Méditations d'évangile

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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ericz
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Message non lu par ericz »

Méditation 228: Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Restez ici ; moi, je vais prier. » Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez. » S’écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui. Il disait : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Il retourna prier, en répétant les mêmes paroles. (Mc. 14, 32-39)


A quelques heures de sa Passion, Jésus ressent au plus profond de son âme la terrible angoisse de celui qui sait qu’il va subir une terrible épreuve. Il n’ignore pas que ceux qui veulent sa mort sont tout près de lui et qu’ils n’attendent qu’un signal pour s’en emparer et le livrer à un affreux supplice. Il sait aussi quel combat spirituel il va devoir livrer : pas seulement directement contre ceux-là, mais par leur intermédiaire contre le Mal absolu.
Il se sait minuscule au pied d’un mur vertigineux de haine, d’égoïsme et d’orgueil, le Mal accumulé par tous les hommes du passé, du présent et du futur, et qu’il va falloir qu’il vainque une fois pour toutes par le Sacrifice de la Croix.
Ce mal dont nous continuons à être responsables, hélas, chaque jour de notre vie.
Son humanité s’oppose au plus profond d’elle à cette terrible fin qu’il va lui falloir subir. Il fait cette prière O combien humaine que tant de condamnés ont faite avant de subir une mort quasi certaine : « Toi qui peux tout, fais un miracle pour me sauver. »
Mais il n’oublie pas non plus la mission que lui confie son Père ni l’obéissance absolue qu’il a envers Lui : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
Alors, la prière profonde de toute son âme le rassérène, et peu à peu son angoisse s’amenuise pour laisser place à une détermination sans faille, celle qui lui permettra de subir sans broncher les pires outrages et les pires souffrances, celle qui lui permettra de parachever son destin de Sauveur de l’Humanité.
Nous-mêmes, au moment de l’épreuve, malgré l’angoisse et la peur qui nous tenaillent, malgré tout ce qui en notre humanité nous fait freiner des quatre fers et nous pousse à tenter d’éviter notre destin, rappelons nous la prière de Jésus et sa confiance en Son Père.
Et retrouvons la sérénité, le courage et la détermination que sa grâce saura nous donner.
etienne lorant
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Re: Méditation 228: Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Message non lu par etienne lorant »

L'oraison "Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux", fut présentée par le Seigneur à sainte Faustine comme le moyen de s'approcher le plus sûrement de la sainteté. Curieusement, j'ai trouvé chez Simone Weil un propos pratiquement identique, mais issu de sa méthode d'attention à la vérité qui l'a guidée toute sa (courte) vie. Je ne me souviens pas exactement des termes qu'elle employait, mais je sais qu'ils m'ont frappé par la force qu'ils contenaient. Il m'arrive souvent de dire, pour moi-même, devant un événement imprévisible: "Non pas comme je veux, mais comme Tu veux". Après des années de recherche sincère de la vie en Dieu, un homme finit par se rendre compte que les événements de sa vie ont comme un lien secret entre eux, qu'il n'est pas toujours possible de mettre au jour.

Cependant, il est remarquable de constater que la simple fracture d'un orteil le 1er janvier 2004, m'a obligé à relire le "Petit Journal" de sainte Faustine, le seul livre à ma disposition durant ma convalescence. Or, quelques mois plus tôt, la formation "Faustinum" des "apôtres de la miséricorde divine" m'avait été proposée. Il fallait tout d'abord se procurer le Petit Journal... Il me fut offert la veille de Noël, sans que je l'eus demandé. Après ma retraite forcée sur mon lit, je fus convaincu et j'ai signé mon adhésion. J'ai reçu d'abord un "ABC de la vie intérieure", qui m'obligeait à chasser "chaque jour" mes mauvais penchants en tenant un journal. Ce que je fis. Trois mois plus tard, je fus délivré de ma tabagie. Eh bien, il y a un lien direct entre mon orteil cassé - qui s'est remis complètement, et ma délivrance de l'esclavage du tabac. Personne ne me convaincra que tout cela fut coïncidence !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Fée Violine
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Re: Méditation 228: Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Message non lu par Fée Violine »

Tiens ! Bonjour Éric, te voici arrivé ici ! :)
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ericz
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Message non lu par ericz »

Méditation 229: Ce qui rend passionnant nos vies

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.
Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis.
Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.
Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.
Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut. (Jn. 20, 1-8 )


