zefdebruz a écrit :- j'ai des (gros) doutes sur les citations prêtées dans votre message à certains auteurs chrétiens : pouvez vous me donner les références exactes concernant les citations de Saint Jean Chrysostome et de Grégoire de Nysse ? :unsure: Merci d'avance.
La chose est simple, on peut faire dire ce que l'on veut sans vérifier à partir de nos a priori négatifs sur l'Église et de nos blessures projeté sur "l'instance moralisatrice" qu'est l'Église. On sort une parole de son contexte original puis on s'en sert pour "prouver" notre propos. Et surtout, ne mettons pas la référence d'où sort cette parole...tout à coup que quelqu'un irait vérifier...
Voici donc ce que j'ai trouvé rapidement (évidemment il faudrait vérifier en profondeur...mais je manque de temps. J'espère que quelqu'un d'autre pourra compléter...)
Saint Jean Chrysostome dans son Discours no V (saint Jean Chrysosome qui a vécu des persécutions de la part de ses corréligionaires et a dû s'exiler de force...) :
Jésus-Christ a fait au chef de ses apôtres une autre prédiction : Je bâtirai, lui dit-il, mon Eglise sur cette pierre, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. (Matth. XVI, 18.) Dites-moi, juifs, pouvez-vous attaquer ces paroles? Pouvez-vous montrer la fausseté de cette prophétie? Quoi que vous puissiez dire, vous serez confondus par le témoignage des faits. Que de guerres ont été excitées contre l'Eglise ! que de troupes ont été préparées ! que d'armes ont été aiguisées contre elle ! Exil, confiscation, mort, précipices, mers, lacs, chaudières bouillantes, fournaises, chevalets, dents de bête féroce, tous les genres et tous les instruments de peine et de supplice, tous les tourments les plus horribles et les plus insupportables ont été imaginés contre l'Eglise, de la part des étrangers, je dis même de la part des plus proches; car une guerre civile, plus cruelle qu'aucune autre guerre de cette nature, était allumée partout. Non-seulement les citoyens étaient soulevés contre les citoyens, mais les amis contre les amis, les parents contre les parents, les proches contre les proches. Aucune de ces attaques néanmoins n'a pu ébranler, n'a pu affaiblir l'Eglise ; et ce qu'il y a d'étonnant et d'incroyable, c'est qu'elle ait été en butte à tous ces assauts dès sa naissance. Si tous les orages eussent attendu pour fondre sur elle que la religion fût bien fondée , bien établie par toute la terre, il ne serait pas aussi surprenant qu'elle n'eût pas été renversée; mais que dès l'origine de la prédication, lorsque la foi venait d'être répandue, que les esprits des fidèles étaient chancelants et faibles, tant de guerres aient été excitées contre nous, et que, loin de perdre de nos forces, nous nous soyons fortifiés de plus en plus, c'est là ce qui est au-dessus de tous les prodiges; car, afin qu'on ne dise pas que l'Eglise est maintenant affermie par la paix que lui ont accordée les empereurs, Dieu a permis qu'elle ait été attaquée, lorsqu'elle ne faisait que de naître, dans sa plus grande faiblesse, afin que l'on sache que son affermissement actuel est l'ouvrage de la puissance de Dieu et non de la paix dont les empereurs l'ont gratifiée.
Voir le discours dans son entièreté (sur les juifs...de son époque et non de l'époque d'Hitler !)
http://www.extense.com/cgi-bin/x2cgi_vi ... htm#marker
On ne va pas projeter sur saint Jean Chrysostome et sur Grégoire de Nysse des interprétations et des propos antisémites dans une vision contemporaine de l’exemple de la Shoah en plus de sortir de leur contexte les paroles d’homélies qui sont très élaborées (mais très claires) en ne sortant que ce qui fait notre affaire ! Premièrement, ils étaient les premiers Pères de l’Église, dans un contexte de persécution (des
chrétiens et non des juifs !!) dans un
monde hostile au Christ (les juifs
ET les païens). Ce politiquement correct de ne plus nommer « les Juifs » par le nom de leur culture, dénomination, religion est absurde. Cela n’a strictement rien de péjoratif ni de haineux. C’est comme dire « les catholiques » ou « les canadiens ».
Vous voyez, et l’auteur que vous citez (Poliakov, qui, comme Jules Isaac, relit l’histoire à travers la lunette déformée de ses blessures car il a vécu la Shoah de l’intérieur…permettez-nous de douter de son objectivité…), avec des yeux contemporains. Vous reportez des sentiments haineux de la Shoah à des Pères des 1ere siècles, ce qui n’a aucun sens. La Bible même, Jésus lui-même lorsqu’il parle aux Juifs (et parfois sans mettre de gants blancs) et saint Paul, parlent du peuple élu en les nommant par leur nom « juifs » et en critiquant leur Loi sans pour autant la condamner (ni condamner le peuple...ceci est pour tous les héritiers ingrats et déicides que nous sommes...incluant vous et moi). Par ailleurs saint Paul dit bien que la Loi conduit au péché…Seule la foi en Jésus-Christ sauve et rend juste.
Enfin, ce que certains « chrétiens » ont interprété comme pouvant donner lieu à des persécutions antisémites au fil des âges ne peut pas être attribué à l’Église, ni aux Père de l’Église. Tout comme «
VOTRE » interprétation de « l’antisémitisme » du christianisme n’engage que vous.
Dernier paragraphe du discours no V et dont votre post cite à tort : C’est une exhortation pour les chrétiens faibles de ne pas retomber dans des coutumes (sacrifices sanglants, jeûnes, pureté/impureté, circoncision, etc.) considérées comme sacrilèges après avoir rencontré le Christ et avoir été baptisés dans l’Esprit…il n’a pas dit que les synagogues
SONT des cavernes de voleurs (ça c’est Jésus qui l’a dit en chassant les marchands du Temple ! ;-) ), le domicile des démons, assemblées criminelles, etc. Il a dit, tel que cité plus bas : que les chrétiens (faibles dans leur foi et tentés de diluer leur foi chrétienne par toutes sortes de doctrines étrangères à la Vérité)
FUIENT comme des cavernes de voleurs, etc…
fuir comme si c’était…pas cela
est.
« Ainsi donc, après m'être engagé à terminer ce sujet un autre jour, je vous exhorte à sauver vos frères, à les rappeler de l'erreur, à les ramener à la vérité: car il vous sera inutile de nous avoir entendu, si vous ne montrez des oeuvres qui s'accordent avec nos paroles. Ce n'est point pour vous que nous avons parlé, mais pour ces chrétiens faibles, afin qu'instruits par vous, et renonçant à des coutumes perverses, ils montrent en eux un christianisme pur et sans mélange, ils fuient comme des cavernes de voleurs, comme le domicile des démons, les assemblées criminelles des juifs qui se tiennent dans la ville ou dans les faubourgs. N'abandonnez donc pas le salut de vos frères, mais ne négligeant rien, agissant avec tout le zèle dont vous êtes capables, ramenez des malades à Jésus-Christ, afin que dans la vie présente et dans la vie future, nous obtenions une récompense bien supérieure à nos mérites, par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui et avec qui la gloire soit au Père, en même temps qu'à l'Esprit saint et vivifiant, maintenant et toujours, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Facile de citer des paroles des Pères de l’Église hors de leur contexte. Le commun des mortels n’ira pas vérifier la véracité ni le contexte duquel sont issues ces « citations »… Dommage pour vous et pour Poliakov parce que vous vous privez de si belles et grandes exhortations dont sont remplis les écrits des Pères de l’Église. :-(
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)