qu'est-ce qui est le plus important : que pour nous préserver de toute augmentation d'impôt nous renoncions aux grands idéaux de respect inconditionnel de la vie auxquels nous invite l'Eglise, ou que nous envisagions simplement qu'il faudrait peut-être mettre la main à la poche pour améliorer les choses, même si c'est pour le bien des criminels ? Je sens que vous allez me taxer encore de simplifier à outrance, je m'en excuse d'avance si ma réflexion est trop superficielle, cependant vous en aurez saisi, je pense, le fond de la problématique.

Cela se résume à ça : si ça ne va pas dans la politique et l'administration carcérale, la réintroduction de la peine de mort est-elle objectivement la seule solution pour la protection du corps social ? Je ne vous demande pas si vous pensez que c'est la meilleure parce que là je connais votre réponse. A voir si il n'y a pas d'autres solutions, de savoir laquelle est la meilleure peut ensuite être apprécié par comparaison, à la lumière des recommandations de notre Sainte Eglise.
le bon Seb a écrit :le but du CEC étant justement de s'adresser aux gens qui ne sont pas compétents en théologie
D'après ce que Christophe a cité du C.E.C. il semble que cela ne soit pas son but premier, tout au contraire. Cela dit, pensez-vous que le C.E.C. aurait pu montrer une vue appuyant plus clairement l'application de la peine de mort, et si oui pourquoi ?
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Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

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le bon Seb a écrit : Crois-tu vraiment que le lecteur du CEC va se poser la question en ces termes ? Tout ce que l'individu lambda sait c'est que cette question de la peine de mort fait débat et même s'il n'est pas compétent en théologie - le but du CEC étant justement de s'adresser aux gens qui ne sont pas compétents en théologie - il a certainement un avis là-dessus ; et tout ce que le rédacteur du CEC sait c'est qu'en en parlant il marche sur des œufs.
Et alors ? Depuis quand le clergé met la lumière sous le boisseau ? Depuis quand le pathos tenant lieu de réflexion aux peuples démocratiques doit-il empêcher de prêcher la vérité ? En quoi taire la vérité est-il instruire ?

le bon Seb a écrit :Pour ma part j'avoue que le rejet de la peine de mort par l'opinion publique m'arrange beaucoup car on peut toujours rétorquer aux gens que s'ils sont contre la mise à mise du coupable a fortiori ils doivent rejetter la mise à mort de l'innocent donc rejetter l'euthanasie et l'avortement !
Comme si les fils et filles de Bélial se souciaient de justice... Accessoirement, tes arguments sont nuls : en amalgamant l'assassinat de l'innocent et le juste châtiment du coupable, tu attentes doublement à la vérité et à la justice. Une première fois en niant la légitimité des peines vindicatives ; une seconde fois en assimilant juste châtiment du coupable à l'assassinat de l'innocent.

le bon Seb a écrit : Récupérer ce qui n'est qu'un geste de respect du Pape envers ce qui n'est qu'un cadeau fait de papier et d'encre pour lui faire dire - ou laisser entendre - que le Pape a apostasié ou je ne sais quelle autre fantaisie sédévacantiste (car ce sont surtout les sédévacantistes qui récupèrent cette photo pour appuyer leurs thèses nauséabondes) n'aurait de toute façon fait que te discréditer. Bref, tu devrais me remercier car je t'ai rendu service !
Personne ne peut ignorer qu'embrasser le Coran est un acte de vénération. [Popeye, avant de condamner le défunt Jean-Paul II, je vous invite à présenter des preuves irréfutables, présenter une photo dont nul ne connaît la provenance me paraissant plus que douteux. Cordialement. Raistlin]

Quant à ton amalgame avec les sédévacantistes, malhonnête et inintelligent.

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