La première manifestation de Jésus ressuscité est en creux : c’est parce que son corps n’est pas là que le « disciple que Jésus aimait » croit en sa résurrection. Par contre, pour Simon Pierre, il semble que la non présence de Jésus n’a pas suffit à lui faire comprendre que celui-ci était ressuscité.
On peut se demander ce qui explique ces deux attitudes différentes.
Sans doute faut-il en chercher la raison dans la différence des personnalités et des vécus de Pierre et du « disciple que Jésus aimait » : le caractère un peu « brut de coffrage » du premier opposé à la sensibilité du deuxième, ainsi que la profonde amitié qu'avait pour lui Jésus.
C’est peut-être Lazare, que Jésus avait sorti de la mort et pour qui il pleura, tellement « il l’aimait ». Et dans ce cas la vision des bandelettes et du linge plié a dû lui rappeler sa propre résurrection, et le pouvoir qu’avait Jésus sur la mort…
Simple hypothèse, mais qui permet d’expliquer pas mal de choses que d’autres ne permettent pas.
Mais l’important n’est pas là. L’important est dans ce fait incroyable : Il est ressuscité, celui qui quelques heures auparavant expirait sur la croix !
Voilà sur quoi repose essentiellement la foi chrétienne, sur quoi reposent notre immense espoir et notre confiance en les paroles de Jésus-Christ.
Nous aussi nous ressusciterons, nos corps à nous aussi sont appelés à être glorifiés !
Notre foi à nous aussi est en creux : nous croyons en des réalités que nous ne voyons pas.
Cela peut parfois nous sembler inhumain : « Si nous voyons au moins une fois dans notre vie un ressuscité en chair et en os, cela serait beaucoup plus facile », nous arrive-t-il sans doute de penser.
Mais non, croire sans voir est préférable, ainsi rien ne nous est imposé, notre liberté est respectée, nous ne sommes pas forcés de croire. Nous devons faire confiance, nous laisser entrainer dans cette avancée vers l’inconnu, guidés par celui qui séjourne dans nos cœurs et par la confiance que nous avons en ses paroles.
C’est ce qui rend incroyablement séduisant les parcours fulgurants de certains grands saints : Jeanne d’Arc, Bernard de Clairvaux, François d’Assise, Thérèse de Lisieux, Charles de Foucault.
C’est ce qui rend passionnant nos vies.
« Passionnant », dans tous les sens du terme.
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ericz
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Re: Méditation 228: Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Message non lu par ericz »

Fée Violine a écrit :Tiens ! Bonjour Éric, te voici arrivé ici ! :)
Eh oui, on se retrouve toujours avec autant de plaisir.
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Méditation 230: La joie que nous devons partager.

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Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d’eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux. Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures. Il conclut : « C’est bien ce qui était annoncé par l’Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins. » (Lc. 24, 35-48 )



La joie merveilleuse qui s’empare des disciples quand ils reconnaissent Jésus vivant et ressuscité est la joie que nous connaissons à chaque Eucharistie à laquelle nous participons.
Cette joie qui peu à peu nous emplit au fur et à mesure de la célébration, qui commence à retirer le dépôt de nos soucis sur nos cœurs, qui les purifie des péchés et des lâchetés de toutes sortes de la semaine, qui nous fait voir nos frères avec amour, quels qu’ils soient, qui nous fait chanter « Gloire à Dieu » et « Alléluia, Alléluia, il est ressuscité ! », qui malgré notre indignité nous fait approcher plein d’espoir de la table de Communion, qui nous fait « rendre grâce » et nous fait partir le cœur léger, prêt à affronter la nouvelle semaine qui commence.
Cette joie incommensurable que connurent les premiers disciples passant brusquement de l’angoisse, de la peur et du désespoir à la certitude d’être avec le Fils de Dieu et de ressusciter un jour comme Lui, et avec la conviction et le désir inébranlable d’annoncer à tous cette Bonne Nouvelle.
C’est tout le mystère de cette joie dont est empli l’Eglise, ce mystère qui la rend capable de s’ouvrir et de s’adapter à tous les hommes, contre vents et marées.
On retrouve même des échos de ce mystère à partir et à l’intérieur des textes sacrés de l’une des trois grandes religions du Livre : l’Islam.
En effet, nous pouvons lire ceci dans le Coran :
« O Jésus, fils de Marie, rappelle-toi quand les Apôtres te dirent : « Ton Seigneur peut-il faire descendre sur nous du ciel une table servie ?...
Nous voulons manger de cette table, que nos cœurs soient rassurés que tu nous as dit la vérité et nous en rendrons témoignage. » (Coran, 5/109)

Dieu met le comble à tous ses bienfaits en exauçant la prière des Apôtres reprise par Jésus : « Je vais faire descendre cette table sur vous. Quiconque me reniera après cela recevra de moi un tourment tel que je n’en affligerai à aucune personne. » (Coran, 5/114)
Aux musulmans qui ignorent ce qu’il y a sur cette table, nous pouvons leur dire que c’est tout simplement le pain vivant, le Christ ressuscité, dont la profanation sacrilège entraîne la réprobation irrévocable.
Et en cela nous répondrons à l’invitation faite par le Coran lui-même :
« Si tu es dans le doute sur ce que Nous t’avons révélé, interroge ceux qui récitent l’Ecriture révélée avant toi. » (Coran, 10/94)
Aussi, au lieu de toujours chercher en quoi nous différons des musulmans, de toujours les soupçonner de vouloir nous écraser et nous islamiser, nous serons plus fidèles et plus conformes à la joie et à la logique du message évangélique en leur faisant confiance sans naïveté, en les respectant pleinement, eux et leur religion et leur Prophète, et en leur montrant comment leur Livre Sacré lui-même leur parle de cette joie.
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